Pat Robertson

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Pat Robertson
Description de cette image, également commentée ci-après
Pat Robertson en 2006 lors d'une manifestation pour l'aide aux victimes de l'ouragan Katrina.
Nom de naissance Marion Gordon Robertson
Naissance (91 ans)
Lexington, Virginie, États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis américaine
Profession
Activité principale
Président de la Regent University
Président du Christian Broadcasting Network
Autres activités
Formation
Washington and Lee University
Yale Law School
The Biblical Seminary in New York

Marion Gordon Robertson, plus connu sous le nom de Pat Robertson, né le , est un télévangéliste américain évangélique du courant charismatique, fondateur du Christian Broadcasting Network . Il est aussi l'une des voix de la droite conservatrice chrétienne aux États-Unis.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pat Robertson est né le à Lexington (Virginie)[1]. De confession évangélique baptiste (Convention baptiste du Sud), il a vécu une nouvelle naissance alors qu'il était propriétaire d'une compagnie d'électronique à New York[2]. En 1950, il a obtenu un B.A. en histoire de la Washington and Lee University [3]. En 1955, il a obtenu un diplôme de la Yale Law School [3] En 1959, il a obtenu un master en théologie (Master of Divinity) du New York Theological Seminary[3].

Ministère[modifier | modifier le code]

En 1959, il achète une ancienne chaîne de télévision et lance 2 ans plus tard, en 1961, le Christian Broadcasting Network [4]. Il devient présentateur d'un show télévisé qu'il appelle The 700 Club en 1966[5],[6], toujours rediffusé sur de nombreux réseaux aux États-Unis et sur les réseaux affiliés à CBN.

Il a également fondé de nombreuses organisations comme : la Christian Coalition, Flying Hospital, International Family Entertainment, Operation Blessing International Relief and Development Corporation[7]. En 1977, il fonde une université, la CBN University, renommée Regent University en 1990[8].

En 1987, il quitte la Convention baptiste du Sud pour être candidat à l'investiture du Parti républicain pour l'élection présidentielle américaine de 1988 mais ne sera pas élu [9],[10]. Il s'oriente par la suite vers le mouvement charismatique[11].

Controverses[modifier | modifier le code]

Robertson a été critiqué pour avoir affirmé que Dieu avait puni l'Amérique lors des attentats du 11 septembre 2001 à cause des gays et des avortements[12].

Controverse sur ses propos concernant Chávez[modifier | modifier le code]

Le , dans son émission The 700 Club, Robertson a fait une déclaration controversée sur le président vénézuélien Hugo Chávez en disant : « Vous savez (…) s'il pense que nous essayons de l'assassiner, je pense que nous devrions vraiment y aller et le faire. Cela revient moins cher que de commencer une guerre »[13].

Le 24 août, toujours dans son émission The 700 Club, Robertson a expliqué qu'on l'avait mal compris et qu'il n'avait pas appelé à l'assassinat de Chávez, mais qu'il y avait d'autres moyens de l'évincer du pouvoir comme l'intervention d'un commando ou le kidnapping. Robertson a démenti avoir utilisé le terme d'« assassinat », malgré l'enregistrement qui en atteste[14]. Plus tard dans la journée, il s'est expliqué par écrit : « Est-ce juste d'appeler à un assassinat ? Non, je présente mes excuses pour ce jugement. » Toutefois, Robertson qualifia Chávez de « dangereux ennemi à notre sud, qui contrôle un énorme stock de pétrole et qui pourrait nous nuire énormément[15] ».

Il a continué à soutenir que Chávez était impliqué dans le terrorisme : « Le colonel Chávez a partie liée avec des terroristes comme l'assassin notoire Carlos, s'est rendu en Iran pour avoir accès à la technologie nucléaire, et a présenté Saddam Hussein et Fidel Castro comme ses amis. Le colonel Chávez a également l'intention de susciter des coups d'État contre des gouvernements démocratiquement élus en Amérique du Sud, à commencer par son voisin colombien[15]. »

Puis, il a rappelé l'exemple de l'opposition du pasteur allemand Dietrich Bonhoeffer au régime nazi et son soutien à assassiner Hitler, ce qui a pu être vu par certains comme une comparaison indirecte entre Chávez et Adolf Hitler.

