Eupelmus urozonus

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Eupelmus urozonus (DALMAN, 1820) est un insecte parasitoïde polyphage de la famille des Eupelmidae (Hymenoptera Chalcidoidea, sous-famille Eupelminae). Dans la région Méditerranéenne c'est un des plus importants agents naturels de contrôle de la mouche de l'olive.

Morphologie[modifier | modifier le code]

Femelle[modifier | modifier le code]

La femelle d’E. urozonus a un corps long de 2,5 à 5 mm, élancé, avec un thorax et un abdomen allongés. La coloration varie selon la région du corps : les antennes sont noirâtres, la tête vert-bleuâtre, le thorax et l'abdomen ont des reflets de vert et de cuivre. Les jambes sont claires, allant du jaune au blanc, avec des tons jaune plus foncés sur les fémurs et sur les tibias. La partie visible de l’ovipositeur ("terebre") est blanchâtre sur la portion intermédiaire et noirâtre à la base et a l'apex. Les ailes sont incolores.

Mâle[modifier | modifier le code]

Le mâle a des caractères morphologiques moins marqués par rapport aux autres Calcidoïdés. Il est plus petit que la femelle, avec un corps long de 1,5 à 3 mm, avec un thorax plus sombre et un abdomen noirâtre. Les antennules du funicule sont plus longues que celles de la femelle.

Biologie[modifier | modifier le code]

La larve de l’Eupelmus urozonus est en général ectoparasite primaire et solitaire ; elle agit au détriment de nombreuses espèces phytophages, en général mineuses ou galligènes. Elle peut se comporter fréquemment comme hyperparasite si on considère la majorité des endoparasites qui attaquent l'hôte primaire (Braconidi et autres Calcidoidi. Quand elle attaque la pupe de Diptères elle se comporte apparemment comme endophage, se développant à l'intérieur de la pupe de l'hôte (non à l'extérieur de la pupe).

Le développement post-embryonnaire passe par 5 stades larvaires et une pupe.

L’Eupelmus urozonus est extrêmement polyphage [1].

Parmi les hôtes secondaires parasitoïdes on signale surtout des diptères Tachinidés et des Hyménoptères Ichneumonidés, Bracconidés et, surtout, Chalcidoïdés.

Aux fins écologiques nous signalons un nombre important d’espèces végétales associées, soit herbacées soit ligneuses, d’où l’importance de la protection de la biodiversité pour permettre la conservation de ce parasitoïde.

En Italie il effectue plusieurs générations dans l'année au détriment de divers hôtes. La durée d’une génération varie selon la saison. À 20 °C un cycle de développement s’effectue en un mois environ. Un aperçu général des hôtes primaires d’E. urozonus établi en Italie et des plantes associées est résumé dans le tableau suivant [2]:

Ordre Famille Espèce Nom commun Plante associée
Coleoptera Bruchidae Bruchus sp., Acanthoscelides sp. Charançon Legumineuses
Scolytidae Divers Scolitidés Divers
Phloeotribus scarabeoides Phléotribe de l'olivier Olivier
Scolytus amygdali Scolyte de l'amandier Amandier
Diptera Agromyzidae Divers Mouche mineuse Divers
Cecidomyiidae Dryomyia lichtensteini Cécidomye du chêne-liège Chêne
Mikiola fagi Cécidomye du hêtre Hêtre
Dasyneura gleditchiae Gleditschia triacanthos
Tephritidae Bactrocera oleae Mouche de l'olive Olivier
Myopites stylata Mouche de l'inule Inule
Hymenoptera Cynipidae Divers Cynipéde Divers
Diprionidae Divers Diprionidés Conifères
Lepidoptera Lasiocampidae Dendrolimus pini Bombyx du pin Pin
Pieridae Aporia crataegi Piéride du "biancospino" "Biancospino"
Pyralidae Etiella zinckenella Pyrale des legumineuses Leguminose
Tortricidae Cydia pomonella Carpocapse de la pomme Pommier, Poirier
Cydia funebrana "Cidia del susino" Prunier
Eupoecilia ambiguella Teigne de la vigne Vigne
Lobesia botrana "Tignoletta" de la vigne" Vigne
Sparganothis pilleriana Tordeuse de la vigne Vigne
Yponomeutidae Prays oleae "Tignola" de l'olivier Olivier

Activité biologique sur Bactrocera oleae[modifier | modifier le code]

Pendant l'été et au début de l’automne, il est plus particulièrement actif sur Bactrocera oleae (mouche de l'olive), dont il est un des plus importants agents biologiques de contrôle, développant 2-3 générations associées à cette espèce. En général, l'activité se développe au détriment de la larve, plus rarement au détriment de la pupe. En automne l'activité d’Eupelmus sur la mouche de l'olive diminue. La cause de ce comportement n'est pas certaine, il pourrait s’agir de l'entrée en phase d'hivernage ou plus simplement de l'apparition d’un autre hôte préféré.

Parmi les hôtes alternatifs qui entrent en compétition avec Bactrocera oleae on signale un autre diptère tephritidé, Myopites stylata. Cette mouche est un phytophage galligène qui se développe sur les fleurs de l’Inula viscosa produisant une galle qui une fois desséchée va permettre l’hivernage. À partir du mois de septembre et pour tout le mois d’octobre, l'eupelmidé se déplace de la mouche de l’olive vers la galle provoquée par Myopites sur l’inule, dans laquelle il hiverne, en général, jusqu’au printemps suivant.

Comme hyperparasite, il constitue un des antagonistes les plus actifs de l’Opius concolor (Hymenoptera Braconidae), contribuant aux fréquents insuccès du lancement de ce parasitoïde en lutte biologique. D’autres parasitoïdes importants associés à la mouche de l’olive et qualifiés d’hôtes secondaires sont Pnigalio mediterraneus et Eurytoma martellii, tous deux calcidoïdes ectoparasites.

Activité biologique sur Myopites stylata[modifier | modifier le code]

À partir du mois de septembre et pour tout le mois d'octobre, l'eupelmidé se déplace de la mouche de l'olive vers la galle provoquée par Myopites sur l'inule, dans laquelle il hiverne, en général, jusqu'au printemps suivant.

Diffusion[modifier | modifier le code]

L’espèce est censée être présente dans toute la région tempéré de la planète [3].

Sa présence a été signalée en Amérique du Nord (États-Unis, dans toute l'Europe (de la Méditerranée à la Scandinavie et à la Russie), en Afrique du Nord, dans toute l'Asie (du Moyen-Orient au Japon, de l'Inde à l'Asie centrale, en Océanie (Australie méridionale).

La littérature ne cite pas la présence en Amérique du Sud et en Afrique du Sud. La présence est cependant mentionnée dans les olivettes Sud-Africaines, de l’espèce Eupelmus spermophilus, très semblable à l’urozonus, décrite par Filippo Silvestri [4].

Notes[modifier | modifier le code]

Page traduite d’après l'article en italien sur Wikipédia.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Viggiani Gennaro. Lotta biologica ed integrata. Liguori editore. Napoli, 1977. (ISBN 88-207-0706-3)