Syrphidae

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Syrphides, Syrphes

Les Syrphidae ou Syrphides (ou Syrphes), sont une famille de mouches du sous-ordre des Brachycera. La famille se subdivise en 3 sous-familles qui comprennent environ 200 genres et plus de 5 000 espèces décrites. On compte environ 800 espèces dans l'Ouest paléarctique et plus de 500 en France[1].

Ces mouches imitent souvent les formes et les couleurs vives de certaines espèces d'hyménoptères. On les rencontre souvent en été sur les fleurs, principalement les ombellifères, recherchant le nectar dont elles se nourrissent et contribuant ainsi à leur pollinisation. Les larves se nourrissent de déchets, de bulbes de fleurs, de pucerons ou de larves d'autres insectes selon les espèces.

Morphologie[modifier | modifier le code]

Localisation de la vena spuria, nervure caractéristique des Syrphidae.

Comme tous les diptères, les syrphes possèdent une seule paire d'ailes fonctionnelles et deux haltères ou balanciers qu'elles portent en arrière du thorax.

De part leur coloration en bandes jaunes et brunes, les syrphes sont souvent confondues avec des hyménoptères de type guêpe ou abeille. Cette coloration est une forme de mimétisme batésien[2].

Les syrphes se distinguent principalement des autres diptères par la présence d'une nervure vestigiale au niveau des ailes: la vena spuria[3] située parallèlement à la quatrième veine alaire longitudinale, mais avec des exceptions[4].

Services écosystémiques[modifier | modifier le code]

Pollinisation[modifier | modifier le code]

Moins connus que les abeilles, les syrphes sont des pollinisateurs importants pour les plantes sauvages et agricoles. Par exemple, Episyrphus balteatus (le syrphe ceinturé) est reconnu comme un pollinisateur important du colza[5]. Comme beaucoup de pollinisateurs, les espèces de syrphe diffèrent dans leur degré de spécialisation avec des espèces généralistes qui exploitent un grand nombre d'espèces de plantes et des espèces spécialistes qui ne visitent que quelques espèces floricoles, voire une seule plante[6],[7].

Beaucoup d'espèces de syrphe ont des pièces buccales courtes et non spécialisées[8].

Lutte biologique[modifier | modifier le code]

Larve de syrphe

Les larves de syrphe sont des organismes auxiliaires intéressants en protection des cultures. Ce sont des agents de lutte biologique efficaces contre les pucerons notamment. Les larves peuvent consommer des centaines de pucerons en quelques jours[9].

La mise en place de bandes fleuries autour des champs de culture fait l'objet de nombreuses recherches scientifiques afin d'attirer les syrphes adultes au sein du champ. En effet, les syrphes ont besoin de ressources florales (pollen et/ou nectar) à l'état adulte afin de se reproduire. On plante, en bordure des champs, des Phacelia sp. pour nourrir les syrphes, dont les larves dévorent les pucerons, l'œillet d'Inde attire ce genre d'insecte aussi.

Espèce bio-indicatrice[modifier | modifier le code]

De par leur présence dans quasiment tous les milieux (hormis les pleines eaux et les grottes) et leur grande dépendance à des milieux spécifiques pour chaque espèce, les syrphes font l'objet d'une méthode d'évaluation de l'état de conservation des milieux. Une base de données européenne, Syrph The Net[10] qui a nécessité 15 ans de collecte d'informations, précise leurs habitats, leur biologie, leur mode de vie, leur répartition, leur statut (degré de rareté, de menace…) etc[1]. Couplé à des protocoles de piégeage standardisé (tente Malaise par exemple), elle permet de faire des diagnostics écologiques[11].

Distribution géographique[modifier | modifier le code]

C'est une famille cosmopolite.

Liste des sous-familles[modifier | modifier le code]

Selon ITIS :

Liste des genres[modifier | modifier le code]

Quelques espèces[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Guide d'utilisation de SYRFID », sur syrfid.ensat.fr
  2. « Mimétisme - Subterfuges chez les arthropodes »
  3. « Encyclop'Aphid », (consulté le 26 octobre 2017)
  4. Reemer, Menno, « Surimyia, a new genus of Microdontinae, with notes on Paragodon Thompson, 1969 (Diptera, Syrphidae) », Zoologische Mededelingen.,‎ , p. 82:177-188 (ISSN 0024-0672, lire en ligne)
  5. Jauker, F., & Wolters, V. (2008). Hover flies are efficient pollinators of oilseed rape. Oecologia, 156(4), 819
  6. Kooi, C. J., Pen, I., Staal, M., Stavenga, D. G., & Elzenga, J. T. M. (2016). Competition for pollinators and intra‐communal spectral dissimilarity of flowers. Plant Biology, 18(1), 56-62.
  7. (en) Jervis Mark et Kidd Neil, , Dordrecht, the Netherlands, Springer, 2005, 748 p.
  8. Campbell, A. J., Biesmeijer, J. C., Varma, V., & Wäckers, F. L. (2012). Realising multiple ecosystem services based on the response of three beneficial insect groups to floral traits and trait diversity. Basic and Applied Ecology, 13(4), 363-370.
  9. Jean-Noël Reboulet, Les auxiliaires entomophages, Paris, ACTA, , 136 p., p. 50
  10. (en) « Syrph the Net (StN): a tool for biodiversity management », sur pollinators.biodiversityireland.ie
  11. [PDF] « Inventorier les syrphes pour évaluer l’état de conservation d’un milieu », sur espaces-naturels.info
  12. Catalogue of Life, consulté le 1 mars 2013

Liens externes[modifier | modifier le code]

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