Controverse sur ses propos concernant Ariel Sharon[modifier | modifier le code]

En 2006 dans son émission The 700 Club sur Christian Broadcasting Network (CBN), il a sous-entendu que l'accident vasculaire cérébral d'Ariel Sharon était une vengeance divine contre le retrait de la Bande de Gaza et l'assassinat en 1995 du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin[16]:

« Dieu éprouve de l'hostilité à l'égard de ceux qui divisent Sa terre […] Et à chaque Premier ministre d'Israël qui décide de la découper et d'y renoncer, Dieu dit : « Non, ceci est Mien. » Ariel Sharon divisait la terre de Dieu. »

Il s'est ensuite excusé en disant que ces propos étaient liés à son amour pour Israël[16]. Il appartient en effet à un courant appelé « sionisme chrétien » qui pense que la colonisation juive des territoires palestiniens et le rassemblement des juifs en terre sainte sont une condition du Second avènement.[réf. nécessaire]

Relations avec des dirigeants politiques[modifier | modifier le code]

En 2006, sa relation avec le dictateur guatémaltèque Efraín Ríos Montt, qui sera ultérieurement condamné pour génocide et crime contre l’humanité à 80 ans de prison, a été critiquée par les médias[17].

En 2010, il a été critiqué par les médias pour avoir fait du lobbying pour le président du Liberia, Charles Taylor, condamné par la suite de crimes contre l'humanité, et avoir obtenu une concession sur une mine d'or en 1999[18].

Propos au sujet du tremblement de terre en Haïti du 12 janvier 2010[modifier | modifier le code]

Pat Robertson déclare dans un show télévisé américain, (700 Club) qu'Haïti est damné pour avoir pactisé avec le diable[19] au moment de leur révolte contre la colonisation française qui déboucha sur leur indépendance en 1804.

« Quelque chose s'est produit il y a longtemps en Haïti, et les gens préfèrent ne pas en parler », a-t-il déclaré le lors de son émission à CBN (Christian Broadcast Network). « Les esclaves étaient sous le joug des Français, vous savez, de Napoléon III ou je ne sais quoi. Ils se sont réunis et ont conclu un pacte avec le diable. Ils ont dit : « Nous allons vous servir si vous nous libérez du joug français. » C'est une histoire véridique. Et le Diable a dit: « D'accord, marché conclu. » »

«Et ils ont chassé les Français de l'île », a poursuivi Robertson. « Les Haïtiens se sont révoltés et émancipés. Mais depuis ce temps, la malédiction s'acharne sur eux. »[20]

Il semblerait que les commentaires de Robertson aient pour origine l'histoire de Dutty Boukman, qui ordonna le soulèvement d'un grand nombre d'esclaves après leur avoir fait boire, dans la nuit du 14 août 1791, le sang d'un cochon noir lors d'une cérémonie vaudou. Cette cérémonie avait pour but de rendre les esclaves invulnérables. Robertson est toutefois dans l'erreur lorsqu'il identifie le gouvernement français au règne de Napoléon III, puisque ces événements se sont produits durant la Révolution française, avant même le règne de Napoléon Ier.

Théories conspirationnistes[modifier | modifier le code]

Dans son livre New World Order publié en 1991, il affirme que juifs, francs-maçons et Illuminatis conspirent pour parvenir à la domination mondiale[21].

Les livres de Pat Robertson[modifier | modifier le code]

  • The New Millennium
  • Answers to 200 of Life's Most Probing Questions
  • The Secret Kingdom (1982)
  • America's Dates with Destiny
  • The Plan
  • Beyond Reason: How Miracles can Change your Life
  • Turning Tide: The Fall of Liberalism and the Rise of Common Sense
  • Shout it from the Housetops an autobiography
  • The End of the Age
  • The New World Order (1991)
  • Bring It On
  • The Ten Offenses
  • Courting Disaster

Récompenses attribuées à Pat Robertson[modifier | modifier le code]

