Base aérienne de Chaumont-Semoutiers

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Base aérienne de Chaumont-Semoutiers
Entrée de la base en 1962
Entrée de la base en 1962
Cocarde Cocarde 2
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Coordonnées 48° 05′ 37″ N 5° 02′ 55″ E / 48.093732, 5.04854 ()48° 05′ 37″ Nord 5° 02′ 55″ Est / 48.093732, 5.04854 ()  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Base aérienne de Chaumont-Semoutiers
Pistes
Direction Longueur Surface
01/19 1 500 m (4 921 ft) béton
Informations aéronautiques
Code AITA XCW
Code OACI LFJA
Type d'aéroport Militaire & Civil
Gestionnaire Association de Gestion de l'Aérodrome de Chaumont-Semoutiers (AGACS) - ALAT - ex-USAF
Cartes SIA VAC

La Base aérienne de Chaumont-Semoutiers (en anglais : Chaumont-Semoutiers Air Base) est une ancienne base aérienne de l'United States Air Forces in Europe près de la ville de Chaumont dans le département de la Haute-Marne entre 1953 et 1967.

Le 403e régiment d'artillerie de l'armée française équipé de missiles sol-air Hawk a ensuite occupé les lieux, remplacé depuis 1999 par le 61e régiment d'artillerie spécialisé dans le renseignement et l'acquisition d'objectif.

Aujourd'hui, elle sert d'aérodrome civil pour Chaumont.

Les origines[modifier | modifier le code]

L’armée de l'air française utilise un terrain près de Chaumont à partir du milieu des années 1930. En mai 1940, le Groupe de Bombardement II/38 rattaché à la 3e Division Aérienne est basé sur le terrain de Chaumont-Semoutiers[1]. Il est équipé de bombardiers Amiot 143 et Bloch MB.200. Le terrain est utilisé par la Luftwaffe pendant l’Occupation. La région est libérée par la 3rd Army américaine qui repousse une violente contre-attaque allemande le 13 septembre 1944. Le terrain n’est pas utilisé après-guerre.

La construction de la base[modifier | modifier le code]

En novembre 1950, alors que la Guerre froide avec l’Union Soviétique vient de débuter, l’OTAN négocie la construction de bases aériennes en France pour l’installation d’escadres de combat de l’USAFE. Le terrain abandonné de Chaumont-Semoutiers fait partie des sites retenu pour la construction d’une base aux normes OTAN. Le terrain est élargi par l'expropriation de terres agricoles sur les communes de Montsaon, Semoutiers et Villiers Le Sec. Les travaux de construction de la nouvelle base peuvent alors démarrer le 25 janvier 1951. La construction de la piste elle-même commence en octobre 1951 seulement. En avril 1952, les installations minimales, constituées de 255 tentes et 24 bâtiments préfabriqués, sont opérationnelles. Les travaux d’aménagement de la base continuent jusqu’en 1956 sous la direction des architectes Pierre Dufau et Grad Seelye.

137th Fighter Bomber Wing[modifier | modifier le code]

Le 5 mai 1952, le 137th Fighter Bomber Wing de la Garde Nationale de l’Oklahoma, quitte l’aéroport municipal d’Alexandria en Louisiane pour s’installer à Chaumont. Le 137th FBW est constitué de 3 escadrons rassemblés à Alexandria en novembre 1950 pour effectuer leur conversion sur F-84G : le 125th FBS sur F-84B de l’aéroport Will Rogers de Tulsa, le 127th FBS sur F-84C Thunderjet de l’aéroport municipal de Wichita dans le Kansas et le 128th FBS de Dobbins Air Force Base près d’Atlanta en Géorgie sur F-47D Thunderbolt. Les infrastructures n’étant pas encore prêtes pour recevoir les appareils du 137th, ses trois escadrons sont stationnés jusqu’au 25 juin sur d’autres bases en Allemagne : les 125th et 127th FBS à Ramstein Air Base et le 128th FBS à Neubiberg Air Base. Le 137th FBW est la première unité de chasseurs-bombardiers de l’USAF stationnée en France. Il est équipé de 61 F-84G, 2 Douglas C-47, 1 North American T-6 et 3 T-33A. Comme d’autres unités de l’USAFE plus tard, les pilotes du 137th FBW s’entraînent au tir air-air et à l’attaque au sol lors de déploiements à Wheelus Air Base en Libye.

48th Fighter Bomber Wing[modifier | modifier le code]

Cérémonie de décication de la statue le 4 juillet 1956.
F-100D en 1957.

