Amour maternel

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Femme tenant un bébé au-dessus de son visage. La femme et l'enfant arborent un grand sourire
Femme tenant son enfant dans ses bras

L'amour maternel est l'attachement que ressent une mère pour son ou ses enfants. Ce sentiment est souvent considéré comme le moteur des attentions de la mère veillant à la protection physique et morale, et à l'éducation de ses enfants. L'amour maternel a suscité des questions sur sa nature, son caractère instinctif et sa variabilité suivant les sociétés ; questions auxquelles des scientifiques et des historiens ont tenté de répondre par des approches différentes.

Approche scientifique[modifier | modifier le code]

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Photo présentant une mère bédouine tenant son enfant dans ses bras, son regard est fixé sur l'enfant qui semble jouer avec une partie du vêtement de sa mère tout en lui tenant un doigt
Mère bédouine et son enfant

Parce que l'amour n'est pas un concept scientifique, on préfèrera parler d'attachement maternel plutôt que d'amour maternel, sans pour autant que de réelles différences existent entre ce sur quoi portent ces deux dénominations.

Des scientifiques, principalement dans les domaines de la recherche médicale (en particulier la neurobiologie) et de l'éthologie, ont étudié et étudient encore le lien maternel, ses origines, et ses modalités par l'enregistrement du comportement, du métabolisme, et de l'activité cérébrale des mères lors de situations faisant intervenir leur rapport à leur enfant, dans le cadre de protocoles d'étude.

L'allaitement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ocytocine
Article détaillé : Allaitement

La prégnance d'une hormone, l'ocytocine, dans la genèse des comportements maternels, a été mise au jour par plusieurs études sur l'Homme et d'autres mammifères (la structure de l'ocytocine est la même chez tous les mammifères), ce qui accrédite la thèse de l'instinctivité de ces comportements. Un des vecteurs privilégiés du lien maternel et de son étude est ainsi l'allaitement; il a été prouvé que cet acte qui peut paraître tout à fait commun et naturel est en fait le théâtre de processus biologiques et psychologiques complexes, faisant intervenir cette hormone aux propriétés exactes encore mal connues. On sait par exemple que, lors de la tétée, au moment où le nourrisson presse le mamelon, une dose importante d'ocytocine est sécrétée par l'hypothalamus ce qui permet, grâce aux effets vasoconstricteurs de cette molécule, une extraction plus facile du lait maternel; mais l'ocytocine possède aussi une action importante sur les mécanismes psychiques liées à la confiance, au calme et prend donc une place importante dans l'attachement d'une mère à son enfant.

Approches historiques[modifier | modifier le code]

En 1960, dans son livre L'Enfant et la vie familiale sous l'Ancien Régime, Philippe Ariès initie une approche historique de l'enfance. Depuis, les études françaises ont été affinées, notamment à l'aide de relevés précis des naissances, baptêmes, mortalités, mises en nourrices, et ont permis de reconstituer les compositions familiales et les mœurs, ceci grâce aux registres des paroisses tenus depuis au moins le XVIe siècle, mais aussi des données littéraires et iconographiques, des correspondances privées ou officielles entre agents de l'État, des commentaires publics et des textes de lois, et autres sources d'informations pour les historiens[1].

Ces données permettraient de montrer que les manifestations d'attachements des parents envers leurs enfants ont été très variables suivant les périodes et suivant les classes sociales. On montrerait ainsi qu'il y a eu des modes dans la manière de les élever, de les éduquer, et même dans les manifestations de sentiments dans l'intimité[1],[2].

Par exemple, aux XVII et XVIIIe siècle, de très nombreux enfants de la noblesse et de la bourgeoisie, et dans toutes les couches sociales en milieu urbain, étaient envoyés en nourrice, loin de leur parents et étaient traités avec une certaine négligence par les nourrices « mercenaires », ce qui augmentait la mortalité infantile de manière importante, au point que certains représentants de l'État, inquiet pour la santé et le nombre des futurs travailleurs, pouvaient écrire que les parents se préoccupaient moins de leurs enfants que de la santé de leurs chevaux. Dans ce cadre, les mères ne semblaient pas opposées à ces traitements, ni plus sentimentales que les pères. Bien sûr, ces observations ne sont jamais que des généralités concernant l'écrasante majorité des personnes étudiées[1],[2].

Au XVIIIe siècle commence une baisse de la mortalité infantile dont les raisons ne sont pas clairement cernées. Peut-être une meilleure hygiène et une meilleure alimentation donnée aux enfants, grâce aux progrès de la médecine, et aux conseils donnés par les médecins dont on ne sait s'ils ont été entendus (le monde médical n'acquiert d'autorité en ce domaine qu'au cours du XIXe siècle). Peut-être une plus grande attention donnée par les parents, sans que les explications données de ce changement d'attitude ne fasse l'unanimité chez les historiens. C'est au XIXe siècle que le recours aux nourrices ne fut plus à la mode, au contraire, et que les manifestations d'amour maternel se généralisèrent (le rôle sentimental des pères semblant en général bien différent)[1],[2].

À la lumière de ces données, Philippe Ariès, suivi par Edward Shorter et Élisabeth Badinter, entre autres, considèrent que l'amour maternel est un sentiment moderne, construit socialement avec le concours de l'État pour répondre à des intérêts multiples. Élisabeth Badinter, féministe, en tire des conclusions diverses comme par exemple la nécessité de déculpabiliser les femmes, et en particulier les mères, sur l'inadéquation de leurs sentiments réels avec l'amour maternel idéalisé tel qu'il est généralement présenté ; É Badinter estime que la femme n'est pas naturellement plus susceptible que l'homme d'amour envers son enfant et de sacrifices pour lui, à la lumière aussi d'études récentes (XXe siècle) sur les comportements comparés des pères et des mères[2].

D'autres historiens, considèrent que les comportements observés « ont leur rationalité et […] peuvent exprimer un amour différent du nôtre », que « les enfants ont toujours été aimés, d'une manière ou d'une autre, sinon ils n'auraient pas survécu », et, soulignant les inévitables lacunes des informations disponibles, peuvent considérer que « à certains moments, les mères et les nourrices du peuple sont les seules à les aimer, et ces sentiments des humbles laissent peu de traces dans nos sources »[1].

Citations[modifier | modifier le code]

  • « L'instinct maternel est divinement animal. La mère n'est plus femme, elle est femelle. » Victor Hugo, Quatre-vingt-treize
  • « Il y a dans le sentiment maternel je ne sais quelle immensité qui permet de ne rien enlever aux autres affections. » Honoré de Balzac, Mémoire de deux jeunes mariées
  • « Aliénant et culpabilisant pour les femmes, le mythe de l'instinct maternel se révèle ravageur pour les enfants, et en particulier pour les fils. » Élisabeth Badinter, XY - De l’identité masculine

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Histoire de l'enfance dans le site (payant) de l'Encyclopædia Universalis, article de Marie-France MOREL.
  2. a, b, c et d Élisabeth Badinter, L'Amour en plus : histoire de l'amour maternel (XVIIe au XXe siècle),‎ 1980 (ISBN 2253029440)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]