Messène

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Ne pas confondre avec la ville moderne de Messini
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La porte d'Arcadie, avec son énorme linteau monolithe.
Porte d'Arcadie, en 1831.

Messène (en grec ancien, Μεσσήνη) est une cité de la Grèce classique, en Messénie, dans le sud-ouest du Péloponnèse, située dans l'actuel dème de Messini. Elle fut la cité des Hilotes, qui furent réduits en esclavage par les Spartiates. Au IVe siècle av. J.-C., le général thébain Épaminondas, entrant dans Sparte, libéra les Hilotes, qui fondèrent alors une nouvelle Messène, en 369 av. J.-C. Messène est célèbre pour ses murailles, parmi les plus grandes de toute la Grèce classique.

Le site n'étant aujourd'hui occupé que par le village de Mavromati, de nombreux monuments ont pu être dégagés.

Une ville moderne du même nom, Messène ( en grec moderne, Messíni), se trouve 20 km plus au sud, sur le golfe de Messénie : elle compte environ 10 000 habitants.

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Protégée par ses murs, la ville, située en bonne position stratégique au pied des monts Ithômé (798 m) et Eua, a pu se développer au mieux, favorisée par l'absence de cités concurrentes dans le voisinage.

Histoire[modifier | modifier le code]

Après sa victoire sur Sparte, le général thébain Épaminondas rappela les Messéniens réfugiés et dispersés et fonda avec eux la ville de Messène en -369, pour en faire la capitale du nouvel État de Messénie. Messène, qui obtient le statut de « cité libre », avait gardé une importance certaine du temps de l'Empire romain. Les restes d'une basilique montrent encore une colonie dans la haute période byzantine.

Archéologie[modifier | modifier le code]

Mur de fortification, près de la porte d'Arcadie.

La muraille[modifier | modifier le code]

L'enceinte de Messène, d'une longueur de 9 km, date de la fondation de la ville, ou peut-être seulement du IIIe siècle av. J.-C. : elle compte parmi les murailles les mieux conservées de toute la Grèce. Le mur est renforcé de nombreuses tours carrées ou semi-circulaires.

Au nord-ouest se trouve la monumentale porte d'Arcadie, pourvue d'une cour intérieure ovale.

À l'extérieur de la porte ont été trouvés les restes de plusieurs grands monuments funéraires.

Le centre monumental[modifier | modifier le code]

Fontaine d'Arsinoé

Une description de Pausanias (IV, 31-33) permet d'identifier des éléments importants parmi les monuments récemment fouillés.

Dans l'ancien centre ville se trouvent les restes du théâtre et la fontaine monumentale (40 m de large) d'Arsinoé, fille du roi de Messène Leucippe et mère du dieu Esculape, selon la légende locale ; non loin de là ont été dégagés les restes d'une salle qui faisait sans doute partie de l'agora.

Asclépiéion[modifier | modifier le code]

L'ecclésiastérion et, en arrière-plan, le sanctuaire d'Asclépios

L'ensemble architectural de l'Asclépiéion est daté d'un peu après -215. Un temple périptère dorique de 6 × 12 colonnes et un autel sont compris dans une aire presque carrée de 66 × 72 m. Cette aire est bordée de deux portiques (stoa) à deux nefs, présentant chacun 21 et 23 colonnes de face et une double rangée de colonnes intérieures. Les colonnes sont couronnées de chapiteaux corinthiens pleins de fantaisie, avec des pièces d'architraves décorées de guirlandes et de bucranes[1].

À l'extérieur des portiques étaient ménagés de nombreux espaces : à l'est, à côté de l'entrée principale (propylon) se trouvent un bâtiment de réunions (ecclésiastérion) et deux autres grandes salles. À l'ouest se trouvent une rangée de salles plus petites (exèdres) qui, pour la plupart, s'ouvrent de toute leur largeur sur le portique.

De nombreuses statues y étaient érigées, avec un espace consacré à Artémis. Dans la rangée des salles situées au nord est intégré un autre propylée monumental, avec un escalier menant à la rue située plus haut et à l'agora. Deux grandes salles (Sébastéion ou Césaréion) ont été ajoutées de part et d'autre de l'escalier, à la dévotion des empereurs romains.

Stade[modifier | modifier le code]

Stade, avec l'hérôon reconstitué.

Environ 200 mètres plus loin a été dégagé, au cours des dernières années, un stade monumental, vestige le plus impressionnant et le mieux conservé de toute la ville. On entre dans le stade au coin nord-ouest par un propylon dorique récemment reconstitué. Plusieurs tombes monumentales ont été dégagées à l'ouest du stade.

La partie nord du stade est entourée, sur trois côtés et une longueur de 110 m, de portiques d'ordre dorique dont de nombreuses colonnes ont été restaurées. L'extrémité nord de la piste est constituée de gradins en fer à cheval. À l'autre extrémité du stade, près de la ligne de départ, se trouvait un hérôon, sous la forme d'un temple prostyle à quatre colonnes encore en place.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Petros Themelis, Découvrir Messène, dans Archéologia n°536, octobre 2015, p.50-57/2.p.

Liens externes[modifier | modifier le code]