Mary Ainsworth

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ainsworth.

Mary D. Salter Ainsworth (Glendale (Ohio) (en), 1913 - Charlottesville (Louisiane) 1999) est une psychologue du développement qui a joué un rôle important dans la théorie de l'attachement. Grâce à son expérience, la strange situation (« situation étrange »), elle a mis en évidence différents types d'attachements, qui sont le type sécure, type d'attachement optimal, et les types insécures ambivalents et évitants (fuyants).

La strange situation[modifier | modifier le code]

Cette expérience se fait avec un bébé, sa mère (ou la personne qui s'occupe de lui habituellement), et un adulte inconnu, et comporte cinq parties principales : 1) le bébé est en présence de sa mère, 2) le bébé, la mère, et l'adulte qui parlent ensemble 3) le bébé, la mère et l'adulte qui s'intéresse à l'enfant 4) le bébé avec l'adulte seul 5) le bébé, avec le retour de la mère, et le départ de l'adulte.

Sont étudiés les capacités d'attachement et de séparation à travers l'existence ou non des signes d'inquiétude, d'alarme, de tristesse, etc. L'expérience n'est pas prolongée très longtemps, mais elle est renouvelée, et à la deuxième séparation les réactions du bébé sont encore plus parlantes. Dans la population globale on remarque 5 % d'enfants montrant un type d'attachement désorganisé, à risque de vulnérabilité psychique.

Les pleurs du nourrisson[modifier | modifier le code]

Cette expérience[1] étudie la manière dont le bébé évolue dans les premiers mois en fonction de l'attention que lui porte sa mère. 26 couples mère-bébé sont visités toutes les trois semaines pendant 4 heures.

le premier constat est que les pleurs des bébés sont imprévisibles : qu'il y en ait peu ou beaucoup ne permet pas de prévoir comment il pleurera plus tard. par contre, l'attitude des mères est très prévisibles : celles qui répondent vite et souvent aux pleurs continuent à le faire.

Le second constat est qu'il n'y a pas de lien entre la réactivité de la mère et la fréquence des pleurs pendant les six premiers mois. Par la suite, plus le bébé pleure, moins la mère répond. Plus encore, les mères qui agissent selon le précepte « qu'il faut laisser le bébé pleurer sinon il sera trop gâté » favorisent les pleurs de leurs bébés, au lieu de les diminuer.

Aucun changement n'est notable lors du premier trimestre. Mais le reste de l'année, les bébés dont les pleurs ont suscité une réaction rapide de la mère ont non seulement développé une très large gamme de nouveaux moyens de communication (mimiques, vocalisation, mouvements…) mais la fréquence et la durée des pleurs se sont considérablement réduites. Cela revient à dire que laisser pleurer un bébé pour réduire ses pleurs est contre-productif.

Faute de réponse au principal moyen de communication du bébé lors des premiers mois, celui-ci a de plus grande difficulté à élaborer d'autres moyens de communication. L'auteur conclu que la réponse aux pleurs du bébé (c'est-à-dire son mode de communication primitif) est déterminant pour le développement de mode de communication plus raffinés.

Ce résultat est tout à fait cohérent avec les observations de René Spitz sur les bébés victimes d'hospitalisme

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ainsworth et Bell, 1974