Hermitage (AOC)

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Hermitage
Thain1.jpg
Vignes à Tain-l'Hermitage surplombant le Rhône.
Désignation(s) Hermitage
Appellation(s) principale(s) hermitage, ermitage ou
l'hermitage
Type d'appellation(s) AOC
Reconnue depuis 1937
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de la vallée du Rhône
Sous-région(s) vallée du Rhône septentrionale
Localisation Drôme
Climat tempéré méditerranéen dégradé avec influence continentale
Sol granitique et alluvions fluvio-glaciaires
Superficie plantée 130 hectares
Nombre de domaines viticoles une vingtaine de vignerons indépendants et une cave coopérative
Cépages dominants syrah N, roussanne B et Marsanne B
Vins produits rouges, blancs et vins de paille
Production 4 783 hl
Pieds à l'hectare minimum 6 000 pieds par ha
Rendement moyen à l'hectare 40 à 46 hl/ha en rouge,
45 à 46 hl/ha en blanc,
15 hl/ha en vin de paille[1]

Un hermitage[2], ou ermitage ou l'hermitage, est un vin d'appellation d'origine contrôlée produit sur les communes de Tain-l'Hermitage, de Crozes-Hermitage et de Larnage, dans le département de la Drôme. Il s'agit d'une appellation du vignoble de la vallée du Rhône septentrionale, sur la rive gauche du Rhône, enclavée dans l'appellation crozes-hermitage, en face de la ville de Tournon-sur-Rhône et de l'appellation saint-joseph.

Histoire[modifier | modifier le code]

La chapelle de l'Hermitage

On attribue l'origine de l'appellation au chevalier Sterimberg qui, rentrant de la croisade contre les Cathares voulait se repentir en vivant dans un ermitage sur la colline de Tain[3].

Dès 1816, et dans les éditions suivantes, A. Jullien, dans sa Topographie de tous les vignobles connus[4] classe par trois fois en première classe les vins rouges, blancs et de paille de l'Hermitage.

Pour les rouges, il cite même les lieux-dits : Méal, Greffieux, Beaume, Rancoule, Muret, Guiognoères, Bessards, Les Burges et les Lauds.

Géographie[modifier | modifier le code]

Orographie[modifier | modifier le code]

Vue de la colline de l'Hermitage au début du XXe siècle

La colline de l'Hermitage se subdivise en trois parties ou mamelons. En partant de l'ouest sur la rive gauche, on trouve tout d'abord :

  • Les Bessards, terroir qui est considéré comme le meilleur pour les rouges de l'appellation. C'est sur ce coteau qu'on trouve la chapelle de l'Hermitage ainsi que le célèbre vignoble de l'Ermite[3].
  • La partie centrale qui se divise en deux. Sur la partie supérieure, dite le Méal produit les vins les plus solaires de l'appellation grâce notamment à son exposition plein sud. Sur le bas, se trouvent les Greffieux, à la terre plus fertile[3].
  • Les quartiers des Murets et des Dionniers à la pente beaucoup moins accentuée et avec une exposition à l'est sont le grand terroir de blancs[3].

Géologie[modifier | modifier le code]

Sol granitique de l'Hermitage
Cep de vigne sur galets

Le terroir exceptionnel de ce vignoble, est composé d’arènes granitiques sur des gneiss et des micaschistes. Ponctuellement il est couvert de poches de cailloux ronds reliquats des couches alluvionnaires des anciennes terrasses du Rhône. D’où la caractérisation des lieux-dits que sont, par exemple, les Bessards, le Méal, Greffieux ou Chante-Alouette[3].

Les Bessards ont un terroir au sol granitique et très accidenté. Le Méal, possède un sol calcaire et siliceux avec en surface des galets roulés. Tandis que les Greffieux, issus du ravinement, sont composés d'une terre relativement plus fertile. Les quartiers des Murets et des Dionniers possèdent un sol argileux[3].

Climatologie[modifier | modifier le code]

Ce terroir viticole bénéficie d'un climat tempéré dont la principale caractéristique est le vent fréquent qui souffle le long du couloir rhodanien. Ce vent, lorsqu'il vient du nord, est baptisé mistral et a pour effet d'assécher l'air et d'apporter du beau temps et de la fraîcheur en été, mais une impression de froid glacial en hiver. Lorsqu'il provient du sud, il annonce généralement l'arrivée de perturbations orageuses ; il s'appelle alors « vent du midi » ou « vent des fous » car, pour certaines personnes, il rend l'atmosphère pénible à supporter, surtout en été.

Relevés météorologiques de la région de Tournon
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −1 0 2 4 9 12 14 14 11 8 3 1 6,4
Température moyenne (°C) 3,5 4 7 8,5 14,5 17,5 20 20 16,5 12,5 6,5 3,5 11,1
Température maximale moyenne (°C) 6 8 12 15 20 23 26 26 22 17 10 6 15,9
dont pluie (mm) 42,7 34,7 39,5 61,8 63,9 44,4 42,3 43,6 70,9 78,6 63,2 43,5 629,1
Source : (fr) Données de Tournon 1961 à 1990


À partir de cette latitude, l'influence du climat méditerranéen se fait directement sentir. L'ensoleillement annuel est élevé (environ 2 100 heures à Valence, (estimation de Météofrance). Les étés y sont chauds et secs. La température moyenne du mois de juillet est de 20 °C (Montélimar 23 °C). Les hivers froids sans excès s'inscrivent plutôt dans un climat de type semi-continental dégradé. La température moyenne du mois le plus froid (janvier) est ainsi de 3 5°C.

