Montgon

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Montgon
Montgon
Vue générale du village.
Blason de Montgon
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Ardennes
Arrondissement Vouziers
Canton Vouziers
Intercommunalité Communauté de communes de l'Argonne Ardennaise
Maire
Mandat
Jean-Claude Andrey
2014-2020
Code postal 08390
Code commune 08301
Démographie
Population
municipale
64 hab. (2016 en diminution de 1,54 % par rapport à 2011)
Densité 7,8 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 30′ 20″ nord, 4° 42′ 54″ est
Altitude Min. 112 m
Max. 210 m
Superficie 8,2 km2
Localisation

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Montgon est une commune française, située dans le département des Ardennes en région Grand Est.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Montgon est à la limite de l'Argonne ardennaise, de la Champagne, et des Crêtes préardennaises[1]. La vallée de Mongon est appelée aussi «vallée des écluses», avec 26 écluses sur le canal des Ardennes pour rattraper la différence d'altitude entre Semuy, à 87 m sur la vallée de l'Aisne, et Le Chesne à 167 m[2].

Situation de Montgon.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Montgon
Lametz
Neuville-Day Montgon Le Chesne
Voncq

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le canal des Ardennes traverse le territoire de cette commune d'ouest en est. Il suit en partie le trajet du ruisseau de Longwé qui se jette dans l'Aisne à Semuy, à l'endroit où cette rivière change de direction, et oblique vers le sud[1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom est écrit Mongon au XIIe siècle, puis devient Montgon deux siècles plus tard[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Même si à l'époque gallo-romaine des voies de circulation traversent ce territoire, avec la voie de Reims à Trèves au sud, et une autre voie vers Lametz rejoignant cette route, les traces écrites sur cette localité n'apparaissent qu'au XIIe siècle, et aucun autre vestige n'a été mis à jour. Il faut attendre le XIIIe siècle pour voir apparaître une famille féodale portant le nom de ce lieu. Ainsi, en 1229, c'est Aubry de Montgon qui rend foi et hommage à Hugues III de Rethel[3].

Dans le pouillé de 1346, compte rendu que fait l'archevêque de ses visites aux paroisses « attachées à sa crosse », il est cité un presbytère pour Montgon et Voncq[4]. Est-ce à dire qu'il n'y avait pas de prêtre auparavant à Montgon et que cette paroisse était desservie par le curé de Voncq ou du Chesne ? Ce n'est pas totalement impossible, du reste au XVIIe siècle les registres de baptême et de décès de a paroisse sont signés par le curé des Alleux, autre village voisin. Les descendants de Louis IX de France, mort en 1270 au siège de Tunis lors de la dernière Croisade, réunissent dans leur main quasiment toute la France d'aujourd'hui à l'exclusion de l'Aquitaine et de l'Anjou et du Maine. La Champagne demeure en paix, enrichie par l'essor des foires internationales organisées par les comtes de Champagne, à Provins par exemple, et qui permettent de faire circuler marchandises et capitaux de l'Europe du Nord à l'Europe du Sud en passant par le Rhône. Les monastères et abbayes fleurissent porté par l'élan missionnaire des ordres religieux. Ainsi à Montgon s'installe une petite abbaye, l'abbaye de Longwé, sur la rive gauche du ruisseau de même nom, dans une vallée encaissée, avec une ferme sur la rive droite et un moulin en aval. L'endroit est entre le Bois des Moindes et le Bois de Longwé. A l'est, sur des élévations, sont construites les fermes de Monthardré et de L'Orphane[3].

En 1348, « Marguerite, dame de Montgon en partie, femme de Jacques de Sery, chevalier, tient en fief et hommage la maison et terre de Montgon, ensemble les fossez de lonc et large, ainsi comme elle se comporte.»[3],[5].

