Camp de regroupement de Malines

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Icône de paronymie Cet article possède des paronymes ; voir : Machelen et Mechelen.
Camp de regroupement de Malines
Binnenplaats kazerne dossin.jpg
La cour intérieure du SS Juden Sammellager Mecheln
Présentation
Nom local Caserne Dossin
Type Camp de transit
Gestion
Dirigé par Nazi Swastika.svg SS
Victimes
Nombre de détenus 25 787 personnes ayant transité
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Localité Malines
Coordonnées 51° 02′ 02″ N 4° 28′ 42″ E / 51.03388889, 4.47833333 ()51° 02′ 02″ Nord 4° 28′ 42″ Est / 51.03388889, 4.47833333 ()  

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Camp de regroupement de Malines

Le camp de transit de l'ancienne caserne "Lieutenant-Général Dossin de Saint-Georges" à Malines (Mechelen en néerlandais, Mecheln en allemand), en Belgique, fut ouvert par les Allemands le 27 juillet 1942 pour concentrer les Juifs de Belgique en vue de leur déportation vers les camps de la mort. En allemand: SS Juden Sammellager Mecheln. Le mois précédent en juin, tous les Juifs devaient porter l'étoile jaune et des milliers d'entre eux raflés et envoyés au travail forcé pour l'organisation Todt[1]. Puis Heinrich Himmler fixa pour la Belgique un quota de 10 000 Juifs à déporter vers les camps d'extermination, ce qui entraina la police de sécurité à installer ce camp de transit.

Il était situé entre les deux plus grandes concentrations de Juifs en Belgique (Anvers et Bruxelles) et était idéalement relié au réseau dense des chemins de fer belges. Au total, 24916 Juifs de Belgique (soit 44 % de ceux résidant dans le pays) et 351 tziganes transiteront par Malines pour être déportés vers Auschwitz. Il faut y ajouter 520 juifs du Nord-Pas-de-Calais victimes de la rafle du 11 septembre 1942.

Conditions de vie[modifier | modifier le code]

La caserne Dossin était un camp de transit : on n'y passait en général que quelques jours en attendant la formation d'un nouveau convoi ; certains individus y ont séjourné néanmoins plusieurs semaines. Les conditions de vie y étaient rudes, les détenus étant brusquement plongés dans la complète incertitude. Les biens étaient confisqués, les pièces d'identité enlevées. Chaque prisonnier était muni d'une carte en carton portée autour du cou avec une ficelle contenant les détails suivants: n° personnel, date de naissance et n° du transport désigné. Les conditions hygiéniques y étaient mauvaises, surtout à cause de sa surpopulation à partir de 1943. Il est néanmoins difficile de faire des généralités au sujet des conditions de vie, tant est particulier le vécu des différentes familles qui y ont transité. Paul Sobol (né en 1926)[2] se souvient de ces jours du mois de juillet 1944 durant lesquels il est emprisonné avec quatre autres membres de sa famille : La caserne Dossin est notre prison : nous sommes privés de liberté, mais pas brutalisés. (...) À la caserne Dossin, il y a un règlement que nous devons suivre à la lettre. Une organisation très germanique : réveil avec le soleil, appel dans la cour (réunis par chambrée), puis distribution de café et de pain. Dans la chambrée, nous sommes une trentaine de personnes de tous âges, dont plusieurs familles. Très vite, mon père, grâce à son dynamisme naturel, prend les choses en main. Il devient responsable de la chambrée. Devant les autorités de la caserne, c'est lui qui distribue le pain et la soupe, qui est, par ailleurs, relativement bonne. De nombreuses familles reçoivent des colis de vivres de l'extérieur... et tout est mis en commun dans notre chambrée.

