Carven

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Carven

Création mai 1945
Fondateurs Carmen de Tommaso
Personnages clés Guillaume Henry
Forme juridique SAS
Siège social Drapeau de France Paris (France)
Activité prêt-à-porter
parfums
Société mère holding Béranger (prêt-à-porter)
Chiffre d’affaires en augmentation 20 millions d'euros (2010)

Carven SAS, entreprise communément appelée par sa marque Carven, est une maison de Prêt-à-porter française, fondée en 1945, par Carmen de Tommaso, ayant bénéficié de l’appellation de haute couture jusqu'en 1996. De nos jours, après une époque de rachats successifs, le styliste Guillaume Henry réveille la marque avec succès.

Historique[modifier | modifier le code]

Préambule[modifier | modifier le code]

En 1941, Carmen de Tommaso ouvre sa première boutique dans le quartier de l'Opéra à Paris.

Article connexe : Carmen de Tommaso.

Origines[modifier | modifier le code]

Carven, dont le nom vient de la contraction de Carmen et de Boyriven, (le nom de famille de la tante de Carmen de Tommaso), est une Maison fondée en mai 1945, et installée Rond-point des Champs-Élysées. Immédiatement à la fin de la Seconde guerre mondiale, Paris ayant lutté pour garder son statut de capitale mondiale de la mode, Carven présente sa première collection de haute couture, avec une robe en coton, devenue emblématique, intitulée Ma Griffe[1]. Cette robe d'été rayée de vert et de blanc est un succès mondial. Un parfum est commercialisé immédiatement après, issue de la robe éponyme et dont l'emballage reprend les couleurs, vert et blanc. Ce parfum sera plus tard le premier à être vendu dans les avions. Le parfum Ma Griffe sera suivi deux ans plus tard de Robe d’un Soir. Carven présente la collection été 1949 avec des créations aux motifs d'inspiration africaine.

Dans les années 1950, la nécessité du prêt-à-porter s'imposant pour les maisons de haute couture dans un souci de rentabilité, Dior à cette époque, Cardin, ou Saint Laurent avec rive gauche plus tard développent des collections en parallèle à la haute couture : Carven, très tôt, lance une ligne de maillots de bain, puis plus tard une collection de vêtements pour enfants, Carven Junior, ainsi que Kisslène et Kinglène, une ligne de Mailles. Adoptant une communication moderne, elle lance sur Paris en 1954 des centaine d'échantillons du parfum Ma Griffe accrochés à de petits parachutes vert et blanc. Une collection de foulards apparait en 1955. Le parfum pour homme Vétiver est commercialisé deux ans plus tard ; il donnera lieu à une réédition en 2009 sous le nom de Le Vétiver[2]. La marque, comme d'autres, collabore avec le puissant Boussac[3]. Carven est célèbre à l'époque pour ses tailleurs faciles à porter, ses rayures ou son utilisation du vichy rose qui apporte une note de fraîcheur dans ces années d'après-guerre. Guillaume Henry, le directeur artistique des années 2010, précise à propos de la marque : « Carven, c'est fondamentalement frais. A ses débuts, en 1945, Madame Carven dessinait des silhouettes espiègles, des petites robes pimpantes exultant la joie de vivre de l'après-guerre[4]. »

Dans les années 1960, la maison de couture avec son département Carven Uniformes réalise les uniformes d'une quinzaine de compagnies aériennes dont Air India, Kuweit Airlines, puis Saudi Arabian Airlines ; ceux d'Aéroports de Paris, dans l'esprit de ce qu'à imposé Courrèges ces années là dont notamment le pantalon et un pull moulant, seront réalisés en 1972[5]. Ceci seront suivi de ceux d'Air France[6] en 1978, conjointement faits avec la marque Nina Ricci et la maison Grès[7]. En 1968, la marque lance une ligne de bijoux. Carven habille les sportifs français lors des Jeux Olympiques de Montréal en 1976. Autour des années 1970, la marque est à son apogée ; elle produit cravates, bijoux, foulard, vêtements pour hommes, prêt-à-porter, etc. Mais ces multiples contrats de licence entrainent un lent déclin de la marque[8].

