Parc national des Cévennes

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Parc national des Cévennes
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Géographie
Adresse
Coordonnées
Ville proche
Superficie
912,79 km2 (zone centrale)
2 297,26 km2 (zone périphérique)
Population
74 000 habitants
Administration
Type
Catégorie UICN
V (paysage terrestre ou marin protégé)
Identifiant
Création
Visiteurs par an
800 000 / an[1]
Administration
Site web
Localisation sur la carte de France
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Le parc national des Cévennes est un parc national français créé le 2 septembre 1970, couvrant la région naturelle des Cévennes et situé principalement dans les départements de la Lozère (48) et du Gard (30), ainsi qu'en moindre partie en Ardèche (07) et aussi en Aveyron (12) en tant que gestionnaire de la réserve de Biosphère des Cévennes (Programme MAB UNESCO°. Il s'étend donc sur trois régions : le Languedoc-Roussillon, le Midi-Pyrénées et le Rhône-Alpes. Son siège social se trouve à Florac dans son château.

Le parc national des Cévennes présente plusieurs particularités qui le distinguent des autres parcs nationaux français : c'est le seul parc national français situé en moyenne montagne, dont le coeur est habité par des résidents permanents, et où la chasse est réglementée mais pas interdite.

Géographie

Situation et description générale

Article connexe : Cévennes.
Carte du parc national des Cévennes, indiquant en rouge le coeur du Parc (zone de protection) et en vert l'aire d'adhésion à la Charte.
Les Cévennes sur la carte de France.
Panorama des Cévennes.

Seul parc national français de moyenne montagne, l'espace du parc national des Cévennes se découpe en deux zones principales : une zone coeur et une aire d'adhésion. Un secteur plus vaste appelé réserve de biosphère est venu englober les deux zones précédentes en 1985.

Le parc proprement dit constitue un espace de 321 380 ha et regroupe 117 communes. Il abrite de ce fait une population permanente significative : 74 000 personnes vivent dans l'aire d'adhésion et 591 dans le coeur du Parc (zone de conservation). Les habitants sont essentiellement des éleveurs.

Le territoire du parc s'étend à l'ouest sur les Grands Causses, vastes plateaux calcaires à climat atlantique. À l'est, les vallées cévenoles schisteuses s'étendent sur le mont Aigoual, le mont Lozère, et les vallées des Gardons. Les étages de végétation s'étalent de l'étage méso-méditerranéen sur toutes les gorges sud-ouest, jusqu'à l'étage subalpin au mont Lozère.

Relief

Le parc est situé sur des hautes terres (plus de 1 000 m) en altitude moyenne, véritables balcons de la Méditerranée, il couvre le mont Lozère, la montagne du Bougès, le mont Aigoual et va jusqu'aux bords des Grands Causses et des vallées cévenoles.

L'altitude du parc varie de 378 m (Vallée Française) à 1 699 m au pic de Finiels (mont Lozère).

Géologie

Les massifs cévenols sont constitués de roches variées :

  • les roches du Paléozoïque constituant le socle ancien :
    • des schistes, sur lesquels poussent entre autres les châtaigniers, azoïques,
    • les terrains carbonifères isolés en bassins de faible extension (grès, psammites, quartzites) renfermant des charbons longtemps exploités,
    • les granites, plus résistants à l'érosion, constituent les sommets les plus élevés: mont Aigoual et mont Lozère datés d'environ 300 millions d'années ;
  • les roches du Mésozoïque qui recouvrent les contreforts des massifs schisteux et granitiques :

Le tout est limité au sud-est par la fameuse faille des Cévennes, qui n'est plus active aujourd'hui. Elle a beaucoup fonctionné par le passé, notamment en décrochement sénestre pour accommoder la déformation pyrénéenne mais aussi en faille normale pour ouvrir le fossé d'Alès (Paléogène).

Climat

Le climat des Cévennes est méditerranéen et progressivement montagnard en fonction de l'altitude. Il se caractérise par de fortes précipitations aux équinoxes et une sécheresse estivale importante. Le gradient de précipitations annuelles est très fort d'Alès (1 100 mm environ) au mont Lozère (plus de 2 000 mm) soit près de 1 000 mm en une trentaine de kilomètres.

