Cordyceps

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Cordyceps
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Classification selon MycoBank
Règne Fungi
Sous-règne Dikarya
Embranchement Ascomycota
Sous-embr. Pezizomycotina
Classe Sordariomycetes
Sous-classe Hypocreomycetidae
Ordre Hypocreales
Famille Cordycipitaceae

Genre

Cordyceps
Fr., 1833[1]

Synonymes

  • Akrophyton Lebert[2]
  • Campylothecium Ces.[2]
  • Cordylia Fr.[2]
  • Cordyliceps Fr.[2]
  • Corynesphaera Dumort.[2]
  • Hypoxylum Juss.[2]
  • Mitrasphaera Dumort.[2]
  • Phytocordyceps C.H. Su & H.H. Wang[2]
  • Polistophthora Lebert[2]
  • Racemella Ces.[2]

Cordyceps[3] est un genre de champignons entomopathogènes (qui infecte des insectes, ou araignées[4],[5],[6]) ascomycètes de la famille des Cordycipitaceae. Il peut aussi parasiter d'autres champignons.

Description[modifier | modifier le code]

Parmi les Pyrénomycètes de l'ancienne classification, à présent recentrés chez les Sordariomycetes, on trouve l'ordre des Clavicipitales dont les espèces possèdent des asques longs et très étroits, à paroi mince et sommet épaissi. La famille des Clavicipitaceae comprend 23 genres et plus de 200 espèces.

Cordyceps s.s.: Fr. 1818 emend Sung et al. 2007[7]:

Ce sont des espèces pâles ou très colorées, qui produisent des stromas de consistance molle, Masse mycélienne formant des endosclérotes à l'intérieur des insectes avec un feutrage partiel à la surface de l'hôte, infectant les larves ou les pupes de Coléoptères et de Lépidoptères, dans la litière de feuilles ou de mousse, parfois aussi en terre nue.

Stroma unique ou cespiteux, charnu, fibrilleux, ou rarement marasmioïde.

Tige simple ou ramifiée, filiforme, cylindracée, clavée, avec ou sans couche péridiale.

Partie fertile apicale ou latérale. Couche péridiale pseudo-parenchymateuse, hyphale ou palissadique, poilue ou glabre.

Périthèce superficiel, immergé ou semi-immergé, vertical ou oblique. Asques allongées, cylindriques à sommet hémisphérique ou allongée contenant 8 ou 4 spores. Ascospores hyalines, longuement cylindriques ou fusiformes, septées, donnant des spores secondaires, sauf rares exceptions.

Spores secondaires fusiformes ou en cylindres tronqués. Abondant en zone tropicale sur fourmis, insectes, araignées. Quelques espèces en Europe.

La présence de Cordyceps peut révéler la présence de « fausses-truffes » du genre Elaphomyces (Elaphomyces granulatus en particulier). Ce sont les Elaphocordyceps et les Metacordyceps qui sont endémiques à l’Est de l’Asie.

Le type du genre est Cordyceps militaris (L.) Fr.

Nombreux stades imparfaits (anamorphes): Isaria, Hirsutella, Hymenostilbe, etc.

  • N.B. L'analyse biomoléculaire[7] a séparé le genre Ophiocordyceps Petch 1931 emend Sung et al. 2007. Le plus grand groupe de champignons parasites des Arthropodes, surtout sur hôtes enterrés ou sur des débris ligneux en décomposition. Stroma et subiculum sombre rarement coloré, fibreux, tenace à flexible, rarement charnu. Périthèces groupés en coussinets au sommet ou latéralement, superficiels ou complètement immergés, généralement disposés perpendiculairement ou obliquement. Asques hyalins cylindriques, plutôt épaissis au sommet, rarement fusoïdes à ellipsoïdes. Ascospores cylindriques, multiseptés, désarticulés ou non en parties sporales.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Du grec « tête de nœud » ou tête en massue, le grec cordylê : bosse, enflure, nœud, et ceps qui signifie tête. Mais Cordyceps pourrait également vouloir dire « tête de têtard », cordylos = têtard[8].

Le nom sino-japonais est également intéressant : tōchūkasō [冬虫夏草], littéralement « insecte l'hiver, fleur en été ».

Historique du taxon Cordyceps[modifier | modifier le code]

Les premiers microscopes ne permettant pas de distinguer la vraie nature des Ascomes, Carl Linnæus[9], suivant Vaillant, place les Cordyceps dans les Clavaria et Persoon[10] dans les Sphaeria. Ce dernier genre couvre à l'époque plusieurs genres des actuels Hypochreales et Spheriales.

Vingt-deux ans plus tard, Fries démantèle ce genre Sphaeria en plusieurs sections, dont l'une nommée Cordyceps, pour accueillir les ascomycètes à fructifications charnues, dressées comme le sont les Cordyceps actuels, ainsi que Sphaeria alutacea, à présent assigné à une espèce de Podocrea.

Il faudra attendre les travaux de Tulasne[11], pour que le genre Cordyceps reçoive une définition à peu près semblable à la conception actuelle, bien que le nom de Torrubia qu'il propose pour ce dernier soit invalide. Trois genres sont considérés les plus proches des Cordyceps, tous porteurs d'ascospores filamenteux :

  1. Torrubiella forme un endosclérote dans le corps des insectes, et le subiculum à l'extérieur
  2. Claviceps forme un exosclérote portant le stroma sur les inflorescences des graminées et carex.
  3. Balansia forme un pseudosclérote (formé de cellules de l'hôte et d'hyphes fongiques) sur les tiges et inflorescences de graminées.

