Thierry Lévy

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Thierry Lévy
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Biographie
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Formation
Activité
Père

Thierry Lévy, né le à Nice et mort le [1],[2] à Paris, est un avocat pénaliste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Thierry Lévy est né dans une famille bourgeoise juive[3]. Son père, Paul Lévy, est journaliste à L'Aurore, au Journal et à L'Intransigeant puis fondateur en 1918 de l'hebdomadaire Aux Écoutes. Sous l'Occupation, privé de la gestion de son journal parce que juif, il se cache dans le sud de la France avec sa femme, Rosie Nathan, avocate au barreau de Paris convertie au catholicisme. Le couple a trois enfants, baptisés par l’évêque de Paris, après la Libération[4].

Son père meurt alors que Thierry Lévy, collégien à Janson-de-Sailly, a 14 ans. Celui-ci reprend sept ans plus tard le journal familial, en perte d'audience, essayant de le faire passer d'un positionnement droitier à des engagements de gauche, ce qui finalise la chute de l'entreprise[3].

Il obtient le diplôme de l'Institut d'études politiques de Paris (section Service public, promotion 1967)[5].

Carrière[modifier | modifier le code]

Admis au barreau de Paris en , Thierry Lévy est, en , commis d'office, avec l'avocat Rémy Crauste, pour défendre Claude Buffet pour l'assassinat de deux otages à la maison centrale de Clairvaux avec Roger Bontems. Il ne peut pas le sauver de la guillotine, les deux avocats assistant à l'exécution dans la cour de la prison de la Santé le suivant, mais se fait, durant le procès et après, le relais de son client dans la dénonciation des conditions de détention du système carcéral français[3].

Opposant à la privation de liberté, « hostile à tout pouvoir, toute loi, tout juge », en rupture avec le système judiciaire, il refuse les affaires où il devrait demander de la détention[3] et défend deux membres du groupe terroriste Action directe, les frères Halfen : Nicolas Halfen est condamné à dix ans de réclusion, Claude Halfen est acquitté. En 2009, Thierry Lévy assigne Jean-Louis Bruguière et Jean-Marie Pontaut pour diffamation, au nom de Claude Halphen, à la suite de la parution du livre d'entretiens Ce que je n'ai pas pu dire, où Claude Halphen est accusé d'avoir été membre du commando d'Action directe qui a tué deux policiers et en a grièvement blessé un troisième, le , sans toutefois avoir tiré lui-même (précisément l'affaire pour laquelle Claude Halphen avait été acquitté le ). Jean-Louis Bruguière est relaxé en première instance (2011)[6], puis en appel (la même année), mais la Cour de cassation annule cette relaxe le [7][réf. insuffisante], et renvoie l'affaire devant la cour d'appel de Rennes, qui relaxe à son tour les prévenus. Le , cette relaxe est de nouveau cassée[8].

En 1986, il obtient l'acquittement de Roger Knobelspiess. Dans les années 1990, il défend Christian Didier, assassin de René Bousquet (condamné à dix ans de prison), le juge d'instruction Eva Joly contre l'ordre des avocats, l'historien Bernard Lewis (gagnant trois procédures sur les quatre intentées contre son client[9]), les évadés de Clairvaux, qui obtiennent des peines de 6 à 20 ans contre la perpétuité réclamée par l'avocat général[3].

Il préside l'Observatoire international des prisons de mai 2000 à 2004.

En 2004, conseil de Richard Shirrefs, directeur général d'Eurotunnel, Thierry Lévy obtient la condamnation de Nicolas Miguet, qui doit verser 10 000 euros à Richard Shirrefs pour diffamation et injure[10].

En 2005, avocat de Claude Cherki, ancien PDG du Seuil, il plaide avec succès contre Jean-Claude Guillebaud, poursuivi pour diffamation par Claude Cherki. Jean-Claude Guillebaud est condamné à 3 000 euros d'amende, 1 euro symbolique de dommages et intérêts, 3 000 euros au titres des frais de justice de la partie civile, et à publier le jugement à ses frais dans Le Nouvel Observateur[11].

En 2008, il obtient la relaxe de Roger Cukierman, poursuivi pour injure publique par Alain Krivine. L'année suivante, aux côtés de son confrère Dominique Tricaud, Thierry Lévy défend avec succès Siné, poursuivi par la LICRA, mais relaxé par le tribunal de Lyon[12].

Avocat des cinémas Utopia, Thierry Lévy obtient, en 2010, le rejet de l'action intentée par l'Association culturelle juive des Alpilles (ACJA)[13], puis la condamnation de Yann Moix et du Figaro pour injure publique contre les responsables du réseau de cinémas[14]. En 2012, il plaide avec succès pour son confrère Jérémie Assous contre la multinationale All Communication Network, déboutée de sa plainte en diffamation[15].

