Météorologie à la télévision

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Présentateur météo faisant sa description du temps devant un écran bleu, et en haut l'image vue à la télévision.

La météorologie à la télévision se limite le plus souvent à la présentation de courts segments d'émissions, souvent appelés bulletins météo, sur les ondes des chaînes de télévision. On y donne les prévisions météorologiques à différentes échelles d'espace et de temps. Les présentateurs sont parfois des météorologues qualifiés, mais souvent ce sont des animateurs (souvent appelés par dérision « Miss Météo ») qui débutent dans le domaine télévisuel. La source des informations est le plus souvent le service météorologique national mais certaines stations, particulièrement aux États-Unis, ont leur propre équipe de prévision.

Ces bulletins sont de plus en plus en compétition avec les présentations des chaînes spécialisées de météorologie en continu. Ces dernières donnent non seulement les prévisions mais présentent également des reportages sur différents sujets reliés au temps comme l'actualité météorologique, des explications de certains phénomènes (cyclone tropical, orage, etc.), des prévisions saisonnières, des chroniques sur les effets du temps sur la santé, les dernières découvertes, etc.

Historique[modifier | modifier le code]

Diffusion aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, certaines chaînes de télévision ont commencé en 1940-41 à diffuser des bulletins météo, ce qui en fait le premier pays à le faire[1]. Prenant les bulletins du Weather Bureau (maintenant le National Weather Service), l'animateur d'une émission traçait en direct les dépressions, fronts et anticyclones, mentionnés dans la situation générale, et lisait la prévision. Par exemple, l'animateur d'une émission populaire du matin, le Today show de NBC, conversait en direct avec le météorologue du Bureau[2]. Le bulletin météorologique devenant très populaire, les réseaux nationaux de télévision ont engagé des météorologues professionnels pour se démarquer de leurs concurrents, mais au début des années 1960 arriva l’ère des « Miss Météo ». Ces dernières étaient vues par les dirigeants des stations comme plus plaisantes à regarder et avaient le mandat de mousser des produits comme les vêtements de boutiques locales[2].

Le temps qu'il fera demain est très important pour la population aux États-Unis. En effet, les ouragans, les tempêtes de neige et les orages violents affectent grandement l'économie et la sécurité des gens. Les bulletins de météo sont donc très suivis et les revenus publicitaires qu'ils rapportent ont incité les stations à revenir à des personnes crédibles mais divertissantes aujourd'hui. Les universités produisant un grand nombre de finissants en météorologie et en communication, les bulletins météo sont donc fait maintenant par des gradués de ces deux disciplines. Les stations font grand cas état de leur « précision » et ils représentent souvent leur employeur dans des événements publics[2]. De plus, ces stations vont souvent utiliser des programmes de présentation graphique spécialisés et même investir dans des équipements météorologiques comme des radars météorologiques à courte portée.

En 2001, John Coleman, chef météorologiste d'une station de télévision de Chicago (poste WLS-TV) et plus tard du programme matinal national de ABC Good Morning America, proposa un projet de poste spécialisé en présentation météorologique à Frank Batten, le propriétaire d'un journal en Virginie. Ce dernier avait réalisé que plusieurs de ses lecteurs achetaient le journal pour la prévision météo et il sauta sur l'idée. Après 10 mois pour trouver le financement et mettre sur pied l'infrastructure, The Weather Channel' entra en onde le à partir d'Atlanta (Géorgie). Ce fut le premier canal de télévision à diffuser les prévisions météorologiques 24 heures par jour[3]. Malgré le scepticisme de plusieurs et quelques années difficiles, ce canal météo est devenu un classique de la télévision américaine.

Diffusion au Canada[modifier | modifier le code]

Le premier présentateur de ce pays fut Percy Saltzman (en), un météorologue de profession, qui a lancé les bulletins réguliers à Radio-Canada anglophone en 1952. Il s’est rendu célèbre en donnant les prévisions et en décrivant les dégâts de l’ouragan Hazel dans le sud de l’Ontario[4]. Les bulletins télévisés de météo au Canada ont suivi un développement similaires à ceux des États-Unis. Cependant, il est moins courant de voir des météorologues à l'écran et les réseaux investissent peu dans de l'équipement météorologique. Il existe également une différence marquée entre la philosophie de présentation : les régions anglophones suivant plus souvent une présentation formelle tandis que les émissions québécoises francophones traitent le sujet comme un divertissement. L'exception à la règle étant Jacques Lebrun à Télé-Métropole durant les années 1970-80 et la présentation à Radio-Canada, ainsi qu'à RDI, qui sont plus axés sur la description des phénomènes que sur la simple présentation.

