Appareil photographique historique

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Cet article a pour but de faire découvrir les appareils photographiques historiques qui ont marqué l'histoire. Les appareils photographiques y sont présentés dans l'ordre chronologique.

Alexander S. Wolcott[modifier | modifier le code]

Principe de l'appareil d'Alexander Wolcott

En 1839, les daguerréotypes faisaient fureur en Europe. Malheureusement, l'optique peu développée et les produits chimiques à moindre effet, rendaient les temps de poses très longs (une vingtaine de minutes). C'est pourquoi chacun s'évertuait à améliorer ses propres appareils. C'est ainsi qu'en 1840, Alexander S. Wolcott confectionna lui-même son appareil, très évolué pour l'époque[1].

Fonctionnement : Une image du sujet est visible sur une plaque (a), par l'interstice (b) creusé à même la chambre, grâce à un miroir concave (c), poli, qui concentrait les rayons. Une fois l'image correctement cadrée, l'opérateur remplaçait l'écran par une plaque sensible à la lumière, durant environ 90 secondes. La photo était prise.

Fox Talbot[modifier | modifier le code]

Le principe de l'appareil photographique de Alexander S. Wolcott n'ayant pas ravi les photographes de l'époque, Fox Talbot s'orienta différemment. Il comprit qu'en utilisant une chambre noire trop grande, la lumière se dissipait. Il eut donc l'idée d'utiliser une chambre noire réduite ; ainsi, la lumière était concentrée en un point. De plus, en utilisant des objectifs de courte focale, la luminosité était conservée.

Aussi appelés « souricières », ces appareils, dont certains mesuraient six centimètres de côté, ne se révélèrent pas assez puissants (négatif de 6 cm²) et Talbot les rejeta. Lorsque l'on appuie sur le déclencheur, l'obturateur s'ouvre, la lumière entre par l'objectif, passe par le diaphragme, et impressionne le film. C'est la phase d'exposition, pendant laquelle la lumière agit sur le film. Cette phase se termine à la fermeture de l'obturateur.La date est 1850.

Le Mammouth[modifier | modifier le code]

Fin XIXe, apparition du plus gros appareil photographique jamais construit jusqu'à aujourd'hui. Il ne pesait pas moins de 410 kg et sa plaque de verre atteignait le poids astronomique de 225 kg, pour environ 3 m² de surface[2]. Soit un poids total de 635 kg !

Il mesurait quatre mètres de long et il fallait jusqu'à quinze hommes pour le manœuvrer. Construit à Chicago pour une société ferroviaire, il reçut le Grand Prix mondial en 1900 lors de l'Exposition universelle de Paris.

André Adolphe Eugène Disdéri[modifier | modifier le code]

Grâce à la photographie, se faire « tirer le portrait » revenait à moindre coût. Cependant, les plus modestes ne pouvaient se le permettre. André Adolphe Eugène Disdéri inventa un nouvel appareil photographique pouvant prendre jusqu'à douze photographies sur une seule plaque de verre, réduisant ainsi leur prix. Ce genre d'appareil possédait un bouton de mise au point par objectif et certains utilisaient des focales différentes, variant ainsi la prise de vue.

En 1859, Napoléon III, peu avant son voyage vers l'Italie, s'arrêta dans la boutique de Disdéri pour s'y faire « tirer » le portrait. La venue de l'Empereur se répandit dans tout Paris, et l'engouement fut tel que nombre de studios ouvrirent et se mirent à pratiquer cette technique. Disdéri fut reconnu photographe officiel de la Cour et devint riche. Il gaspilla sa fortune et mourut ruiné.[réf. nécessaire]

Brownie[modifier | modifier le code]

The Brownie No 2

Brownie fut le nom d'une longue série d'appareils photo populaires produits par Kodak. Le Brownie popularisa le concept de la photographie bon marché et de la prise de vue instantanée. Le premier Brownie apparait en février 1908[3] : c'était un modèle très simple avec un simple ménisque comme objectif, au format 6 x 6 cm. Il était vendu au prix de 10 dollars.