La pluviométrie annuelle est modérée : environ 630 mm. Les pluies sont particulièrement importantes à la fin de l'été (particulièrement en septembre à cause de l'effet cévenol ou orage cévenol qui déverse des trombes d'eau).

Vignoble[modifier | modifier le code]

Le vignoble de l’appellation couvre 117 hectares, produit 3 635 hectolitres et son rendement est limité à 40 hl/ha. Ce grand vin, qui se présente en rouge et en blanc, est produit par trois communes de la Drôme : Tain, Crozes et Larnage.

Encépagement[modifier | modifier le code]

AOC Hermitage rouge

Le vin rouge, à base de syrah, peut recevoir un ajout de 15 % de roussanne et de marsanne. Sa robe somptueuse est d’un rouge rubis profond. Ses arômes de fruits rouges, dans sa jeunesse, évoluent, au fur et à mesure de son vieillissement vers des notes de fruits à noyau et d’olives vertes pour arriver ensuite vers un nez où dominent les senteurs de sous-bois, de cuir et de truffe. En prenant de l’âge, ce vin puissant, charnu et vigoureux acquiert alors une étonnante rondeur et une grande souplesse.

Le vin blanc, à la superbe robe jaune doré, assemble roussanne et marsanne. Il est caractérisé par sa floralité où se décèlent des fragances d’iris, de narcisse et de tilleul. Au cours de son vieillissement apparaîtront des notes de vanille et d’amandes grillées. C’est toujours un vin souple, gras et de longue persistance aromatique.

Comparaison de l'encépagement de l'AOC hermitage avec les autres appellations locales des côtes-du-rhône septentrionales

Dans les décrets d'appellation, une division est faite entre le cépages principaux (indiqué par "M"), les variétés supplémentaires (indiqué par "S") et celles autorisées (indiqué par "(A)").

Cépage AOC locales septentrionales
Condrieu[5],
Château-Grillet[6]
Cornas[7] Côte-Rôtie[8] Hermitage[9], Crozes-Hermitage[10] Saint-Joseph[11] Saint-Péray[12]
Rouge Blanc Rouge Blanc
Marsanne (A)
max 15 %
M
0-100 %
(A)
max 10 %
M
0-100 %
M
0-100 %
Roussanne (A)
max 15 %
M
0-100 %
(A)
max 10 %
M
0-100 %
M
0-100 %
Syrah M
100 %
M
min 80 %
M
min 85 %
M
min 90 %
Viognier M
100 %
(A)
max 20 %

Étymologie[modifier | modifier le code]

Gaspard de Stérimberg, de retour de la sauvage croisade contre les Albigeois, passe pour avoir planté ce vignoble. Son ermitage domine encore la colline et a été seulement à l’origine du nom actuel de cette A.O.C. dont l’antiquité remonte aux fameux vins de Vienne. L’exceptionnel «vin de paille » que certains producteurs ont remis à l’honneur est d’ailleurs l’héritier direct des méthodes de vinification gallo-romaines[3].

Terroir et vin[modifier | modifier le code]

Vue générale du vignoble et de ses terroirs
Parcellaire du vignoble

Ce terroir est constitué d’arènes granitiques recouvertes de micaschistes et de gneiss ainsi que de plages de cailloux ronds. La syrah, qui peut être mâtinée de roussanne et de marsanne, produit un vin à la robe brillante d’un beau rouge rubis foncé.

Son nez dégage des arômes de fruits rouges et un bouquet de fleurs sauvages qui évoluera avec l’âge vers des nuances de fruits à noyau, d’olive et de cuir. Sa bouche, riche et subtile, gagne en souplesse et en rondeur avec l’âge pour passer des arômes de violette, de fruits rouges et noirs de sa jeunesse à des saveurs persistantes de fruits confits, de sous-bois et de truffe noire.

Le blanc, à base de roussanne et de marsanne, a une belle robe lumineuse jaune aux reflets dorés. Sa floralité est soulignée par des touches vanillées et des notes de fruits secs où domine l’amande grillée. Vineux et gras, ce vin est d’une grande souplesse et d’une longue persistance aromatique.

Pour pouvoir être agréés, les vins rouges ou blancs doivent provenir de moûts contenant un minimum de 170 g de sucre résiduel par litre.

Vin de paille[modifier | modifier le code]

Tout comme le Jura, Hermitage est habilité à produire des vins de paille. Ceux-ci sont vinifiés à partir des cépages blancs de l'appellation dont les moûts doivent contenir un minimum de 225 g de sucre résiduel par litre. Leur production est rarissime.

Millésimes[modifier | modifier le code]

Ils correspondent à ceux du vignoble de la vallée du Rhône. Ils sont notés : année exceptionnelle Article de qualité, grande année Bon article, bonne année ***, année moyenne **, année médiocre *.

