Marie d'Agoult

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Marie d'Agoult
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Portrait de Marie d'Agoult par Henri Lehmann (1843)

Nom de naissance Marie Catherine Sophie de Flavigny
Alias
Daniel Stern
Naissance
Francfort-sur-le-Main (Hesse)
Décès (à 70 ans)
Paris
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français
Mouvement romantisme
Genres
Essais et histoire

Marie Catherine Sophie de Flavigny, comtesse d'Agoult, née le 31 décembre 1805 à Francfort-sur-le-Main (Hesse) et morte le 5 mars 1876 à Paris, est une femme de lettres française connue sous le pseudonyme de Daniel Stern.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marie d'Agoult a pour parents :

  • Alexandre Victor François de Flavigny (1770-1819), ci-devant noble français et émigré ;
  • Maria Elisabeth Bethmann (1772-1847), issue d'une vieille famille patricienne[1] allemande de religion protestante, originaire de Goslar, qui figure dès 1416 dans le "Registrum parochianorum" (registres de la paroisse catholique), puis, durant plusieurs siècles parmi les bourgeois dirigeants de cette ville, et qui, passée du catholicisme au protestantisme comme toute la population de Goslar lors de la Réforme, s'établit au XVIIIe siècle à Francfort où cette famille fonda une des plus célèbres maison de banque protestante.

Marie Catherine Sophie de Flavigny naît le 31 décembre 1805 à Francfort-sur-le-Main (Hesse).

Elle est éduquée, de quatorze à seize ans, au couvent des Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus, dans l'ancien hôtel Biron (actuel musée Rodin).

Elle épouse le comte Charles Louis Constant d’Agoult, (1790-1875) le 16 mai 1827 qu'elle quitte le 19 août 1835 après lui avoir donné deux filles :

En 1833 commence sa liaison Franz Liszt, dont elle a trois enfants :

Selon Sabine Cantacuzène, elle aurait en outre eu un garçon, Charles d'Avila, non reconnu par Franz Liszt, adopté et élevé par la famille D'Avila à Parme en Italie[4]. Ce garçon pourrait être issu de sa liaison avec Pierre Tribert, riche propriétaire foncier dans la région de Champdeniers ; elle séjourna dans son logis de Puyraveau[5].

Selon un des fils Tribert, celui-ci aidera financièrement Marie d'Agoult en lui versant un revenu régulier et par le fruit de différents placements boursiers, comme en 1866 où il placera pour elle 30 000 francs ; il n'habitera pas avec elle boulevard Malesherbes, mais avec le personnel dans une maison de la rue de Chaillot, « dans l'illusion d'une vie de couple ».

Durant le Second Empire, Marie tient un salon dans lequel se rencontrent les républicains comme Émile Ollivier, Jules Grévy, Carnot, Émile Littré ou encore l'économiste Dupont-White.

Avec l'accord de son époux elle fut obligée de vendre ses bijoux ; elle meurt le 5 mars 1876 à Paris et est enterrée au cimetière du Père-Lachaise, division 54.

Sa tombe est ornée d'un monument commandé par Tribert (maquette en plâtre au musée d'Agesci à Niort).

Hommage[modifier | modifier le code]

À Paris, dans le XVe arrondissement, la rue rue Daniel Stern porte son nom.

Amitiés et conflits[modifier | modifier le code]

La relation de Marie d'Agoult avec George Sand a été parfois amicale, le plus souvent conflictuelle[6].

En 1839, dans Béatrix, Honoré de Balzac fait des allusions directes à Marie d'Agoult qui se reconnaît dans le personnage de Béatrix de Rochefide[7].

Elle reconnaît aussi Sand dans le même roman décrite sous les traits flatteurs de Félicité des Touches (une authentique intellectuelle) mais apprécie si peu ce portait qu'elle se met aussitôt à haïr Balzac dès la parution du roman[8].

Son amitié a été précieuse à Julie-Victoire Daubié[9], première bachelière de France, qu'elle a mise en relation avec le milieu journalistique[10].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Autobiographie
  • Mes souvenirs, 1806-1833, Paris, Calmann Lévy, 1880 ; texte en ligne sur wikisource
  • Mémoires (1833-1854), avec une introduction de M. Daniel Ollivier, Calmann-Lévy, 1927.
Correspondance
  • Serge Gut et Jacqueline Bellas (éd.), Franz Liszt - Marie d’Agoult, Correspondance, Paris, Fayard, 2001, 1344 p. (ISBN 2-213-61010-X)
  • Marcel Herwegh, Au Printemps des Dieux, correspondance inédite de la comtesse Marie d'Agoult et du poète Georges Herwegh, Paris, Gallimard, 1929.

