Pierre Bernac

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Pierre Bernac
Nom de naissance Pierre Bertin
Naissance
Paris
Décès (à 80 ans)
Villeneuve-lès-Avignon (Gard)
Activité principale Artiste lyrique
Baryton Martin

Pierre Bernac, nom de scène de Pierre Bertin[1], est un chanteur classique français, baryton léger ou baryton Martin[2], né le à Paris et mort le à Villeneuve-lès-Avignon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans un milieu bourgeois financier et conformément à la volonté de son père, Pierre Bernac travaille dans une banque puis dans une bijouterie. Il commence à travailler sérieusement le chant à partir de 1916. En 1921, il commence sa carrière en participant aux représentations musicales et théâtrales de La petite sirène dirigée par Béclart d'Harcourt. Il chante en récital, les mélodies de Gabriel Fauré[3], Ernest Chausson, Emmanuel Chabrier, Claude Debussy, Maurice Ravel. Il chante aussi des oratorios et cantates.

En 1922, Bernac est remarqué par André Caplet qui le prend comme élève et demande de créer ses mélodies.

Par la suite, il se rend en Autriche pour suivre l'enseignement Rheinhold von Warlich qui aura une profonde influence.

En 1926, Francis Poulenc[4] demande à Bernac de créer les Chansons gaillardes qu'il a composées. C'est plus tard au festival de Salzbourg que date leur collaboration qui durera 25 ans. Cette collaboration incita Francis Poulenc à écrire des mélodies pour ses récitals avec Bernac, soit près de 90 mélodies. Le duo Bernac-Poulenc[5] est devenu célèbre dans le monde entier et a promu l'excellence de la mélodie française.

En 1934-1935, Bernac, conscient des qualités et des caractéristiques de sa voix, oriente sa carrière vers le récital de mélodies et de lieder afin de se perfectionner. C'est ponctuellement que Bernac fait de l'opéra lyrique : Pelléas et Mélisande en 1933 à Paris au théâtre des Champs-Élysées sous la direction de Walther Straram, et en 1936 à Genève sous la direction d'Ernest Ansermet.

Quoique venant à la musique relativement tard, il devient un des meilleurs interprètes de la mélodie française et fut renommé comme professeur avec notamment comme élèves Gérard Souzay, Bernard Kruysen, Jean-Paul Jeannotte, Bruno Laplante, Marcel Allard, Elly Ameling et Jessye Norman, Margreet Honig, Michel Piquemal, Gerda Hartmann, Mattiwilda Dobbs[6]

Francis Poulenc et Pierre Bernac[modifier | modifier le code]

En 1926, Francis Poulenc demande à Bernac de créer les Chansons gaillardes qu'il vient de composer. Huit ans plus tard, Bernac retrouve par hasard Poulenc à Salzbourg. Pierre Bernac cherche alors un pianiste et demande à Poulenc de l'accompagner pour un répertoire de Debussy. Le succès venant amène Pierre Bernac à faire de nombreux concerts avec son ami Poulenc comme accompagnateur au piano, ceci durant 25 ans (de 1934 à 1959). Ce tandem célèbre amène Poulenc à écrire de nombreuses mélodies pour lui (environ 90 avec le compositeur au piano). D'autres compositeurs ont aussi écrit pour Bernac comme André Jolivet, Henri Sauguet et Jean Françaix. Il fut aussi un remarquable interprète des lieder allemands.

À Francis Poulenc à qui on demandait « qui vous a le mieux chanté ? », il répondit « Jane Bathori pour mes premières mélodies, Marya Freund et Claire Croiza pour le Bestiaire, Suzanne Peignot pour les Airs chantés et les Cinq Poèmes de Max Jacob. Suzanne Balguerie pour les Fiançailles pour rire, Madeleine Grey (souvent dans des mélodies paradoxalement peu faites pour elle), Gérard Souzay (Priez pour paix, le Portrait) et… pour le reste Pierre Bernac : bien entendu. »[réf. nécessaire]

Discographie[modifier | modifier le code]

Avec Pierre Bernac baryton et Francis Poulenc comme accompagnateur au piano :

