Bruine verglaçante

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Bruine verglaçante
Symbol drizzle 56.svg
hydrométéore
Sous-classe debruine Modifier

La bruine verglaçante est un type de précipitations liquides qui tombent dans une masse d'air sous le point de congélation et gèlent au contact de tout objet pour donner du verglas. Le code METAR de la bruine verglaçante est FZDZ.

Formation[modifier | modifier le code]

La bruine est courante surtout dans les régions côtières ou dans des situations de nuages de peu d'extension verticale. Le mouvement vertical est alors limité dans une mince couche de l'atmosphère donnant des stratus et des stratocumulus. Les mouvements verticaux de l'air à l'intérieur de ces nuages ne sont pas assez forts pour leur permettre de développer les gouttellettes par collision, elles doivent donc croître surtout par condensation. C'est pour cela que ces gouttelettes sont très petites.

Si la température est sous le point de congélation dans toute la couche du nuage, les petites gouttes ne peuvent se congeler avant −10 °C du fait du manque de noyaux de congélation[1],[2]. Elles peuvent même rester dans cet état jusqu'à −39 °C si l'air est très pur comme dans les zones arctiques[1]. Ces gouttelettes sont donc dans un état de surfusion. En tombant, elles gèleront instantanément au contact de tout objet[3].

Impact[modifier | modifier le code]

Lorsque la bruine verglaçante s'accumule au sol ou sur les structures, elle crée une mince couche de verglas. Même si elle n'entraîne généralement pas d'accumulations importantes de glace, en raison de la faible dimension des gouttelettes et de son intensité, elle peut causer des problèmes significatifs. Ainsi, cette bruine se congelant sur une route donne de minces couches de glace noire qui peuvent provoquer des conditions extrêmement dangereuses, entraînant des collisions ou des sorties de route.

Le passage prolongé d'un avion dans une couche de bruine verglaçante en altitude peut aussi être extrêmement dangereuse. Les gouttelettes d'eau surfondues vont alors geler sur la cellule, dégradant considérablement ses performances aérodynamiques. La perte du vol 4184 d'American Eagle le fut attribuée à l'accumulation de glace sur les ailes dans de telles conditions[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b L. Dufour, « Noyaux glaçogènes dans l'atmosphère », Ciel et Terre, vol. 82,‎ , p. 1-34 (lire en ligne, consulté le 10 mai 2012)
  2. Organisation météorologique mondiale, « Noyau glacigène », Glossaire météorologique, Eumetcal (consulté le 6 février 2018)
  3. (en) Robert M. Rauber, John E Walsh et Donna Jean Charlevoix, Severe & Hazardous Weather : An Introduction to High Impact Meteorology, Dubuque, Iowa, Kendall/Hunt Pub. Co, , 612 p. (ISBN 978-0-7575-9772-5, présentation en ligne).
  4. (en) In-Flight Icing Encounter and Loss of Control, Simmons Airlines, d.b.a. American Eagle Flight 4184, Avions de Transport Régional (ATR), Model 72-212, N401AM, Roselawn, Indiana, October 31, 1994, National Transportation Safety Board, (lire en ligne [PDF]).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]