Leica[modifier | modifier le code]

Leica I (1925)

À partir de 1914, Oskar Barnack met au point pour Leica le premier appareil utilisant le film 35 mm, jusqu'alors utilisé uniquement par le cinéma[4], au format 24 x 36 mm. Il sera commercialisé à partir de 1925 et la marque est depuis restée synonyme de qualité en photo argentique 24 x 36.

Rolleiflex[modifier | modifier le code]

Le Rolleiflex, un appareil emblématique.

En 1928 nait le Rolleiflex, appareil de moyen format (6 x 6 cm) bi-objectif de la marque allemande Rollei. Les deux objectifs, solidaires, servent, l'un à la mise au point, l'autre à la prise de vue. D'un emploi discret, ce fut pendant de nombreuses années l'appareil photo des reporters couvrant les manifestations publiques (sportives, politiques, culturelles, mondaines ou autres).

Minox[modifier | modifier le code]

Minox B avec viseur d'angle et porte-flash

Conçu par l'ingénieur Walter Zapp dans les années 1930 pour l'entreprise lettone VEF, le Minox est un produit destiné au marché de luxe. Ses qualités : très petite taille, robustesse, excellente qualité d'image, font qu'il est adopté par les services de renseignements des Alliés et de l'Axe pendant la Seconde Guerre mondiale. Durant la Guerre froide, différents modèles sont en service dans les deux camps. Le cinéma s'empare rapidement du Minox et l'utilise régulièrement dans les films d'espionnage, ce qui le rend populaire auprès du grand public.

Le film, d'une largeur de 9,2 millimètres, est enfermé dans une cassette pouvant contenir 50 vues, réduite actuellement à 36 ou 15 vues. L'image fait 8 x 11 millimètres. Il y a eu de nombreux modèles. Le plus populaire fut le Minox B produit à 384 327 exemplaires entre 1958 et 1972.

Polaroid[modifier | modifier le code]

Le Polaroid SX-70

La commercialisation du premier appareil photographique instantané (Polaroid 95), par l'Américain Edwin H. Land (1909-1991) en 1948, marque une avancée significative dans les techniques modernes d'émulsionnage au regard des multiples problématiques qui ont dû être résolues pour finaliser le concept.

Ce procédé, initialement monochrome, fut adapté à la couleur en 1963 après l'invention du film Polacolor. Il connaîtra ensuite de profonds remaniements pour donner naissance au système SX-70 (1972) qui inaugurera une nouvelle ligne d'appareils plus léger et de surfaces sensibles rendant possible le développement instantané, et en plein jour, au sein d'une enveloppe scellée qui conserve dès lors tous les produits résiduels issus du traitement.

Nikon[modifier | modifier le code]

Le Nikon F est premier reflex professionnel de grande diffusion. Créé sur la base du SP, il offre des viseurs interchangeables (avec ou sans cellule, TTL ou non) assurant une couverture de 100 % de l'image enregistrée et la motorisation. C'est lui qui établira le « mythe Nikon » dans l'esprit du public avec le film Blow-Up. Il sera produit de 1959 à 1974 et deviendra l'appareil des reporters lors de la guerre du Viêt Nam.

Hasselblad[modifier | modifier le code]

Hasselblad 503CW avec optique Zeiss Distagon 3,5/30 et dos numérique Ixpress V96C

Les modèles les plus répandus d'Hasselblad étaient ceux de la série 500, réflex de moyen format avec viseur de poitrine qui fait ses débuts en 1957. Leur particularité était d'avoir un obturateur central obligeant ainsi chaque objectif à être doté de son propre obturateur. Ces boîtiers étaient principalement utilisés par les photographes scientifiques ou de mode.


Le moment de gloire de la marque suédoise fut l'utilisation de ses appareils par la NASA, notamment lors de la mission Apollo 11[5] qui vit le premier homme marcher sur la lune.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Alexander S. Wolcott - Historic Camera's History Librarium
  2. Le Mammouth - L'appareil photographique ...
  3. (en) The GEH Brownie Collection - George Eastman House
  4. Oskar Barnack - Site officiel de Leica
  5. (en) Voir ce document qui décrit l'équipement photo utilisé par la mission Apollo 11

Articles connexes[modifier | modifier le code]