En 1987, une tornade d'intensité F4 frappa Edmonton, Alberta[5],[6]. Bien que le centre de prévision local du Service météorologique du Canada (SMC) ait envoyé des alertes météorologiques aux populations à temps, un manque de coordination dans les médias a retardé leur diffusion. Une commission d'enquête fut créée pour étudier ce cas et recommanda, entre autres, la mise sur pied d'un réseau consacré à l'information météorologique[7]. C'est ainsi que MétéoMédia/The Weather Network, un canal de nouvelles météorologiques en continu entre en ondes le .

Diffusion en France[modifier | modifier le code]

Logo du bulletin météo de TF1

La première diffusion d'un bulletin météorologique à la télévision française remonte au , et avait été présenté par Paul Douchy dans l'émission du Téléjournal[8],[1]. Les prévisionnistes de la Météorologie nationale (devenue depuis Météo-France) commentaient en direct, une fois par semaine, une carte météorologique du temps prévu pour le lendemain à l'antenne de la RTF. En février 1958, la France devient un des premiers pays à diffuser à la télévision un bulletin météo quotidien, après les États-Unis, le Canada et la Grande-Bretagne (BBC débuta en octobre 1954)[4],[1].

Les prévisions sont alors devenues de plus en plus fiables au fil des années[9]. En septembre 1987 sur TF1 et Antenne 2, mais en janvier 1988 sur FR3, le générique de la météo a été ajouté à la sortie du Journal Télévisé[réf. nécessaire]. En 1990, les bulletins météo commencent à se doter d'images satellite, permettant au téléspectateur de se représenter ce qui se passe à grande échelle. En 1996, la période de prévision est étendue à cinq jours et les infographies animées sont introduites par la suite[8].

À la suite du succès des chaînes de météo en continu en Amérique, La Chaîne Météo est lancée le premier jour de l'été 1995 par Jacques-Philippe Broux. En juin 2006, Météo consult rachète le réseau au Groupe Lagardère afin de compléter l'étendue de son offre, devenant ainsi le seul acteur opérant dans le secteur de la météorologie en Europe à maîtriser l'ensemble des canaux de diffusion de ses informations : téléphone, Internet, SMS, télécopieur et télévision. Le 2 octobre 2008, le groupe Le Figaro rachète La Chaîne Météo et la société Météo consult[10].

Techniques de présentation[modifier | modifier le code]

Les techniques de présentation ont grandement varié depuis les débuts de la télévision. Les premiers bulletins étaient surtout une lecture de la prévision accompagnée par des cartes et graphiques tracés sur tableau noir. Graduellement, des cartes standard avec des icônes pour décrire le temps ont été adoptées un peu partout[4]. Dans les années 1960, les radars et les satellites météorologiques sont apparus et leurs images ont été intégrées aux bulletins météo en images fixes.

Mais c'est le développement de la vidéo et des ordinateurs qui a permis de créer des présentations interactives. Entre autres, l'incrustation, faite à la volée, permet au présentateur de faire sa description du temps devant un écran monochromatique bleu ou vert, et la section technique ajoute les cartes au montage. Celles-ci peuvent être des boucles d'animation d'images satellitaires, radars ou de détection de foudre, des simulations l’évolution prévue des nuages, des champs de pression, des zones de pluie ou de neige, etc. Ils peuvent même intercaler des vidéos d'un événement météorologique qui fait la manchette ou tout autre graphique intéressant[1]. Des sociétés en informatique se spécialisent même dans la production d'infographie pour la météorologie et y intègrent des analyses habituellement réservées aux météorologues professionnels comme l'analyse des orages tornadiques et des cyclones tropicaux.

Audiences/Cotes d'écoute[modifier | modifier le code]

Les bulletins météo recueillent globalement de très bons scores d'audimat grâce à leur horaire de programmation, avant et après les journaux télévisés, et grâce au large public qu'ils intéressent. Leur faible durée, quelques minutes, est aussi un des facteurs de leur succès.

