Couronne de saint Étienne

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La Couronne de Saint Étienne est exposée à Budapest, sous la coupole du Parlement hongrois.
La Couronne de saint Étienne (image de 1857)

La Couronne de saint Étienne (hongrois : Szent István Korona [ˈsɛnt ˈiʃtvaːn koɾonɒ] ; croate : Kruna sv. Stjepana ; slovaque : Svätoštefanská koruna) ou Sainte Couronne hongroise (hongrois : Magyar Szent Korona) est un regalia, symbole de la monarchie hongroise et l'un des attributs de la souveraineté hongroise.

Elle se nomme ainsi en référence à Étienne, premier roi de Hongrie.

Elle a subsisté durant toute la période de l'Empire austro-hongrois, l'empereur étant alors à la fois empereur d'Autriche et roi de Hongrie.

Elle apparaît dans les armoiries de la Hongrie et toujours visible sous la coupole du parlement hongrois où elle est protégée par la garde républicaine.

Origines[modifier | modifier le code]

Selon sa légende populaire, la couronne aurait été envoyée en 1001 au duc Étienne par le pape Sylvestre II, comme symbole de la constitution du royaume apostolique. En fait, la couronne est de facture byzantine, comme la seconde couronne de cette période, exposée au Musée national hongrois de Budapest : la « couronne du Monomaque »[1]. Elle semble avoir été remodelée plusieurs fois (des émaux latins ont été ajoutés aux originaux byzantins) et les sources affirment qu'elle a été offerte par le basileus byzantin Michel VII Doukas au roi de Hongrie Géza I[2].

Description[modifier | modifier le code]

La couronne de Hongrie est actuellement composée d'une croix inclinée, d'une calotte sphérique et d'un cercle précieux, ayant pour poids 2 056 grammes.

Selon la légende, l'inclinaison de la croix est due à une circonstance fortuite. Lors d'un bouleversement politique, la reine Isabelle voulut emporter la sainte couronne. Elle la mit dans un coffret trop étroit et en s'appuyant sur le couvercle pour le fermer, elle fit s'incliner la croix sur un côté. Depuis lors, la couronne est restée en cet état, les Hongrois ayant poussé le scrupule jusqu'à vouloir lui conserver ce défaut accidentel.

La calotte se compose de deux cercles se croisant à angle droit au-dessus d'un troisième et tous formés de plaques d'or émaillées. Le fond est une étoffe en or, qui a été complètement renouvelée en 1867. La croix inclinée est vissée dans la plaque placée à l'intersection des deux demi-cercles et au milieu de la figure de Jésus qui y est représentée.

La troisième partie de la couronne est la plus importante : c'est un cercle d'or sur lequel se trouvent huit plaques d'or émaillé alternant avec de grosses gemmes et représentant des saints ou des rois. Au-dessus du ruban sont des triangles et des ovales en or émaillé et à jour, avec des couleurs plus foncées et un travail plus artistique ; celui du centre représente Jésus-Christ assis sur son trône. Les inscriptions sont en grec.

Sa légende vise à accréditer son titre de « sainte » : « donnée par un pape, elle a coiffé saint Étienne, premier roi et apôtre de la Hongrie, elle est le gage de l'indépendance nationale et en ses fleurons l'âme même du pays ». C'est le palladium de la nation hongroise ; elle appartenait, non au roi, mais au peuple, et l'empereur d'Autriche n'était réellement roi de Hongrie que lorsqu'il en avait ceint sa tête dans l'imposante cérémonie du couronnement[3].

Le dernier monarque couronné de Hongrie, Charles IV, a été ceint de cette couronne lors de son couronnement, le 30 décembre 1916.

Représentations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bàràny-Oberschall, Magda de (1949), "Localization of the Enamels of the Upper Hemisphere of the Holy Crown of Hungary", The Art Bulletin, Vol. 31, N° 2 (juin 1949), pp. 121–126 et John Beckwith, Early Christian and Byzantine Art, Penguin History of Art (Yale), 2ème éd. 1979, ISBN 0140560335, p. 214
  2. László Péter, "The Holy Crown of Hungary, Visible and Invisible", dans The Slavonic and East European Review, Vol. 81, N° 3 (juillet 2003), p. 425
  3. Albert Battandier, « La sainte couronne de Hongrie », Rome, Paris,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]