Otto Pérez Molina

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Otto Pérez Molina
Otto Pérez Molina, en 2013.
Otto Pérez Molina, en 2013.
Fonctions
Président de la République du Guatemala

(3 ans 7 mois et 20 jours)
Élection
Vice-président Roxana Baldetti
Alejandro Maldonado Aguirre
Prédécesseur Álvaro Colom
Successeur Alejandro Maldonado Aguirre
Biographie
Nom de naissance Otto Pérez Molina
Date de naissance (65 ans)
Lieu de naissance Guatemala (Guatemala)
Nationalité guatémaltèque
Parti politique Parti patriote
Diplômé de École militaire des Amériques
Profession Militaire

Otto Pérez Molina
Présidents de la République du Guatemala

Otto Pérez Molina, né le à Guatemala, est un général retraité et homme politique guatémaltèque. Il est président de la République du au , date de sa démission à la suite d'un scandale de corruption, l'affaire La Linea. Le 3 septembre, Alejandro Maldonado Aguirre lui succède en tant que président de la République.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Otto Pérez Molina suit l'enseignement militaire de l'École polytechnique guatémaltèque et de l'École militaire des Amériques[1] à partir de 1966. Sa formation comprend également le cursus d'études de défense continentale du Collège interaméricain de défense[2] de Fort McNair à Washington, D.C., le programme de haute gestion de l'INCAE, école de commerce d'Harvard au Costa Rica et une maîtrise de sciences politiques de l'université Francisco-Marroquin du Guatemala.

Il est le directeur du G-2, le service guatémaltèque de Renseignement militaire. En 1983, il est membre du groupe d'officiers qui soutient le coup d'État d'Óscar Mejía, ministre de la Défense, contre le dictateur Efraín Ríos Montt.

En 1993, il joue un rôle dans la sortie forcée du président Jorge Serrano Elías après la tentative d'auto-coup d'État de ce dernier. Il devient peu après chef de l'état-major du nouveau président guatémaltèque, Ramiro de León Carpio, et le demeure jusqu'en 1995.

En 1996, pendant la présidence d'Álvaro Arzú Irigoyen, Otto Pérez Molina représente l'armée guatémaltèque lors de la signature des accords de paix.

Le général Pérez Molina prend sa retraite militaire en janvier 2000.

Plainte pour violations des droits de l'homme[modifier | modifier le code]

Le , trois militants des États-Unis et l'organisation indigène Waqib Kej présentent à Juan Méndez, le rapporteur spécial des Nations unies contre la torture, une « lettre d'allégation ». Dans celle-ci, ils affirment que Pérez a été impliqué dans la pratique systématique de la torture et les actes de génocide pendant le conflit interne du Guatemala entre 1960 et 1996[3],[4],[5].

Les militants précisent que les crimes auraient été commis en 1982, alors que Pérez était responsable de casernes militaires dans le triangle Ixil, dans la province Quiché, une des plus affectée pendant la guerre civile. De plus, ils soulignent que Pérez pourrait avoir été responsable de la torture et de la disparition du guérillero Efraín Bamaca, le mari de Harbury, une des militantes.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Le , Otto Pérez Molina fonde le Parti patriote, qui, lors des élections de 2003, rejoint la Grande Alliance nationale, ce qui lui permet d'être élu député au Congrès.

Candidature en 2007[modifier | modifier le code]

En septembre 2007, Otto Pérez Molina participe aux élections comme candidat à la présidence de la République avec le Parti patriote. Il obtient 23,51 % des suffrages et se place en seconde position derrière Álvaro Colom Caballeros qui atteint 28,23 %. Au second tour, Álvaro Colom l'emporte avec 52 % des voix[6].

Élection en 2011[modifier | modifier le code]

Otto Pérez Molina est candidat à l'élection présidentielle de 2011, soutenu à nouveau par le Parti patriote. Sa colistière est Roxana Baldetti.

