Władysław Anders

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Władysław Anders dans l’entre-deux-guerres.

Władysław Anders (11 août 1892 à Błonie, en Mazovie, Pologne - à Londres), général de l’armée polonaise (général d'armée), commandant en chef de l’armée polonaise en Union soviétique, puis au Moyen-Orient 1942-1945, sous l'autorité du chef suprême de l'armée polonaise, le général Władysław Sikorski, puis du général Kazimierz Sosnkowski après la mort de Sikorski.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans la partie sous contrôle russe de la Pologne, il finit ses études dans une école secondaire à Varsovie puis les poursuit à l’université technique de Riga. En 1913 il rejoint l’armée russe et y intègre l’école de cavalerie. Il prend part aux combats lors de la Première Guerre mondiale comme chef d'une unité de cavalerie, il est trois fois blessé. En 1917, il suit les cours à l’Académie de l’état-major à Saint-Pétersbourg, puis il prend part à la formation des branches et des Corps polonais, dirigés par le général Dowbór-Muśnicki (1867-1937). Après la capitulation de l'Allemagne, il revient en Pologne et rejoint en 1918 l'armée polonaise. Il est chef de l’état-major de la Grande-Pologne. Durant la guerre russo-polonaise en 1920, il dirigea les uhlans de Poznań. Il rejoint l’École Supérieure de Guerre à Paris et devient, en 1925, le commandant militaire de Varsovie. En 1932, il conduit l’équipe d’équitation polonaise lors de la compétition hippique de la Coupe des Nations à Nice.

Entre 1928 et 1939, il commanda les brigades de cavalerie basées à l’est du pays (Kresowa Brygada Kawalerii, puis Nowogródzka Brygada Kawalerii). C'est avec cette dernière qu’il s’engage dans la campagne de septembre 1939.

En luttant contre les Allemands, il passe avec son groupement opérationnel vers le sud où il affronte l’Armée rouge qui a attaqué la Pologne le 17 septembre par l’est. Blessé, il est capturé le 28 septembre 1939, à Turka à proximité de la frontière hongroise[1], par les Soviétiques et emprisonné par le NKVD à Lwów, puis à Moscou.

Libéré après 18 mois de captivité (dont sept mois à la Loubianka à Moscou) après l’invasion allemande de l’Union soviétique et les accords entre Moscou et le Gouvernement polonais en exil à Londres pour la formation d’une armée polonaise en Union soviétique (Accords Sikorski-Maiski). Il devient le 4 août 1941 le commandant des forces armées polonaises en URSS (Armia Andersa). Il est alors nommé général de division.

Il obtient de Staline l’évacuation vers l’Iran de cette armée en mars 1942 (40 000 personnes y compris les femmes et les enfants), puis durant l’été de 1942 (55 000 hommes). Il réussit à faire évacuer au total 115 000 personnes[2].

En 1941, il crée le Service auxiliaire féminin polonais[3],[4].

Il devient commandant en chef de l’Armée polonaise au Moyen-Orient : en Iran, en Irak, puis en Palestine. Cette armée deviendra le Deuxième corps polonais, intégré à la 8e armée britannique, commandée par le général Oliver Leese. Par la suite, il commanda le 2e Corps durant la Bataille du Monte Cassino et la suite de la Campagne d'Italie. Il assurera également la prise d’Ancône. Il avait pour commandant en second le général de brigade Zygmunt Bohusz-Szyszko qui lui succédera à la tête du 2e Corps le 11 mars 1945.

Il avait manifesté au Commandement polonais sa ferme opposition au déclenchement de l'Insurrection de Varsovie[5].

Très critique par rapport à la Conférence de Yalta, en froid avec Churchill, il accepta néanmoins le poste de commandant en chef par intérim des Forces Armées Polonaises le 26 février 1945, poste qu'il abandonna à la libération du général Bór-Komorowski.

Il reste en Angleterre après la fin de la guerre. Le gouvernement polonais communiste l’a déchu de sa nationalité polonaise qui ne lui a été rendue post mortem qu'en 1989.

Il était Commandeur de la Légion d'honneur et de l'ordre Polonia Restituta.

Conformément à ses dernières volontés, il a été inhumé au milieu de ses soldats, au cimetière militaire polonais du Monte Cassino.

Ses mémoires illustrent, avec amertume, ce qui sera appelé la "Trahison de l'Ouest".

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Mémoires (1939-1946), 1948, La Jeune Parque, Paris

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Depuis mars 1939, suite au Premier arbitrage de Vienne, Pologne et Hongrie ont une frontière commune
  2. Mémoires, 1939-1946, W.Anders, op.cit.
  3. Maria Maćkowska, Pomocnicza Służba Kobiet w Polskich Siłach Zbrojnych, Londres, 1990, p. 11.
  4. Anna D. Jaroszynśka-Kirchmann, The exile mission: the Polish political diaspora and Polish Americans, 1939-1956, Ohio University Press, 2004, ISBN 0-8214-1526-3, p. 30.
  5. Mémoires 1939-1946, op. cit. p.296