Acer negundo

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Érable negundo

L'Érable negundo ou Érable négondo (Acer negundo) est une espèce végétale de la famille des Aceraceae. Cet érable d’une dizaine de mètres de hauteur est originaire de l’est de l'Amérique du Nord[1]. On l'appelle aussi Érable à giguère, peut-être par déformation du nom « érable argilière » qu'utilisaient les Français de l'Illinois, en 1814. Il est appelé parfois Érable à feuilles de frêne ou Érable américain. Cette essence peu intéressante pour son bois a été introduite sur d'autres continents en tant qu'arbre d'ornement pour les parcs et jardins. Elle s'est révélée être localement envahissante.

Description[modifier | modifier le code]

Port de l'érable négundo
Rameau et bourgeon d'érable negundo
Feuilles et fruits de l'érable negundo

Appareil végétatif[modifier | modifier le code]

C'est un petit arbre de 10 à 15 m de haut en moyenne avec un tronc d'environ 30 à 50 cm de diamètre (voire jusqu'à un mètre) et qui présente une croissance très rapide. L’arbre peut être vite déraciné en cas de vents forts car ses racines sont peu profondes[1]. L’arbre ne dépasse en général pas l’âge de 80 ans[1].

Lorsqu’il pousse en terrain dégagé, cet arbre présente des ramifications assez bas sur le tronc, qui de fait parait court ; lorsqu'il entre en concurrence avec d'autres arbres, son port est plus élancé, et le tronc parait plus long, les premières branches étant plus hautes. L'écorce est grise à beige, lisse sur les jeunes arbres mais portant de profondes rides chez les arbres plus âgés. Les rameaux sont rigides, vert olivâtre parfois teinté de pourpre ou de brun, d'aspect luisant, un peu cireux, mais ils peuvent parfois être très finement pubescents. Les cicatrices foliaires sont très étroites, en forme de croissant, et s'étendent sur près de la moitié de la circonférence des jeunes rameaux. Ils portent des bourgeons ovoïdes, de 3 à 6 mm de long, souvent finement pubescents[2].

Le feuillage de cet érable est vert clair mais peut présenter des marbrures roses ou violettes lorsqu'il est jeune. Ses feuilles opposées imparipennées sont composées en général de trois à cinq folioles ovales, acuminés, ce qui constitue une originalité parmi les érables[1]. Le foliole terminal est plus large que les autres. Chaque feuille a une bordure qui, dans la moitié terminale, est dentée de façon irrégulière, parfois même lobée. La face supérieure est vert jaunâtre, dépourvue de poils et assez terne, alors que la face inférieure est plus pâle, souvent pubescente au niveau des nervures. Le pétiole est mince, souvent pubescent, à base élargie en croissant. Il mesure de 6 à 8 cm de longueur[2].

Appareil reproducteur[modifier | modifier le code]

Les fleurs dioïques jaune-verdâtre apparaissent par fascicules en avril ou mai, avant l’apparition du feuillage ou lors de l'apparition de celui-ci[2].

Les fleurs mâles se présentent en groupe de 5 à 15. Elles sont disposées sur un pédicelle pendant de 2,5 à 5 cm de long, jaunâtre et souvent pubescent. Le calice en cloche d'environ 1 mm de long, vert-jaunâtre, forme 5 lobes. La corolle est absente. Chaque fleur possède de 4 à 6 étamines à filet long et mince et à anthère rougeâtre[2].

Les fleurs femelles se présentent par groupes de 4 à 9. Elles sont disposées en racèmes pendants sur un pédicelle d’environ 1 cm de long. Le calice est le même que chez les fleurs mâles et, là encore, la corolle est absente. L'ovaire est vert, à deux lobes, et porte deux stigmates longs et fins de couleur jaunâtre[2]. La pollinisation est réalisée par le vent.

Les fruits ailés sont des samares groupées en grappes pendantes. Ils apparaissent au début de l'été mais restent sur l'arbre jusqu'à la fin de l'automne, voire jusqu'à l'hiver. Chaque samare présente deux ailes écartées de moins de 90°. De couleur jaune paille à maturité, elle mesure de 2,5 à 5 cm de long pour environ 1 cm de large, chaque aile mesurant de 2 à 4 cm de long. La graine a pour dimensions 1,3 à 1,5 × 0,3 à 0 4 cm[2]. La dissémination des graines sera réalisée par l'action conjuguée de la gravité et du vent.

Habitat[modifier | modifier le code]

Aire de répartition de l'érable negundo en Amérique du Nord et centrale. L'espèce a été introduite par l'homme sur d'autres continents, notamment en Eurasie

En Amérique du Nord, l’arbre est présent de la Floride jusqu’au Canada. Les plus fortes concentrations sont localisées dans les bassins de la rivière Ohio et du fleuve Mississippi[1]. Il fut introduit en Angleterre vers 1688 (date à laquelle il apparaît dans les jardins de l’évêque de Londres[3]), puis dans le reste de l'Europe. Le premier individu inventorié planté en France est arrivé du Canada en 1732[3]. Il est de nos jours cultivé comme arbre d’ornement.