Les Cévennes sont le théâtre des épisodes cévenols (ou effet cévenol) : ce sont des pluies diluviennes accompagnées d'orages très localisés et concentrées sur quelques heures, voire quelques jours. Elles sont principalement dues à la rencontre entre l'air froid venant de l'Atlantique qui est remonté sur les sommets des Cévennes et l'air chaud remontant de la Méditerranée.

En raison de leur soudaineté, de leur violence et de la géographie locale, ces épisodes conduisent souvent à des inondations parfois dramatiques (1890, 1907, 1958, 2002...).

Hydrographie

Le territoire du parc est à cheval entre deux grands bassins versants (ou « bassins hydrographiques ») : le bassin de la Garonne côté atlantique et le bassin du Rhône côté méditerranéen. La ligne de partage des eaux forme un axe approximatif d'orientation sud-ouest / nord-est.

Les principaux cours d'eau sont le Cèze, le Gardon et l'Hérault pour le bassin méditerranéen et le Lot, le Tarn, la Jonte et la Dourbie.[2]

Le réseau hydrographique qui parcourt le parc est caractérisé par sa longueur, la densité des affluents et l'hétérogénéité de leur répartition. Là où les causses karstiques à l'ouest présentent un réseau superficiel rare et sinueux, les massifs métamorphiques et granitiques au centre et dans les Cévennes méditerranéennes accueillent un réseau dense. La longueur totale des cours d'eau de la zone centrale est estimée à 300 km, contre environ 1 000 km, soit une densité de 0,3 km de réseau par km2 en moyenne.[2]


Liite des cours d'eau, du nord au sud[2]
Versant méditerranéen Borne, Chassezac, Clarou, Altier, Paillère, Cèze, Ganière, Homol, Luech, Gardon d’Alès, Galeizon, Gardon de Saint-Germain-de-Calberte, Gardon de Saint-Martin-de-Lansuscle, Gardon de Sainte-Croix, Gardon de Mialet, Gardon de Saint-André-de-Valborgne, Borgne, Gardon de Saint-Jean-du-Gard, Hérault, Salindrenque, Vidourle, Rieutord, Arboux, Souls, Bavezon, Vis
Versant atlantique Lot, Nize, Bramont, Tarn, Runes, Mimente, Malzac, Sistre, Briançon, Tarnon, Fraissinet, Jonte, Brèze, Béthuzon, Bonheur, Trévezel, Dourbie

Répartitions départementale

Répartition de la superficie du Parc en hectare en 2008[3]
Lozère Gard Ardèche Aveyron Total
Zone centrale (1) 74 600
82 %
16 670
18 %
0
0 %
0
0 %
91 270
100 %
Zone périphérique (2) 124 120
54 %
83 110
36 %
22 880
10 %
0
0 %
230 110
100 %
Espace Parc (1)+(2) 198 720
62 %
99 780
31 %
22 880
7 %
0
0 %
321 380
100 %
Réserve de biosphère 184 000
57 %
115 000
36 %
7 650
2 %
14 280
5 %
320 930
100 %
Espace Parc + réserve de biosphère 206 200
56 %
124 800
34 %
24 360
6 %
14 280
4 %
369 640
100 %

Populations et activités socio-économiques

Population

Seul parc national de France dont la zone centrale accueille des résidents permanents, le Parc national des Cévennes comptait en 1999 une population de 40 875 habitants permanents, dont 591 en zone centrale[4]. La densité de population sur l'ensemble du parc était à l'époque de 12,7 hab/km2 dont 0,65 hab/km2 dans sa zone centrale. Ces dernières années, le parc a connu un regain démographique, selon un rythme de croissance moyen de 0,7 % par an, pour atteindre près de 74 000 habitants en 2006[5].

Chasse

Autre différence de taille entre le parc des Cévennes et les autres parcs nationaux, la chasse est réglementée mais pas interdite sur le territoire du parc, même en zone centrale[6]. Pour cette raison, le parc national des Cévennes est classé en catégorie V des aires protégées de l'UICN, tandis que les autres parcs nationaux de France appartiennent à la catégorie II.[7]

Agriculture et pastoralisme

Les administrateurs du Parc se sont toujours préoccupé du maintien de la population agricole active qui leur apparaît être la seule garante de la conservation et de l’entretien de ses paysages et de sa biodiversité exceptionnelle (50% du patrimoine faune/flore français), liée au parfait équilibre entre milieux forestiers et milieux ouverts entretenus par l'agriculture.

