Guillaume II de Villehardouin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Guillaume II de Villehardouin
Image illustrative de l'article Guillaume II de Villehardouin
Guillaume II de Villehardouin, monnaie[N 1]

Titre prince d'Achaïe
(1246 - 1278)
Prédécesseur Geoffroy II de Villehardouin
Successeur Charles Ier d'Anjou
Biographie
Naissance apr. 1208[1]
Kalamata[N 2]
Décès
Kalamata
Père Geoffroi Ier de Villehardouin
Mère Élisabeth (de Chappes ?)[2]
Conjoint 1) La fille de Narjot de Toucy
2) Anna Komnene Doukaina (en)
Enfants Isabelle de Villehardouin
Marguerite de Villehardouin
Poète, compositeur

Guillaume II de Villehardouin (vers 1211[3]-), fut prince d'Achaïe (Péloponnèse) de 1246 à 1278.

C'est sous son règne que la principauté atteint son apogée, mais aussi qu'elle amorça son déclin. Il fut le dernier prince d'Achaïe de la famille des Villehardouin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Guillaume naquit vers 1211 au château familial de Kalamata. Il était le dernier des enfants de Geoffroi Ier de Villehardouin et d'Elisabeth. Ses frère et sœur aînés sont :

En tant que cadet, il reçut en apanage la baronnie de Kalamata. Son frère Geoffroy II succéda à leur père entre 1228 et 1230 ; Guillaume assurait la régence lorsque ce dernier s'absentait de la principauté.

Débuts du règne[modifier | modifier le code]

Guillaume II devint prince d'Achaïe probablement en 1246 à la mort de son frère aîné[5]. Il entreprit rapidement la conquête de la partie du Péloponnèse restant encore aux mains des Grecs, au sud-est. En 1248 il prit ainsi Monemvasia et la Tsakonie, puis fit construire les forteresses de Mistra et du Grand Magne pour surveiller les tribus slaves du Taygète. Probablement la même année, il reçut de l'empereur latin Baudouin II la suzeraineté sur le duché de Naxos et sur les seigneuries de Négrepont et de Tinos-Mykonos[6].

Durant l'hiver 1248-1249, il accueillit à Lacédémone le duc Hugues IV de Bourgogne qui se rendait à la Septième croisade organisée par Saint Louis ; il l'accompagna au printemps à Chypre pour rejoindre les troupes royales, accompagné de 400 chevaliers, puis en Égypte. C'est à cette occasion qu'il aurait reçu du roi l'autorisation de battre monnaie sur le modèle de celle de France. Il ne repartit en Grèce qu'au printemps 1250, au moment du départ de Saint Louis pour Saint-Jean-d'Acre[7].

Guerre des Tierciers[modifier | modifier le code]

À partir de 1255, il entra en conflit avec une partie des seigneurs de Grèce centrale, dont les tierciers d'Eubée et le duché d'Athènes, soutenus par Venise et par certains de ses vassaux dont son neveu Geoffroy de Briel. Il réussit à imposer son autorité, notamment à la suite de sa victoire à la bataille du mont Karydi[8].

Bataille de Pélagonia, revers[modifier | modifier le code]

En 1258 il épousa à Arta la fille de son allié le despote d'Épire Michel II Doukas, Anne Ange Comnène, que la chronique du Pseudo-Dorothée disait « belle comme une seconde Hélène de Ménélas »[3].

Battu et capturé à la bataille de Pélagonia fin septembre 1259, il resta prisonnier plusieurs années et dut finalement remettre aux Byzantins les forteresses de Mistra, Monemvasia et du Magne en échange de sa liberté[9].

Revenu dans la principauté en 1262, il ne tarda pas à entrer à nouveau en conflit avec les Byzantins, qui envahirent l'Achaïe mais furent repoussés en 1263 à Prinitza puis à Makryplagi.