Devenu un habitué des plateaux télévisés durant les années 2000-2010, il prend part à des débats sur des faits de société, s'opposant parfois rudement à des personnalités controversées telles que Dieudonné. Il considérait cependant que « l'interdiction de ses spectacles était une faute »[16]. Ou à d'autres personnalités telles que Jean-Luc Mélenchon, Alain Bauer et Nicolas Sarkozy.

Publications[modifier | modifier le code]

Outre de nombreux ouvrages et articles juridiques, Thierry Lévy a beaucoup écrit sur l'art de l'éloquence et sur la profession d'avocat, notamment Convaincre, Dialogue sur l'éloquence, en collaboration avec Jean-Denis Bredin (Odile Jacob, 1997). Il a également écrit quelques courts essais qui constituent des plaidoiries à propos de divers aspects du politiquement correct qui affligerait selon lui la société française contemporaine.

  • L'Animal judiciaire, Paris, Grasset, 1975
  • Le désir de punir, Fayard, 1979
  • Le crime en toute humanité, Grasset, 1984
  • La Société des femmes, Paris, Flammarion, 1987
  • Le Droit chemin, Paris, Plon, 1989
  • Blessure mortelle (roman), Paris, Flammarion, 1992
  • Justice sans Dieu, Odile Jacob, 2000
  • Éloge de la barbarie judiciaire, Paris, Odile Jacob, , 187 p. (ISBN 978-2-7381-1554-6)
    L'ouvrage dénonce la « pandémie victimaire » des tribunaux.
  • Nos têtes sont plus dures que les murs des prisons, Paris, Grasset, , 83 p. (ISBN 978-2-246-69671-1)
  • Levy oblige, Grasset, 2008
  • Rose, Plon, 2015

En collaboration[modifier | modifier le code]

  • Jean-Denis Bredin et Thierry Lévy, Convaincre : Dialogue sur l'éloquence, Paris, Odile Jacob, , 392 p. (ISBN 978-2-7381-0483-0)
  • Jean-Denis Bredin et Thierry Lévy, Plutôt la mort que l'injustice : au temps des procès anarchistes, Paris, Odile Jacob, , 276 p. (ISBN 978-2-7381-1831-8)
  • participation à l'ouvrage collectif Qu'est-ce que la gauche ?, Fayard, 2017.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le célèbre avocat pénaliste Thierry Lévy est mort », sur Europe 1 (consulté le 30 janvier 2017).
  2. « Mort de l’avocat pénaliste Thierry Lévy », sur lemonde.fr/, (consulté le 30 janvier 2017)
  3. a, b, c, d et e Dominique Simonnot, « Champion de box », Libération, 31 mai 2000.
  4. Pascale Robert-Diard, « Thierry Lévy, maître de sa rage », Le Monde, 9 février 2008.
  5. « Thierry Lévy », sur sciences-po.asso.fr.
  6. « L'ex-juge antiterroriste Bruguière, accusé de diffamation, relaxé à Lyon », Le Parisien, 27 février 2011.
  7. [1].
  8. Arrêt no 4942 du 17 novembre 2015 (14-81.410) - Cour de cassation - Chambre criminelle.
  9. Celles intentés par le Comité de défense de la cause arménienne, l'Agrif et l'Union des médecins arméniens de France (condamnés pour procédure abusive). Il perd en revanche contre la Licra, et Bernard Lewis refuse de faire appel, affirmant n'avoir pas confiance dans la justice française : Bernard Lewis, Notes on a Century. Reflections of a Middle East Historian, Londres, Weidenfeld & Nicolson, 2012, p. 288-292.
  10. « EUROTUNNEL : Richard Shirrefs a assigné Nicolas Miguet pour diffamation et injures publiques », Le Monde, 31 octobre 2003 ; « Eurotunnel : Nicolas Miguet condamné pour diffamation », Libération, 17 février 2004.
  11. « Cherki à la barre », Libération, 19 mai 2005.
  12. Jugement de première instance [PDF] ; « La citation de la Licra contre Siné annulée en appel », Nouvelobs.com, 26 novembre 2009 ; « Troisième victoire du dessinateur Siné contre la Licra ! », communiqué, 5 avril 2012.
  13. « L'Utopia attaqué pour antisémitisme : une plainte jugée "nulle et irrecevable" » (consulté le 30 janvier 2017).
  14. Voir sur cinemas-utopia.org .
  15. « La multinationale ACN perd son procès contre l’avocat Jérémie Assous », Capital.fr, 3 avril 2012.
  16. http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/01/22/l-interdiction-des-spectacles-de-l-humoriste-est-une-faute_4352174_3232.html

Liens externes[modifier | modifier le code]