Ligue d'Alger de Football Association

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Ligue d'Alger de Football Association
Image illustrative de l'article Ligue d'Alger de Football Association

Sigle LAFA
Sport(s) représenté(s) Football
Création 1919
Disparition 1962
Président Louis Rivet
Siège 23 Boulevard Baudin, Alger
Affiliation FFF
Nations membres Algérie française
Clubs 149 (en 1955)

La Ligue d'Alger de Football Association, appelée également Ligue d'Alger de football ou Ligue d'Alger est une ancienne organisation de football en Algérie à l'époque coloniale française. Créée en 1920 dans le but de développer le football colonial à Alger ; elle s'arrête un moment pour cause de Seconde Guerre mondiale, puis reprend en 1946. Finalement elle cesse toute activité en 1962 après la fin de la Guerre d'Algérie qui consacre l'indépendance de l'Algérie et qui entraîne l'exode massif des colons vers la France signifiant l'abandon des clubs sportifs dirigés par les « colons » ainsi que leurs structures.

Affiliée à la Fédération française de football avec quatre autres ligues d'Afrique du Nord que sont les ligues : de Constantine, d'Oran, de Tunisie et du Maroc ; la Ligue d'Alger possédait donc comme ses quatre consœurs le statut de « ligue » ou « championnat » amateur, et possédait quatre divisions.

Ces ligues représentaient donc les principales régions de football en Afrique du Nord issues du découpage de l'administration coloniale française. Elles étaient très structurées et très hiérarchisés et organisaient des compétitions pour toutes les catégories d'âges en plus d'une dite « corporative » (catégorie ou championnat « corporative », ou entreprise), dont le plus haut niveau était appelé Division d'Honneur.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Ligue d'Alger de Football Association ou Ligue d'Alger de football était l'une des cinq ligues régionales du football en Afrique du Nord durant l'époque coloniale. Lorsque le football s'implanta au Maghreb à la fin du XIXe siècle, les grands organismes de gestions n'existaient pas encore. Les premières compétitions non officielles qui se déroulèrent au cours des années dix, étaient des tournois auto-organisés par les clubs participants. Le premier grand organisme de football français qui fait son apparition en Afrique du Nord en 1913, n'est autre que l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (créée en 1887). Elle sera rejointe puis remplacée en 1919 par la Fédération Française de Football Association fraîchement créée.

Louis Rivet: Président de la Ligue d'Alger de Football Association (LAFA) et président fondateur de l'Union des ligues nord-africaines de football (ULNA)

Ces instances du football français étaient représentées en Afrique du Nord par les cinq ligues régionales que sont celles du Maroc, d'Oran, d'Alger, de Constantine et de Tunisie. Ces cinq ligues créées en 1919 se retrouvaient fréquemment au sein de l'Union des ligues nord-africaines de football dans le but de coordonner la gestion de leurs différents championnats. Elles organisaient et géraient des compétitions de différents niveaux sur leurs territoires jusqu'aux années 1956 pour certaines et 1962 pour d'autres. Ainsi la Ligue d'Alger de football avait la gestion du football de tout le département d'Alger, comprenant les villes d'Aumale, de Blida, de Médéa, de Miliana, d'Orléansville, de Tizi Ouzou et d'Alger. Les différents clubs de ces villes appartenant au département d'Alger étaient donc tous affiliés à la Ligue d'Alger de football. Celle-ci organisa durant l'époque coloniale les championnats de cinq niveaux différents que sont: la Troisième Division, la Deuxième Division, la Première Division, la Promotion Honneur et la Division Honneur. Elle avait aussi la charge de l'organisation de la coupe départementale appelée Coupe Forconi de football, une compétition éliminatoire de type coupe qui concernait tous les clubs affiliés à la Ligue d'Alger.

Le plus haut degré de cette ligue amateur de football était la Division Honneur. Le champion de cette division était qualifié la saison suivante à un tournoi inter-ligue de plus haut niveau appelé Championnat d'Afrique du Nord de football. Cette compétition qui porta le nom de "Challenge Steeg" (en hommage à l'ex gouverneur d'Algérie Théodore Steeg) puis "Challenge Louis Rivet" (en hommage au premier président de la Ligue d'Alger et de l'Union des Ligues) rassemblaient les champions des divisions honneurs des cinq ligues d'Afrique du Nord de football était organisée par contre par la Fédération française de football qui délégua à l'Union des ligues nord-africaines la gestion de celle-ci. Il en sera de même dans les années trente avec la création de la Coupe d'Afrique du Nord de football, construite sur le même modèle que celui de la Coupe de France de football, dont le vainqueur de la Coupe Forconi pour la Ligue d'Alger participait au tournoi final opposé aux autres vainqueurs de coupe des autres ligues. Il arrivait parfois que la Ligue d'Alger envoyait deux participants pour une même compétition car en général le tenant du titre avait l'honneur de défendre son bien en compagnie soit du dauphin ou du finaliste s'il était redevenu champion, soit du champion.