Ensuite, durant un siècle, dans la deuxième partie du XIVe siècle et la première partie du XVe siècle, le Royaume de France est empêtré dans la guerre de Cent Ans, le conflit se calmant à partir de 1453 et se terminant formellement en 1474 par le traité de Picquigny. Une nouvelle famille apparaît comme prédominante, les d'Eslaires, qui prend son nom du fief d'Elaire ou des Laires, à l'est de Montgon, au nord du lieu-dit Décharge-Faux[3].

En 1472, la seigneurie de Montgon appartient à Jeannot d'Eslaires[3],[6]. Ses deux fils se partagent la seigneurie. Voilà ce que nous disent leurs enfants qui sont donc cousins, Jean et Nicolas : « À tous ceux que ces présentes lettres verront, je, Jean des Laires, écuyer seigneur de Montgon en partie, salut. Sachent tous que, je, Jean des Laires, seigneurs es dits nom, connais, et avoue tenir en foi, fief, et hommage, tant en domaine qu’en fief, qui peuvent appartenir à moi, étant en ban & terroir de Montgon, naguère par moi acquis de noble écuyer Antoine de Bohan tenant et mouvant de noble écuyer & mon très cher et amé cousin Nicolas des Laires, seigneur en partie dudit Montgon ainsi à cause de sa forte maison étant en la ville dudit Montgon, ainsi qu’il s’en suit de noble écuyer et mon très cher et amé cousin Nicolas des Laires[3],[7]. »

On comprend que Nicolas est le seigneur féodal de Montgon, celui qui doit hommage au comte de Rethel. Jean, son cousin, lui doit aveu et hommage. Jean indique que son fief a été acheté à Antoine de Bohan, seigneur de Voncq, fief qui à l'époque du partage, est inclus dans le ban de Montgon. La description du fief de Jean correspond à une maison-forte, château d'Eslaires, berceau de la famille d'Elaire[3] : « Je Jean des Laires connais et avoue tenir en fief et hommage à cause de la maison forte, les choses qui s’en suivent et premier, une place où il soulait avoir(se tenait depuis longtemps) maison dessus laquelle est par devers le Chesne au-dehors de la ville dudit Montgon étant une place auprès de ladite maison où soulait avoir une grange. »

La Renaissance et l'époque moderne[modifier | modifier le code]

Un château, le château de Mélimé, est construit au XVIe siècle, pour une grande partie de son logis principal, et, en particulier la tour carrée qui contient l'escalier à l'arrière. Il est flanqué de tours rondes. Il est possible qu'il ait eu un rôle défensif, comme d'autres constructions, telles que le château de la Cour des Prés, établies dans la région pour ralentir la progression éventuelle d'un ennemi venant du Saint-Empire romain germanique[8]. Dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, grâce à une surveillance renforcée de la Meuse et de la Semoy[9], la région est progressivement épargnée par les incursions ennemies et la situation interne du Royaume se stabilise, après les Guerres de religion et la période troublée de la Fronde. Le château de Mélimé a dès lors une vocation plus résidentielle, avec des ouvertures plus larges. Il est acquis en 1551 par Philippê d'Estivaux, puis par le mariage d'une de ses petites-filles, passe à la famille de Pouilly[3].

Dans la première partie du XVIIIe siècle, le château de Mélimé est vendu aux Durey de Noinville. De même, dans les années 1780, soit la décennie qui précède la Révolution française, le château et le fief d'Élaire sont vendus par Adam-Rémy Regnault de Montgon, au comte de Noinville. Adam Remi Regnault de Montgon, officier d'infanterie est issu d'une famille de bourgeois de Reims qui achetait des charges, leuur permettant de s'annoblir, et des parties de seigneurie comme à Montgon[3]. Des lettres patentes de Louis XVI ont érigées en effet en janvier 1785 un comté de Noinville, sur les terres de Mélimé, Montgon et Neuville, au bénéfice des Durey de Noinville. Avec les événements révolutionnaires, dont le siège est à Montgon, ce comté dure peu de temps et laisse peu de souvenirs dans la région. Le comte de Noinville figure aux assemblées de la noblesse en 1789, puis émigre en 1791. Il commande la cavalerie noble de l'armée de Condé, est fait lieutenant-général en 1814, et est de retour, mais à Paris, avec la Restauration, y meurt le 20 mai 1818[3],[10].