La politique menée par le Parc, c'est d'abord de maintenir la vie agricole en aidant à l'amélioration de la rentabilité et à la modernisation des activités agricoles traditionnelles ; c’est aussi aider les agriculteurs à se procurer des revenus complémentaires annexes, en participant notamment aux préoccupations de préservation du Parc ; c’est enfin, améliorer leurs conditions de travail, leurs conditions de vie en réduisant leur isolement physique et moral.


Les opérations

Quatre types principaux d’intervention sont mis en oeuvre :

1– les plans d’environnement Il s’agit au moyen de subventions individuelles de permettre aux agriculteurs d’améliorer leurs exploitations en limitant leurs investissements propres. Les opérations réalisées sont très diverses et leur originalité est liée à leur grande souplesse . On peut les comparer à de mini-plans de développement faits sur mesure .

2– les gîtes ruraux : « l’opération hameaux » Cette opération consiste à restaurer des bâtiments anciens et à les aménager afin de les utiliser comme gîtes ruraux loués aux visiteurs du Parc pour des vacances familiales .

3– revenus complémentaires : les contrats de service Il s’agit de contrats de travail à durée déterminée qui permettent de faire participer, contre rémunération, les agriculteurs aux actions du Parc .

4– vie culturelle et sociale Conscient que l’isolement psychologique, social et culturel est aussi pénible que l’isolement physique, le Parc a cherché depuis sa création dynamiser la vie culturelle dans les hameaux et les petites communes rurales, notamment en y favorisant la vie associative. Ces opérations ont relativement peu d’impact direct sur l’environnement mais elles favorisent de façon notable la qualité de la vie et indirectement le maintien sur place des agriculteurs .


Le bilan et l’avenir

Après vingt ans d’actions, entre 1970 et 1990, le bilan a montré que la politique agricole du Parc a été déterminante pour l’installation, le maintien et la diversification de nombreuses exploitations et qu’elle a donc globalement contribué à freiner la déprise agricole en zone coeur. La diminution du nombre d’exploitations dans le Parc (23 %) est largement inférieure à celle enregistrée sur l’ensemble du département (- 40,5 %) pendant la même période . L’impact positif de la politique agricole du Parc depuis sa création est très sensible.


2– Les « Authentiques du Parc »

Pour s’adapter au marché actuel qui s’oriente vers une demande de produits plus biologiques, le Parc national s'est orienté depuis les années 1990 vers une nouvelle voie : « les Authentiques du Parc » en mettant à disposition des agriculteurs sa notoriété pour mieux valoriser les produits agro-alimentaires locaux .

Cette opération devrait permettre de consolider les exploitations et de renforcer l’image de Parc national habité illustrant la réconciliation de l’homme et de la nature . Il ne s’agit pas simplement d’attribuer un label de qualité, mais d’aider le producteur à maintenir une agriculture respectueuse de l’environnement et favorable à la conservation des paysages et de la biodiversité tout en proposant au consommateur des produits qu'il réclame de pus en plus.

Les agneaux de parcours et les boeufs de Pâques notamment, bénéficient aujourd'hui de ce label "Authentiques du Parc".

Tourisme

C'est certainement dans ce domaine où aujourd'hui, les résultats du Parc sont les plus spectaculaires. Entre 1980 et 1995, il a connu un doublement de sa fréquentation touristique tous les 6 ans. Depuis l'an 2000, on peut évaluer cette dernière à près d'un million de personnes par an. 25% d'entre elles viennent en Cévennes spécialement pour visiter le Parc national, avec une durée moyenne de séjour de 8 jours.

Les flux économiques produits par la clientèle spécifiquement "Parc", induisent aujourd'hui près de 1500 emplois permanents, essentiellement dans les services (30% des emplois du secteur tertiaire de la zone d'adhésion du Parc), mais aussi dans l'agro-tourisme.


Le chemin de Stevenson

Randonneur avec un âne sur le Chemin de Stevenson GR70

Le belvédère des vautours

Article détaillé : Belvédère des vautours.

Les vautours sont en totale liberté dans le Parc national des Cévennes.

Pour se reproduire, ils nidifient volontiers dans l'aval des gorges de la Jonte. C'est ici, près du Rozier, que le Parc national des Cévennes a participé à la réalisation d'un équipement "Maison des vautours" qui permet de les observer en direct et qui raconte l'histoire de cette réintroduction réussie, menée depuis 1980 par le Parc, avec le concours de la Ligue pour la Protection des Oiseaux.