Lorsque le Maroc et la Tunisie obtinrent leurs indépendances, les ligues de football de ces pays se retirèrent des compétitions sportives françaises. Les trois ligues algériennes se rassemblèrent pour former en 1957 l'Union des ligues algériennes de football. Celle-ci avait la charge d'organiser les deux nouvelles compétitions que sont la Coupe d'Algérie de football et le Championnat d'Algérie CFA qui constituait le sixième groupe de la CFA en France, sous la tutelle de la fédération française de football. Le but en créant ces nouvelles compétitions étaient d'intégrer rapidement les clubs algériens dans le système du football français. Les trois dernières ligues de football restantes en Afrique du Nord et qui étaient toutes algériennes, continuèrent malgré tout à conserver leurs statuts en poursuivant leur travail avec la gestion des compétitions de niveau régional inférieur à la CFA.

La ligue d'Alger de Football Association cessera toutes ses activités à l'indépendance de l'Algérie en 1962, de même que les ligues d'Oran et de Constantine. Elle aura connu deux présidents, une interruption de deux ans pour cause de Seconde Guerre mondiale mais surtout trente cinq saisons pleines de football. La Fédération algérienne de football prendra le relais en s'appuyant les structures déjà établies des trois ex ligues régionales algériennes de football.

Repères chronologiques[modifier | modifier le code]

Afin de bien comprendre le contexte historique et politique dans lequel s'insère cet organisme de football ainsi que les différentes compétitions qu'il gère, il est judicieux d'observer les quelques repères chronologiques importants. Quatre évènements clefs ont perturbé la pratique de ce sport et fait trembler la Ligue d'Alger de Football Association.

Le refus du communautarisme[modifier | modifier le code]

La France a toujours véhiculé un principe de laïcité, un héritage acquis lors de la Révolution française, qui s'appliquait même dans ses colonies. Ce principe n'a pas pour seule fonction la notion de séparation entre l'église et l'état, elle a aussi celle de lutter contre toutes formes de communautarisme. Dans le sport cette notion de lutte contre le communautarisme s'applique également. Tous les clubs de sports à cette époque, que ce soit en métropole ou dans les colonies, étaient toutes des associations sportives de type omnisports, régies par la loi de 1901. Il n'existait pas dans les clubs colons de clivage entre colons et musulmans car la pratique du sport était ouverte à tous. Lorsque des clubs entièrement musulmans ou israélites sont apparus sans même la présence d'européens au sein de leurs effectifs, l'administration française en place craignait que des clivages communautaires se forment. D'ailleurs les rencontres en football de type "derby" entre club colons et musulmans représentaient un énorme risque. Le sport étant universelle, un symbole puissant, il était inconcevable pour le gouvernement colonial qui prônait les valeurs de la république française, d'accepter tout marquage identitaire.

« Le sport doit être le lien permettant d'unir Français et Musulmans dans le même désir de performances et de nobles aspirations, en éliminant toute rivalité de religions et de races »

Le Commandant de la Division Militaire d'Oran
dans le quotidien "Les Échos d'Oran" daté du [1]

Afin d'atténuer cette tendance identitaire plusieurs circulaires furent éditées entre les années 1928 et 1936, obligeant les clubs musulmans à se défaire de tout communautarisme. L'une d'elle concernait le terme musulman dans les noms de clubs. Il était dérangeant pour l'administration coloniale de voir le mot musulman dans les noms des clubs; la première circulaire de 1928 stipulait qu'à côté de ce mot devait apparaître le terme français, ou du moins la lettre F dans leurs sigles. Ainsi certains changements ont été constatés avec l'exemple de plusieurs clubs dans toute l'Algérie, comme l'USM Blida renommé en USFM Blida (Union sportive franco-musulmane de Blida). Cela eût un effet négatif et fit naître un sentiment de révolte de la part des clubs musulmans se sentant opprimés, avec pour conséquences parfois des rencontres de football entre équipes des deux ethnies très houleuses et l'intervention de l'armée.

