Anton Pann

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Anton Pann

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Anton Pann

Nom de naissance Antonie Pantaleon Petrov
Naissance vers 1794
Sliven, Roumélie
Décès 2 novembre 1854
Bucarest, Roumanie
Langue d'écriture roumain
Genres poésie

Anton Pann était un poète et compositeur roumain, né aux alentours de 1794, et décédé le 2 novembre 1854 à Bucarest (Roumanie). Il a composé la musique de l'hymne national roumain, Deșteaptă-te, române!

Biographie[modifier | modifier le code]

Aux alentours de 1794 (ou 1796 ou 1797, selon l'auteur lui même) naquit dans la petite ville bulgare de Sliven, située à mi-chemin entre Giurgiu (en Roumanie) et Sofia (capitale de la Bulgarie), Anton Pann, fils de Pantaleon Petrov, chaudronnier, et de Tomaida, qui devint très vite veuve[1]. La guerre qui oppose Russes et Turcs retentit sur les contrées balkaniques, de sorte que Tomaida décida de déménager à Chişinău. Les deux frères aînés d'Anton entrèrent dans l'armée russe et moururent lors du siège de Brăila (1809). Anton rejoignit la chorale de l'église centrale de Chişinău. Quelques années plus tard, la famille s'établit définitivement à Bucarest.

De 1816 à 1819, Anton suivit les cours de l'école de musique de Petre Efesiul, également propriétaire d'une imprimerie. C'est d'ailleurs la seule scolarité qu'il revendiqua par la suite lorsqu'il confessa la volonté de parfaire ses connaissances en musique ecclésiastique. Il apprit néanmoins l'art de l'imprimerie, comme s'en souvint Ion Ghica, qui l'aurait connu comme élève du Colegiul Sfântul Sava. Il contracta en 1820 un mariage malheureux qui dura cependant 7 ans avec Zamfira. Un fils, Lazar, naquit de cette union, tour à tour déshérité et rétabli dans ses droits. Celui-ci finit par reprendre l'imprimerie d'Anton Pann[2].

Alors qu'il enseignait la musique religieuse au sein du monastère Dintr-un Lemn, en 1827, il tomba amoureux de la nièce de la mère supérieure, Anica, 16 ans. L'enlèvement spectaculaire de cette dernière inspira à Lucian Blaga une adaptation libre de sa biographie dans la pièce Anton Pann. Il se maria, puis se sépara en 1837.

En 1830, il fut titularisé comme professeur de musique. Débuta ainsi une période de création très féconde, durant laquelle en plus des vers il se diversifie, compose de la musique, traduit et imprime des livres, tente de créer des manuels scolaires. Malgré une vie très aventureuse, il prenait au sérieux sa carrière pédagogique et progressa rapidement du grade de répétiteur à celui de professeur universitaire.

Le 10 février 1840, il épousa en troisièmes noces Ecaterina, âgée de dix-huit ans, qui lui resta fidèle jusqu'à sa mort après laquelle, bien qu'elle eût promis de rentrer dans les ordres, elle convola à nouveau avec un ancien apprenti du maître. Ces années sont connues comme sa vie de bohème à Bucarest dans un groupe que rejoignit plus tard Nicolae Filimon, excellent camarade de beuverie. En 1843 il acheta une imprimerie, une belle affaire mais qui avait épuisé les économies du poète.

En 1848, il fuit Bucarest mais participa de manière active à la Révolution. Il composa ainsi un chant populaire de la Révolution Réveille-toi, Roumain sur les vers d'Andrei Mureşanu, devenu plus tard l'hymne national roumain. Vers la cinquantaine il connaissait la notoriété dans toutes les provinces roumaines. Mais il aimait parler de lui et ne savait garder les secrets de famille. Il alla jusqu'à publier des confessions intimes et scandaleuses dans une sorte de fanzine, Adiata, le 21 février 1849.

Il restait un grand autodidacte profondément ému par un fait divers qui aurait marqué sa vie : le 23 mars 1847 jour de Pâques un grand incendie à Bucarest détruisit ses livres y compris ceux en cours d'impression. En 1853, à la faveur de sa connaissance de la langue turque, il adapte en roumain les sagesses de Nasr Eddin Hodja (Năzdrăvăniile lui Nastratin Hogea)[3].

Il mourut le 2 novembre 1854 du typhus et malgré ses dernières volontés il fut enterré à Bucarest.

Œuvre et thèmes[modifier | modifier le code]

Andreia Roman indique que ses recueils de vers ou de prose rythmée caricaturent un grand nombre de comportements et de caractères, sous une forme diversifiée (proverbes, apophtegmes, traits d'esprits, histoires) et métissée (à la fois spécifiquement roumaine et à coloration balkanique)[4].

Liste des principales œuvres[modifier | modifier le code]

Versuri muziceşti [Poésies musicales], Bucarest, 1830

Poezii deosebite sau Cântece de lume [Poèmes divers ou chants du monde], Bucarest, 1831

Îndreptătorul beţivilor [L'instrument de correction des ivrognes], Bucarest, 1832

O şezătoare la ţară sau Povestea lui Moş Albu [Une rassemblement à la campagne ou le conte de Moş Albu], Bucarest (1851-1852)

Înţeleptul Archir cu nepotul său Anadan [Archir le sage et son neveu Anadam], Bucarest, 1850

Spitalul Amorului sau Cântătorul dorului [L'hopital de l'amour ou le chant du désir], Bucarest, 1850-1852

Culegere de proverburi sau Povestea Vorbii [Recueil de proverbes ou l'histoire du Verbe], Bucarest, 1852-1853

Năzdrăvăniile lui Nastratin Hogea [Malices de Nastratin Hogea], Bucarest, 1853

Lien externe[modifier | modifier le code]

Anton Pann sur Wikisource Roumanie


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. George Călinescu, Istoria literaturii române, p. 218-225, Bucarest, Minerva, 1982
  2. Anton Pann, Povestea vorbei, Bucarest, Gramar, 2008, Curriculum vitae d'Aureliu Goci, p. 295-297
  3. Dicţionarul Literaturii Române de la origini pînă la 1900, Bucarest, 1979, Editura Academiei Republicii Socialiste România, p. 656-658
  4. Andreia Roman, Literatura română/Littérature roumaine tome1 De la începuturi la 1848 / Des origines à 1848, p. 143, Paris, Non Lieu, 2010, ISBN 978-2-352-70082-1