Source (information)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Source secondaire)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Source.

Une source ou source d'information est l'origine d'une information. Le concept de « source » ne doit pas être confondu avec celui de « référence ». Une référence ne prétend qu'à l'identification objective et raisonnée d'éléments bibliographiques, dont le nom de l'auteur, relatifs au document. Quant à la source, elle permet de porter un jugement sur la validité d’une information puisqu’elle tend à déceler et à rendre compte des intentions des médias producteurs d’information. Autrement dit : se renseigner sur la source, c’est s’intéresser à la nature et au lieu originel de discours d’une information. Cela permet, entre autres, de mettre en évidence sa véracité, sa pertinence, et l’utilité de son utilisation.

Historique[modifier | modifier le code]

La question de la classification et de la validation des sources a à l'origine été posée en historiographie, lorsque les historiens discutèrent de l'écriture de l'histoire et de la manière dont la connaissance du passé est obtenue à travers le problème de la méthode historique.

Enjeux[modifier | modifier le code]

Les métiers de la recherche, de l'information et de la communication font appel à différentes sources pour obtenir une information ou la vérifier. On distingue généralement les sources orales et les sources écrites.

  • Les sources orales sont les propos tenus par les témoins d'un événement, les spécialistes d'un sujet ou les personnalités concernées par l'information.
  • Les sources écrites sont constituées de textes originaux (manuscrits, correspondance, compte rendus, etc.), de documents officiels et d'ouvrages (autobiographies, mémoires de recherche, exposés scientifiques, etc.), dits de référence, qui permettent de valider l'authenticité de l'information. Ces textes, appelés « sources bibliographiques », sont généralement cités en note par l'auteur ou le journaliste. On parle alors de « citer ses sources ».

Catégories de sources[modifier | modifier le code]

Selon sa nature, une source écrite peut appartenir à trois catégories[1],[2] :

  • celle des sources primaires, qui sont des documents de première main ;
  • celle des sources secondaires, qui sont des travaux de synthèse fondés sur des sources primaires ;
  • et celle des sources tertiaires, qui sont une sélection et une compilation de sources primaires et secondaires.

Source primaire[modifier | modifier le code]

Cette fresque murale trouvée à Pompéi est un exemple de source primaire sur un couple pompéien aux temps romains.

Une source primaire est un document de première main utilisé pour s'informer d'un sujet. Cela peut être un courrier, un journal intime, un article de presse, une vidéo, un extrait d'état civil, un document des archives publiques... Cette source n'a pas été retravaillée par l'historien ; elle sert à la formation des sources secondaires et tertiaires.

Les sources primaires sont particulièrement importantes dans les études bibliques. Les exégètes doivent en effet revenir le plus possible aux sources originelles des textes de la Bible (en hébreu, ou en grec), ou simplement se demander dans quelle langue étaient écrits les textes originels.

  • En science de la nature, la source primaire est le cahier de laboratoire dans lequel sont consignées les expériences menées et leurs résultats, ou les fichiers de données produites par les instruments d'observation.
  • En sciences humaines et sociales, par exemple en ethnographie les sources primaires sont constituées de prises de notes, d'enregistrements d'entretiens, de dessins, de photographies et d'objets collectés sur le terrain.

En journalisme, une source primaire est souvent le rapport d'un témoin d'un événement, la publication officielle des résultats d'une élection. C'est pour cette raison qu'une source primaire n'est pas forcément synonyme de fiabilité. En histoire par exemple, plusieurs sources primaires d'un même événement peuvent le décrire de manière très différente. En physique, un instrument d'observation peut être mal calibré et produire des données erronées. C'est pourquoi l'étude de la validité, le recoupement des sources et l'exercice du doute scientifique restent de rigueur dans l'exploitation des sources primaires.

Source secondaire[modifier | modifier le code]

Source secondaire est une expression employée en recherche et notamment par les chercheurs en histoire pour désigner les travaux historiques se présentant comme des travaux de synthèse fondés sur des sources primaires et, souvent, la consultation d'autres sources secondaires. La plupart des monographies d'histoire écrites par des chercheurs qui sont publiées de nos jours sont des sources secondaires. La source secondaire typique rapporte des événements passés en même temps qu'elle fait un travail de généralisation, d'analyse, de synthèse, d'interprétation et/ou d'évaluation de ces événements.

Un exemple de source secondaire pourrait être la biographie d'un personnage historique créant une narration cohérente à partir de divers documents primaires tels que des lettres, des journaux intimes, des articles de presse et des archives publiques. Elle ferait en outre probablement usage de sources secondaires, telles que des biographies antérieures. La plupart des sources secondaires (mais pas toutes) font grand usage de citations.