Les Cordyceps forment un endosclérote produisant un stroma à l'intérieur des insectes, les fructifications d'Elaphomyces et le sclérote de Claviceps[12].

Espèces remarquables[modifier | modifier le code]

Elaphocordyceps ophioglossoides (autrefois à tort classé parmi les Cordyceps) « parasitant » une fausse truffe (Elaphomyces granulatus ? (Truffe des cerfs), d’après un dessin d’Anton Joseph Kerner von Marilaun (1831-1898)

Certaines espèces jadis classées dans le genre Cordyceps ont été transférées dans d'autres genres :

Clé de détermination des Cordyceps européens parasitant les Elaphomyces[modifier | modifier le code]


Liste des espèces[modifier | modifier le code]

Selon Index Fungorum (30 octobre 2018)[13] :

Références dans la fiction[modifier | modifier le code]

  • Dans les jeux vidéo et mangas Pokémon, une espèce, Paras et Parasect, est contaminée par un champignon appelé tôchûkasô. Ce champignon vole la nourriture du Pokémon, et le Pokédex de la version Ultra-Soleil précise même de Parasect que « l'insecte est quasiment mort, à ce stade, et le champignon est devenu le véritable cerveau. Si on l'ôte de son dos, il ne peut plus bouger », rappelant clairement le fonctionnement des cordyceps[réf. nécessaire].
  • Dans le jeu vidéo The Last of Us, le Cordyceps est à l'origine de l'infection qui a contaminé toute la planète et rendant ses hôtes extrêmement agressifs (en raison de son développement dans l’encéphale, il agit sur le système limbique à la manière d'un cancer), les transformant même physiquement (bien que, dans le jeu, les apparitions du Cordyceps ne soient que fictives puisqu'il ne s'attaque, en réalité, qu'aux insectes et araignées)[14].
  • Dans la série Legion, Amahl Farouk, le Némésis de David déguisé en son ami Lenny, utilise le Cordyceps pour imager sa présence parasite en David, ainsi que l'amour.
  • Dans la série télévisée Fringe (saison 4 épisode 3 titré « Lien toxique »), un champignon Cordyceps génétiquement modifié est rendu responsable de la putréfaction accélérée de cadavres.
  • Ce champignon participe à l'intrigue du film d'horreur britannico-irlandais Le Sanctuaire, réalisé par Corin Hardy et sorti en 2015.
  • Dans le manga Horion, le Cordyceps de l'araignée, une fois ingurgité, a une chance sur dix de donner des pouvoirs surnaturels. Dans le cas contraire, la personne meurt.
  • Dans le roman d'anticipation Les nouveaux humains de Nicolas S. Demazeau publié en octobre 2017, le Cordyceps et notamment sa faculté entomopathogène sont des éléments clés du récit[15].
  • La forme de vie fongique parasitaire à base de silicium découverte dans Intraterrestres (9e épisode de la saison 2 de la série télévisée X-Files) est inspirée du Cordyceps (notamment de l'Ophiocordyceps unilateralis).
  • Dans le roman de Mike Carey Celle qui a tous les dons, c'est une forme de cordyceps qui a muté et qui parasite l'humanité.
  • Dans le roman de David Koepp Chambre froide[16], c'est une forme de cordyceps qui a muté à bord de Skylab et qui est retombé sur terre avec les débris de celui-ci, qui parasite tout ce dont il arrive à se nourrir et le tue si c'est un être vivant.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. MycoBank, consulté le 30 octobre 2018
  2. a b c d e f g h i et j BioLib, consulté le 30 octobre 2018
  3. (Fr.) Link (1833) Handb. Allgem. mykol. 3: 346
  4. (en) Y. Kobayasi, « The genus Cordyceps and its allies », Science Reports of the Tokyo Bunrika Daiguku, vol. 5,‎ , p. 53-260
  5. (en) Y. Kobayasi, « Keys to the taxa of the genera Cordyceps and Torrubiella », Transactions of the Mycological Society of Japan, vol. 23,‎ , p. 329-364
  6. (en) E.B. Mains, « Species of Cordyceps on spiders », Bulletin of the Torrey Botanical Club, vol. 81,‎ , p. 492-500
  7. a et b Sung, G.H., N.L. Hywel-Jones., J.M. Sung., J. Luangsa-aard., B. Shrestha. and J.W. Spatafora. 2007. Phylogenetic classification of Cordyceps and the clavicipitaceous fungi. Studies in Mycol. 57: 5–59.
  8. « Les Cordyceps de Belgique », sur home.scarlet.be (consulté le 26 mars 2020)
  9. Linné (1753) - Species Plantarum, ed.1, II p. 1182
  10. Persoon (1801) - Syn. Meth. Fung. p. 1.
  11. Charles Tulasne (1865) - Selecta fungorum carpologia 3, p. 18
  12. Yosio Kobayasi (1941) - The genus Cordyceps and its allies. Introduction p. 53-55, Tokyo Bunrika Daigaku, sec. B, 5 : 53-260
  13. Index Fungorum, consulté le 30 octobre 2018
  14. Entretien avec David Hughes entomologue
  15. Demazeau, Nicolas S., 1987-…., Les nouveaux humains : roman, Cenon, Nicolas S. Demazeau, dl 2017, 236 p. (ISBN 978-1-9756-1661-8 et 1975616618, OCLC 1030615415, lire en ligne)
  16. David Koepp, Chambre froide, Paris, Harper-collins, , 345 p. (ISBN 9791033904380)

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

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