Baulmes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Baulmes
Blason de Baulmes
Héraldique
Vue depuis les Aiguilles de Baulmes
Vue depuis les Aiguilles de Baulmes
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Vaud
District Jura-Nord vaudois
communes limitrophes
(voir carte)
Sainte-Croix, Vuitebœuf, Champvent, Rances, L'Abergement, France
Syndic Julien Cuérel
Code postal 1446
N° OFS 5745
Démographie
Gentilé Les Baulmérans
Population 1 015 hab. (31 décembre 2013)
Densité 45 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 47′ 00″ N 6° 31′ 00″ E / 46.783333, 6.51666746° 47′ 00″ Nord 6° 31′ 00″ Est / 46.783333, 6.516667  
Altitude 641 m
Superficie 2 253 ha = 22,53 km2
Divers
Langue Français
Localisation

Géolocalisation sur la carte : canton de Vaud

Voir sur la carte administrative du Canton de Vaud
City locator 14.svg
Baulmes

Géolocalisation sur la carte : Suisse

Voir la carte administrative de Suisse
City locator 14.svg
Baulmes

Géolocalisation sur la carte : Suisse

Voir la carte topographique de Suisse
City locator 14.svg
Baulmes
Liens
Site web www.baulmes.ch
Sources
Référence population suisse[1]
Référence superficie suisse[2]

Baulmes est une commune suisse du canton de Vaud, située dans le district du Jura-Nord vaudois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue du village depuis le Mont de Baulmes.

Le village de Baulmes est adossé au Jura, entre les communes de l'Abergement au sud-ouest, Rances au sud, Champvent à l'est, Vuiteboeuf au nord-est et Sainte-Croix au nord, 700 mètres plus haut[3]. La commune s'étend également jusqu'à la frontière française notamment entre le bois de la Joux (France) et le Col de l'Aiguillon (Suisse).

Une des plus belles vues du village peut être obtenue depuis les aiguilles de Baulmes avec en arrière-plan la plaine de l'Orbe, le Léman et au loin les Alpes. On peut également distinguer le lac de Neuchâtel sur la gauche.

Histoire[modifier | modifier le code]

Baulmes (Balmis, Balmo en 902, Balmes) est probablement le lieu qui fut le premier habité de tout le canton de Vaud. Alors que tout le pays était recouvert d'un immense glacier, des hommes venus du Jura s'établirent dans une grotte au-dessus de Baulmes (caves à Barbareau). Ces hommes étaient probablement des chasseurs de rennes car l'on a retrouvé des bois travaillés mais pas de métal[4].

La grotte à Barbareau

Plus tard, d'autres habitants vinrent s'installer plus bas, au pied de la paroi abrupte. Les Romains, puis les moines s'installèrent encore un peu plus bas sur la pente, les derniers créant pour finir un village. Depuis l'époque de la pierre taillée, c'est-à-dire pendant environ 10 à 12'000 ans, l'emplacement de Baulmes a été constamment habité, un cas probablement unique en Suisse[5].

Baulmes est situé sur la voie romaine qui conduisait de Lausanne par Orbe à Abiolica (L'Auberson) et Arionica (Pontarlier)[6].

L'origine de Baulmes remonterait au VIIe siècle, vers 652/72[7]. À cette époque, Ermentrude, veuve du duc et patrice de Burgondie Félix Chramnélène (fils de Waldelenus) un haut dignitaire de Bourgogne, construisit le monastère de Baulmes, situé au lieu-dit de St-André, légèrement au-dessus du village, près de la cure actuelle. Il ne reste quasi rien aujourd'hui de ce monastère, mise à part les ruines d'une chaire primitive[4].

En 962, l'abbaye de Payerne est rattachée au Cluny. En ce temps-là, tout un réseau de chemins de première importance a passé, directement ou indirectement, entre les mains de l'ordre clunisien, puisqu'il s'est adjugé Romainmôtier (dès 928/966), Rougemont (dès 1037, Vallorbe (avant 1139), Baulmes (probablement avant 1174), etc. Le chemin de Cluny à Payerne passait par le monastère de Baulmes[8].

