Pierre Dufau

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Pierre Dufau
Présentation
Naissance 21 juin 1908
Arras
Décès 26 septembre 1985 (à 77 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Diplôme DPLG en 1937
Formation École nationale supérieure des beaux-arts, atelier Héraud
Œuvre
Réalisations centrale nucléaire de Chinon
Tour UAP
Distinctions Premier second grand prix de Rome (1938)
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Pierre Dufau (né le 21 juin 1908 à Arras et mort le 26 septembre 1985 à Paris) est un architecte et urbaniste français. Il a été architecte des bâtiments civils et palais nationaux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'architecte, il est élève de l'École nationale supérieure des beaux-arts au sein de l'atelier de Gabriel Héraud. Diplômé en 1937, il est premier second grand prix de Rome en 1938.

À partir de 1940, il est chargé des travaux de reconstruction d'Amiens, meurtrie par les multiples bombardements. Il élargit à 20 mètres la rue des Trois-Cailloux, pour en faire le contrepoint de l'axe historique Nord-Sud (rue Saint-Leu / Route de Saint-Fuscien). L'architecture reprend la brique, matériau traditionnel de la Picardie. Il occupe le poste d'architecte en chef de la reconstruction d'Amiens jusqu'en 1954.

Lancé après guerre grâce à sa réflexion particulière sur les immeubles de bureau destinés aux sièges sociaux, matérialisée dans l'immeuble de la rue Jean-Nicot, siège de la régie autonome des pétroles, aidé par un grand contrat pour la construction des bases de l'OTAN, lauréat de nombreux concours, il est à la tête d'une des plus grandes agences des Trente Glorieuses, avec plus de 600 réalisations à son actif. Le nombre d'affaires de tout genre enregistrées par l'agence dépasse le numéro étonnant de 1500. Dans les années cinquante, une époque où les architectes français construisent encore assez peu à l'étranger, il réalise l'aérogare d'Accra puis l'ambassade de France à Phnom-Penh. Entre 1960 et 1962, il construit la Présidence de la République de Côte d'Ivoire. Le siège de la Royale Belge, réalisé en 1967 à Bruxelles avec René Stapels[1], est son œuvre majeure à l'étranger.

Il collabore à la construction de plusieurs centrales nucléaires, le radôme de la centrale de Chinon devenant le symbole d'une certaine forme de dynamisme français[non neutre].

En 1967, il est nommé architecte en chef du programme d'urbanisme Nouveau Créteil, à la suite de Jean Fayeton. Il dessine notamment les plan de l'Hôtel de ville (1972) et du centre hospitalier (1977). Ses associés sont, à partir de 1970, Jean-Pierre Dacbert, Michel Stenzel, Jean-Claude Moreau puis Olivier Dufau. Il réalise par ailleurs un très grand nombre de sièges sociaux et de tours dans le quartier de la Défense.

Pierre Dufau est un architecte engagé. Grand massier de l'École des beaux arts de Paris, Président de de la fédération des étudiants de Paris en 38-39, il participe à l'élaboration de la loi Jean Zay sur la profession d'architecte dont il regrette qu'elle soit dénaturée par le gouvernement de Vichy. Celui-ci crée un Ordre des architectes qu'il combat souvent. De nombreux articles expliquent à la Libération les règles à promouvoir pour le logement social et l'élimination des taudis, travail qui le conduit à créer au Plessis-Trévise la cité d'urgence demandée par l'Abbé Pierre. Il est l'auteur de plusieurs livres polémiques sur l'architecture de son temps, notamment Non à l'uburbanisme paru chez Flammarion en 1964 qui stigmatise les réglementations selon lui paralysantes qui génèrent une architecture débilitante et justement critiquée.

Pierre Dufau a défendu l'idée que l'architecte doit garder la plénitude de ses attributions, en privilégiant des missions complètes[pas clair]. Il insiste sur la nécessité pour les architectes d'assurer le suivi des chantiers et de contrôler la technique. Il crée avec l'OTAB son propre bureau d'études.

Il pense qu'il appartient aux architectes d'associer les autres intervenants de la construction à la recherche de la meilleure architecture. Il crée en 1951 avec l'architecte Pierre Sonrel, Auguste Perret étant président fondateur et Gropius et Wright membres d'honneur, le Cercle d'Études Architecturales pour rassembler des hommes de différentes disciplines autour d'une idée élevée de l'architecture. Dix huit ingénieurs des Ponts et chaussée rejoindront rapidement cette association, ainsi que des journalistes et des hommes politiques.