Le , il arrive en tête du premier tour avec 36,01 % des voix, devançant Manuel Baldizon, également issu de la droite, qui obtient 23,20 % des voix[7]. Le 6 novembre, il remporte le second tour avec 53,76 % des suffrages exprimés contre 46,24 % pour son rival Manuel Baldizon[8].

Président de la République[modifier | modifier le code]

Otto Pérez Molina entre en fonction le 14 janvier 2012. Le 7 avril suivant, dans le quotidien britannique The Guardian, il lance un appel à la dépénalisation et à la régulation du marché des drogues actuellement illicites, à l'image de ce qui se fait déjà pour l'alcool et le tabac. La réflexion internationale qu'il appelle de ses vœux serait motivée par l'échec des politiques actuelles de répression, qui ont pour conséquence en particulier la violence observée en Amérique centrale[9],[10].

Son mandat est marqué par le procès pour génocide de l'ancien président Efraín Ríos Montt, auprès duquel il a servi dans l'armée au cours de la guerre civile.

Affaire judiciaire et démission[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire de corruption La Línea.

La dernière année de son mandat est aussi celle de la mise à jour d'un vaste réseau de fraude sur les revenus douaniers, connue sous le nom d'affaire La Línea. Otto Pérez Molina est accusé d'être à la tête de ce réseau de corruption, avec sa vice-présidente Roxana Baldetti, disposant de ramifications dans les hautes sphères de l'appareil d’État. Mis en cause par le ministère public et la Commission internationale contre l'impunité au Guatemala (CICIG), organisme de l'ONU, il est le premier président guatémaltèque à voir son immunité parlementaire levée le [11]. Alors que le parquet comptait demander la fin de ses fonctions[12], le président annonce sa démission dans la nuit suivante[13], quatre mois avant la fin de son mandat, en janvier 2016.

Otto Pérez Molina est placé en détention provisoire dès le lendemain 3 septembre 2015 dans l'attente de son éventuel procès[14],[15]. Les poursuites pénales sont lancées le 8 septembre : il est accusé d'association de malfaiteurs, de fraude douanière et de corruption passive et est maintenu en détention préventive[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) « Notorious Guatemalan School of the Americas Graduates » (consulté le 7 novembre 2011)
  2. (es) « Otto Pérez Molina, el general retirado que apuesta por "mano dura" para resolver los problemas », sur europapress.es
  3. (es) « Denuncian al candidato Pérez Molina por genocidio y tortura de indígenas en Guatemala », sur Yahoo,‎ (consulté le 7 novembre 2011)
  4. (es) « Denuncia de Tortura con el Relator », sur Hablaguate (consulté le 7 novembre 2011)
  5. (es) « De ésos, ¡líbranos! »,‎ (consulté le 7 juillet 2011)
  6. (en) « Guatemala heads for run-off vote », sur BBC (Royaume-Uni),‎ (consulté le 7 novembre 2011)
  7. (es) Tribunal Supremo Electoral - Resultados Primera Vuelta
  8. (es) Tribunal Supremo Electoral - Resultados Elecciones Generales
  9. Le président du Guatemala veut légaliser toutes les drogues, Le Monde avec AFP, 8 avril 2012.
  10. (en) Otto Pérez Molina, We have to find new solutions to Latin America's drugs nightmare, The Guardian, 7 avril 2012.
  11. (es) « Pérez Molina queda sin inmunidad », sur Prensa Libre (consulté le 3 septembre 2015)
  12. (es) « Fiscalía pedirá cese de funciones de Pérez Molina, Prensa Libre », sur Prensa Libre (consulté le 3 septembre 2015)
  13. (es) « URGENTE: Dimite Otto Pérez Molina, el presidente de Guatemala », sur Soy502,‎ (consulté le 3 septembre 2015)
  14. (es) « En Directo | Pérez Molina, en el banquillo de los acusados » (consulté le 3 septembre 2015)
  15. « Guatemala : Alejandro Maldonado nouveau président, Pérez en détention provisoire », sur Liberation (consulté le 4 septembre 2015)
  16. (es) Sara Melini, « En Directo : Pérez Molina ligado a proceso penal por caso La Línea », Prensa libre,‎

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]