Rock anticommuniste

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Rock anticommuniste
Origines stylistiques Punk rock, oi!
Origines culturelles Royaume-Uni ; fin des années 1970
Instruments typiques Chant, batterie, guitare électrique, basse électrique
Scènes régionales Royaume-Uni, France, Allemagne, Pays-Bas, Canada, États-Unis, Brésil, Japon, Malaisie
Voir aussi RIF, NSBM, nazi punk, Musique White Power, rap d'extrême droite, skinhead néonazi

Le rock anticommuniste, également abrégé RAC pour rock against communism, est un genre musical[1],[2] ayant émergé dans les années 1970, plongeant ses influences dans le punk rock et la oi!. Les principaux facteurs d'identification de ce courant sont les textes d'inspiration néo-nazie, raciste ou ethno-differencialiste[3], et des textes violemment anticommunistes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le rock anticommuniste dérive partiellement d'une radicalisation d'une partie du mouvement skinhead. À la fin des années 1970, le National Front est un petit parti d'extrême droite britannique sans grande audience qui cherche à élargir sa base militante. Son organisation de jeunesse, le Youth National Front, met en place une campagne ciblant les jeunes des quartiers ouvriers qui subissent de plein fouet les conséquences des deux chocs pétroliers consécutifs. Cette action est développée autour du public des clubs de football, les concerts de punk rock ou tout type de point de rencontre des jeunes blancs prolétaires.

Les concerts oi! sont une cible principale de ses activistes. Pour lutter contre cette tentative de récupération de la scène rock par l'extrême droite et la propagation de ses idées en Angleterre, de nombreux groupes engagés tels The Clash (cf. le film Rude Boy), Steel Pulse, X-Ray Spex, The Ruts, Generation X, Tom Robinson Band ou encore Billy Bragg se retrouvent à l'initiative de Red Sanders pour des concerts « antifascistes » appelés Rock Against Racism. En réaction contre cette campagne massive, Ian Stuart Donaldson, leader du groupe musical Skrewdriver, met en place une plateforme de diffusion et de promotion d'un rock raciste et d’extrême droite. C'est par ce biais que nait le courant RAC (ou rock against communism)[réf. nécessaire]. La question de l'anticommunisme est d'ailleurs plutôt une définition symbolique et provocatrice de ce courant qui porte principalement des thématiques racistes, ultranationalistes et néonazies[réf. nécessaire].

L’expérience White Noise Club tourne court pour plusieurs raisons. L'opération coûte extrêmement cher au National Front, et elle fait l'objet d'un boycott général de toutes ses initiatives par les médias, organisateurs de concerts et réseaux de distribution discographiques. De plus, le National Front, qui réussit ses premières percées électorales, tente de polir son image et ne peut plus se permettre trop de proximité avec des groupes de jeunes incontrôlables et impliqués dans un nombre massif d’agressions racistes. Ian Stuart Donaldson met alors avant des accusations de malversations financières de la part du National Front pour rompre avec sa tutelle et créé une structure autonome, Blood and Honour. Blood and Honor, qui est à la fois une revue, un distributeur de merchandising, de disques et d'ouvrages politiques, devient le principal promoteur de la scène skinhead néonazie. Le groupe développe des ramifications internationales avec la plupart des groupes néonazis européens et nord américains. Blood and Honour est aussi un label ayant signé Celtic Warriors, Razors Edge, No Remorse, et English Rose Squadron.

En France, le premier label à avoir distribué des disques ouvertement nazis est Rebelles européens, dont le créateur, Gaël Bodilis, est l'ex-manager du groupe Brutal Combat. Parmi les labels actuels on peut citer un label indépendant, Street Fighting Records, actif dans l'ouest de la France[4].

Idéologie et diffusion[modifier | modifier le code]

Le RAC désigne un style musical issu du rock adopté par des groupes prônant le nationalisme et/ou la supériorité de la race blanche ou de certains peuples asiatiques (Yellow Power au Japon, et Malay Power en Malaisie) à d'autres. Le RAC reste le principal vecteur de leurs idéologies. Les discours présents sont généralement la haine des étrangers, le rassemblement des « peuples blancs » ou asiatiques, des ébauches de récits politiques, mythiques ou historiques (généralement lié au courant négationniste), et des discours réactionnaires.

Cependant, certains groupes (Combat 84, The Last Resort, Condemned 84, Close Shave et Miburo) se sont parfois produits sous l’appellation RAC sans être pourtant des groupes ouvertement néonazis mais voulant marquer leur opposition au communisme et à ce qu'ils considèrent comme des tentatives de récupération de la scène par l'extrême gauche.

Depuis la fin des années 1990, on peut noter une nette évolution dans les styles musicaux des groupes évoluant dans la mouvance RAC. Si auparavant ce courant était musicalement très proche des groupes Oi! britanniques, d'autres tendances sont apparus avec la globalisation du phénomène. Ainsi il n'est pas rares de voir des groupes affiliés à ladite scène évoluer dans des styles apparentés au heavy metal, au punk hardcore, au punk rock classique, voire plus marginalement à la musique industrielle ou au rap.

Ce style musical n'est guère présent dans les bacs des disquaires, les amateurs du genre se fournissant via Internet ou par des librairies spécialisées. Les créateurs et diffuseurs de ce type de musique sont souvent condamnés et censurés pour incitation à la haine raciale et apologie du nazisme[5],[6],[7].

Groupes notables[modifier | modifier le code]

En France, les groupes notables du genre incluent Evil Skins, Fraction, Frakass, Vichyste, Kontingent 88, Légion 88, et Wolfsangel[réf. nécessaire].

À l'international, ils incluent : Absurd, Landser, Pogrom, Skrewdriver, Skullhead, et Zetazeroalfa[réf. nécessaire].

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Claude, Skinheads à la droite de l'extrème, 10 septembre 2012, Canal+, Spécial investigation, 52 min, lire en ligne et voir en ligne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « B&H / C18 - A Tribute to Ian Stuart », sur www.skrewdriver.net (consulté le 29 août 2017).
  2. (en) « RAC: A Visual Database of Extremist Symbols, Logos and Tattoos » (consulté le 29 août 2017).
  3. (en) « Rock Against Communism », sur Anti-Defamation League (consulté le 29 août 2017).
  4. Rock Haine Roll. Origines, histoires et acteurs du Rock Identitaire Français, une tentative de contre-culture d'extrême droite, mai 2004, Collectif, Éditions No Pasaran, p. 43
  5. (en) Nazi accusations against members of 3RAR, The World Today, 19 décembre 2000.
  6. (de) Initiative lässt 118 Nazi-Webseiten abschalten, Heise online, 1er août 2001.
  7. (en) Neo-Nazis rally for jailed singer, BBC Nws, 21 octobre 2006.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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