D'un autre côté, les émissions des canaux spécialisés en météorologie, qui répètent régulièrement la prévision, permettent à l'auditeur de s'informer quand bon lui semble. Les chroniques sur des sujets connexes suscitent également l'intérêt.

Audiences en France[modifier | modifier le code]

En 1993, un sondage de l'Institut national de l'audiovisuel de France révèle que 76 % des personnes interrogées regardaient des bulletins météo au moins trois à quatre fois par semaine[1].

En 2008, les bulletins météo de France 2 recueillaient une moyenne de 2,5 millions de téléspectateurs après le journal de 13 heures et 4,3 millions après le journal de 20 heures. Du côté de TF1, la météo est vue par environ 7 millions de personnes, soit un peu plus de 31 % de parts d'audience[11].

Présentateurs[modifier | modifier le code]

En Amérique du Nord, l'American Meteorological Society et la Société canadienne de météorologie et d'océanographie ont un programme de certification des présentateurs[12],[13]. Du côté américain, un diplôme en météorologie est nécessaire et un comité évalue leurs compétences et expériences avant de donner l'accréditation[12]. Du côté canadien, le diplôme peut être remplacé par une expérience et des connaissances acquises au travail[14]. Cette certification donne une certaine autorité auprès du public mais n'est pas obligatoire pour devenir présentateur.

Depuis 1991, le Forum International de la Météo se tient annuellement à Paris. Fondé à l'origine par François Fandeux, un journaliste, et soutenu par André Santini, il est depuis 2004 organisé en toute indépendance politique par la Société météorologique de France[15]. Cet événement a pour but de réunir, chaque année dans un colloque, les spécialistes mondiaux de la météo et du climat et les journalistes-présentateurs météo du monde entier afin de débattre de la situation climatique de la planète et des moyens de mieux en informer le public.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Plusieurs anecdotes circulent sur le travail des présentateurs de météo et ils sont souvent la cible de blagues. On retrouve même quelques films et séries télévisées qui ont un personnage de cette profession, parmi lesquels :

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e « les Cinquantième souriants », Bulletin de l'Association des anciens de la Météorologie, Météo-France, no 122,‎ , p. 12 (lire en ligne [PDF])
  2. a, b et c (en) « History of TV Weather Forecasting (According to Willard) », VOA News, (consulté le 2 mars 2009)
  3. (en) Frank Batten et Jeffrey L. Cruikshank, The Weather Channel: The Improbable Rise of a Media Phenomenon, Havard Business Scholl Press, , 304 p. (présentation en ligne)
  4. a, b et c (en) « Percy Saltzman, Canada's first TV weatherman, dies », CBC Arts, CBC,
  5. (fr) « Tornade meurtrière à Edmonton », Radio-Canada
  6. (fr) Service météorologique du Canada, « Tornades », Environnement Canada
  7. (fr) Comité sénatorial permanent de la Sécurité nationale et de la défense, « Les urgences nationales : Le Canada, fragile en première ligne : stratégie de renforcement », Gouvernement du Canada,
  8. a et b « La météo à la télévision », France 5, (consulté le 2 mars 2009)
  9. (fr) « Le bulletin météo et son histoire », Gralon.net, (consulté le 2 mars 2009)
  10. (fr) « Le Figaro rachète la Chaîne Météo et ses sites internet », Brève, Jeanmarcmorandini.com (consulté le 2 mars 2009)
  11. « La météo s'adapte à l'air du temps », sur Stratégies.fr, (consulté le 28 mars 2009)
  12. a et b (en) « AMS Certification Programs », American Meteorological Society, (consulté le 1er mars 2009)
  13. (fr)(en) « SCMO Présentateurs météo agréés - 2009 », Société canadienne de météorologie et d'océanographie, (consulté le 11 juillet 2008)
  14. (fr)(en) « Lignes directrices de la SCMO pour l’agrémentation des présentateurs météo », Société canadienne de météorologie et d'océanographie, (consulté le 11 juillet 2008)
  15. (fr) « Forum International de la Météo », Société Météorologique de France (association de loi 1901), (consulté le 23 octobre 2009)

Article et catégorie connexes[modifier | modifier le code]