Massiges

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Massiges
Massiges
La Vierge aux abeilles de Massiges.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Marne
Arrondissement Châlons-en-Champagne
Canton Argonne Suippe et Vesle
Intercommunalité CC de l'Argonne Champenoise
Maire
Mandat
Pierre Labat
2014-2020
Code postal 51800
Code commune 51355
Démographie
Population
municipale
49 hab. (2015 en diminution de 2 % par rapport à 2010)
Densité hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 11′ 16″ nord, 4° 45′ 03″ est
Altitude Min. 124 m
Max. 198 m
Superficie 8,19 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Marne

Voir sur la carte administrative de la Marne
City locator 14.svg
Massiges

Géolocalisation sur la carte : Marne

Voir sur la carte topographique de la Marne
City locator 14.svg
Massiges

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Massiges

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Massiges

Massiges est une commune française, située dans le département de la Marne en région Grand Est.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Massiges
Cernay-en-Dormois
Minaucourt-le-Mesnil-lès-Hurlus Massiges Ville-sur-Tourbe
Virginy

Histoire[modifier | modifier le code]

La Main de Massiges (1914-1918)[modifier | modifier le code]

Massiges, entonnoirs de mines.

Forteresse naturelle dominant la vallée de l'Aisne, cette colline située au nord du village doit son nom aux courbes de niveau qui dessinent sur le terrain et sur les cartes une main gauche. Les doigts en sont séparés par de profondes échancrures, que les combattants les voyant du fond de leur tranchée, ont appelé ravins.

La Main de Massiges marque la limite est du front de Champagne à la jonction du front de l'Argonne. Les Allemands se sont dès leur repli début septembre 1914, retranchés sur cette hauteur naturelle dont chaque doigt forme un bastion de cette forteresse naturelle. C'est sur cet obstacle que butent dès le , les troupes du Corps d'Armée colonial de la 4e Armée française, qui participaient à la contre-offensive succédant à la première bataille de la Marne.

Carte parue dans L'Illustration en 1915.

Elle fait l'objet d'attaques incessantes, surtout au cours des années 1914 et 1915, mais malgré la bravoure des Marsouins, elle n'a jamais été totalement investie. Son point culminant le Mont Têtu, que les Allemands appellent Kanonenberg, est truffé de formidables défenses, sans cesse renforcées. Il n'est définitivement pris que lors de la contre-offensive victorieuse de 1918. On peut voir sur le terrain la forme très particulière de cette colline et sur les parties non remises en culture, les traces qu'ont laissé sur le sol les combats qui s'y déroulèrent pour la conquérir ou pour la défendre. De nombreux corps des disparus des deux camps y reposent pour toujours.

François Flameng, peintre officiel de l'armée, a immortalisé ces cruels événements dans des croquis et dessins qui furent publiés dans la revue L'Illustration.

Depuis 2008, l'association « La main de Massiges » s'est constituée pour relater les combats meurtriers de cette triste période. Outre le devoir de mémoire, l'association a érigé un monument commémoratif et a reconstitué des tranchées dans leur état d'origine[1].

Une ancienne tranchée à Massiges.

Décorations françaises[modifier | modifier le code]

La commune est décorée de la Croix de guerre 1914-1918 le 20 septembre 1920.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Par décret du , l'arrondissement de Sainte-Menehould est supprimée et la commune est intégrée le à l'arrondissement de Châlons-en-Champagne[2].

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

La commune, antérieurement membre de la communauté de communes du canton de Ville-sur-Tourbe, est membre, depuis le 1er janvier 2014, de la CC de l'Argonne Champenoise.

En effet, conformément au schéma départemental de coopération intercommunale de la Marne du 15 décembre 2011[3], cette communauté de communes de l'Argonne Champenoise est issue de la fusion, au 1er janvier 2014, de :

Les communes isolées de Cernay-en-Dormois, Les Charmontois, Herpont et Voilemont ont également rejoint l'Argonne Champenoise à sa création[4].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 en cours
(au 4 juillet 2014)
Pierre Labat   Réélu pour le mandat 2014-2020[5],[6]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[8].

En 2015, la commune comptait 49 habitants[Note 1], en diminution de 2 % par rapport à 2010 (Marne : +1,24 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
156185180226243258263279236
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
235235213203177156153148148
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
150165153758677607483
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2015
888470677055495049
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006[10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La Main de Massiges[modifier | modifier le code]

Article détaillé : La Main de Massiges.

La Vierge aux Abeilles[modifier | modifier le code]

Détail de la Vierge aux Abeilles de Massiges.

