Salima Saa

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche



Salima Saa
Illustration.
Fonctions
Présidente de l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances

(1 an, 4 mois et 13 jours)
Prédécesseur Jeannette Bougrab
Successeur Naïma Charaï
Biographie
Date de naissance (47 ans)
Lieu de naissance Soissons (Aisne)
Nationalité Française
Parti politique UMP
Diplômée de Université de Swansea
Université Lille I
Euromed Management
Profession Dirigeante d'entreprise

Salima Saa, née le à Soissons (Aisne)[1], est une entrepreneur et femme politique française. Elle préside le conseil d'administration de l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances (Acsé) de février 2011[1] à juillet 2012[2]. Politiquement, elle a été conseillère politique à l’UMP, après avoir été secrétaire nationale au sein du parti chargée du développement urbain. Après avoir occupé le poste de directrice commerciale déléguée chez Veolia, elle est désormais directrice commerciale France Collectivités locales chez Transdev. Elle est également membre titulaire du conseil d'administration à l'Agence française de développement en qualité de membre désigné en raison de ses connaissances des questions économiques et financières[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Salima Saa naît en 1971 à Soissons dans une famille d'origine algérienne. Elle est issue d'une famille de cinq enfants de la classe moyenne, dite de la « beurgeoisie »[4]. Son père est l’un des rares harkis à être devenu officier, en tant que commandant dans l’armée. De ce fait, le foyer le suit au gré de ses différentes affectations. Ainsi, à l'âge de 16 ans, elle passe son baccalauréat scientifique au lycée français de Berlin. Elle voit l'Allemagne coupée en deux et assiste à sa réunification. Gardant à l'esprit la dictature de la République démocratique allemande, elle s'autorisera à dire « lycéenne, j'ai vu ce qu'était le communisme ». Ses parents, quant à eux, s'investissent dans le champ associatif : décoré de la Légion d'honneur, son père dirige une association de défense des rapatriés ; décorée de la médaille du Mérite, sa mère s'est elle engagée pour les femmes veuves. Elle est mère d'un fils[5].

Elle échoue à mener des études de médecine, et se réoriente alors vers un cursus en biologie. Elle obtient une maîtrise dans cette discipline à l'université de Swansea (Pays de Galles), puis décroche un DESS en environnement et en communication[4] à l'université Lille I. En 2003, elle obtient une maîtrise en administration des affaires d'Euromed Management à Marseille.

Carrière d'entrepreneur et de dirigeante[modifier | modifier le code]

Salima Saa rentre définitivement en France en 1995. En 2000, elle fonde une société de conseil, Enviro 2B, « un site professionnel sur l'environnement, qu'elle vend avant l’explosion de la bulle Internet »[4]. En 2002, elle est consultante pour le Groupe Saur, un consortium d'entreprises qui accompagne les collectivités locales et les industriels dans leurs projets d'aménagement liés à l'eau, la propreté, l'énergie, l'ingénierie, les travaux et les activités de loisirs ; entre 2008 et 2012, elle y est directrice commerciale, puis responsable de la Fondation Solidarités. À partir du 1er septembre 2014, elle est directrice commerciale déléguée chez Veolia. Le 11 septembre 2017, elle rejoint Transdev au poste de directrice commerciale France Collectivités locales.

Le 27 mars 2018, elle est nommée membre titulaire du conseil d'administration de l'Agence Française de Développement (AFD).

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Un parcours d'abord associatif[modifier | modifier le code]

Salima Saa s’est d’abord illustrée dans la vie associative dans la région Nord-Pas-de-Calais, notamment autour des questions d’emploi, d’insertion et d’éducation. De sensibilité de centre droit[4], elle s’engage au Parti radical valoisien dans le Nord. À la suite de ses engagements auprès de la population harki, elle a été nommée en 2008 membre du Haut conseil des rapatriés. Depuis 2009, elle est également membre du Haut Conseil à l'intégration.

En 2010, elle candidate auprès du ministre de la Ville Maurice Leroy pour prendre la tête de l’Acsé (l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances). Elle est nommée présidente de l’établissement en février 2011. Au mois de mai suivant, elle crée un Club entreprises, adossé au conseil d’administration de l’Acsé, pour rapprocher le monde de l’entreprise des politiques publiques menées dans les quartiers.

Une ascension politique rapide à l'UMP[modifier | modifier le code]

Salima Saa prend sa carte à l'UMP en 2011[4]. À l’automne de la même année, elle est identifiée comme une personnalité montante. Elle est reçue par le président de la République Nicolas Sarkozy sur la question des quartiers, notamment poussée par des « parrains » comme Maurice Leroy ou le directeur de cabinet élyséen Christian Frémont[4]. Dès la fin de l’année, elle participe régulièrement aux rencontres des « jeunes pousses » de l’UMP avec Nicolas Sarkozy. Le 10 janvier 2012, elle est nommée secrétaire nationale de l’UMP, chargée du développement urbain. Puis, elle intègre la « cellule riposte » menée par Brice Hortefeux chargée de porter le fer contre la campagne du Parti socialiste. Elle intervient régulièrement sur le thème des quartiers, et plus particulièrement sur l’emploi, l’éducation et la solidarité. Le 24 février, elle rejoint le groupe de six personnes qui entourent la porte-parole de Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet, dans le cadre de l’élection présidentielle. Pendant cette campagne, elle est notamment la « Madame Loyal » du grand meeting de Villepinte du 11 mars[4]. Selon le secrétaire-général de l'UMP Jean-François Copé, elle fait partie des « révélations […] de la campagne », avec Valérie Rosso-Debord, Guillaume Peltier ou encore Franck Riester[6].