Reprises[modifier | modifier le code]

Boutique Carven à Hong Kong

Alors que la marque est jusque là indépendante, la maison change plusieurs fois de mains : la Compagnie financière Edmond de Rothschild, qui a déjà investit dans la Maison Jacques Fath, et la Société marseillaise de crédit (SMC) rachètent au sein d'une holding commune[9] 60 % de Carven au début des années 1990. La fondatrice Carmen de Tommaso prend sa retraite en 1993. La licence « Carven Homme » est reprise par le groupe SCM[n 1] l'année suivante[10]. Par la suite en 1995[11], une filiale britannique d'Apax Partners devient propriétaire de la marque pour les parfums et la femme, jusqu'en 1998, date du rachat par le groupe de parfums Daniel Harlant[12].

Un défilé commémoratif des 50 ans de la marque, en présence de la fondatrice, a lieu au Palais Galliéra[13]. En 1996, après l'abandon de la haute couture[14], le styliste italien Angelo Tarlazzi est nommé directeur artistique[11], et en 1998, Edward Achour le remplace.

En 2001, Pascal Millet[15] (anciennement Balenciaga et Givenchy) est nommé Directeur Artistique pour la Haute Couture et le prêt-à-porter ; il y restera six ans. Avec ses défilés lors du calendrier officiel, Carven revient à la Haute couture, mais a du quitter l'emplacement historique du Rond-point des Champs-Élysées pour la rue Royale. En avril 2005, Carven est reprise en totalité pour quatre millions d'euros par Arco International, société de Châtellerault spécialisée dans la fabrication d'articles en cuir[10].

Mais la marque reste sur le déclin. La holding Béranger, intégrant le groupe parisien SCM[16] (en charge jusqu’alors de Carven Homme), composé de Henri Sebaoun et Marc Sztykman, rachète environ deux tiers des parts la marque[17] durant l'été 2008 avec le fonds Turenne Investissement[8],[18]. La participation à la haute couture s'arrête, remplacée par le souhait d'une ligne prêt-à-porter. Ce même groupe SCM est mis en redressement judiciaire en septembre 2009[19] entrainant un avenir incertain pour la ligne masculine[20].

Renouveau[modifier | modifier le code]

En 2009, alors que la marque n'a bientôt plus de réseau de ventes en propre à travers le monde[n 2], c'est le jeune créateur Guillaume Henry qui reprend les rênes de la maison avec un challenge nouveau : faire de la maison un label de Prêt-à-porter féminin, abordable[21].

Article détaillé : Guillaume Henry (styliste).

Il revisite rapidement l'indémodable petite robe noire, et délocalise la fabrication en Europe de l'Est[22]. Les parfums Carven sont rachetés par la société Jacques Bogart[23], spécialisée dans la création, la fabrication et la commercialisation de parfums et de produits cosmétiques de luxe.

En mars 2011, la première boutique « femme » de la marque ouvre à Paris dans le quartier de Saint Germain des Prés[24], suivie de celles d'Asie. La Chambre Syndicale du Prêt-à-Porter des Couturiers et des Créateurs de Mode intègre Carven comme « Membre », en mai[25].

Guillaume Henry obtient un succès commercial pour Carven « marque chouchou des rédactrices de mode[26] ». Après la gamme de prêt-à-porter féminin, Guillaume Henry prend la responsabilité de la gamme homme[27]. Fin 2012, après le chausseur Robert Clergerie et son styliste Roland Mouret[28], Carven réalise une collection capsule pour Petit Bateau[29] vendue préalablement chez colette[30]. Le premier défilé de prêt-à-porter féminin est présenté en septembre 2011 lors de la fashion week parisienne[31].

Deux nouveaux parfums sont attendus pour 2013[27], ainsi que l'ouverture d'une boutique outlet à La Vallée Village[32].