La cure de Baulmes

À la fin du XIIIe siècle, une union fut prononcée entre les monastères de Baulmes et de Payerne. Le pape Clément V confirma cette union en 1309. Dès ce moment, le monastère de Baulmes cessa d'être autonome. Il fut absorbé dans celui de Payerne dont les prieurs étaient seigneurs de Baulmes. C'est à cette époque que le village aurait été complètement détruit par un gigantesque incendie. Des vestiges de cette tragédie dans ses sols seraient légion. De plus, les archives de Baulmes, pourtant riches, ne remontent pas avant le début du XIVe siècle, ce qui donnerait du crédit à cette histoire[6].

Au milieu du XVe siècle, des bandes de pillards armés venus de France à travers le Jura, prirent le passage dit de l'Aiguillon entre le Suchet et les Aiguilles de Baulmes. Dévalant la pente par un chemin qui existe toujours, ils débouchèrent au-dessus du village en s'attaquant tout d’abord au monastère. Le prieur du monastère qui était le seigneur de Baulmes décida en 1441 de renforcer les défenses du village. C'est à cette époque qu'un château fort aurait été érigé, probablement accolé au monastère, à l'emplacement de l'actuelle cure. Il ne reste pratiquement rien du château mis à part des vestiges d'anciens fossés, le mur de base de la cure et une meurtrière à l'entrée [4]. Cette hypothèse de château fort est cependant contredite dans d'autres textes. En effet, la tour de l'hospice (la cure actuelle) était appelée "château"[9].

Dès le XVe siècle, il existait à Baulmes une industrie de tissage qui était très florissante et avait acquis une grande réputation.

À la fin du XIXe siècle fut créée à Baulmes la Société des Chaux et Ciments qui a exploité jusque dans les années 1960 une vaste mine étendant ses 11 niveaux et 17 km de galeries dans la montagne à deux pas du village[10].

Situation[modifier | modifier le code]

Le territoire de Baulmes comprend différents étages : le bas de la commune abrite les champs cultivés et les prés, tandis que la partie haute s'inscrit dans la combe anticlinale formée par la chaîne des aiguilles de Baulmes et celle du Suchet. L'appellation "Les Rapilles" désigne un large dévaloir[11] pierreux et pentu qui descend de la forêt de Trois-Villes jusqu'en plaine, au nord-est en bordure de village. Cette "déchirure minérale" dans la forêt permet de situer le village loin à la ronde, notamment depuis la plaine de l'Orbe[12].

La rivière "La Baumine" descend du massif du Jura et passe à travers le village (pour une grande partie sous terre), le coupant en deux parties inégales, la plus petite étant celle au nord-est de la rue des Scies. Elle poursuit sa route en longeant le Jura pour se jeter dans l'Arnon à Vuiteboeuf.

En face du village, au sud-est, se trouve le Bois de Feurtille. Directement au sud, des champs sont cultivés sur un plateau appelé "les Marais" (assainis au XIXe siècle)[13]. Le panorama suivant est pris du sud du village, en bordure du bois de Feurtille. On distingue clairement "Les Rapilles", tout à droite de la photo.

Vue du Jura et du village depuis le bois de Feurtille

Monuments[modifier | modifier le code]

Le site préhistorique de l'abri de la Cure ainsi que la tour de l'horloge (référencée sous l'appellation "Beffroi de Baulmes") sont classés comme bien culturel d'importance nationale[14].

Un bloc erratique, la Pierre à Bollet se trouve en amont du village. Il s'agit du plus gros bloc erratique du Jura suisse situé à plus de 1 000 mètres[15].

