Joseph Duveen

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Joseph Duveen
Joseph Duveen.jpg

Joseph Duveen dans les années 1920.

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 69 ans)
LondresVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Père
Joseph Duveen (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Charles Joel Duveen (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Domaine

Joseph Duveen (né le à Hull – mort le à Londres), 1er baron Duveen, est un des plus célèbres marchands d'art du XXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Allée de châtaigniers à La Celle-Saint-Cloud par Alfred Sisley, 1865, Petit Palais. Ancienne collection Joseph Duveen.
Joseph Duveen par George Charles Beresford

Issu d'une famille de courtiers néerlandais spécialisés dans les objets d'art, Joseph Duveen comprend, très jeune, que les fortunes accumulées aux États-Unis peuvent désormais racheter les œuvres d'art détenues par des aristocrates européens désargentés ; cependant, il bâtit sa fortune sur un double constat : d'une part, l'émergence d'une classe possédante américaine qui désire collectionner de l'art européen en partie rejeté par les européens eux-mêmes ; d'autre part, une mutation des collections européennes privées.

À partir de 1906, il emploie Bernard Berenson comme expert lors de transactions sur certains tableaux anciens. En 1907, il fait réaliser par l'architecte néoclassique René Sergent (1865-1927), en s'inspirant du Petit Trianon de Versailles, une galerie d'exposition située en fond de cour au 20, place Vendôme, à Paris.

Parmi ses clients fortunés figurent les Américains Henry Clay Frick, William Randolph Hearst, John Pierpont Morgan, Andrew Mellon et John D. Rockefeller. Il a notamment conseillé le banquier Edward Stotesbury et sa femme Eva à acquérir un mobilier somptueux pour meubler Whitemarsh Hall, l'une des plus grandes résidences privées des États-Unis.

En 1921, il vend L'Enfant bleu de Thomas Gainsborough au milliardaire américain Henry Edwards Huntington contre la somme de 182 200 livres sterling, près de 20 millions de francs de l'époque, un record (le tableau est aujourd'hui à la Bibliothèque Huntington).

Il est à l'origine de la construction de la National Gallery of Art, à Washington.

Il fait de nombreuses donations, dont, à l'État Français, le tableau Le Violon[1] du peintre postimpressionniste Georges Dufrénoy en 1926.

Du fait des donations philanthropiques qu'il effectue auprès de musées britanniques, il est anobli en 1933 sous le titre de « baron Duveen of Milbank ».

Il est également au cœur de diverses polémiques. Par exemple, il offrit au British Museum des sculptures antiques provenant du Parthénon, aujourd'hui au centre d'un problème de restitution, défendu entre autres par l'État grec. Il est également cité dans huit procès pour « diffamation et dépréciation de marchandise » : en tant que marchand et expert, il opéra plusieurs fois avant même une transaction dans laquelle il n'était pas, à priori, impliqué, un jugement visant à mettre le doute dans la tête de l'acheteur potentiel. Duveen, ensuite, faisait racheter la pièce dévaluée pour une somme symbolique... qu'il faisait ensuite revendre pour son compte une fortune. De tels actes sont aujourd'hui plus rares sur le marché de l'art, la jurisprudence internationale les sanctionnant[2].

Son beau-frère et collègue René Gimpel (1881-1945), époux de sa sœur Florence, l'évoque à maintes reprises dans son Journal d'un collectionneur marchand de tableaux 1918-1939 (Calmann-Lévy, 1963) et en donne cette appréciation à la suite d'un désaccord survenu entre eux à propos de l'authenticité d'un primitif français de la collection Frick, un des clients de Duveen :

« […] il n'a aucune connaissance en peinture, ne vend qu'étayé par des certificats d'experts, mais son intelligence lui a permis de soutenir une façade lézardée dans ce pays où il y a encore si peu de connaisseurs. »

— R. Gimpel, carnet du 26 mars 1923, p. 230

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • N. S. Behrmann, « Duveen », in The New Yorker (traduit en français sous le titre Duveen. La chasse aux chefs-d'œuvre (Hachette, coll. « Choses vues, aventures vécues », 1953, réédité en 1972).
  • Meryle Secrest, Duveen, a Life in Art, New York, Alfred A. Knopf, 2004.
  • C. Simpson, Artful partners, 1986.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/CSearchZ.aspx?o=&Total=3&FP=594193&E=2K1KTSC1C0B9&SID=2K1KTSC1C0B9&New=T&Pic=1&SubE=2C6NU0VW7U47
  2. Frank Arnau, L'Art des faussaires et les faussaires de l'art, Paris, Robert Laffont, 1960, p. 287.

Liens externes[modifier | modifier le code]