Animaux de guerre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Signes sur les animaux de guerre dans Ottawa.

Les animaux de guerre correspondent à des espèces qui ont été ou sont utilisées par les humains à des usages militaires. Il s’agit d’espèces généralement domestiquées, comme les chiens ou les chevaux, mais certaines espèces moins communes comme les éléphants ont aussi pu être utilisées en temps de guerre. Leur usage a été largement répandu pour atteindre une estimation de 14 millions d’animaux mobilisés lors de la Première Guerre mondiale et 30 millions lors de la Seconde[1]. Quelque 120 000 animaux ont déjà pu recevoir des honneurs militaires[réf. nécessaire].

Ces animaux de guerre sont plus ou moins bien traités selon qu'ils sont vus comme un Animal-machine usé jusqu'à la corde et abandonné ou adoptés comme mascottes individuelles ou officielles[2].

Usage guerrier[modifier | modifier le code]

  • L'usage de chars de guerre (avec ou sans faux) tirés par des chevaux est attesté chez plusieurs peuples (Bretons…).
  • Pline l'Ancien a mentionné l’usage de cochons de guerre enflammés qui semble-t-il auraient servi à effrayer les éléphants lors de la campagne d’Italie d’Hannibal. Le cri de souffrance des cochons immolés faisait peur aux pachydermes[3],[4].
  • La Première Guerre mondiale utilise 8 millions de chevaux de guerre, 200 000 pigeons, 100 000 chiens de guerre[2] ; l’armée allemande emploie des pigeons-espions sur lesquels un appareil photographique miniaturisé était fixé. Certains animaux, bien traités au cours du conflit, deviennent des mascottes officielles, comme le coq choisi par le 16e bataillon du régiment Cheschire. Après la guerre apparaissent en France des monuments dédiés aux chiens combattants alors qu'en Angleterre, la 58e division d’infanterie commande une sculpture représentant un artilleur embrassant son cheval agonisant[5].
  • Les moutons pour déminer le terrain lors de la Première Guerre mondiale, et lors du débarquement en Normandie en juin 1944, s'est posé le problème du déminage des plages. Des troupeaux de moutons, dans leur marche, firent sauter des centaines de mines.
  • Un programme d’expérimentations sur des chauves-souris pour des usages incendiaires similaires a été menés par l’Armée américaine lors de la Seconde Guerre mondiale, avant d’être abandonné devant l'avancement du projet Manhattan. L’usage de pigeons dans des bombes guidées fut aussi envisagé. Les Soviétiques menèrent des expériences avec des chiens anti-char. La Suède utilisa des phoques contre les sous-marins allemands.
  • Selon le Pr Shi Bo, dans "Trente-six Stratagèmes chinois" (ISBN 2-911858-06-9), des singes furent aussi ainsi utilisés au début de la Dynastie Song.
  • Les dauphins et autres mammifères marins pour le déminage, la surveillance et la récupération d’objets[6].
  • Toutes les armées modernes utilisent actuellement des chiens de combat pour garder les sites sensibles et aider à maîtriser une personne sans la tuer.

Transport et logistique[modifier | modifier le code]

  • Il s’agit généralement d’animaux de trait. Le cheval est l’animal qui a été le plus communément utilisé dans l’histoire. Les chars et les cavaleries ont longtemps procuré un avantage de mobilité certain sur les champs de bataille. Par exemple, l’usage d’archers montés a permis à l’armée mongole d’entrer parmi les armées les plus puissantes de son époque.
  • L’apparition d’unités motorisées a entrainé le déclin de telles unités, mais les chevaux furent toujours utilisés par l’armée allemande durant la Seconde Guerre mondiale pour la logistique et le transport de pièces d’artillerie.
  • Les éléphants bien que n’étant pas considérés comme étant une espèce domesticable ont pu être utilisés au front ou pour les approvisionnements. Leur usage en Inde semble être antérieur au premier millénaire avant J.-C. La traversée des Alpes par les éléphants de guerre d’Hannibal fait partie des pages mémorables de l’histoire militaire, durant les Guerres puniques. Plus récemment, ils furent employés par les Japonais et les Alliés sur le front asiatique, notamment en Birmanie, et plus récemment encore par les Khmers rouges.

Autres usages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Martin Monestier, Les animaux-soldats. Histoire militaire des animaux des origines à nos jours, Cherche midi éditeur,‎ 1996, p. 11
  2. a et b Éric Baratay, Bêtes des tranchées, des vécus oubliés, Cnrs éditions,‎ 2013, 260 p.
  3. Pline, VIII, 1, 27.
  4. Élien, Nature des animaux, XVI, 36.
  5. Thierry Clermont, « Un bestiaire tragique et oublié », Le Figaro littéraire, jeudi 7 novembre 2013, page 5.
  6. Programme de mammifères marins de l’U.S. Navy
  7. Des chiens ont aussi été dressés pour la détection d’explosif, de la même manière que les oisillons dans les mines, prévenaient les coups de grisou. Une technique récente de déminage met à contribution des rats géants de Gambie.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]