Nuit blanche (manifestation culturelle)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Nuit Blanche)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Nuit blanche.
Nef du Grand Palais pendant l'édition 2005 de Nuit blanche à Paris ; l'édifice est mis en lumière par Thierry Dreyfus et, en son, par Frédéric Sanchez.

Nuit blanche est une manifestation artistique annuelle qui se tient pendant toute une nuit. Typiquement, elle propose gratuitement l'ouverture au public de musées, d'institutions culturelles et d'autres espaces publics ou privés, et utilise ces lieux pour présenter des installations ou des performances artistiques.

Le principe d'une telle manifestation existe depuis de nombreuses années, notamment dans les pays nordiques. Toutefois, dans sa forme actuelle, le concept est initié à Paris, en France, en 2002, et reproduit depuis dans de nombreuses villes, comme Rome, Montréal, Toronto, Bruxelles[1], Madrid, Lima ou Leeds.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Certaines villes utilisent le terme français « Nuit blanche » (ou « Nuits blanches », si l'événement s'étale sur plus d'une nuit). D'autres font usage des mêmes mots dans leur propre langue : White Nights en anglais, Notte bianca en italien, La Noche en blanco en espagnol, Noaptea alba en roumain, Baltā Nakts en letton. D'autres encore inventent leurs propres noms, comme Lejl Imdawwal (« Nuit éclairée ») en maltais, Virada Cultural en portugais, Taiteiden yö (« Nuit des arts ») en finnois ou Kulturnatten (« Nuit de la culture ») en danois.

Historique[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Les manifestations de ce genre tirent leurs origines de plusieurs endroits. Dans les pays nordiques, la « nuit blanche » fait référence à la période où le crépuscule dure toute la nuit, de mi-mai jusqu'à mi-juillet. À Saint-Pétersbourg, le festival des nuits blanches présente pendant plusieurs mois des événements culturels, des carnavals de rue ainsi que la manifestation des Voiles rouges, célèbre pour ses feux d'artifice.

À Lyon, les illuminations de la Fête des Lumières sont accompagnées d'animations nocturnes à partir de 1989.

À Nantes, le festival des Allumées, organisé par Jean Blaise, met en scène pendant une semaine d'octobre, de 1990 à 1995, des manifestations diverses dans des lieux inhabituels[2].

En 1997, Berlin organise la première Longue Nuit des musées avec une douzaine d'institutions participantes.

En Europe[modifier | modifier le code]

Paris organise le premier festival Nuit blanche en 2002. Le maire, Bertrand Delanoë, sous l'impulsion de son adjoint à la culture, Christophe Girard, confie à Jean Blaise la direction artistique du nouvel évènement. Les bases du festival sont définies : il a lieu dans la nuit du samedi au dimanche du premier week-end d'octobre, et fait intervenir des artistes contemporains dans des lieux qui ne sont en principe pas ouverts au public, ou dont la fonction première n'est pas artistique. Le festival est reconduit chaque année à la même date, avec un programme différent.

Vue des escaliers conduisant au Capitole pendant l'édition 2006 de Notte bianca, à Rome.

Depuis 2002, la manifestation conçue à Paris a été reprise par de nombreuses villes[3]. En 2003, Rome organise la Notte bianca à la mi-septembre[4]. En 2005, des initiatives similaires ont également lieu dans d'autres villes italiennes, comme Naples, Gênes, Turin, Reggio de Calabre et Catanzaro. À Leeds se tient au même moment la Light Night[5] et, en 2009, un réseau de villes britanniques est mis en place pour ce festival.

En France, la ville de Metz organise sa première Nuit blanche en octobre 2008 et réitère depuis l'opération chaque année[6].

Un événement similaire a lieu à La Valette, capitale de la république de Malte[7].

Le est organisé la première Nuit blanche (slovaque : bielá noc) de Košice en Slovaquie.