Depuis un belvédère situé dans un site grandiose, il est possible de contempler leurs évolutions, puis en visitant l'exposition associée, de mieux comprendre la biologie des trois espèces de vautours présentes dans les gorges : le vautour fauve, le vautour moine, et le vautour percnoptère.

Sylviculture

Le Parc national des Cévennes est le plus boisé des parcs nationaux métropolitains avec un taux de boisement supérieur à 55 %, ce qui représente un domaine forestier de plus de 50 000 ha dont 20 000 de forêts privées et 30 000 de forêts publiques (domaniales, sectionnales et communales). Sur ce territoire, se superposent les objectifs assignés aux parcs nationaux, qui doivent préserver leur territoire contre tout effet de dégradation naturelle et le soustraire à toute intervention artificielle susceptible d’en altérer l’aspect, la composition et l’évolution, et ceux de la gestion forestière qui visent à satisfaire les besoins en bois de la nation, à assurer les grands équilibres biologiques et à faciliter l’accueil du public.


Un souci de rapprochement et de concertation avec les forestiers

Dans ce contexte réglementaire laissant la place à des interprétations souvent divergentes, le Parc national des Cévennes a souhaité se rapprocher des forestiers privés et publics, après 25 ans de cohabitation parfois difficile, pour tenter d’établir, par la concertation, les bases d’une politique forestière multifonctionnelle compatible avec les enjeux économiques et exemplaire pour l’environnement. La démarche engagée devrait aboutir à mettre en place :

– un cadre de concertation, de communication et de formation permettant de favoriser le dialogue entre les forestiers et les gestionnaires du Parc avec, si possible, un rapprochement des points de vue ; – un cadre financier ébauchant des mesures sylvo-environnementales en mobilisant des fonds du Parc national pour des opérations mal soutenues au niveau national (régénération naturelle par exemple) ou présentant un caractère expérimental ; – un cadre technique, par l’élaboration d’orientations de gestion forestière explicitant les grands principes de la sylviculture souhaitée pour la zone centrale du Parc national avec des recommandations de conduite des travaux d’entretien et de renouvellement des peuplements.

Le croisement des objectifs des partenaires forestiers du Parc national avec ceux de l’Etablissement public a permis de définir les grands principes adaptés à un espace protégé, habité et productif qui intègre dans sa politique générale une stratégie de protection de la nature, de conservation d’un patrimoine culturel et la revitalisation de l’économie locale par la production de biens et de services.


Une gestion forestière multifonctionnelle

Les principes sur lesquels doit s’appuyer la gestion forestière multifonctionnelle souhaitée par le Parc national des Cévennes, sont les suivants :

– respect des objectifs économiques fixés par les propriétaires privés et publics dans le cadre de la réglementation forestière ; – soutenir la filière-bois locale en préservant l’approvisionnement, en favorisant le maintien des unités artisanales de transformation de la proche zone périphérique et en assurant la promotion des bois locaux , – protéger les boisements contre les risques de dévalorisation dus notamment aux dégâts de gibier (cervidés) et aux incendies ; – assurer l’ensemble des fonctions sociales, culturelles et de loisirs dans le respect des droits des propriétaires et dans des limites compatibles avec la protection des milieux et la tranquillité des espèces animales ; – conforter l’équilibre paysager et économique de la zone Parc en inscrivant la gestion forestière dans une politique globale d’aménagement du territoire renforçant son identité par une répartition harmonieuse des milieux agricoles, pastoraux et forestiers ; – mettre en œuvre de façon irréprochable la réglementation nationale et communautaire sur la protection des espèces et des habitats ; – se conformer au plan national de gestion durable qui garantit la réversibilité des processus de gestion ; – appliquer le principe de précaution défini par la loi du 2 février 1995 relative au renforcement de la protection de l’environnement pour prévenir les risques de dommages graves et irréversibles qui pourraient être liés à certaines pratiques culturales ou à des introductions d’espèces.