  • Enregistrements du Coffret Essentiel of Pierre Bernac, Collection Testament :
    • Louis Beydts : La lyre et les amours (cycle).
    • Emmanuel Chabrier : Mélodies (6) (L'ile heureuse).
    • Ernest Chausson : Mélodies (7) Op. 2 (VII: le Colibri)
    • Claude Debussy : Chansons de France (3) L. 102, Fêtes galantes (3) (cycle) Set II, L. 104 (III: Colloque sentimental), Ballades de François Villon (3) L.119.
    • Henri Duparc : Soupir ("Ne jamais la voir"), L'invitation au voyage ("Mon enfant, ma sœur").
    • Gabriel Fauré : Après un rêve ("Dans un sommeil") Op. 7/1, Le secret ("Je veux que le matin l'ignore le nom")Op. 23/3, Aurore Op. 39/1, Songs (2) Op. 83, MiragesOp. 113 (No.3, Jardin nocturne).
    • Charles Gounod : Sérénade, pour voix, & piano & harmonium, Ce que je suis sans toi, Au rossignol, Venise, Prière, Chanson du printemps, L'absent, Viens, les gazons sont verts, Envoi de fleurs, Mignon.
    • Franz Liszt : Freudvoll und Leidvoll (I & II) S. 280 (LW N23/1-2), Es muss ein Wunderbares sein, Nimm einen Strahl der Sonne (Ihr Auge).
    • Darius Milhaud : Poèmes de Léo Latil (4) Op. 20 (IV: la Tourterelle).
    • Francis Poulenc : Chansons gaillardes FP 42 (IV: Invocation aux Parques), Chansons gaillardes FP 42 (VII: la belle jeunesse), Métamorphoses FP 121, Le bestiaire (Cortège d'Orphée) FP 15a, Montparnasse ("O porte de l'hôtel avec deux plantes vertes") FP 127/1, Deux poèmes de Guillaume Apollinaire FP 94 (I : Dans le Jardin d'Anna), Deux poèmes de Louis Aragon FP 122, Tel jour, telle nuit (cycle) FP 86, Le travail du peintre (cycle) FP 161, L'histoire de Babar, le petit éléphant.
    • Maurice Ravel : Don Quichotte à Dulcinée.
    • Albert Roussel : Poèmes (4) Op. 3 (III: le Jardin Mouillé), Mélodies (2) Op. 50 (I: Cœur en Péril).
    • Erik Satie : Mélodies (3) de 1916 (I: la statue de bronze), Mélodies (3) de 1916 (III: le chapelier).
    • Robert Schumann : Lieder und Gesänge (5), Dichterliebe song Op. 48.
    • Pierre Vellones : A mon fils.
    • Pierre Bernac lui-même, interviewé par Graham Johnson

Publications[modifier | modifier le code]

  • Francis Poulenc et ses mélodies, préface d'Henri Sauguet, Paris, Buchet-Chastel, 1978.
  • (en) Francis Poulenc The Man & his Songs, préface de Sir Lennox Berkeley, traduction en anglais par Winifred Radford, New York, Norton & Company Inc., 1977.
  • (en) The Interpretation of French Song, traduction des chants par Winifred Radford. Il y a une édition américaine, une édition japonaise et une édition coréenne. Cassell, Londres, 1970.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ne pas confondre avec l'acteur Pierre Bertin.
  2. Entre le baryton et le ténor.
  3. « Après un rêve (Gabriel Fauré) Pierre Bernac Jean Doyen, piano », sur Bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris (consulté le 8 décembre 2017).
  4. Membre du groupe des Six, composé de Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger, Darius Milhaud, Francis Poulenc et Germaine Tailleferre.
  5. Selon le pianiste américain Dalton Baldwin, la complicité entre un pianiste et un chanteur est essentielle : « Il faut que la chimie entre deux êtres soit immédiate. Il faut ressentir la musique de la même façon. »
  6. Prix de chant Pierre Bernac. Depuis sa création il a été décerné à plus d'une dizaine d'interprètes. Voir le site « Académie Maurice Ravel »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]