Famille de Bethmann

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Bethmann
Armes de la famille.
Armes de la famille : Bethmann

Devise Tuebor
Branches Bethmann, Bethmann-Hollweg
Période XVIIe siècle-XXe siècle
Pays ou province d’origine Allemagne, Hesse
Allégeance Saint-Empire romain germanique
Preuves de noblesse
Admis aux honneurs de la Cour Jean-Jacques, consul impérial à Bordeaux, anobli par Joseph II du Saint-Empire (1776).

Simon-Moritz III, anobli par François Ier d'Autriche (1808), puis baron (1854). Philipp-Moritz, baron du Grand-Duché de Bade (1854).

La famille de Bethmann est une dynastie de banquiers et financiers d'origine allemande, fondateurs de la banque Bethmann[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Le premier représentant de la famille est Heinrich Bethmann, inscrit sur le Registrum parochianorum de la ville hanséatique de Goslar en 1416. Ses descendants sont inscrits dans les registres de Goslar en tant que propriétaires de demeures sur Stonestrate et Korngasse. Un autre Bethmann s'installe sur la Knochenhauerstraße en 1492, siège au conseil de ville, et est mentionné entre 1503 et 1520 en tant que Munteherr, fonctionnaire responsable de la frappe des monnaies. Ces premières fonctions sont en accord avec l'activité commerciale de Goslar, cité prospère grâce à l'exploitation des mines d'argent et au secteur prometteur de la métallurgie.

En 1512, Henning Bethmann est accepté dans la guilde des marchands. Il est nommé Tafelherr, conseiller responsable des finances de la ville en 1515, puis Munteherr en 1528 et Kistenherr en 1538. Ces différentes fonctions illustrent la croissance de l'influence sociale des Bethmanns dans leur berceau hanséatique[2].

L'origine du patronyme provient du métier de collecteurs d’impôts au Moyen Âge[3].

Dynastie banquière[modifier | modifier le code]

Portrait du consul Bethmann

Konrad Bethmann (1652-1701), est nommé en 1683 Münzmeister, maître de la Monnaie de la princesse de Nassau-Holzappel. Il obtient en 1687 les mêmes charges pour l'Ordre Teutonique de Friedberg, et en 1692 pour l'archevêché et l'électorat de Mayence. Il accroît ainsi considérablement sa fortune, fondement solide pour l'installation de ses petits-enfants dans le secteur bancaire. Son fils Simon-Moritz Bethmann (1687-1725) sert comme Amtmann, administrateur de la maison de Nassau-Weilburg[4].

À la mort de leur père, les fils de Simon-Moritz Bethmann reprennent la maison de négoce laissée en héritage par leur oncle. Johann Philip et Simon-Moritz II fondent ainsi en 1748 la banque Bethmann à Francfort. Leur frère Johann-Jakob s'installera en France pour fonder sa propre maison de commerce à Bordeaux. Les affaires de la firme Bethmann commencent à prospérer vers 1754 par le tissage de liens solides avec le pouvoir impérial. La banque traite avec l'empereur d'Autriche et de nombreux princes du Saint-Empire désireux de sécuriser leurs capitaux. La banque Bethmann domine alors ses concurrents à Francfort, et se place parmi les premières banques protestantes allemandes de l'Empire, en concurrence avec la Famille Rothschild.

Simon-Moritz III (1768-1826) prend la tête de la maison Bethmann de Francfort à la fin du XVIIIe siècle. Financier avisé et diplomate, il traite avec de nombreuses familles régnantes d'Europe. Il négocie avec la France pour obtenir une réduction des impôts pour le financement de la guerre, et s'occupe des négociations sur la sécularisation des biens ecclésiastiques. Il est nommé en 1802 consul de Russie pour la ville de Francfort, puis en 1807 consul général de Russie. Il sera ensuite désigné Staatsrat, membre du Conseil d'État de l'Empire Russe, puis anobli en 1808 par l'empereur François Ier d'Autriche.

L'un des descendants de Johann-Philipp Bethman, Théobald von Bethmann-Hollweg, réalise une carrière politique impressionnante et devient chancelier impérial.

Article principal : Theobald von Bethmann Hollweg.

Révolution industrielle[modifier | modifier le code]

Philipp-Moritz von Bethmann accède en 1833 à la direction de la banque Bethmann. Il redirige les financements de la banque vers les secteurs industriels en plein essor comme la construction des chemins de fer. Ce nouveau dynamisme permettra à la banque de suivre les transitions importantes du XIXe siècle et de ne pas s'éteindre comme d'autres firmes privilégiant des centres d'investissements plus traditionnels. La banque Bethmann finance une partie de la construction de la tour Eiffel à Paris.

Il est nommé consul de Prusse en 1842, obtient le titre héréditaire de baron dans le Grand-Duché de Bade en 1854, puis consul général de Prusse de 1854 à 1866. Son frère, Carl-Ludwig acquiert le château de Fechenbach en 1842.