« La maison Carven, c'est un peu le lieu de mémoire de la mode française. »

— Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, 2010

En chiffres[modifier | modifier le code]

Carven réalise, en 2010, 20 millions d'euros de chiffre d'affaires[8]. La France représente, pour 2011, 18 % de ce chiffre d'affaires, et l'Asie 30 %[33].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes de contenu[modifier | modifier le code]

  1. Ne pas confondre SMC qui investi dans les années 1990, et SCM qui reprend la ligne homme en 1994.
  2. À noter que les onze magasins « homme » de la marque sont revendus suite à la mise en redressement judiciaire de SCM.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Armelle Godeluck, « Carven », sur lexpress.fr, L'Express,‎ 1er mai 1995 (consulté le 2 décembre 2012)
  2. « Le Vétiver de Carven », Tendances, sur lepoint.fr, Le Point,‎ 12 novembre 2009 (consulté le 3 décembre 2012)
  3. [image] « L'OFFICIEL DE LA MODE n°467-468 de 1961 / Page 116 / 117 », sur jalougallery.com, L'Officiel Paris,‎ 1961 (consulté le 3 décembre 2012) : « création carven pour boussac »
  4. Katell Pouliquen, « Une boutique Carven à Paris », Mode, sur lexpress.fr/styles, L'Express,‎ 29 mars 2011 (consulté le 2 décembre 2012)
  5. Florence Müller et Eric Reinhardt (Conception éditoriale), Élégances aériennes : une histoire des uniformes d'Air France, Paris, Air France,‎ août 2004, 136 p., chap. 6 (« les uniformes « futuristes » de Cardin, Courrèges, Esterel et Carven »), p. 87
  6. Anne-Sophie Castro, « Air France fête ses 70 ans de mode », sur fashionunited.fr,‎ 29 novembre 2011 (consulté le 2 décembre 2012)
  7. Florence Müller et Eric Reinhardt (Conception éditoriale), Élégances aériennes : une histoire des uniformes d'Air France, Paris, Air France,‎ août 2004, 136 p., chap. 7 (« l'uniforme « multiforme » des années 1970 »), p. 95
  8. a, b et c Reuters, « Carven, chouchou de la mode, pense à la Bourse », Économie, sur lexpansion.lexpress.fr, L'Expansion,‎ 25 mai 2011 (consulté le 2 décembre 2012)
  9. « Financière Rothschild et Europar unissent leurs forces », sur archives.lesechos.fr, Les Échos,‎ 8 février 1991 (consulté le 2 décembre 2012)
  10. a et b Dominique Chapuis, « Carven change de propriétaire et arrête la haute couture », sur lesechos.fr, Les Échos,‎ 18 septembre 2008 (consulté le 3 décembre 2012)
  11. a et b « Un Italien pour rajeunir l'image de Carven », sur liberation.fr, Libération,‎ 27 juin 1996 (consulté le 3 décembre 2012)
  12. « Carven redevient française », sur usinenouvelle.com, L'Usine nouvelle,‎ 23 juillet 1998 (consulté le 3 décembre 2012)
  13. « Les cinquante printemps de créations de madame carven », L'Officiel Paris, Éditions Jalou, no 799,‎ 1995, p. 103 (ISSN 0030-0403)
    « Au Palais Galliéra, Madame Carven fête ses cinquante printemps de créations, de parfums comme 'Ma griffe' et de mariages royaux. […], le défilé rétrospectif est acclamé par une assemblée de prestige. »
  14. Michèle Leloup, « Les couturiers sur le fil », sur lexpress.fr, L'Express,‎ 25 janvier 1996 (consulté le 2 décembre 2012)
  15. (en) Pascal Millet (Carven) sur nymphenburg.com (consulté le 30 novembre 2012)
  16. « PwC participe au rachat de CARVEN », sur pwc.fr, PricewaterhouseCoopers France,‎ 22 septembre 2008 (consulté le 3 décembre 2012)