Il apprécie les sols humides mais pas les sols calcaires. L’arbre supporte des températures jusque -30 °C et apprécie un ensoleillement moyen[1]. À l'état naturel, il pousse sur les bords des cours d'eau, dans les plaines et bois humides ou au fond de ravines.

Habitat type : éboulis fins médioeuropéens, basophiles, montagnards-subalpins, sciaphiles[4].

Nomenclature et systématique[modifier | modifier le code]

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Plusieurs botanistes considèrent qu'un genre spécifique devrait être créé pour cet arbre, toutefois ils ont leurs opposants.[réf. nécessaire]

Variétés[modifier | modifier le code]

Feuilles de l'érable negundo

Deux ou trois sous-espèces, à l'origine décrites comme des espèces séparées sont :

  • Acer negundo subsp. negundo ; la variété principale, aux feuilles lisses. Il pousse de la côte Atlantique à la barrière des montagnes Rocheuses (Colombie-Britannique, Ontario, New Hampshire, Nevada, Arizona, Floride, Mexique) et dont les caractéristiques sont les plus universellement décrites ;
  • Acer negundo subsp. interius sont les feuilles sont plus dentelées, et à la surface plus mate. Comme son nom l'indique (interius), on le rencontre dans le centre de l'Amérique du Nord, de la Saskatchewan au Nouveau-Mexique ;
  • Acer negundo subsp. californicum aux feuilles pubescentes (soyeuses) et plus grandes que celles de l'espèce principales. On le trouve dans les régions plus chaudes de la Californie et de l'Arizona.

Quelques auteurs subdivisent encore les sous-espèces en plusieurs sous-variétés régionales mais ce classement en tant que taxa est contesté par beaucoup, les différences entre les sous-espèces identifiées n'étant elles-mêmes pas claires, évoquant plutôt pour certains un gradient. Quelques botanistes traitent l’érable de Boxelder comme un genre distinct (Negundo aceroides) mais cette dénomination n'est pas largement acceptée.

Il existe également des cultivars comme l’Odessanum à feuilles jaunes dorées, le Variegum au limbe possédant des franges blanches et l’Aureo-variegum dont les feuilles possèdent un bord jaune[1].

Rôle écologique[modifier | modifier le code]

Cette essence est l'hôte d’un champignon parasite, Fusarium negundi, qui laisse des traces rouges dans l'aubier du bois. Ce parasite entre dans le bois par des blessures de l'écorce ; il est particulièrement propagé par les animaux suceurs de sève, tel que l'hémiptère Boisea trivittata[2].

Le pollen de l'érable negundo est susceptible de provoquer des allergies[2].

L'érable negundo et l'homme[modifier | modifier le code]

Utilisations[modifier | modifier le code]

Usages traditionnels[modifier | modifier le code]

Les Amérindiens faisaient bouillir sa sève élaborée pour obtenir du sucre. Le phelloderme pouvait être infusé et pris pour provoquer des vomissements. Le bois était brûlé comme encens dans des cérémonies, comme la danse du soleil chez les Cheyennes. Certaines tribus, comme les Dakotas et les Omahas, utilisaient son charbon de bois pour réaliser des peintures et tatouages rituels. Le bois était utilisé pour fabriquer par exemple des bols ou des instruments de musique[2].

Usage actuel du bois de l'érable negundo[modifier | modifier le code]

Le bois de cet arbre est léger, tendre, très clair, avec un aubier important. Ce dernier est souvent teinté de rouge du fait de la présence du champignon Fusarium negundi[2]. Le principal défaut de ce bois reste sa fragilité, qui prédispose l'arbre à casser ou perdre des branches lors des tempêtes, qui rend les travaux d'élagage dangereux, et qui est la cause de sa faible utilisation dans l’industrie du bois, sauf comme matériau de base pour la pâte à papier ou comme bois de chauffe[2].

Autres usages[modifier | modifier le code]

Il est parfois planté comme arbre d’ornement pour les parcs et jardins.

On le plante parfois en forêt pour servir d’abri au gibier[1].

Prolifération[modifier | modifier le code]

Introduite en Europe pour agrémenter les espaces verts de zones urbaines, l'essence est devenue une plante envahissante colonisant les vallées alluviales dans les secteurs humides et perturbés (coupe rase, labour…). L'espèce forme un couvert dense empêchant la croissance d'autres espèces. Cela conduit à une banalisation des milieux et constitue une menace pour la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes.

Un chantier expérimental d'éradication de l'érable negundo, en collaboration avec l'INRA et l'Université de Bordeaux 1 a été lancé début 2009[réf. nécessaire].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h (fr) Arbres - Jaromir Pokorny - p. 144 - (ISBN 2-7000-1818-4) - Éditions Gründ - 1987
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k (en) Mike Haddock, Kansas wildflowers & grasses, « Box elder », sur http://www.kswildflower.org, Kansas State University Libraries,‎ 05 septembre 2010 (consulté le 19 décembre 2011)
  3. a et b Yve-Marie Allain, D'où viennent nos plantes ?, Calmann-Lévy,‎ septembre 2004, 223 p. (ISBN 2702134440), p. 143
  4. Données d'après : Julve, Ph., 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version : 23 avril 2004

Références externes[modifier | modifier le code]

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