En Amérique[modifier | modifier le code]

Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

The Poet Tree, installation de Kelly Rogers pendant l'édition 2008 de Nuit blanche à Toronto.

En 2004, Montréal organise la première Nuit blanche[8] en Amérique du Nord, inspirée du concept de Christophe Girard. L'évènement est le dernier du festival Montréal en lumière. En 2010, la Nuit blanche attire près de 325 000 participants avec 180 activités (la majorité d’entre elles sont gratuites)[9].

En novembre 2003, la municipalité d'Alma au Québec, met sur pied La Flashe Fête, un événement similaire à la Nuit blanche mais d'une durée de 36 heures de création.

En 2006, Toronto organise une Nuit blanche, grâce à la participation de Christophe Girard[10].

En 2007, Looptopia (en) est organisée à Chicago en mai.

Santa Monica organise son premier festival bisannuel du Glow le 19 juillet 2008.

Amérique du Sud[modifier | modifier le code]

En 2008, Lima héberge une Noche en blanco à la mi-mai.

La Nuit blanche la plus haute du monde a lieu à La Paz (Bolivie) à 3 700 m au-dessus du niveau de la mer le 28 octobre 2011.

En Asie[modifier | modifier le code]

Séoul met en place son premier festival culturel nocturne, Seoul Open Night, en août.

Éditions parisiennes[modifier | modifier le code]

Directeurs artistiques des éditions parisiennes du festival Nuit blanche[11] :

Le budget de l'édition 2007 est d'environ 1,65 million d'euros, dont 1,15 pour la ville de Paris et 500 000 pris en charge par des partenaires privés ; elle attire à cette date 2 millions de visiteurs[12].

Les lieux utilisés pendant la manifestation varient suivant les années. Les dernières éditions tendent à les concentrer dans des périmètres restreints. À partir de 2004, la ligne 14 de métro automatique fonctionne toute la nuit, permettant de relier certains des événements. Des parcours de bus nocturnes spécifiques sont également mis en place.

Faits divers liés à la manifestation[modifier | modifier le code]

Nuit blanche connaît parfois des incidents.

En 2002, lors de la première édition, le maire Bertrand Delanoë est agressé et blessé à l'arme blanche par un déséquilibré[13].

En 2007, un groupe de cinq personnes force une porte du musée d'Orsay et se livrent à des dégradations, particulièrement sur la toile Le Pont d'Argenteuil de Claude Monet.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Nuit blanche Bruxelles.
  2. « Les Allumées de Nantes et du CRDC, de Barcelone à Cuba, de 1990 à 1995 », Nantes.fr (consulté en 28/09/2009)
  3. « Nuit blanche, La Notte bianca, La Noche en blanco... », Le Figaro,‎ 05/10/2006 (consulté en 28/09/2009)
  4. « Qu'est-ce que la Notte Bianca », La Notte Bianca (consulté en 28/09/2009)
  5. (en) « About », Light Night Leeds (consulté en 28/09/2009)
  6. Nuit blanche Metz.
  7. (en) « Notte Bianca - Lejl Imdawwal - A night fusion of arts and culture in Valletta », The Malta Council for Culture and the Arts,‎ 13/09/2006 (consulté en 28/09/2009)
  8. (fr) « Nuit blanche à Montréal », dans le cadre du festival Montréal en lumière (consulté en 01/10/2009)
  9. « Canadian Geographic: Montréal’s Nuit blanche ».
  10. (en) « Event History », Nuit Blanche Toronto (consulté en 28/09/2009)
  11. « Historique Nuit Blanche », paris.fr (consulté en 28/09/2009)
  12. « 2 millions de visiteurs pour la 6e édition de la Nuit blanche », nouvelobs.com,‎ 24/06/2008 (consulté en 28/09/2009)
  13. « Bertrand Delanoë poignardé lors de la Nuit blanche », INA, Soir 3 journal - 06/10/2002.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]