Il est non seulement architecte mais aussi urbaniste, un des rares[réf. nécessaire] à avoir à la fois reconstruit une ville ancienne (Amiens) et construit une ville nouvelle (Créteil). Il est non seulement architecte pour la demande privée mais aussi Architecte en Chef des Bâtiments nationaux (nommé le 1er janvier 1967) et sera le concepteur de toutes les sortes de bâtiments publics : mairies, préfecture, palais présidentiel, ambassade, aérogare, abattoirs, caserne, palais des sports, hôpitaux, ministères, laboratoires, gare de métro (Charles de Gaulle - Étoile) en émaux de Briare, pont (pont de Puteaux), etc. Son œuvre privée couvre l'ensemble des types de bâtiments possibles : logement social, logement de luxe, bureaux, usines, maisons particulières, maisons de campagne, restauration de patrimoine historique, hôtels, institut de thalasso-thérapie etc.

Il insiste constamment pour que la décoration soit intégrée dans les immeubles construits faisant travailler de nombreux artistes, peintres, sculpteurs et décorateurs. Devant l'immeuble de la rue Nelaton, actuellement Ministère de l'Intérieur et siège des grands services de la police nationale, il crée une fontaine, due à Colamarini, qui est une des très rares construites à Paris intra-muros dans la seconde partie du XXe siècle. Il soigne la liaison avec les jardins et les pièces d'eau, comme en témoigne l'hôtel de ville de Créteil entouré d'une place en marbre figurant un effet de vagues ou le siège d'Axa à Bruxelles, intégré dans un paysage de lac et de verdure ou encore la Préfecture de Bordeaux qu'il fait border d'une pièce d'eau.

Il donne beaucoup de temps aux institutions professionnelles qu'il considérait comme indispensables comme la Mutuelle des Architectes Français dont il dirige avec succès[non neutre] l'informatisation. Il participe, parfois jusqu'à la fin de sa vie, à de nombreuses instances officielles parisiennes, nationales et internationales[Lesquelles ?].

Distinctions honorifiques et décorations[modifier | modifier le code]

  • 1937 : diplôme d'honneur de l'exposition de 1937 ; Médaille d'argent de l'Académie d'art régional ;
  • 1938 : premier second grand prix de Rome (il ne voulait pas du premier qui l'aurait forcé à aller dans la Rome de Mussolini) ;
  • 1954 : chevalier de l'Ordre Royal de Saha Metrei du Cambodge ;
  • 1957 : diplôme d'architecture de la Biennale de Milan ;
  • 1959 : médaille d'or de la Société d'encouragement à l'art et à l'industrie ;
  • 1960 : prix de la biennale de Venise pour le Centre des pilotes d'essai à Istres ;
  • 1961 : officier de l'Ordre national du mérite de la République de Côte d’Ivoire ;
  • 1962 : officier de la Légion d'honneur ;
  • 1977 : grande médaille de vermeil de l'Académie d'architecture ;
  • 1982 : diplôme du plus bel ouvrage de la construction métallique pour la centrale nucléaire de Paluel.

Principales réalisations[modifier | modifier le code]

Hôtel de ville de Créteil (1972)
Ex Tour Axa, en restructuration (1971-1974
Pullman Montparnasse, construit en tant que Sheraton (1972)

Principaux ouvrages de l'architecte[modifier | modifier le code]

  • La France d’aujourd’hui : la profession d’architecte éd. Hatier, 1958-1964-1968
  • Non à l’uburbanisme, éd. Flammarion, 1964 (coll. « Le Meilleur des Mondes »)
  • (avec Albert Laprade), Pour ou contre la démolition de Paris, éd. Berger-Levrault, 1967
  • Paris et la Province : L’urbanisation et le sens commun éd. La Table ronde, 1968
  • (avec Yves Cazeaux), Programme et prospective dans la construction, éd. Berger-Levrault, 1969 (coll. « L’Administration nouvelle »).
  • Un architecte qui voulait être architecte. Mémoires éditées posthumes par Londreys, 1989

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Brochure des journées du patrimoine 2008 de la Région de Bruxelles-Capitale, p.25

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joseph Abram, L'architecture moderne en France, du chaos à la croissance, 1940-1966, éd. Picard, 1999, p. 301
  • Gilles Ragot dans Dictionnaire de l'architecture du XXe siècle, éd. Hazan/Ifa, 1996
  • Notice de Gérard Gassiot-Talabot dans Dictionnaire de l'architecture moderne, éd. Hazan, 1964, p. 98

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]