  • 1975 The Distinguished Merit Citation de la National Conference of Christians and Jews.
  • 1976 Faith and Freedom Award in the field of broadcasting.
  • 1978 US Department of Justice Award from the Federal Bureau of Investigation, 25th FBI Vesper Service.
  • 1979 National Conference of Christians and Jews - Distinguished Merit Citation.
  • 1982 Humanitarian of the Year par l'ONG Food for the Hungry.
  • 1984 Man of the Year Award par le Women's National Republican Club.
  • 1984 Citation from the National Organization for the Advancement of Hispanics.
  • 1985 National Association of United Methodist Evangelists.
  • 1988 Man of the Year par Students for America.
  • 1989 Christian Broadcaster of the Year par les National Religious Broadcasters.
  • 1992 Une des 100 personnes de l'élite culturelle par le magazine Newsweek.
  • 1994 Omega Fellowship Award par l'ONG Food for the Hungry pour Operation Blessing's fight against worldwide hunger.
  • 1994 Defender of Israel Award par Christians'Israel Public Action Campaign, pour ceux qui ont eu une contribution majeure dans le renforcement des relations entre les États-Unis et Israël.
  • 1994 John Connor Humanitarian Service Award par Operation Smile International.
  • 2000 Cross of Nails award pour sa vision, son inspiration et travail humanitaire avec The Flying Hospital.
  • 2002 State of Israel Friendship Award par l'Association Sioniste d'Amérique.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pat Robertson, Shout It From the Housetops
  • Greg Palast, The Best Democracy Money Can Buy

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Robert H. Krapohl, Charles H. Lippy, The Evangelicals: A Historical, Thematic, and Biographical Guide, Greenwood Publishing Group, USA, 1999, p. 295
  2. Horace Newcomb, Encyclopedia of Television, Routledge , USA, 2014, p. 1939
  3. a b et c Randall Herbert Balmer, Encyclopedia of Evangelicalism: Revised and expanded edition, Baylor University Press, USA, 2004, p. 584
  4. Randall Herbert Balmer, Encyclopedia of Evangelicalism: Revised and expanded edition, Baylor University Press, USA, 2004, p. 157
  5. (en) « About The 700 Club », sur CBN.com - The Christian Broadcasting Network (consulté le 26 novembre 2018)
  6. CNN Library, « Pat Robertson Fast Facts », CNN,‎ (lire en ligne, consulté le 26 novembre 2018)
  7. Paul A. Djupe, Laura R. Olson, Encyclopedia of American Religion and Politics, Infobase Publishing, USA, 2014, p. 388
  8. George Thomas Kurian, Mark A. Lamport, Encyclopedia of Christianity in the United States, Volume 5, Rowman & Littlefield, USA, 2016, p. 468
  9. CNN, Pat Robertson Fast Facts, Site web cnn.com, USA, 12 mars 2017
  10. William H. Swatos, Peter Kivisto, Encyclopedia of Religion and Society, Rowman Altamira, USA, 1998, p. 243
  11. Edward E. Hindson, Daniel R. Mitchell, The Popular Encyclopedia of Church History: The People, Places, and Events That Shaped Christianity, Harvest House Publishers, USA, 2013, p. 289
  12. Laurie Goodstein, Falwell: blame abortionists, feminists and gays, theguardian.com, USA, 19 septembre 2011
  13. Dan Fletcher, Top 10 Pat Robertson Gaffes, content.time.com, USA, 16 septembre 2011
  14. (en) « Robertson lies about his Chavez comments; claims he "didn't say 'assassination' " », Media Matters (en)
  15. a et b (en) « Pat Robertson Clarifies His Statement Regarding Hugo Chavez », CBN.com
  16. a et b (en) Mary Snow et Shira Medding, « Robertson apologizes to Sharon's son », sur cnn.com, .
  17. Deann Alford, The Truth Is Somewhere, christianitytoday.com, USA, 1 septembre 2006
  18. Anna Schecter, Prosecutor: Pat Robertson Had Gold Deal with African Dictator, abcnews.go.com, USA, 4 février 2010
  19. (en) Haïti a pactisé avec le diable
  20. « Le télévangéliste Pat Robertson s'attire les critiques », in Cyberpresse, 15/01/2010, article en ligne
  21. Pat Robertson, NEW WORLD ORDER, (ISBN 0-8499-3394-3)