Ces principes doivent trouver une concrétisation par la pratique d’une sylviculture multifonctionnelle fondée sur :

l’intégration des actions forestières dans une politique globale d’aménagement des territoires du Parc qui veille à maintenir l’équilibre entre les activités agricoles, pastorales et forestières qui garantissent : – le maintien des populations locales donc l’entretien des milieux ; – la qualité et la diversité des paysages ; – la conservation de la biodiversité (diversité des éco-complexes) ; – la préservation d’un patrimoine naturel et culturel.

la connaissance des intérêts écologiques qui permettra de distinguer les espaces ordinaires où une gestion intégrée assurera à la fois la préservation de la diversité biologique et la satisfaction des besoins économiques et sociaux dans le cadre d’une gestion durable.

des choix de sylviculture n’excluant aucun mode de traitement mais développant un large éventail de méthodes et de règles de culture générateurs d’une grande variété d’écosystèmes.

la mise en œuvre de mesures favorables à l’accroissement de la diversité spécifique animale et végétale : – allongement des cycles forestiers pour que soient représentés les stades de vieillesse des peuplements ; – équilibre feuillus / résineux à l’échelle du territoire et mélange d’essences objectif au niveau du peuplement ; – utilisation plus large de la régénération naturelle éventuellement assistée avec diversification des essences ; – choix d’essences favorisant les espèces autochtones sans pour autant exclure un petit nombre d’essences exotiques présentant un niveau supérieur de productivité (Douglas notamment), et ne présentant pas de risques particuliers pour l’environnement et la conservation des ressources génétiques (pas d’hybridation avec des espèces ou des écotypes rares : pin de Salzmann, sapin du mont Lozère) ; – retour à l’équilibre entre les populations de cervidés et la capacité d’accueil des milieux.


Mais la gestion intégrée souhaitée pour la zone coeur du Parc ne doit pas se limiter aux aspects sylvicoles de la gestion forestière et des orientations générales sont proposées pour :

la prise en compte des risques d’érosion et le traitement des berges des ruisseaux avec renaturation progressive par des feuillus autochtones (bétulacées, salicacées) lorsque des boisements résineux artificiels ont été installés trop près du lit ;

la protection phytosanitaire de la forêt en privilégiant l’augmentation de la résistance naturelle des peuplements mais sans exclure le recours à des produits agropharmaceutiques dans des cas limités (hylobe en particulier), sur des surfaces restreintes et sous le contrôle du département « Santé des forêts » et du comité scientifique du Parc national

la prévention des risques d’incendies en favorisant les coupures vertes, le sylvopastoralisme, les traitements sylvicoles augmentant la pyro-résistance des peuplements et les équipements (pistes et points d’eau) inscrits dans les schémas départementaux concertés avec le Parc national ;

l’exploitation des peuplements, en recherchant la diversification des méthodes de débardage qui permettra de trouver le meilleur compromis possible entre l’économie, le respect des intérêts écologiques et la qualité des paysages ;

l’accueil du public, par la mise en place d’une stratégie de tourisme durable, concertée avec les propriétaires, développant les comportements de respect de la nature et de ses équilibres dans le cadre d’un schéma de gestion touristique assurant l’équilibre entre la protection des milieux, la fréquentation par le grand public et les actions de pédagogie de l’environnement ;

la protection et la gestion de la faune sauvage avec à la fois : – des mesures en faveur des espèces protégées pour lesquelles la sylviculture peut avoir des conséquences déterminantes par son action sur la qualité des habitats (grand tétras, rapaces forestiers, chiroptères...) ; – des mesures de régulation des espèces dont la prolifération peut compromettre les équilibres naturels et une sage gestion, économique, des propriétés forestières (cervidés, sangliers...) ;

la préservation des paysages par une gestion évitant la banalisation et renforçant l’identité des différents territoires du Parc : – caractère méditerranéen des basses Cévennes ; – hautes Cévennes montagnardes et subalpines ; – causse nu et continental ;

la conservation du patrimoine architectural et culturel de la zone coeur du Parc qui comporte d’assez nombreux vestiges préhistoriques (cupules, sépultures néolithiques, rochers taillés, dolmens, menhirs, enclos mégalithiques...) et de très nombreuses traces de l’activité humaine des périodes historiques que l’exode rural, commencé au milieu du XIXe siècle, a laissé à l’abandon (mas, clèdes, moulins, terrasses...) ;

la complémentarité avec les activités agricoles et pastorales par le soutien du sylvo-pastoralisme, de la reconstitution des bois de ferme, de la plantation d’essences mellifères et une cueillette raisonnée des plantes médicinales, fruits et baies.