Banque Bethmann[modifier | modifier le code]

La Banque Bethmann, autrefois Delbrück Bethmann Maffei AG, est aujourd'hui une banque privée dont le siège est toujours présent à Francfort-sur-le-Main. C'est une filiale de la banque néerlandaise ABN AMRO, crée en 2004 par la fusion des banques Delbrück Bankhaus & Co et Bethmann-Maffei. Elle enregistre au premier semestre 2011 des rentrées nettes d'environ 1 milliard d'euros, après un doublement à 1,3 milliard en 2010. Actuellement, les actifs sous gestion représentent environ 17 milliards d'euros.

La banque a acquis dernièrement la LGT Bank Deutschland, filiale allemande du groupe de gestion d’actifs et de patrimoine de la Maison princière du Liechtenstein.

Branche Bethmann de Bordeaux[modifier | modifier le code]

Maison de commerce et Traite occidentale[modifier | modifier le code]

Jean-Jacques de Bethmann s'installe à Bordeaux en 1740. Il fonde à vingt-quatre ans sa première maison de commerce avec son héritage. Bordeaux est alors une ville dynamique où s'établissent de plus en plus de négociants protestants allemands. Le jeune entrepreneur se lance dans le commerce des armes et profite des opportunités coloniales, tout en conservant l'activité familiale de banquiers. Il épouse la fille d'une importante famille de négociants huguenots de Bordeaux, Elisabeth Desclaux, qui lui permet de renforcer sa position commerciale. Il fonde ainsi une maison de commerce et d'armement Bethmann & Desclaux qui fournit les colonies.

Il finance de nombreuses opérations de commerce triangulaire: il s'associe en 1768 avec le négociant protestant Owerman qui organise des expéditions de traites négrières vers les colonies[5]. Il est nommé en 1768 premier consul impérial à Bordeaux, puis il est anobli en 1776 par Joseph II du Saint-Empire qu'il recevra dans sa propriété bordelaise en 1777. Il habite une demeure luxueuse sur le quai des Chartrons à Bordeaux, et possède un domaine viticole à Tondu.

Domaines viticoles[modifier | modifier le code]

Alexandre de Bethmann, arrière petit-fils de Jean-Jacques de Bethmann, investit dans la viticulture et se lance dans le négoce de vin. Il est élu maire de Bordeaux entre 1867 et 1870. Une rue bordelaise lui rend hommage, la rue de Bethmann.

Il fait l’acquisition du Château Gruaud-Larose et du Château Olivier vers 1870 et développe son activité. La seigneurie d’Olivier, datée du XIIe siècle, est aujourd'hui inscrite à l’Inventaire des Sites Pittoresques de la Gironde depuis 1946, et le château et l’orangerie sont recensés à l’Inventaire des monuments historiques depuis 1963. Le domaine appartient toujours à la famille et produit six Crus Classés de Graves en rouge et en blanc. Il s'étend sur environ quarante hectares d'un seul tenant.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Galerie de portraits[modifier | modifier le code]

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Connue sous le nom de Delbrück Bethmann Maffei AG, puis Bethmann Bank depuis 2011.
  2. La famille a cédé ses archives en 1965 à la ville de Francfort. Celles-ci occupent environ trois cents mètres linéaires, et le plus ancien document qui y est conservé est un accord du 29 mai 1321. Institut für Stadtgeschichte, Bankhaus Gebrüder Bethmann
  3. Dictionary of American Family Names at Answers.com (information issue de l'article de Wikipédia en anglais intitulé « Bethmann family »)
  4. Neues deutsches Adels-Lexicon, page 388
  5. Sur les traces de la traite des noirs à Bordeaux, Danielle Pétrissans-Cavaillès

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hans Sarkowicz, Die grossen Frankfurter, Insel, 1994.
  • Heinrich Pallmann, Gedenkbuch der Familie Bethmann, s.l., s.n..
  • Wilfried Forstmann, Simon Moritz von Bethmann, 1768-1826, W. Kramer, 1973.
  • Paul Darmstädter, Das Grossherzogtum Frankfurt: ein Kulturbild aus der Rheinbundszeit, J. Baer, 1901.
  • Thomas Lindemann, Les Doctrines darwiniennes et la guerre de 1914, 2001.
  • Gottlob Egelhaaf, Theobald von Bethmann Hollweg der fünfte Reichskanzler, 1916.
  • Wolfgang Henninger, Johann Jakob von Bethmann, 1717-1792, Bochum, Brockmeyer, 1993.
  • Alain Ruiz (dir.), Présence de l'Allemagne à Bordeaux, Talence, Presses universitaires de Bordeaux, 1997.
  • Séverine Pacteau de Luze, Les Protestants et Bordeaux, Mollat, 1999.
  • Les Patrons du Second Empire, Institut d'histoire moderne et contemporaine, Caen.
  • Michel Espagne, Bordeaux-baltique: la présence culturelle allemande à Bordeaux aux XVIIIe et XIXe siècles, CNRS, 1991.
  • Pierre Meller, Les Familles protestantes de Bordeaux, Bordeaux, 1902.
  • Alain Ruiz, Jean Mondot, Interférences franco-allemandes et révolution française, Talence, Presses universitaires de Bordeaux, 1994.
  • Gilbert Merlio, Bordeaux au temps de Hölderlin, Lang, 1997.