La cure actuelle[modifier | modifier le code]

Les bâtiments qui forment la cure de Baulmes sont très anciens, en particulier la tour près de la route. On peut supposer qu'elle a été édifiée entre le 11e et le 13e siècle. Ses murs atteignent jusqu'à 1,70 m d'épaisseur. Quoique ressemblant à un donjon, elle n'est sans doute pas le vestige d'un château fort. Par sa forme, elle fait penser aux tours d'habitation de Suisse centrale, demeures seigneuriales construites dès le 12e siècle et généralement propriété d'un monastère. Mais il existe aussi une analogie avec certains hospices (celui du Simplon par exemple), établissements religieux qui accueillaient les gens de passage.

Jusqu'au début du 17e siècle, la tour était parfois occupée par des châtelains, comme François d'Allinges, seigneur savoyard, ce qui lui valut d'être appelée château. Elle a été achetée en 1613 par les Bernois pour y loger le prédicant.

Le corps de la cure date probablement en partie des 16e et 17e siècles. En 1562, le bâtiment est abergé en fief rural. Il a été partiellement reconstruit en 1758-60[16].

L'église paroissiale[modifier | modifier le code]

Temple de Baulmes
Tour de Baulmes

L'église paroissiale est citée en 1228 déjà (Saint-Pierre en 1340, Notre-Dame au 16e siècle - s'il s'agit de la même). Elle est intégrée au réseau des sites clunisiens répartis dans toute l’Europe. Avant la Réforme, elle abritait entre autres un autel (ou une chapelle) consacré à Sainte Marie-Madelaine. Le bâtiment est très énigmatique, ayant subit de nombreuses transformations. Seule certitude, l'âge des cloches, car elles sont datées : 1404, 1784 et 1891.

En 1294, l’abbé de Cluny relie la maison de Saint-Michel de Baulmes au couvent de Payerne par une union perpétuelle mais au cours du XVe siècle, malgré cette filiation directe, l’état des bâtiments se dégrade fortement. À leur arrivée sur place en 1536, les Bernois suppriment le prieuré, vraisemblablement très diminué. Seul le clocher avec ses fenêtres gothiques et l’arc en ogive garde les traces de la première église. On ne sait pas où se situait exactement le prieuré[17].

À voir l'épaisseur des murs, la base du clocher paraît ancienne. Elle n'est d'ailleurs pas de même nature que le haut, et la porte semble avoir été percée plus tard. Le haut, doté de fenêtre à remplages, serait du 15e siècle, ce qui correspond à l'âge de la plus ancienne des cloches. Un crédit a été accordé en 1790 pour la "construction du beffroi du temple": il s'agit sans doute d'une réfection due à l'introduction d'une cloche.

Le cœur aurait été démoli en 1821 et des squelettes auraient été découverts en dessous à cette occasion. Un dessin de C. G. Théremin (1814) montre une simple abside carrée, visiblement ajoutée (un chœur de ce genre, à Ursins, date de 1702).

C'est paraît-il l'installation d'un orgue (le quatrième du canton par ordre d'ancienneté) qui aurait nécessité l'agrandissement du temple côté levant (où les murs sont visiblement neufs), lors des travaux de restauration entrepris en 1871. La réfection générale du toit de l'église est exécutée en 1914-15[18].

La tour de l'horloge[modifier | modifier le code]

Édifiée en 1750, elle est surmontée d'un toit à bulbe. Elle servait de prison pour le cercle de Baulmes. De plus, elle permettait, par la sonnerie de sa cloche, d'appeler les enfants à l'école et de donner l'alarme en cas d’incendie (jusqu'en 1975). Enfin, en 1762, les archives communales ont été transférées dans la tour. Un des buts de cette construction était d'indiquer l'heure au centre du village, car l'horloge du temple était trop éloignée[19].

L'hôtel de ville[modifier | modifier le code]

Hôtel-de-ville de Baulmes
Musée de Baulmes

L'hôtel de ville actuel, édifié après démolition de deux petites constructions qui occupaient la place, a été inauguré le 14 décembre 1901[19].