Un terrain privilégié pour la recherche

Par certains aspects, la sylviculture multifonctionnelle revêt un caractère encore expérimental. Le Parc national des Cévennes, par l’importance de sa couverture arborée et le poids économique des activités sylvicoles, constitue un laboratoire biologique, économique et social très favorable à une recherche pluri-disciplinaire sur la forêt.

Une collaboration active avec les organismes de recherche, de recherche-développement et d’enseignement, doit être renforcée pour travailler notamment sur les thèmes suivants :

– gestion conservatoire des écosystèmes forestiers remarquables (habitats et biotopes prioritaires et d’intérêt communautaire) ; – évaluation écologique et économique de différents régimes et modes de traitements sylvicoles traditionnels et innovants, adaptés aux espaces forestiers à vocation multifonctionnelle ; – surveillance continue des écosystèmes par la mise en place d’un réseau de placettes permanentes ; – suivi de la dynamique naturelle des vieux peuplements ; – dynamique forestière et biodiversité en systèmes naturels et cultivés ; – établissement d’un catalogue des stations sur des bases climatiques, édaphiques, phytosociologiques et géomorphologiques ; – mise en place de placettes de gestion en futaie irrégulière, en vue d’un suivi économique et écologique à long terme ; – transfert des résultats de la recherche fondamentale sur la châtaigneraie et conception de nouveaux modèles de gestion ; – utilisation des milieux forestiers par la grande faune et propositions d’amélioration des milieux pour minimiser les dégâts préjudiciables à l’activité économique ; – étude des flux économiques induits par la présence de la faune et organisation d’une filière de valorisation des venaisons ; – bilans écologiques, paysagers et économiques des méthodes d’exploitation forestière.


Une politique contractuelle

Le territoire du Parc national des Cévennes doit donc répondre à une multiplicité d’objectifs. L’établissement public chargé de sa gestion, réglementairement consulté pour des avis sur les plans de gestion et des autorisations pour l’exécution des travaux publics et privés, a souhaité, en accord avec les acteurs forestiers, sortir d’un contexte conflictuel basé souvent sur les incompréhensions plutôt que sur des divergences de fond.

La voie, parfois difficile, de la négociation a été choisie. La mise au point d’orientations contractuelles, à l’aval d’orientations régionales forestières (O.R.F.) et de production (0.R.P.) actualisées, devrait permettre de solidariser les partenaires forestiers et le Parc national sur une vision commune de l’évolution d’un territoire protégé dans le respect des droits et des objectifs de chaque partie concernée.

Source : Patrick Aumasson, Office national des forêts Chef du service protection et aménagement du territoire, Parc national des Cévennes, Janvier 1997


Histoire

Le protestantisme et les Cévennes

Le pays des Cévennes possède une identité culturelle forte, et fut le berceau de l'insurrection des Camisards lors de la révocation de l'édit de Nantes, et le théâtre de la persécution qui suivit contre le protestantisme. De nombreux témoignages de la guerre des Camisards en Cévennes jalonnent les villes et villages du Parc national.

Les origines du parc

Le château de Florac, siège du parc

Les patrimoines naturel et culturel des Cévennes sont connus au moins depuis le XIXe siècle, grâce à des auteurs comme l'anglais Robert Louis Stevenson qui participent à la notoriété de la région, grâce à la publication de son ouvrage « Voyage avec un âne dans les Cévennes » en 1879, récit de son voyage de 12 jours et 195 km à travers la Lozère.

En 1913, le spéléologue Édouard-Alfred Martel, un des pères de la spéléologie moderne publie un article dans la revue Montagne, où il propose de classer en parc national une zone comprenant les gorges de la Borne en Ardèche et une grande partie des Causses Noir et Méjean. Le Club Cévenol et d'autres associations constituées à la fin du XIXe siècle réclamèrent également la création d'un parc national afin de préserver le patrimoine de la région. Face à l'exode rural massif que connaît la région, le Conseil général de la Lozère relancera cette idée après la Seconde Guerre mondiale en 1956.

En 1957, l'« Association du Parc National Culturel des Cévennes » est créée[8] de la fusion de deux groupes porteurs du projet de création du Parc national : l'« association du Parc Cévennes-Lozère » créée en 1953 et animée par Maître Bieau, avoué à Florac puis à Mende, et la « Confrérie des Amis des Sources », créée en 1955 par deux notables locaux, les Docteurs Pellet et Richard.