Millésimes 2000
2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
Caractéristiques Article de qualité *** *** Bon article Article de qualité Bon article Bon article *** Bon article Bon article
Millésimes 1990
1999 1998 1997 1996 1995 1994 1993 1992 1991 1990
Caractéristiques *** *** ** *** Bon article ** ** ** *** Article de qualité
Millésimes 1980
1989 1988 1987 1986 1985 1984 1983 1982 1981 1980
Caractéristiques Article de qualité Article de qualité Bon article *** Article de qualité ** Bon article *** Bon article Article de qualité
Millésimes 1970
1979 1978 1977 1976 1975 1974 1973 1972 1971 1970
Caractéristiques Bon article Article de qualité Bon article ** *** Bon article *** ** ** Article de qualité
Millésimes 1960
1969 1968 1967 1966 1965 1964 1963 1962 1961 1960
Caractéristiques ** * Article de qualité Article de qualité *** *** ** ** *** Article de qualité
Millésimes 1950
1959 1958 1957 1956 1955 1954 1953 1952 1951 1950
Caractéristiques Bon article Bon article Article de qualité Bon article Bon article *** Bon article Article de qualité ** Article de qualité
Millésimes 1940
1949 1948 1947 1946 1945 1944 1943 1942 1941 1940
Caractéristiques Article de qualité Article de qualité Article de qualité Bon article Article de qualité ** Article de qualité Bon article ** **
Millésimes 1930
1939 1938 1937 1936 1935 1934 1933 1932 1931 1930
Caractéristiques * Bon article Bon article *** ** Article de qualité Article de qualité ** ** **
Millésimes 1920
1929 1928 1927 1926 1925 1924 1923 1922 1921 1920
Caractéristiques Article de qualité Article de qualité ** Bon article ** Bon article Bon article ** Bon article Bon article
Sources : Yves Renouil (sous la direction), Dictionnaire du vin, Éd. Féret et fils, Bordeaux, 1962 ; Alexis Lichine, Encyclopédie des vins et alcools de tous les pays, Éd. Robert Laffont-Bouquins, Paris, 1984, Les millésimes de la vallée du Rhône & Les grands millésimes de la vallée du Rhône

Soit sur 90 ans, 24 années exceptionnelles, 26 grandes années, 16 bonnes années, 22 années moyennes et 2 années médiocres.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Le Roy de Boiseaumarié, Histoire de l'appellation Côtes du Rhône, Éd. Reflets Méditerranées, Avignon, 1978.
  • Pierre Charnay, Vignobles et vins des Côtes-du-Rhône, Éd. Aubanel, Avignon, 1985.
  • Robert W. Mayberry, Wines of the Rhône Valley, a guide to origins, Rowman & Littlefield Publishers, Totawa, New Jersey, U.S.A. , 1987.
  • Paul Chauvel, Sites et vins des côtes-du-rhône. Zone septentrionale, Éd. Curandera, Voreppe, 1988.
  • Guy Jacquemont et Patrick Galant, Le Grand Livre des Côtes-du-Rhône, Éd. du Chêne, Paris, 1988.
  • Charles Pomerol, sous la direction de, Terroirs et vins de France. Itinéraires œnologiques et géologiques, Éd. du BRGM, Orléans, 1990.
  • Jean-Pierre Saltarelli, Vallée du Rhône : de l’appellation à la notion de cru, Vins magazine, n° 41, décembre 2001, janvier-février 2002.
  • François Baudez et Jules Franck, Hermitage & Crozes-Hermitage, terroirs de passions, Éd au Fil du Rhône, septembre 2013, ISBN 978-2-84668-460-6

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décret du 28 octobre 2009
  2. Références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine
  3. a, b, c, d, e, f et g Jean Durand, Tout (ou presque) sur l'Hermitage, 1999
  4. Jullien, André (1816). Topographie de tous les vignobles connus, contenant : leur position géographique, l'indication du genre et de la qualité des produits de chaque cru, les lieux où se font les chargements et le principal commerce de vin, le nom et la capacité des tonneaux et des mesures en usage, les moyens de transport ordinairement employés, suivie d'une classification générale des vins.'[1]. Google Book Search. Rapatrié le 4 octobre 2010.
  5. Décret relatif à l'AOC Condrieu, version du 28 octobre 2009 sur Légifrance
  6. Décret relatif à l'AOC Château-Grillet, version du 28 octobre 2009 sur Légifrance
  7. Décret relatif à l'AOC Cornas, version du 28 octobre 2009 sur Légifrance
  8. Décret relatif à l'AOC Côte-Rôtie, version du 28 octobre 2009 sur Légifrance
  9. Décret relatif à l'AOC Hermitage, version du 28 octobre 2009 sur Légifrance
  10. Décret relatif à l'AOC Crozes-Hermitage, version du 29 octobre 2009 sur Légifrance
  11. Décret relatif à l'AOC Saint-joseph, version du 28 octobre 2009 sur Légifrance
  12. Décret relatif à l'AOC Saint-péray, version du 28 octobre 2009 sur Légifrance

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]