Pour les élections législatives de juin 2012, Salima Saa est investie par l’UMP dans la 8e circonscription du Nord (Roubaix-Wattrelos), « une circo dont personne ne voulait » déclare-t-elle, en guise de défi, pour un territoire historiquement situé à gauche et au centre[4]. Au niveau local, on lui reprochera d'être une parachutée de Paris. Son suppléant est le pasteur Patrick Beeusaert, du Nouveau Centre. Son slogan de campagne est « Le changement, c'est Salima Saa et c'est maintenant ! », détournant ainsi le slogan du candidat PS François Hollande pendant l'élection présidentielle[7]. À l'issue du premier tour, elle obtient 13,17 % des voix et arrive en quatrième position derrière les candidats divers gauche (36,46 %), EELV (21,40 %), et Front national (20,65 %).

Les journalistes ont souvent comparé son ascension à celle de Rachida Dati, les médias nationaux lui consacrant de plus en plus d'articles. Elle répond qu’elle dirige justement un établissement (l’Acsé) qui lutte chaque jour contre les catégorisations des individus[4]. Cette nouvelle notoriété l'a contrainte à fermer son compte Twitter après plusieurs tweets ayant suscité la polémique[8].

Elle fait partie des membres fondateurs de l’Association des amis de Nicolas Sarkozy[9]. Elle quitte la présidence de l'Acsé le 4 juillet, dénonçant l’absence de politique urbaine du gouvernement et le fait que la ministre référente, Cécile Duflot, ne l'ait toujours pas reçue deux mois après sa nomination. Elle compte désormais créer un « club d'expert » au sein de l'UMP, consacré à ce sujet[2].

À l'occasion du congrès de l'Union pour un mouvement populaire de 2012, elle soutient la candidature de Jean-François Copé[10]. Le , elle est nommée conseillère politique à l'UMP avec 51 autres figures du parti.

Le , elle publie un livre de propositions sur la nécessité de moderniser la vie politique : Le Changement, c'est pour quand ?,[11].

En 2014, elle se présente sur une liste aux élections municipales à Aix-en-Provence. Après avoir essuyé un refus de la maire UMP en place, qui ne la prend pas sur sa liste, elle rejoint finalement la liste UDI menée par Bruno Genzana « Aix pour Atout » et fait campagne pour lui[12], pendant quelques mois, en étant no 4 de la liste. Au premier tour le , la liste obtient un score de 11 %, ce qui fera retirer la liste UDI de la campagne électorale pour le deuxième tour, alors que la liste UMP fait 38 %. Finalement, c'est la liste de Maryse Joissains-Masini (UMP) qui remporte la Mairie pour son 3e mandat, le , avec 52 % des suffrages en triangulaire avec le Front national et le Parti socialiste.

Le 11 juin 2015, elle est nommée, avec Marie-Dominique Aeschlimann, secrétaire nationale des Républicains sur le sujet de l'apprentissage.

Le 4 octobre 2015, elle annonce son ralliement à la candidature de Bruno Le Maire à la primaire de la droite et du centre prévue pour fin 2016[13]. En septembre 2016, elle est nommée avec cinq autres personnalités porte-parole de sa campagne de la primaire[14].

Autres engagements[modifier | modifier le code]

En septembre 2013, elle rejoint le club XXIe siècle, qui réunit des jeunes cadres supérieurs militant en faveur d'une meilleure prise en compte de la diversité en France.

Le 23 octobre 2013, elle est nommée au conseil de surveillance de la Fondapol.

Décoration[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Salima Saa, nommée présidente du conseil d’administration de l’Acsé », sur Acsé, (consulté le 18 novembre 2011)
  2. a et b « Salima Saa : « Mais que fait Mme Duflot ? » », sur lefigaro.fr, (consulté le 5 juillet 2012)
  3. « Décret du 27 mars 2018 portant nomination », in legifrance.gouv.fr.
  4. a b c d e f g h et i Anne Fulda, « Salima Saa, étoile montante de l'UMP », in Le Figaro, vendredi 6 avril 2012, page 18.
  5. Paul Wermus, « Ils se mettent à table », in VSD, no 1812, page 16.
  6. Jean-Baptiste Garat, « Copé, Fillon, Juppé, hommes forts de l'UMP », in Le Figaro, vendredi 4 mai 2012, page 4.
  7. « Législatives : Salima Saa, candidate dans le Nord, étoile montante de l'UMP » in Le Huffington Post, 27 mai 2012.
  8. Après plusieurs couacs, Salima Saa ferme son compte Twitter, lelab.europe1.fr, 21 mai 2012.
  9. « Nous, les amis de Nicolas Sarkozy », in Le Figaro, samedi 2 / dimanche 3 juin 2012, page 16.
  10. « Salima Saa », in jeanfrancoiscope.fr, 25 octobre 2012.
  11. http://livre.fnac.com/a6719170/Salima-Saa-Le-changement-c-est-pour-quand
  12. http://www.laprovence.com/article/actualites/2746951/salima-saa-limiter-les-mandats-et-oxygener-tout-ca.html
  13. Ludovic Vigogne, « Salima Saa, l’ex-protégée de Sarkozy, rejoint Le Maire », lopinion.fr, 4 octobre 2015.
  14. https://www.lopinion.fr/edition/politique/maire-l-equipe-campagne-bruno-110130
  15. « Décret du 14 novembre 2011 portant promotion et nomination », in legifrance.gouv.fr.

Liens externes[modifier | modifier le code]