Lors de la rédaction du projet de loi sur les parcs nationaux français de 1960, l'association du Parc national culturel des Cévennes va jouer le rôle d'un groupe de pression afin de s'assurer que les spécificités du territoire des Cévennes seront prises en compte ; alors que les autres parcs nationaux n'ont pas de population permanente résidente en zone centrale, l'association tient à s'assurer que la présence de résidents permanents de la future zone centrale du parc des Cévennes ne nuira pas au projet de création du parc.

Après avoir défendu le projet de parc auprès des décideurs nationaux, et présenté aux habitants locaux les bénéfices retirés d'une structure telle qu'un parc national pour lutter contre le dépeuplement des Cévennes, le Conseil national de la protection de la nature émettra un avis favorable à la création du Parc national des Cévennes le 7 novembre 1962.

Le Parc national des Cévennes sera officiellement crée par le décret n°70-777 du [9]. C'est le quatrième parc national à voir le jour depuis la loi de 1960 instituant les parcs nationaux en France, après celui de la Vanoise, le Parc national de Port-Cros et le Parc national des Pyrénées-Occidentales.

1985 : Réserve de biosphère de l'UNESCO

La réserve de biosphère des Cévennes a été créée en 1984 et est jumelée avec la réserve de biosphère de Montseny en Catalogne.

Les tensions et les oppositions au Parc

Dès avant la création du Parc national, les opposants à ce projet ont voulu faire entendre leur voix contre ce projet. L'association « Terre cévenole », créée en 1967. Les arguments avancés par l'association sont la crainte de voir les droits et propriétés privées amenuisés par la structure du Parc national. La mise en place d'un parc national conduirait à déposséder les collectivités locales d'une partie de leur pouvoir. Selon Terres Cévenoles, créer un parc national en Cévennes est inutile pour régler les problèmes socio-économiques locaux, tels que la déprise rurale, le chômage et la dépopulation des villages.

La mission d'étude pour la création du Parc créée en 1967 par le gouvernement, trop éloignée des réalités du pays Cévenol, prendra le parti d'adapter le projet de parc au texte de loi des parcs nationaux, plutôt que de reconnaître les caractères originaux des Cévennes. Une brochure d'information éditée par la mission d'étude provoquera de vives réactions parmi les habitants concernés par le projet de Parc. À propos de la population du parc, estimée alors à 450 habitants, fait l'objet de ces commentaires dans la brochure[10] :

« Ce chiffre est d'autant plus insignifiant que la moyenne d'âge varie entre 65 et 80 ans. [...] Aussi bien la vie agricole traditionnelle, si noble et attachante, est-elle condamnée à l'intérieur de la zone parc. »

Lors des consultations publiques, les collectivités locales qui seront situées en zone périphérique s'expriment majoritairement en faveur du projet[11], à 78,5%, contre 21,5% d'opposition. Le résultat est en revanche bien moins partagé pour les communes dont le territoire est situé sur ce qui formera la zone centrale. En Lozère, 22 collectivités s'expriment pour le projet de parc, contre 17 votes défavorables, et dans le Gard, 5 collectivités sont pour, et 7 s'y opposent.

En 1969, Terre Cévenole adressa un pamphlet contre l'organisation du Parc national des Cévennes, alors en cours de création, au Conseil national de la protection de la nature, qui en débattra et répondra lors de la session du 18 novembre 1969.[12]

Gestion et administration

L'établissement public « Parc national des Cévennes »

Le Parc national des Cévennes est géré par un établissement public, placé sous la tutelle du ministère français de l'environnement. La gestion du parc est assurée par un conseil d'administration, présidé par Jean-Paul Pottier. Le conseil est aidé dans sa tâche par un conseil scientifique de 20 membres et par différentes commissions spécialisées, dans les domaines de l'agriculture, de l'architecture et des sites, la cynégétique, la gestion piscicole, le tourisme, l'action culturelle et associative. Le directeur qui applique les décisions du conseil et gère l'établissement anime une équipe d'agents de terrains et personnel des services spécialisés. En janvier 2006, le Parc comptait 77 postes.[13]

Jumelage inter-parcs

Le Parc national des Cévennes est jumelé avec deux parcs nationaux :

Parc national du Saguenay

Crique dans le Fjord du Saguenay, parc national du Saguenay, Québec.
Article détaillé : Parc national du Saguenay.