Traité de Viterbe et suzeraineté angevine[modifier | modifier le code]

Menacé par les Byzantins, il devint en 1267 vassal du roi angevin Charles Ier de Sicile, dans le cadre du traité de Viterbe, aux termes duquel le fils de Charles, Philippe, devait épouser la fille aînée de Guillaume, Isabelle, le couple devant théoriquement hériter de la principauté au détriment d'un éventuel héritier de Guillaume.

En tant que vassal, Guillaume participa en 1268 à la bataille de Tagliacozzo aux côtés de Charles, la chronique de Morée lui attribuant même le rôle décisif dans la victoire (généralement donné à Érard de Vallery).

Cependant Philippe étant décédé avant son père en 1277, la principauté passa donc à Charles à la mort de Guillaume en 1278.

Culture[modifier | modifier le code]

Guillaume II de Villehardouin était bilingue en français et grec ; deux chansons du manuscrit du Roi lui sont attribuées par certains auteurs. Il était amateur de littérature courtoise, mais aussi de tournoi.

Unions et postérité[modifier | modifier le code]

Guillaume II de Villehardouin avait épousé en 1239 la fille de Narjot de Toucy († 1241)[10], régent de l'Empire latin de Constantinople de la Maison de Toucy.

Selon une conjecture de Karl Hopf (en) souvent reprise par la suite[11], il aurait épousé en secondes noces Carintana dalle Carceri (av. 1220- † 1255), fille de Rizzardo dalle Carceri d'Eubée, tiercière de Négrepont. Cette hypothèse, basée sur une mauvaise interprétation du passage de Marino Sanudo consacré à la guerre des Tierciers, a été démontée par Loenertz[12] et n'est généralement plus admise depuis par les auteurs spécialistes de la période[13].

Il épouse en secondes noces en 1258 la princesse Anne Ange Comnène († 4 janvier 1286), fille de Michel II Doukas, seigneur d’Épire et de sa femme Théodora Doukaina Petraliphaina[1].

Il n'eut pas de fils, mais deux filles,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Antoine Bon, La Morée franque : Recherches historiques, topographiques et archéologiques sur la principauté d'Achaie 1205-1430, (lire en ligne)
  • R.-J. Loenertz, Les Ghisi : dynastes vénitiens dans l'Archipel (1207-1390), Florence, Olschki,
  • Jean Longnon, L'Empire Latin de Constantinople et la Principauté de Morée, Paris, Payot, 1947. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Kenneth M. Setton, The Papacy and the Levant (1204-1571), vol. 1 : The Thirteenth and Fourteenth Centuries, Philadelphie, Pennsylvania : The American Philosophical Society, (ISBN 0871691140, lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Inscription sur la monnaie : « +:G:PRINCEACh, +:CLARENTIA. »
  2. Sanudo (rapporté par Rodd (1907), vol. 1, p. 131, note 2) le qualifie de "natif de Champagne comme son frère". Cité dans « Guillaume de Villehardouin », sur medlands.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Guillaume de Villehardouin », sur medlands.
  2. Evergates (2007) p. 263
  3. a et b Longnon 1947, p. 194.
  4. Bon 1968, p. 105.
  5. J. Longnon, Problèmes de l'histoire de la principauté de Morée (Deuxième et dernier article) in Journal des savants, juillet-décembre 1946, p. 159.
  6. D. Jacoby, La féodalité en Grèce médiévale. Les « Assises de Romanie », sources, application et diffusion, 1971, p. 22
  7. Longnon 1947, p. 218-219.
  8. Bon 1968, p. 118-120.
  9. Bon 1968, p. 122-123.
  10. « Narjot [III] de Toucy († 1241) », dans « Burgundy duchy – Auxerre », ch. 1 : « Nobility in Auxerre », section E : « Seigneurs de Toucy », sur medlands (consulté le 10 décembre 2017).
  11. par ex. Miller (1908), p. 103. Cité dans « Guillaume de Villehardouin », sur medlands.
  12. Loenertz 1975, p. 430-431.
  13. Setton 1976, p. 78.