Le 10 juillet 1952, le 137th Fighter Wing prend la désignation de 48th Fighter Bomber Wing. La désignation des trois Fighter Bomber Squadrons change également pour devenir les 492nd, 493rd et 494th Fighter Bomber Squadron. Le 137th FBW est réaffecté à la Garde Nationale de l’Oklahoma, ses F-84G demeurant à Chaumont pour équiper le nouveau wing. En novembre 1953, le 48th abandonne ses F-84 et effectue sa transition sur F-86F Sabre. Chacun des trois escadrons reçoit 25 nouveaux appareils, soit un total de 75 pour le wing. Les ateliers de Frédéric Bartholdi, le sculpteur de la Statue de la Liberté installée à New York, étant situés non loin de Chaumont, les personnels du 48th FBW décide de prendre la statue de la liberté comme insigne et donnant le nom de « Statue of Liberty Wing » à leur unité. Le 4 juillet 1954, le maire de Chaumont donne officiellement le nom de « Statue de la Liberté Wing » au 48th, qui devient ainsi le seul wing de l’USAF à posséder à la fois une désignation numérique et un nom officiel. Une statue en bronze est offerte par la ville de Chaumont est mise en place sur la base. Cette statue est toujours en place de nos jours. Fin 1956, les Sabre sont remplacés par des North American F-100 Super Sabre (90 F-100D monoplaces et 13 F-100F biplaces). Le 8 juillet 1958, le 48th change de désignation en devenant le 48th Tactical Fighter Wing. Moins de deux ans après, le 15 janvier 1960, en raison de la décision du gouvernement français d’interdire la présence sur le sol français de vecteurs et d’armes nucléaires, le 48th TFW fait mouvement vers sa nouvelle base de RAF Lakenheath en Angleterre qu’il occupe toujours en 2007. Chaumont AB est alors placée en sommeil, devenant une dépendance de Toul-Rosières Air Base et du 7544th Combat Support Group.

La Crise de Berlin[modifier | modifier le code]

F-84F du 7108th TFW au-dessus de Chaumont AB en 1962.

En août 1961, les Soviétiques débutent la construction du Mur de Berlin, entraînant une mobilisation des forces américaines et la remise en activité des bases en France, dont celle de Chaumont pour accueillir le 108th Tactical Fighter Wing de la Garde Nationale du New Jersey qui est activé. Il est constitué de trois escadrons sur F-84F : les 119th TFS de l’aéroport d’Atlantic City, 141st TFS de McGuire Air Force Base et le 149th TFS de Richmond en Virginie. Les premiers éléments du 108th arrivent à Chaumont le 16 octobre. Seuls 28 F-84F sont déployés en tout, les derniers arrivant le 17 novembre. Ils forment le 7108th Tactical Wing à partir du 20 novembre.
Pendant la crise de Berlin, Chaumont héberge également les RF-84F du 106th Tactical Reconnaissance Squadron. Cette unité est rattachée au 7117th Tactical Wing appelé au service actif comme le 7108th et basé à Dreux-Louvilliers Air Base. En raison de restrictions de vols liées à la proximité de l'Aéroport d'Orly, le 7117th n’est pas autorisé à faire voler ses appareils à partir de Dreux. Le 106th TRS demeure à Chaumont jusqu’au mois de juillet 1962. Le 7 juin 1962, le 7108th TW reçoit l’ordre de retour vers les États-Unis avec tous ses personnels, mais sans ses F-84 qui restent à Chaumont. Ils seront utilisés pour la mise en place du 366th Tactical Fighter Wing, la nouvelle unité permanente de Chaumont. Le 7108th est dissous à l’occasion de son départ définitif de Chaumont en août 1962.

Le 403e régiment d'artillerie[modifier | modifier le code]

La base accueille le 403e régiment d'artillerie de l'armée française de 1967 à 1999.

Le 61e régiment d'artillerie[modifier | modifier le code]

La base accueille le 61e régiment d'artillerie depuis 1999.

Installations civiles[modifier | modifier le code]

L’aérodrome dispose d’une piste revêtue orientée nord-sud (01/19), longue de 1500 mètres et large de 30.

L’aérodrome n’est pas contrôlé. Les communications s’effectuent en auto-information sur la fréquence de 118,775 MHz.

S’y ajoutent :

  • une aire de stationnement ;
  • un hangar ;
  • une station d’avitaillement en carburant (100LL).

Deux aéroclubs sont basés sur le site:

L'aérodrome a été géré par la Chambre de commerce et d'industrie de la Haute-Marne de 1995 à 2010. L'Association de Gestion de l'Aérodrome de Chaumont-Semoutiers (AGACS) en a maintenant la gestion.

Références[modifier | modifier le code]

  • Loubette, Fabrice (2008). Les forces aériennes de l'OTAN en Lorraine, 1952-1967. Metz, France : Serpenoise, Partie II, Chapitre 6, Chaumont Air Base. ISBN 978-2-87692-763-6.
  1. Armée de l'Air, Ordre de bataille au 10 mai 1940

Lien externe[modifier | modifier le code]