Le parc québécois du Saguenay, situé près de la ville du même nom, dans la région de Saguenay-Lac-Saint-Jean au Québec, est jumelé depuis le au Parc national des Cévennes. C'est à la suite d'une visite en France de représentants Québécois que le projet de jumelage commença à s'organiser[14].

Le jumelage a été officialisé lors de la visite d'une délégation française menée par Huguette Bouchardeau, ministre de l'environnement pour la France, au Parc du Saguenay, accueillie par Guy Chevrette, ministre du loisir, de la chasse et de la pêche. Des échanges entre parcs ont lieu régulièrement, entre les personnels des deux parcs, entre écoles, etc.

Pour le bicentenaire de la révolution française, le gouvernement du Québec a nommé trois caps selon la devise française, soit les caps Liberté, Égalité et Fraternité. Ces trois caps sont situés sur la rive nord en face du secteur de Baie-Éternité.

Autres zones protégées dans le parc

Réserve naturelle volontaire de Combe Chaude : 79 ha (dont 20 ha dans l'Hérault)

Milieu naturel

Faune

2410 espèces animales inventoriées, dont 45% des vertébrés de France.

Le retour des vautours

Flore

2 656 espèces végétales inventoriées, dont 35 protégées et 21 endémiques.

Notes et références

  1. IFEN, « Les parcs nationaux entre protection et développement », les données de l'environnement, n°78, (consulté le 3 octobre 2009), p. 4
  2. a, b et c Atlas du parc, section Hydrographie et bassins versants, page 14
  3. (fr) « Atlas du parc national des Cévennes, page 8 » (consulté le 3 mars 2008)
  4. Fiche d'identité du parc, section « Données administratives générales », données de l'INSEE, 1999.
  5. Mireille Lefebvre (INSEE), Catherine Foyer-Benos et Bertrand Oddo (DRAAF Languedoc-Roussillon), Le Parc national des Cévennes : Regain démographique pour un territoire ouvert sur l’économie environnante, vol. 6, Montpellier, INSEE Montpellier, , 18 p. (ISSN 1286-4218, lire en ligne)
  6. Articles 12 à 13ter du décret 70-777 portant création du Parc national des Cévennes, version consolidée au 10 mai 2005.
  7. Jean-Pierre Giran, « Rapport n° 2347 relatif aux parcs nationaux et aux parcs naturels marins », sur Assemblee-nationale.fr, (consulté le 6 mars 2008) : « [...] les parcs nationaux relèvent aujourd'hui de la catégorie 2 [...] de l'UICN (Union Mondiale pour la Nature) sur une grille de cotation en comportant 6, à l'exception du parc national des Cévennes qui bénéficie d'un classement inférieur (catégorie V) en raison de la reconnaissance d'un droit de chasse en faveur des propriétaires des terrains situés dans le parc. »
  8. En 1970, elle prend le nom d'Association des Amis du Parc National des Cévennes ; elle se propose de coopérer pour que « la vie montagnarde et le tourisme cités par l'attrait du Parc national des Cévennes deviennent pour tous source de bien être matériel, intellectuel et moral(...). Elle a vocation pour susciter un renouveau d'intérêt des populations locales en faveur (...) de la mise en valeur de leur territoire en coopérant à la promotion de la vie en montagne (...). Dans la limite des dispositions particulières du Parc national et de sa zone périphérique ». (Statuts de l'Association).
  9. Décret du 2 septembre 1970 portant création du parc national des Cévennes
  10. Marie-Claude Guerrini in Strates
  11. d'après les données fournies par Jean Capiaux, cité dans STRATES, parc national des Cévennes ; ce sont au final 89 communes qui s'exprime en faveur du projet de parc, contre 41 oppositions.
  12. Ministère de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement Durables, « Répertoire d’archives détaillé : Conseil national de la protection de la nature : PV séances plénières, décisions, budget, 1947-2004 », sur Site officiel du MEDAD (consulté le 6 mars 2008)
  13. Fiche d'identité du parc, section « Institutions de l'Établissement Public ».
  14. (fr) [doc] Jacques Verreault, Ministère du loisir, de la chasse et de la pêche, « Compte rendu des événements, Jumelage du parc national du Saguenay au parc national des Cévennes », (consulté le 25 septembre 2009)

Voir aussi

Articles connexes

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Bibliographie

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