Observatoire international des prisons

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Observatoire international des prisons - section française
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Association loi de 1901
But Faire connaître le sort réservé aux personnes privées de liberté, agir pour le respect des droits humains en milieu carcéral et pour un moindre recours à l’emprisonnement.
Zone d’influence Drapeau de la France France
Fondation
Fondation 1990 à Lyon
Identité
Siège Paris, Île-de-France
Président Delphine Boesel
Site web http://www.oip.org/

L'Observatoire international des prisons (OIP) est la section française de l’Observatoire international des prisons (OIP-SF), association loi 1901. Elle agit pour le respect des droits de l’homme en milieu carcéral et pour un moindre recours à l’emprisonnement. Elle bénéficie depuis 1995 du statut d'organisation consultative auprès des Nations unies.

Historique[modifier | modifier le code]

L'association est née en 1990 à Lyon à l'initiative de Bernard Bolze. Elle a obtenu un statut consultatif à l'ONU en 1995. L'OIP s'est organisé progressivement en délégations régionales et sections nationales. Depuis la disparition du secrétariat international de l'OIP en 1999, les différentes sections nationales sont entièrement indépendantes. Ont notamment subsisté les sections nationales de France (OIP-SF), de Belgique et d'Argentine.

Section française de l'OIP[modifier | modifier le code]

Entre 2014 et 2019, en dépit de l'accroissement de la surpopulation carcérale, l'organisme a perdu 66 % de ses subventions publiques, ce qui pourrait conduire à sa disparition. « Officiellement, on ne rentre plus dans les critères. Officieusement, de manière progressive, les pouvoirs publics font le choix de ne plus soutenir les associations qui représentent un contre-pouvoir », estime Cécile Marcel, directrice de la section française de l’OIP[1].

Actions de l'OIP-SF[modifier | modifier le code]

Chaque année, l'OIP reçoit environ 5 500 sollicitations de détenus, de leurs proches, d'intervenants en détention ou de professionnels du milieu carcéral. Des Groupes action parloirs (GAP) sont également organisés en région. Il s'agit de permanences de militants de l’OIP menées de manière périodique devant les prisons durant le temps d'attente pour les parloirs. Les GAP sont chargés de répondre aux questions des familles et de recueillir des informations utiles au travail d’observation et d’enquête de l’association. Lorsque ses enquêtes confirment une violation des droits de l’homme en prison, l'OIP les rend publiques et peut conduire des actions en justice pour les faire cesser. Au-delà de la défense de situations individuelles, l’action contentieuse de l’OIP vise à protéger et faire avancer les droits des personnes détenues et accroître le contrôle qu’exerce le juge sur l’action de l’administration pénitentiaire. Elle a permis d'obliger l'administration pénitentiaire à prendre des mesures d'urgence face aux conditions de détention indignes à la prison des Baumettes (Marseille) en 2012[2],[3] ainsi qu’à celle de Ducos (Martinique) en 2014[4]. En parallèle, l'OIP mène des actions de plaidoyer auprès des pouvoirs publics pour faire adopter des mesures et lois respectueuses des droits des détenus et favorisant un moindre recours à l’incarcération.

L'OIP est également présent dans les médias pour alerter et sensibiliser le grand public sur la situation dans les prisons françaises.

Publications[modifier | modifier le code]

L'Observatoire international des prisons publie une revue trimestrielle, Dedans Dehors, qui traite de l'actualité pénale et pénitentiaire, avec des dossiers thématiques, des enquêtes, des entretiens et témoignages[5]. Un Guide du prisonnier est également édité par l'OIP, qui rassemble toutes les informations sur le parcours en détention, de l'entrée à la sortie de prison[6]. Périodiquement, l'OIP publie un Rapport sur les conditions de détention en France qui décrypte les politiques pénales et pénitentiaires, ainsi que leurs conséquences sur les conditions de détention[7]. En , l'OIP a publié le livre Passés par la case prison, qui raconte les parcours de vie de huit anciens détenus qui ont travaillé avec huit écrivains : Olivier Brunhes, Philippe Claudel, Marie Darrieussecq, Virginie Despentes, Nancy Huston, Mohamed Kacimi, Pierre Lemaitre et Gérard Mordillat[8]

Organisation[modifier | modifier le code]

La section française de l’OIP compte environ 400 adhérents, pour certains organisés en groupes locaux d’observation (GLO). L’Assemblée générale des adhérents se réunit chaque année et élit en son sein un Conseil d’administration. Le Secrétariat national assure la mise en œuvre des actions de l’association : il est composé de 13 salariés, appuyés par des volontaires en service civique et des stagiaires. Une cinquantaine de bénévoles prennent part aux activités militantes de l’association.

Les présidents de l'OIP-SF[modifier | modifier le code]

  • Isabelle Vindras (Lacape) (1996-1998)
  • Catherine Erhel (1998-2000)

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]