Le château d'Élaire devient progressivement une ferme, la ferme de Girondelle. Le corps de logis principal est détruit lors de la Première Guerre mondiale. Le corps de logis actuel date de la Seconde Guerre mondiale.

En 1792, des détachements de troupes françaises républicaines logent dans le château de Mélimé, à deux reprises. Le baron de Wacquant achète le domaine sous le Premier Empire, et fait restaurer ce château en 1830. Il est vendu à nouveau en 1869, puis dans les années 1920[10]. Un incendie le dévaste en 2013[11].

Le village est bombardé par les Allemands après sa libération le 4 novembre 1918. Il est de nouveau bombardé en 1940, lors de la bataille de France, et sa modeste église du XVIe siècle est dévastée, de façon irréparable. Une église est reconstruite de 1956 à 1959, et inaugurée le 19 avril 1959, avec des verrières remarquables[12].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1879   Lagosse[13]    
mars 2001 en cours Jean-Claude Andrey[14]    
Inconnue José Moreaux
Inconnue André Gilles
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[15]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[16].

En 2016, la commune comptait 64 habitants[Note 1], en diminution de 1,54 % par rapport à 2011 (Ardennes : -2,73 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
268249296299413438448428440
1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
351341374323346339311265202
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
207177150139135157170176176
1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014 2016 -
141116979780736764-
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[17] puis Insee à partir de 2006[18].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Canal des Ardennes, ses écluses et ses maisons d'éclusier.
  • Ferme de Girondelle, anciennement château d'Élaires.
  • Église Notre-Dame, église moderne construite à la place d'une église du XVIe siècle démolie dans les années 1940.
  • Château du Bas.
  • Ancien moulin sur la Craquinette.
  • Ferme de Beaufuy, attestée dès 1402.
  • Ancienne papeterie de Mecquenem, près du canal.
  • La Mussanterie, construite par la famille de Mussan au XVIIIe siècle.
  • Ancienne abbaye, aujourd'hui détruite. Il subsiste une ferme et un petit moulin.
  • Ancien château de la famille de Beaufort, construit fin XIXe siècle, aujourd'hui détruit. Il s'agit du château de Longwé, de style flamand, construit en 1902 ; il est mentionné à Louvergny ; son créateur, Ernest Vézy de Beaufort (Mézières (Ardennes), (1860 - Montgon, 1905), après l'incendie de son château de Touly, dont il a été le dernier occupant, conseiller général des Ardennes, pour le canton de Tourteron, en mars 1905, le fera bâtir, pour remplacer Touly, le château de Longwé à Montgon, château aujourd'hui ruiné.

Personnalités historiques liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Louis-Emmanuel Regnault de Montgon (1768-1845). Né à Montgon le 21 mars 1768, au château d'Élaires (aujourd'hui à Girondelle), Louis-Emmanuel est le fils d'Adam Remi Regnault de Montgon. Il entre en 1786 au régiment de Chartres, stationné à Charleville. Il rentre dans l'Armée après la Révolution. Il combat dans l'Armée du Rhin de 1789 à 1793, et dans l'Armée du Nord, avant d'être démobilisé pendant la Terreur. Il est réintégré sous le Consulat, continue ce parcours militaire sous le Premier Empire où il devient Major des Armées Impériales et Gouverneur de colonne au 95e régiment d'infanterie. Admis à la retraite en 1814,il achète un domaine à Harricourt, qu'il baptise La Montgonière[3],[19],[20],[21],[22]. Il devient ensuite Commandant de la Garde Nationale du Chesne sous la Restauration, puis Conseiller Départemental des Ardennes sous Louis Philippe. Il s'éteint à Stenay en 1845. Par sa mère, Marie Suzanne Thiboust de Berry des Aulnois, il est cousin du général Antoine Giraud, habitant aux Petites Armoises, et du Baron d'Empire Christophe de la Motte-Guery. En effet, ces deux officiers avaient épousé les filles de Louis de Montfraboeuf et de Marie Françoise Thiboust de Berry des Aulnois, sœur de Marie Suzanne Thiboust de Berry des Aulnois.
  • Roland de Mecquenem Montgon. Sous-préfet de Rocroi et de Vouziers, pousse pour la construction du canal des Ardennes. Il a implanté également une papeterie à Montgon sur le ruisseau de Longwé (ultérieurement transformé en scierie, puis en bâtiment agricole)[23],[24].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Montgon