Sans doute érigée vers 1854, par la population de Massiges, en reconnaissance de la protection apportée au cours d'une épidémie de choléra, cette statue en fonte réalisée par les fonderies A. Durenne dans la Haute-Marne, représente la Vierge Marie, les bras tendus comme pour accueillir et protéger tous ceux qui l'approchent.

Prise dans la tourmente des combats dès septembre 1914, elle resta toujours debout parmi les combattants. D'abord, malgré la destruction de son socle, près de son emplacement, au milieu des abris sommaires des combattants du Corps d'Armée colonial de la 4e armée française, jusqu'en septembre 1915. Après la grande offensive de Champagne engagée du 25 septembre au 6 octobre 1915, elle fut placée, appuyée contre un support de fortune, au milieu du cimetière militaire provisoire situé au bas de la Main de Massiges, à quelque 100 mètres plus au nord, sur le terrain conquis de haute lutte. Au cours du séjour dans ce cimetière, elle reçut une balle en plein cœur, comme pour offrir protection à un essaim d'abeilles qui prit place à l'intérieur de ce refuge ; seule blessure qu'elle ait reçu au cours de la guerre, malgré la violence des combats qui durèrent quatre ans tout autour d'elle.

Après la guerre, malgré différentes péripéties, les abeilles restèrent. Le , la vierge retrouva sa place sur le socle refait en partie avec les anciennes pierres, sur l'emplacement d'origine. Les abeilles suivirent. Le , cette statue fut officialisée « Monuments aux Morts » de la commune de Massiges. C'est à cette époque que les abeilles quittèrent ce havre de paix, sans doute mission accomplie pour la statue. Combien de combattants sont passés devant la Vierge, en montant en ligne, l'implorant en silence et lui demandant protection ? Et combien de ces héros sont tombés sur les flancs de la Main de Massiges, certains y reposant pour toujours ?

Monument en mémoire des disparus des combats de Champagne[modifier | modifier le code]

Sur le mur de l'église reconstruite après la Grande Guerre, ont été apposés une plaque et un cœur vendéen honorant la mémoire de ceux qui, tombés lors des combats sur la Main de Massiges, ne disposent d'aucune sépulture. Ce monument a été érigé au milieu des années 80 sur demande de monsieur Alphonse Guillet, originaire d'Olonne-sur-Mer en Vendée, dont le père était mort en 1915.

L'Atelier-Musée de la Main de Massiges[modifier | modifier le code]

Ce projet devenu réalité est l'œuvre d'un homme RAYMOND KNEIP[11], Maître Artisan Meilleur Ouvrier de France il est passionné. Depuis 1998 il passe tous ses moments de loisirs à la construction d'un Atelier Musée. Cet Atelier Musée a pour vocation de faire découvrir les outils et méthodes d'autrefois et de transmettre aux plus jeunes les valeurs du patrimoine français!

il y expose ses chefs-d’œuvres d'Ornemaniste, Épis, Coqs, Œuvre de Meilleur Ouvrier de France...

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Mise en valeur du patrimoine à Massiges : Une association pour ne pas oublier la Grande Guerre », L'Union,‎ (lire en ligne)
  2. Décret no 2017-453 du 29 mars 2017 portant suppression de l'arrondissement de Sainte-Menehould (département de la Marne), publié au JORF du .
  3. « Schéma départemental de coopération intercommunale de la marne » [PDF], Tout savoir sur votre SDCI, Association nationale des Pôles d'équilibre territoriaux et ruraux et des Pays (ANPP), (consulté le 19 juillet 2015), p. 2.
  4. « Arrêté préfectoral du 3 mai 2013 portant création du nouvel Établissement public de coopération intercommunale issu de la fusion de la Communauté de communes du canton de Ville-sur-Tourbe, de la Communauté de communes de la région de Givry- en-Argonne et de la Communauté de communes de la région de Sainte-Ménehould en y incluant les communes isolées de Cernay-en-Dormois, Les Charmontois, Herpont et Voilemont », Bulletin d'information et recueil des actes administratifs de la préfecture de la Marne, no 5 bis,‎ , p. 16-24 (lire en ligne [PDF]).
  5. Liste des maires au 1er août 2008, site de la préfecture de la Marne, consulté le 22 décembre 2008
  6. « Liste des maires du département de la Marne » [PDF], Renouvellement des exécutifs locaux, Préfecture de la Marne, (consulté le 19 juillet 2015).
  7. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  8. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  11. Sonia Legendre, « De l’or dans les mains », L'HEBDO DU VENDREDI,‎