Historique[modifier | modifier le code]

Le , la Militärverwaltung charge le SS-Sturmbannführer, Philipp Schmitt de sa mise sur pied. Une vingtaine de SS allemands et par la suite flamands encadrent le camps sous les ordre du SS-Hauptsturmführer, Rudolf Steckmann, l'adjoint de Schmitt. Le personnel était constitué de SS allemands et par la suite de SS flamands. À partir d', un contingent de 25 hommes de la Flamisch Wachzug remplacera la Wehrmacht pour la surveillance extérieure du camps. En tandis que Schmitt et Steckmann sont écartés suite à leurs exactions, ils sont remplacés par le SS-sturmscharführer Johannes Frank de la Judenabteilung. Il fut à l'origine d'un certain assouplissement des conditions de détention au sein de la caserne. En revanche, Max Boden reste en charge de l'accueil des arrivant (l'aufnahme) ainsi que l'expert-comptable Erich Krull qui sera à son tour limogé en suite à ses actes de spoliation. Au total, 24 916 juifs transitèrent par le camps, ils représentent 44% de la population juive vivant sur le territoire belge, seules 1 203 personnes survécurent à la déportation[3].

Les convois de la déportation[modifier | modifier le code]

Musée[modifier | modifier le code]

Une petite partie de l'ancienne caserne abrite depuis 1995 le Musée juif de la Déportation et de la Résistance, inauguré par le roi Albert II le 7 mai, ainsi que les archives de la déportation. La plus grande partie de l'édifice est par ailleurs aujourd'hui affectée à une fonction de logement.

Entrée actuelle de l'ancienne caserne Dossin

Mémorial[modifier | modifier le code]

Après une visite inaugurale du Roi Albert II, le nouveau Mémorial, musée et centre de documentation sur l'Holocauste et les droits de l'Homme de Malines, qui jouxte la Caserne Dossin, est ouvert au public depuis le [4].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • W. Adriaens et a., Guide didactique pour une visite au Musée juif de la déportation et de la résistance, Malines, Musée juif de la déportation et de la Résistance, s.d. (2000 ?). ISBN 90-76109-02-8
  • P. Aron et J. Gotovitch (sous la dir. de), Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale en Belgique, Bruxelles, André Versaille Éditeur, 2008. ISBN 978-2-87495-001-8
  • L. A. Bernardo y Garcia, Modus Operandi. Le livret pédagogique, Bruxelles, Les Films de la Mémoire asbl, s.d. (2008 ?).
  • A. Roekens, La Belgique et la persécution des Juifs, Bruxelles, SOMA-SEGES & Renaissance du Livre, 2010. ISBN 978-2-507-00385-2
  • P. Sobol, Je me souviens d'Auschwitz. De l'étoile de shérif à la croix de vie, nouv. éd. revue et corrigée, Bruxelles, Racine, 2010 (complété d'un Dossier pédagogique d'É. B. Lauwers). ISBN 978-2-87386-680-8
  • M. Steinberg et a., Mecheln-Auschwitz. 1942-1944. La destruction des Juifs de Belgique. De vernietiging van de Joden van België. The destruction of the Jews from Belgium, Bruxelles, Vubpress, 2009. ISBN 978-90-5487-537-6
  • R. Van Doorslaer et a., La Belgique docile. Les autorités belges et la persécution des Juifs en Belgique durant la Seconde Guerre mondiale, 2 vol., Bruxelles, SOMA-SEGES, Éditions Luc Pire, 2007. ISBN 978-2-87415-848-3

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • B. Balteau et I. Christiaens (sous la dir. de), Moi Belgique. Annie Cordy raconte l'histoire des hommes et des femmes qui ont fait la Belgique, épisode 5 : Guerre et… Paix ? (1940-1945), Bruxelles, production RTBF, 2006.
  • H. Lanneau, Modus Operandi, Belgique, coproduction, 2008.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Raul Hilberg, la destruction des Juifs d'Europe Folio/Histoire Gallimard 1991 p.521
  2. P. SOBOL, op. cit., p. 50-51.
  3. Paul Aron, José Gotovitch, Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale en Belgique, éditions André Versaille, Bruxelles, 2008, (ISBN 9782874950018) p.144 et sq.
  4. cclj.be