  17. « Carven racheté par son licencié français », Marques, sur fashion-dailynews.com, Éditions Larivière,‎ 3 septembre 2008 (consulté le 2 décembre 2012)
  18. « Turenne Investissement et les Fonds gérés par Turenne Capital accompagnent le Groupe SCM dans l'acquisition de la marque Carven », sur capital.fr, Capital,‎ 23 juillet 2008 (consulté le 2 décembre 2012)
  19. Jean-Paul Leroy, « Carven Homme : départ du directeur artistique », Marques, sur fashion-dailynews.com, Éditions Larivière,‎ 2 février 2010 (consulté le 2 décembre 2012)
  20. Bruno Joly, « Carven optimiste pour sa mode féminine », Marques, sur fashion-dailynews.com, Éditions Larivière,‎ 22 octobre 2009 (consulté le 2 décembre 2012)
  21. « Carven (Marque de mode) », Les marques et enseignes, sur tendances-de-mode.com,‎ 2 décembre 2010 (consulté le 19 mai 2013)
  22. Charlotte Brunel, « Au nouveau chic réaliste », sur lejdd.fr, Le JDD,‎ 14 novembre 2009 (consulté le 3 décembre 2012) : « L’aspect commercial se trouve ailleurs : les jupes ont deux longueurs, la fabrication se fait en Europe de l’Est. »
  23. « Jacques Bogart rachète la marque Carven pour les parfums », sur fashion-dailynews.com, Éditions Larivière,‎ 3 septembre 2010 (consulté le 2 décembre 2012)
  24. Jennifer Neyt, « Carven ouvre sa première boutique à Paris », Mode, sur vogue.fr, Condé Nast,‎ 25 mars 2011 (consulté le 2 décembre 2012)
  25. « Couture : 7 nouveaux adhérents », sur fashionunited.fr,‎ 30 mai 2011 (consulté le 2 décembre 2012)
  26. Mathilde Gardin, Patrick Vignal, « Mode: rigueur et opulence chez Carven », sur lepoint.fr, Le Point,‎ 1er mars 2012 (consulté le 3 décembre 2012)
  27. a et b Katell Pouliquen, « Guillaume Henry: "L'homme Carven est l'inverse du superhéros" », Tendances, sur lexpress.fr, L'Express,‎ 17 octobre 2012 (consulté le 2 décembre 2012)
  28. Eugénie Trochu, « Carven et Robert Clergerie signent des souliers exclusifs », Mode, sur vogue.fr, Condé Nast,‎ 26 mai 2011 (consulté le 2 décembre 2012)
  29. Sophie Billaud, « Petit Bateau se jette à l’eau avec Carven », sur madame.lefigaro.fr,‎ 26 septembre 2012
  30. Cécile Michel, « Petit Bateau X Carven », Luxe, sur lesechos.fr, Les Échos,‎ 5 novembre 2012 (consulté le 2 décembre 2012)
  31. Virginie Mouzat, « La fille Carven entre dans la cour des grands », Style, sur madame.lefigaro.fr, Le Figaro,‎ 29 septembre 2011 (consulté le 3 décembre 2012)
  32. Valérie Leboucq, « La Vallée Village attire toujours plus », sur lesechos.fr, Les Échos,‎ 29 novembre 2012 (consulté le 2 décembre 2012)
  33. Pascale Denis, Dominique Rodriguez, « Mode: courbes et découpes au défilé Carven », sur lepoint.fr, Le Point,‎ 27 septembre 2012 (consulté le 3 décembre 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Dominique Paulvé, Carven : half a century of elegance (avec des photographies de Dolorès Marat), Editions Gründ, Paris, 1995, 207 p. (ISBN 2-7000-2007-3)
  • (fr) Madame Carven : grand couturier (ouvrage publié à l'occasion de l'exposition présentée au Musée Galliera, musée de la mode de la ville de Paris, 25 janvier-19 mai 2002), Paris musées, 2002, 123 p. (ISBN 2-87900-571-x)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]