La distinction entre sources primaires et secondaires relève souvent de l'usage. Ainsi, on considère en général que les biographies sont des sources secondaires, mais si un historien faisait un travail de recherche sur l'histoire de l'écriture de biographies en un certain lieu ou à une certaine époque, celles-ci deviendraient les sources primaires de son étude – les biographies deviendraient elles-mêmes les documents à analyser en tant que produits de leur temps. Beaucoup de sources secondaires emploient d'autres sources secondaires comme sources primaires, en partie parce que toutes les sources secondaires sont elles-mêmes écrites « à leur époque » et dans un certain contexte académique et culturel, une caractéristique qui est d'ordinaire plus évidente dans le cas des sources primaires.

Les sources secondaires sont souvent examinées par un comité de lecture et produites par des institutions où la rigueur méthodologique a de l'importance pour les réputations de l'auteur et de sa maison d'édition, tout comme celle de son centre de recherches. Les historiens soumettent sources primaires comme secondaires à des examens très minutieux.

Nombreux sont les chercheurs à avoir commenté la difficulté à produire des narrations du type source secondaire à partir des « données brutes » qui sont la matière du passé. L'historien et philosophe Hayden White a abondamment écrit sur les stratégies rhétoriques employées par les historiens pour narrer le passé et sur le genre de postulats concernant le temps, l'histoire et les évènements qui sont mêlés à la trame même de la narration historique. La question de la relation exacte entre les « faits historiques » et le contenu de « l'histoire écrite » a en tous cas été un sujet de discussion entre historiens depuis au moins le XIXe siècle, au moment où la profession d'historien apparut sous sa forme contemporaine.

En règle générale, les historiens modernes préfèrent se reporter aux sources primaires (s'il en existe) et en chercher de nouvelles, parce que les sources primaires, qu'elles soient ou non exactes, offrent de nouvelles approches des questions historiques. La plus grande partie de l'histoire repose de nos jours sur un recours intensif aux archives afin de découvrir des sources primaires utiles.

Source tertiaire[modifier | modifier le code]

Là où une source primaire présente des matériaux fournis par le témoin de première main d'un phénomène et où une source secondaire fournit des commentaires, des analyses et une critique de sources primaires, une source tertiaire est une sélection et une compilation de sources primaires et secondaires[3]. Si la distinction entre « sources primaires » et « sources secondaires » est essentielle dans l'historiographie, la distinction entre ces dernières et les « sources tertiaires » est plus anecdotique et relève davantage de la pratique académique que du contenu.

Les bibliographies, les catalogues de bibliothèques, les répertoires, les listes de lectures conseillées et les articles proposant des tours d'horizon sont des exemples typiques de sources tertiaires[4]. Les encyclopédies et les traités sont des exemples de matériaux qui comprennent à la fois des sources secondaires et des sources tertiaires, présentant d'un côté des commentaires et des analyses tout en essayant de l'autre de donner une vue synoptique des matériaux disponibles sur le sujet. Ainsi, les longs articles de l'Encyclopædia Universalis sont certainement le genre de documents analytiques caractéristiques des sources secondaires, tout en tentant également de donner le genre de couverture exhaustive associée aux sources tertiaires.

Attribution des sources[modifier | modifier le code]

Dans le journalisme, l'attribution est l'identification d'informations rapportées.

Qualifications des sources[modifier | modifier le code]

Dans les services de renseignement, les sources des informations sont généralement qualifiées. En France, la classification la plus communément utilisées est la suivante :

  • Sources fiables (A)
  • Sources généralement fiables (B)
  • Sources pas toujours fiables (C)
  • Sources non évaluées (D)

Sur Internet, on associe souvent la pertinence de la source (source sûre, source fiable, source incertaine, source douteuse) à sa visibilité (source à fort impact, source influente, source à faible influence immédiate, source sans influence immédiate). La notion de cotation réelle ou perçue peut être distinguée. Une source peut en effet paraître fiable aux internautes non avisés alors qu'en fait une analyse plus poussée du site permet de mettre en doute sa pertinence[5].

Qualité des sources : recherche et interprétation[modifier | modifier le code]

La qualité des sources est importante : leur origine peut être discutable et la manière de les interpréter peut mener à des contresens ou à des manipulations.

Notamment, les textes les plus anciens, comme la Bible ou les récits mythologiques, sont souvent sujets à polémique pour des questions de traduction, de méthode et d'interprétation : on l'a vu, au sujet des passages cosmologiques du Premier Testament, avec la controverse ptoléméo-copernicienne. On peut aujourd'hui le voir dans les débats sur les théories de l'évolution qui peuvent nécessiter de chercher les sources des textes religieux, notamment du Livre de la Genèse.

La recherche des sources des textes sacrés fait l'objet de l'exégèse, tandis que leur interprétation fait l'objet de l'herméneutique. Une interprétation de ces sources exclusivement dans un sens littéral peut conduire à des erreurs graves d'interprétation, car ces textes ont le plus souvent des significations cachées. Les méthodes d'interprétation traditionnelles distinguent quatre sens de l'Écriture.

Par exemple, l'extrait suivant de la Genèse : « Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre et soumettez-la, et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui se meut sur la terre. » (Gn 1,28) peut conduire à des erreurs d'interprétation (voir l'interprétation qu'en fit probablement Descartes).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]