Cananefates

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Les Cananefates sont une tribu germanique vivant dans le delta du Rhin, dans la partie occidentale de l'île des Bataves (plus tard dans la province romaine de la Germanie inférieure, couvrant la partie occidentale des Pays-Bas)[1]. Tacite signale que « cette nation […] a tout des Bataves […] : origine, langue, valeur […] excepté le nombre[2] ». La capitale de la civitas des Cananefates est Forum Hadriani.

Étymologie[modifier | modifier le code]

  • Autres formes: Canninefates, Caninefates et Canenefatae Cannenefatium, Cannenefatium, Cannenefatum, Cannenefaenufatum[3]
  • en Celte: kannina-fat: Forme hybride signifiant maître de l'ail ou des poireaux[4],[5],[6].
  • en Celte Caenenef-aehtas: les familles du Neveu/Beau-fils de la Lignée; Tacite les signale comparable aux Bataves par l'origine … mais inférieurs en nombres.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Cannefates étaient installés sur les sols sablonneux fertiles du delta de la Meuse et du Rhin, l'Helinium entre les dunes et les tourbières de la province néerlandaise occidentale des Pays-Bas, la Hollande Sud

Leur capitale était Municipium Cananefatium, devenu ultérieurement Forum Hadriani (l'actuelle ville de Voorburg). Les autres cités importantes étaient Lugdunum Batavorum et Matilo.

Ils forment plusieurs unités auxiliaires dans l'armée romaine.

En 4, Tibère soumet les Cananefates, les Chattuares et les Bructères, et place sous domination romaine les Chérusques qui s'en étaient soustraits.

Au début de la révolte des Bataves sous Gaius Julius Civilis dans l'année anarchique de 69, les Bataves envoient des émissaires inciter les Cananefates à la rébellion eux aussi[2]. Ces derniers rejoignent les rebelles, menés par un certain Brinno, fils d'un chef qui avait fait face aux expéditions de Caligula avec succès. Ils appellent à leurs aides les Frisons et s'emparent des camps romains proches, dépouillés de tous les hommes de valeurs qui combattent sous Vitellius dans la guerre civile autour du trône d'empereur[7]. Gaius Julius Civilis divise ses forces en trois colonnes, suivant les trois principales tribus formant la rébellion, pour attaquer les Romains près du Rhin. Une partie des troupes romaines, des auxiliaires germains ou bataves, se retournent contre les légionnaires, qui sont vaincus[7].

Ainsi, la révolte des Bataves prend de l'ampleur, aidés dans un premier temps des Cananefates et des Frisons, embrasent une grande partie de la Gaule et de la Germanie, profitant de la guerre civile qui secoue l'Empire romain dans cette année des quatre empereurs. Après des victoires dont la prise de Mogontiacum - aujourd'hui la ville de Mayence -, Gaius Julius Civilis est vaincu à Trèves par le général romain Petilius Cerialis, traite avec les Romains et devient leur allié en 70, mettant fin à la révolte[8].

Vers 250, début de l'ère de submersion marine, la région est soumise à des mouvements maritimes et climatiques. Le Municipium est abandonné vers 270.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tacite, Annales, IV, 73.
  2. a et b Tacite, Histoires, IV, 15.
  3. Pline[Lequel ?] 4,15: Caninefates Tacitus Hist. 4,15; Canninefates IV.16; Canninefatium (gen.) IV.19; Cannenefates IV.32, 56, 79, 85; alam Canninefatem Tacitus Ann. IV.73; Caninefas XI.18; Cannenefativm CIL 16, 20, 28, 36; Cannenef[atium] 64; Cananef(ativm) 178, 104, 185; Cannanif(ativm) CIL 13, 11740,.
  4. Lauran Toorians, De Cananefaten in taalkundig perspectief, in W. de Jonge, J. Bazelmans et D.H. de Jager (eds.), Forum Hadriani. Van Romeinse stad tot monument. Utrecht, 2006.
  5. Celtic *kannīnā- ‘leek, garlic’ + Gmc. -fat (< IE *potis ‘master’, Gothic faths). Voyez P. Schrijver, De etymologie van de naam van de Cannenefaten, Amsterdamer Beiträge zur älteren Germanistik, XLI (1995) 13-22; A. Falileyev, G. R. Isaac, Leeks and Garlic: The Germanic Ethnonym cannenefates,
  6. Celtic *kasn- and Slavic *kesn-. NOWELE, 42 (2003) 3-12; L. Toorians, Cannanefaten in taalkundig persectief, Forum Hadriani (Utrecht 2006), 50-56.
  7. a et b Tacite, Histoires, IV, 16.
  8. Tacite, Histoires, IV, 17 et suivants.