Les armes de Montgon se blasonnent ainsi :

d'azur à trois fasces d'argent, à l'aigle d'or brochante; au chef cousu de gueules chargé d'une merlette d'or accostée de deux fleurs de lis au pied nourri d'argent.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Octave Guelliot, Géographie traditionnelle et populaire du département des Ardennes, Paris, Guénégaud, , 410 p., p. 61, 67, 71
  2. Bernard Chopplet, Les Ardennes vues du ciel, Éditions Noires Terres, p. 121
  3. a b c d e f g h i j k et l Octave Guelliot, Dictionnaire historique de l'arrondissement de Vouziers, t. 6, éditions Terres ardennaises, , 112 p. (ISBN 2-905339-57-8)
  4. Archives départementales de la Marne Tome II Partie 2 page 1113
  5. Trésor des Chartes du Comté de Rethel (lire en ligne), « Aveu et dénombrement au Comte Louis II, par Marguerite, Dame de Montgon, femme de Jacques de Sery, de ce qu’elle tient à Montgon ; 29 juin 1348 », p. 113
  6. Procès-Verbal de la noblesse de Champagne par Caumartin 1669
  7. Fonds Bossu - Archives départementales des Ardennes – Famille d’Eslaires, 6 mars 1499
  8. Henri Manceau - Le Château de la Cour des Prés - Revue L'Automobiliste Ardennais - 1954
  9. Michel Desbrière - Chronique critique des lignes de défense de la Champagne septentrionale 1644-1748 - Éditions Terres Ardennaises - 2003
  10. a et b Philippe Seydoux, Gentilhommières et maisons fortes en Champagne : Marne et Ardennes, t. 1, éditions de la morande, , 320 p. (ISBN 2-902091-30-3), « Mélimé, à Montgon », p. 247-248
  11. « Le château complètement dévasté », L'Union,‎ (lire en ligne)
  12. Michel Coistia et Jean-Marie Lecomte, Les églises des reconstructions dans les Ardennes, Éditiond Noires Terres, (ISBN 978-2-915148-61-9), « Montgon. De grands artistes pour une petite église », p. 236-241
  13. Almanach...Matot-Braine, 1879, Reims, p290.
  14. Conseil général des Ardennes consulté le 23 juin (fichier au format PDF)
  15. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  16. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  17. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  18. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  19. « Copie de l'acte de naissance », sur Base Léonore
  20. « État des services », sur Base Léonore
  21. Octave Guelliot, Dictionnaire historique de l'arrondissement de Vouziers, t. V, Éditions terres Ardennaises, , 100 p. (ISBN 2-905339-54-3), « Harricourt », p. 3-7
  22. Philippe Seydoux, Gentilhommières et Maisons fortes en Champagne : Marne et Ardennes, t. 1, Éditions de La Morande, , 320 p. (ISBN 2-902091-30-3), « Harricourt », p. 237-238
  23. Hubert Pinon de Quincy, Bouglon, Rantzau, Mecquenem, Meckenheim au XIXe siècle, Lulu.com,
  24. « Usine de papeterie, puis scierie, actuellement ferme (repérage) », sur le site du Patrinpoine industriel de Champagne-Ardennes,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]