10e division SS Frundsberg

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10e division SS « Frundsberg »
Appellations allemandes successives :
10. SS-Panzergrenadier-Division
10. SS-Panzer-Division
10. SS-Panzer-Division « Frundsberg »
Image illustrative de l’article 10e division SS Frundsberg
Emblème de la division.

Création 1943
Dissolution 1945
Pays Flag of Germany 1933.svg Allemagne
Branche Flag Schutzstaffel.svg Waffen-SS
Type Division SS blindée (dans sa forme finale)
Guerres Seconde Guerre mondiale
Commandant Liste des commandants successifs

La 10e division SS « Frundsberg » ou la division « Frundsberg » (appellations allemandes successives : la 10. SS-Panzergrenadier-Division, puis la 10. SS-Panzer-Division et enfin la 10. SS-Panzer-Division « Frundsberg ») est l'une des 38 divisions de la Waffen-SS durant la Seconde Guerre mondiale.

Son nom « Frundsberg » fait référence au reître allemand du XVIe siècle Georg von Frundsberg.

Les premières montées au front de la division datent d' en Ukraine. Elle est ensuite transférée sur le front de l'Ouest où elle combat en France et à Arnhem. Après cela, elle est déplacée en Poméranie, puis combat au sud-est de Berlin, et enfin en Lusace, jusqu'à la capitulation.

Historique[modifier | modifier le code]

La division Frundsberg est formée, comme sa division-sœur la « Hohenstaufen », en France en  ; elle est d'abord baptisée 10. SS-Panzergrenadier-Division, les deux divisions formant le IIe SS-Panzerkorps. La division est assemblée dans le Sud-Est de la France, et reçoit en le nom de Division « Karl der Grosse » (Charlemagne). Elle change toutefois de nom rapidement puisque, en octobre 1943, elle s'appelle désormais la 10. SS-Panzer-Division Frundsberg[1].

En , la division encore incomplète est intégrée dans le IIe SS-Panzerkorps avec sa jumelle la 9e Panzerdivision SS Hohenstaufen. Ce corps est déployé sur le front de l'Est rapidement après cette intégration.

La division se bat à Tarnopol et Lemberg, avec pour mission de libérer les unités restantes de la division SS « Leibstandarte SS Adolf Hitler » ainsi que des unités de la « Das Reich », encerclées par les Soviétiques à Tarnopol. Les divisions Frundsberg et Hohenstaufen, malgré leur infériorité numérique, parviennent à ouvrir un corridor dans le dispositif soviétique puis dégager les éléments de la 1. Panzerarmee.

Sous les ordres du général Harmel, la 10e division est de retour en France en juillet 1944 pour s'opposer aux forces alliées qui viennent de débarquer en Normandie. Le , l'armée américaine réussit à conquérir Mortain et à repousser la 10e division du secteur de Barenton[2]. Lorsque les troupes américaines capturent Domfront, le , la division effectue une contre-attaque avec ses derniers chars, permettant le retrait de la division. Dans la nuit du , la division arrive sur le secteur de Putanges, à environ 18 km à l'ouest d'Argentan[2]. La nuit suivante, la division marche sur Villedieu-lès-Bailleul, à 3 km environ au sud-ouest de Trun. Après le , la Poche de Falaise se referme sur la division. Pour l'armée allemande, la poche devient une véritable fournaise, un "chaudron" dont peu sortiront indemnes. Au soir du , la 10e division a perdu pas moins de 3 000 hommes et toutes ses armes lourdes. Le , les derniers éléments de la division traversent la Seine à Elbeuf et se regroupent dans la région de Beauvais. Elle marche ensuite vers Wavre puis vers Arnhem[2].

En , elle est reconstituée, en partie avec des membres de la Luftwaffe et en partie des conscrits allemands, originaires de Roumanie. Toujours à Arnhem, elle s'oppose aux troupes américano-britanniques aéroportées engagées dans l'opération Market Garden.

En , la 10e Panzerdivision SS Frundsberg participe à l'Opération Nordwind en Alsace puis est transférée à l'est où elle se bat sur la Vistule. En mai 1945, elle est capturée par l'Armée rouge en Saxe.

Liste des commandants successifs[modifier | modifier le code]

Heinz Harmel et des membres de la division Frundsberg en .
Début Fin Grade Nom
SS-Standartenführer Michel Lippert
SS-Gruppenführer Lothar Debes
SS-Gruppenführer Karl Fischer von Treuenfeld (en)
SS-Gruppenführer Heinz Harmel
SS- Obersturmbannführer Franz Roestel

Ordre de bataille :

  • SS-Panzer-Aufklärung-Abteilung 10
  • SS-Panzer-Regiment 10 « Frundsberg »
  • SS-Panzer-Grenadier-Regiment 21
  • SS-Panzer-Grenadier-Regiment 22
  • SS-Panzer-Artillerie-Regiment 10
  • SS-Pionier-Batalion 10
  • SS-Nachrichten-Batalion 10

Polémiques[modifier | modifier le code]

Heinz Harmel, commandant de la division entre avril 1944 et 1945, était "Generalmajor" de la Waffen-SS en Normandie. Il fut fait Citoyen d'Honneur de Bayeux en 1984, lors du voyage commémoratif à Bayeux d'un groupe d'anciens combattants allemands[3]. Selon le maire de l'époque Bernard Roquet, son véritable passé n'avait alors pas été mis en exergue, ce qui avait constitué "une grave erreur" dont "il ne pouvait pas être fier"[4].

En , l'écrivain allemand Günter Grass a reconnu avoir été fantassin dans cette division à la suite de son enrôlement dans la Waffen-SS en [5]. Cette révélation a suscité de nombreuses réactions en Allemagne, en Pologne (Günter Grass est né à Gdansk) et dans la presse internationale, exacerbées par les positions critiques de l'écrivain sur le passé nazi de l'Allemagne[6],[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

(de)/(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu des articles intitulés en allemand « 10. SS-Panzer-Division „Frundsberg“ » (voir la liste des auteurs) et en anglais « 10th SS Panzer Division Frundsberg » (voir la liste des auteurs).
  1. Historica no 30 : "1944 - Les Panzers T2"
  2. a b et c 10. SS Panzer-Division "Frundsberg" sur lexikon-der-wehrmacht.de
  3. Jacques Leclercq, Dictionnaire de la mouvance droitiste et nationale, de 1945 à nos jours, éditions L'Harmattan, 2008, 695 pages.
  4. "Headliners", New York Times, 3 juin 1984 (consulté le 24 novembre 2013).
  5. Günter Grass reconnaît son passé chez les Waffen-SS, Le Nouvel Observateur, 16 août 2006.
  6. Günter Grass enrôlé dans les Waffen SS, Le Figaro, 14 août 2006.
  7. Chronique de l'« affaire Günter Grass », La Vie des idées, 1er novembre 2006.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]