Holometabola

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Les Holométaboles (Holometabola) forment un super-ordre d'insectes parfois dénommés Endoptérygotes (Endopterygota) qui constituent une catégorie d'insectes, sous-classe des Ptérygotes, qui se caractérise par leur développement, appelé parfois improprement « holométabolisme ».

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le développement des insectes holométaboles se caractérise par ce que l'on appelle une métamorphose complète, qui passe par quatre stades :

La larve d'une espèce holométabole diffère radicalement de l'adulte (chenille/papillon, asticot/mouche…). Elle est dépourvue d'ailes (endoptérygote) et ne fait que grandir, sans changement de forme. Au dernier stade larvaire, elle s'immobilise et se protège en général (chrysalide, pupe…) ; c'est le stade nymphal, préparatoire de la métamorphose en adulte.

Phylogénie[modifier | modifier le code]

Phylogénie des ordres actuels d'insectes holométaboles, d'après Peters et al., 2014[1] et Misof et al., 2014[2]:

Holometabola

Hymenoptera (symphytes, guêpes, fourmis et abeilles)


 Aparaglossata 
 Mecopterida 
 Amphiesmenoptera 

Lepidoptera (papillons)



Trichoptera



 Antliophora 

Diptera (mouches, syrphes, moustiques, taons...)




Mecoptera (panorpes...)



Siphonaptera (puces)





 Neuropteroidea 
 Coleopterida 

Coleoptera (scarabées, coccinelles, hannetons...)



Strepsiptera



 Neuropterida

Raphidioptera




Megaloptera



Neuroptera (planipennes)







Influence de l'environnement larvaire sur le développement[modifier | modifier le code]

Beaucoup d'holométaboles adultes, en raison de leur cycle de vie complexe, ont une niche écologique très différente de celle qu'occupaient leurs larves (moment de formation du microbiote[3]), c'est le cas par exemple des moustiques à larves aquatiques, dont les adultes femelles iront faire un repas de sang chez divers animaux ou dans les habitations humaines.

Certains holométaboles se reproduisant en grand nombre et rapidement (moustiques par exemple) évoluent néanmoins rapidement pour s'adapter à leur environnement[4] et il existe un lien important et fonctionnel entre l'écologie des larves, les microbes et conditions environnementales auxquelles elles sont exposées[5],[6] et la variation phénotypique d'insectes holometaboliques vecteurs de maladies zoonotiques[7]. Certains moustiques, ou les puces se sont ainsi rapidement adaptés à plusieurs familles d'insecticides. Les conditions environnementales rencontrées par les larves lors de leur développement affecter les « traits » adultes[7]. On a aussi récemment (2017) montré dans le cas du moustique Aedes aegypti que les communautés bactériennes propres aux sites de développement larvaire influent sur la capacité des vecteurs d'insectes à transmettre des agents pathogènes humains. Des larves expérimentalement exposées à différents isolats bactériens indigènes lors de leur développement donneront des adultes présentant des différences significatives de taux de pupaison et en termes de taille corporelle (mais non en termes de durée de vie, qui elle n'est pas affectée)[7]. L'exposition de larves de ce moustique à un isolat d'Enterobacteriaceae a entraîné chez les moustiques adultes une diminution de l'activité antibactérienne de l'hémolymphe et un titre réduit de propagation du virus de la dengue[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) R. S. Peters et al., « The evolutionary history of holometabolous insects inferred from transcriptome-based phylogeny and comprehensive morphological data », BMC Evolutionary Biology, vol. 14,‎ , p. 52 (DOI 10.1186/1471-2148-14-52)
  2. (en) B. Misof et al., « Phylogenomics resolves the timing and pattern of insect evolution », Science, vol. 346, no 6210,‎ , p. 763-767 (DOI 10.1126/science.1257570)
  3. G. Minard, P. Mavingui, C. V. Moro (2013), Diversity and function of bacterial microbiota in the mosquito holobiont. Parasit. Vectors 6, 14.
  4. N. A. Moran (1994), Adaptation and constraint in the complex life cycles of animals. Annu. Rev. Ecol. Syst. 25, 573–600.
  5. A. J. Crean, K. Monro, D. J. Marshall (2011), Fitness consequences of larval traits persist across the metamorphic boundary. Evolution 65, 3079–3089 .
  6. De Block M & Stoks R(2005), Fitness effects from egg to reproduction: Bridging the life history transition. Ecology 86, 185–197.
  7. a, b, c et d Laura B. Dickson, Davy Jiolle, Guillaume Minard, Isabelle Moltini-Conclois, Stevenn Volan, Amine Ghozlane, Christiane Bouchie, Diego Ayala, Christophe Paupy, Claire Valiente Moro & louis Lambrechts (2017), Carryover effects of larval exposure to different environmental bacteria drive adult trait variation in a mosquito vector | Science Advances | 16 aout 2017 | Vol. 3, no. 8, e1700585 | DOI: 10.1126/sciadv.1700585 |URL:http://advances.sciencemag.org/content/3/8/e1700585.full |résumé

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • B. M. Wiegmann, J. Kim, and M. D. Trautwein. Holometabolous insects (Holometabola). p. 260–263 in The Timetree of Life, S. B. Hedges and S. Kumar, Eds. (Oxford University Press, 2009).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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