Références en français[11][modifier | modifier le code]

  • Claude Aragonnès, Marie d'Agoult une destinée romantique, Paris, Hachette, 1938-1983.
  • Robert Bory, Une retraite romantique en Suisse : Liszt et la comtesse d'Agoult, Lausanne, SPES, 1930.
  • Ariane Charton, Marie d'Agoult, une sublime amoureuse, Aix-en-Provence, Kirographaires, 2011, 293 p., (ISBN 978-2-91768-015-5).
  • Dominique Desanti, Daniel ou Le visage secret d'une comtesse romantique, Marie d'Agoult, Paris, Stock, 1980.
  • Camille Destouches, La passion de Marie d'Agoult, Paris, Armand Fayard, 1959.
  • Charles Dupêchez, Marie d'Agoult, 1805-1876, Paris, Plon, 1994, Perrin, 2001, 420 p., (ISBN 978-2-26203-533-4).
  • Marie Octave Monod, Daniel Stern, comtesse d'Agoult, de la Restauration à la IIIe république, Paris, Plon, 1937.
  • Daniel Ollivier, Autour de Mme d'Agoult et de Liszt, Paris, Bernard Grasset, 1941.
  • Henriette Rain, Les enfants du génie - Blandine, Cosima et Daniel Liszt, Paris, Presses de la Renaissance, 1986, (ISBN 2-85616-364-5).
  • Gonzague Saint Bris, Marie, l'ange rebelle, Paris, Belfond, 2007, 292 p., (ISBN 978-2-71444-267-3).
  • Jacques Albert Vier, La Comtesse d'Agoult et son temps, Paris, A. Colin, 1959-1963.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Lire: Claus Helbing: Die Bethmanns. Aus der Geschichte eines alten Handelshauses zu Frankfurt am Main. Gericke, Wiesbaden 1948.
  2. Blandine Ollivier, née Blandine-Rachel Liszt le 18 décembre 1835 à Genève et morte le 12 septembre 1862 à Saint-Tropez, est la fille aînée de Franz Liszt et de Marie d'Agoult. Elle est la première femme de l'homme politique français Émile Ollivier (1825-1913), qu'elle épouse le 22 octobre 1857 à Florence. Elle meurt à vingt-six ans des suites de l'accouchement de son fils Daniel, deux mois après lui avoir donné naissance..
  3. Cosima Wagner, née Cosima Francesca Gaëtana Liszt le 18 août 1837 à Côme est la deuxième fille de Franz Liszt. Elle épouse Hans von Bülow le 18 août 1857 ; elle divorce le 20 juillet 1869 pour devenir l’épouse de Richard Wagner le 25 août 1870. Elle meurt le 1er avril 1930 à Bayreuth, à 92 ans.
  4. Sabine Cantacuzène, Vie de la famille Brătianu, vol. I, Bucarest, éd. Albatros, 1993, p. 26.
  5. Yves-Jean Saint-Martin, Félix Dubois 1862-1945 : Grand reporter et explorateur de Panama à Tamanrasset, Paris, L'Harmattan, 2000, (ISBN 978-2-29640-416-8).
  6. George Sand, Entretiens journaliers, Œuvres autobiographiques, Bibliothèque de la Pléiade, t. II, Paris, 1971, p. 989, (ISBN 978-2-07010-644-8).
  7. Madeleine Fargeaud, 4e de couv., H. de Balzac, Béatrix, col. Folio classique, 1979, éd. Gallimard.
  8. André Maurois, Prométhée ou la vie de Balzac, librairie Hachette, Paris, 1965, p.  391, 546.
  9. Correspondance de Julie-Victoire Daubié, fonds Laure Reuchsel, bibliothèque Marguerite Durand, Paris.
  10. Lettres à Julie-Victoire Daubié, R.A Bulger, Peter Lang éditeur, 1992. New York.
  11. Il existe de nombreux ouvrages de référence sur Marie d'Agoult en anglais, allemand et italien.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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