La maison de la dîme[modifier | modifier le code]

Elle paraît avoir été construite au début du 16e siècle, peut-être par une famille noble. Il semble qu'elle ait servi de cure jusqu'en 1613, date de l'achat de la cure actuelle par les Bernois. C'est là que les impôts en nature étaient collectés par la suite. Son perron à double arcade lui confère un certain charme[19].

De grandes richesses historiques sont exposées dans cette vielle bâtisse qui fait office de musée pour le village.

Autres bâtiments[modifier | modifier le code]

École (1836), grand bâtiment à double entrée, par l'architecte lausannois Henri Perregaux[20].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Statistique annuelle de la population vaudoise au 31.12.2013 », sur Statistiques Vaud (consulté le 28 juillet 2014)
  2. « Statistique de la superficie 2004/09 : Données communales », sur Office fédéral de la Statistique (consulté le 23 septembre 2010)
  3. Open Street Map
  4. a, b et c Le Nord vaudois - Orbe - Grandson - Yverdon; par Ric Berger; Ed. Cherix & Filanosa SA, 1er février 1985; page 46; autre version numérisée sur google books: http://books.google.ch/books?id=SIFcPTvG7V0C&lpg=PA144&ots=R7hJemP3nb&dq=baulmes&hl=fr&pg=PA142#v=onepage&q=baulmes&f=false
  5. Pays de Vaud - Encyclopédie illustrée du Pays de Vaud; version électronique sur google books: http://books.google.ch/books?id=VljAyNaSb2kC&pg=RA1-PA8&lpg=RA1-PA8&dq=baulmes&source=bl&ots=nNSCOFddqq&sig=X2EQXh818UgeJYf6w9zBvNzVf6o&hl=fr&sa=X&ei=EsxdUJGWEa-P4gS504DACA&redir_esc=y#v=onepage&q=baulmes&f=false
  6. a et b Recueil d'informations sur le village de Baulmes; imprimerie Cornaz SA, Yverdon
  7. Baulmes, DHS [1]
  8. Baulmes, Une longue histoire..., page 1.5-1; Robert Gogel, 2ème édition, revue et augmentée, novembre 1996, musée de Baulmes.
  9. Baulmes, Une longue histoire..., page 4.4-1; Robert Gogel, 2ème édition, revue et augmentée, novembre 1996, musée de Baulmes.
  10. Site web de l'association Spéléo-Lausanne: [2]
  11. Définition de "dévaloir", selon l'usage en Suisse: http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/d%C3%A9valoir/24926
  12. Site web de la commune de Baulmes
  13. http://www.panorama.vd.ch/detail.aspx?ID=12835
  14. [PDF] L'inventaire édité par la confédération suisse, canton de Vaud
  15. « De Trois Villes à Six Fontaines en passant par la Pierre à Bollet et le Suchet », sur randonnee-pedestre.ch
  16. Baulmes, Une longue histoire..., page 5.3-1; Robert Gogel, 2ème édition, revue et augmentée, novembre 1996, musée de Baulmes.
  17. Site web Région Yverdon-les-Bains-Orbe
  18. Baulmes, Une longue histoire..., page 5.4-1; Robert Gogel, 2ème édition, revue et augmentée, novembre 1996, musée de Baulmes.
  19. a, b et c Baulmes, Une longue histoire..., page 3.3-1; Robert Gogel, 2ème édition, revue et augmentée, novembre 1996, musée de Baulmes.
  20. Paul Bissegger, D'ivoire et de marbre. Alexandre et Henri Perregaux ou l'Age d'Or de l'architecture vaudoise (1770-1850), Bibliothèque historique vaudoise, coll. « Bibliothèque historique vaudoise 131 »,‎ 2007 (ISBN 978-2-88454-131-2), p. 337 et suiv.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :