Vol 981 Turkish Airlines

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Vol 981 Turkish Airlines
TC-JAV, l'avion impliqué dans l'accident, vu à l'aéroport de Londres-Heathrow en 1973.
TC-JAV, l'avion impliqué dans l'accident, vu à l'aéroport de Londres-Heathrow en 1973.
Caractéristiques de l'accident
Date
TypePerte de contrôle
CausesDéfaut de conception
SiteForêt d'Ermenonville, (Fontaine-Chaalis, Oise, France)
Coordonnées 49° 08′ 44″ nord, 2° 38′ 04″ est
Caractéristiques de l'appareil
CompagnieTurkish Airlines
No  d'identificationTC-JAV
Lieu d'origineAéroport d'Istanbul-Atatürk
Lieu de destinationAéroport de Londres-Heathrow
Passagers335
Équipage11
Morts346 (Tous)
Blessés0
Survivants0

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Vol 981 Turkish Airlines

Le vol Turkish Airlines 981 est un vol de la compagnie Turkish Airlines, assuré par un DC-10, reliant l'aéroport d'Istanbul-Atatürk à l'aéroport de Londres-Heathrow, qui s'est écrasé dans la forêt d'Ermenonville, près de Paris le . L'appareil s'est écrasé quelques minutes après avoir décollé de l'aéroport de Paris-Orly, où il venait d'effectuer une escale. L'accident provoque la mort des 346 occupants de l'appareil, ce qui en fait le quatrième accident d'avion le plus meurtrier de l'histoire de l'aviation.

L'accident est dû à l'ouverture d'une porte de soute en plein vol, causée par un défaut de conception dans le système de verrouillage. La décompression explosive qui s'ensuivit endommagea les circuits des commandes de vol, provoquant la perte de contrôle de l'appareil.

L'équipage[modifier | modifier le code]

Commandant de bord 
Nejat Berkoz (44 ans), 7 003 heures de vol à son actif, dont 438 sur DC-10.
Copilote 
Oral Ulusman (38 ans), 5 589 heures de vol à son actif, dont 628 sur DC-10.

L'appareil[modifier | modifier le code]

Le DC-10 impliqué dans l'accident au décollage à l'aéroport international de Londres en 1973.

L'appareil est un DC-10 immatriculé TC-JAV. Fabriqué en 1972, il avait volé 2 955 heures.

L'accident[modifier | modifier le code]

Photo de l'arrière de l'appareil impliqué là où la porte de soute s'est ouverte en plein vol.
Illustration de la décompression en plein vol.

Le vol 981 était arrivé de l'aéroport d'Istanbul-Atatürk dans la matinée, atterrissant à l'aéroport de Paris-Orly à 11 h 2, heure locale. Le DC-10 avait transporté, pour cette première étape, 167 passagers et 13 membres d'équipage. 50 passagers débarquèrent à Paris. Dans la seconde partie du vol entre Paris et l'aéroport de Londres-Heathrow, l'avion ne devait pas être plein mais à cause d'une grève des employés de la British Airways, beaucoup de passagers pour Londres qui s'étaient retrouvés bloqués à Orly furent inscrits sur le vol 981. Il y avait ainsi de nombreux amateurs de rugby qui avaient assisté au match de rugby France-Angleterre la veille[1], 4 mannequins britanniques, 48 banquiers japonais en stage à Londres ainsi que des passagers d'une douzaine d'autres pays. Contrairement à plusieurs rumeurs, l'avion n'était pas plein à craquer.

L'avion décolla d'Orly, pour Heathrow, à 12 h 32. Il prit la direction de l'est puis tourna vers le nord en évitant de survoler Paris. À 12 h 40, juste après qu'il eut survolé la ville de Meaux et à une altitude de 12 000 pieds, les contrôleurs aériens captèrent une transmission distordue du vol 981. Les alarmes de pressurisation et de vitesse furent entendues par-dessus les mots des pilotes, en turc, dont ceux du copilote disant « le fuselage a explosé ». Le vol disparut des écrans de contrôle radar à 12 h 41 min 13 s alors que l'avion fonçait vers le sol à une vitesse de 700 km/h. À cause de la défaillance des commandes hydrauliques, il ne pouvait pas être redressé. L'épave fut retrouvée dans le sillon de Dammartin, dans la forêt d'Ermenonville (49° 08′ 44″ N, 2° 38′ 04″ E), non loin de la ville de Senlis.

L'enquête et les causes de l'accident[modifier | modifier le code]

Les recherches engagées dès l'annonce de la catastrophe laissent perplexe : les corps de six passagers, éjectés de l'avion, ont été retrouvés à Saint-Pathus, à plus de 15 km des lieux du drame. Les enquêteurs s'orienteront d'abord vers la piste d'un possible attentat fomenté par des extrémistes arméniens, sans réussir à la démontrer.

L'enquête mettra en évidence :

  • un défaut de conception du système de fermeture des portes des soutes, défaut signalé aux compagnies mais non réparé sur cet avion ;
  • un mauvais verrouillage de la porte de la soute arrière par le personnel au sol ;
  • l'ouverture en vol de cette porte amenant la dépressurisation de la soute ;
  • sous l'effet de la différence de pression, l'affaissement du plancher dans lequel passaient les circuits de commande (triplés pour des raisons de sécurité) de vol de l'empennage ;
  • le blocage de ces commandes et la perte de contrôle de l'avion.

Le bilan est de 346 morts, 335 passagers (dont la moitié de britanniques) et 11 membres d'équipage. L'explosion en vol a provoqué l'aspiration d'une rangée de sièges, expliquant l'éloignement de 6 corps du lieu de l'impact.

L'accident resta le plus meurtrier qu'eût connue l'aviation civile jusqu'à l'accident de Tenerife en 1977 ; il reste cependant le plus important en termes de victimes qui se soit produite sur le territoire français. Lors du procès qui s'ensuivit, McDonnell Douglas fut condamné à payer 80 millions de dollars, la plus forte indemnité jamais versée à des familles de victimes d'une catastrophe aérienne.

Vol 96 American Airlines, Incident de Windsor[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Vol 96 American Airlines.

Deux ans auparavant, le , un accident similaire s'était déjà produit sur un DC-10 d'American Airlines qui avait perdu en vol sa porte de soute arrière au-dessus de Windsor, Ontario. La dépressurisation conduit à l'affaissement du plancher et à une perte partielle des commandes de vol, mais le pilote parvient à contrôler son avion et à le poser. L'enquête met en évidence la mauvaise conception du système de verrouillage de la porte ; le défaut est signalé aux compagnies mais l'administration fédérale de l’aviation civile n'émet pas de directive de navigabilité.

Victimes[modifier | modifier le code]

Tous les corps des victimes ont été réunis dans l'Église Saint-Pierre de Senlis.

Mémorial[modifier | modifier le code]

Un mémorial a été construit en forêt d'Ermenonville en l'honneur des victimes.

Médias[modifier | modifier le code]

L'accident a fait l'objet d'un épisode dans la série télé Air Crash nommé « Enquête sur le DC-10 » (saison 5 - épisode 2).

Nombre de victimes par nationalité et par nombre de victimes
Nationalité Passagers Équipage Total
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 176 0 176
Drapeau de la Turquie Turquie 44 11 55
Drapeau du Japon Japon 48 0 48
Drapeau des États-Unis États-Unis 25 0 25
Drapeau de la France France 16 0 16
Drapeau du Brésil Brésil 5 0 5
Drapeau de l'Argentine Argentine 3 0 3
Drapeau de l'Australie Australie 2 0 2
Drapeau de l'Inde Inde 2 0 2
Drapeau de la Belgique Belgique 1 0 1
Drapeau de Chypre Chypre 1 0 1
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 1 0 1
Drapeau de l'Irlande Irlande 1 0 1
Drapeau du Maroc Maroc 1 0 1
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande 1 0 1
Drapeau du Pakistan Pakistan 1 0 1
Drapeau du Sénégal Sénégal 1 0 1
Drapeau de l'Espagne Espagne 1 0 1
Drapeau de la Suède Suède 1 0 1
Drapeau de la Suisse Suisse 1 0 1
Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Vietnam 1 0 1
Inconnus 2 0 2
Total 335 11 346

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'après (en) « On This Day : Turkish jet crashes killing 345 », BBC News Online,‎ (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]