En se rendant compte des conséquences que pouvait avoir une telle circulaire, le gouvernement colonial trouva de nouveau la parade afin d'empêcher tout soulèvement populaire. En effet une deuxième circulaire en 1930 obligea toute associations sportives musulmanes d'intégrer dans leurs effectifs un quota de joueurs colons, avec d'abord trois joueurs puis cinq lors d'une troisième circulaire en 1935. De plus avec la circulaire de 1936, on demanda à ces clubs d'avoir dans leurs structures dirigeantes des français sous peine d'être dissoutes. D'ailleurs des rencontres furent annulées pour cause de non-respect de quotas comme ce fut le cas lors de la rencontre à Oran entre le CAL Oran (colon) et l'USM Oran (musulman) en mars 1936[1]. Ces circulaires d'un point de vue sportif furent terribles entraînant la cessation de toutes activités de certains clubs à Oran (avec l'exemple de "L'OCFO" l'Olympique Football Club d'Oran un club de football juif qui fut contraint à l'arrêt) mais aussi à Tlemcen, Mascara et Mostaganem. Les clubs les plus expérimentés comme le MC Alger et l'USM Oran sachant qu'ils ne gagneraient rien à se révolter, se soumirent sans rechigner en incluant des joueurs et des dirigeants français.

L'arrêt des compétitions en Afrique du Nord[modifier | modifier le code]

Le boycott des associations sportives musulmanes[modifier | modifier le code]

Les dernières compétitions de l'époque coloniale[modifier | modifier le code]

Organismes[modifier | modifier le code]

Règlements intérieurs[modifier | modifier le code]

Bulletin d'informations[modifier | modifier le code]

À cette époque les compétitions sportives ne bénéficiaient pas des grandes techniques de diffusions audiovisuelles. Même si quelques rencontres étaient télévisées ou radiodiffusées, ceci était quelque chose d'assez rare hors métropole. Certains reportages pouvaient avoir lieu mais cela demeurait quelque chose d'assez rare. Pour connaitre les résultats sportifs on s'en remettait principalement aux différents journaux spécialisés ou non. La Ligue d'Alger de Football Association possédait son propre organe de diffusion, un journal sobrement appelé "Alger Football". Il existait également d'autres organes de diffusions similaires dans les autres Ligues régionales de football (Oran, Constantine, Maroc et Tunisie).

1re page d'un exemplaire de l'hebdomadaire Alger Football (aujourd'hui disparu), l'organe officiel de la Ligue d'Alger de Football Association, N°1165, daté du vendredi .

Ce journal dont le siège se trouvait au 23 Boulevard Baudin (aujourd'hui connu sous le nom Boulevard colonel Amirouche) à Alger paraissait à un rythme hebdomadaire chaque vendredi. Dedans étaient retranscris tous les résultats des compétitions de toutes les divisions de la Ligue d'Alger (commission des compétitions coupes et championnats). Il y avait également les résultats sportifs des compétitions de jeunes (commission des jeunes), du championnat corporatiste (commission corporative), des sélections régionales (équipe junior et senior d'Alger) ainsi que des compétitions inter-régionales comme le Championnat d'Afrique du Nord de football et la Coupe d'Afrique du Nord de football (que l'on pouvait suivre aussi dans l'organe de l'Union des ligues nord-africaines de football).

On y retrouvait également toutes les décisions du Bureau de la Ligue, de la commission technique, de la commission des finances pour l'aspect financier, de la commission de discipline pour les avertissements et les convocations, de la commission de l'arbitrage pour la désignation des arbitres, de la commission des terrains et de la commission des licences pour les différentes "mutations" (les transferts de l'époque), de la commission médicale pour les surclassements de catégories.

Ce journal prouve à quel point la Ligue d'Alger de football était fortement structurée. Lorsque les clubs tunisiens et marocains se retirèrent des compétitions sportives françaises, les trois ligues algériennes de football que sont les Ligues d'Oranie, d'Alger et de Constantine, se rassemblèrent pour former l'Union des Ligues Algériennes de Football. À la création de cette nouvelle ligue il fut décidé qu'un organe officiel serait également édité pour retranscrire les résultats sportifs des compétitions sportives nouvellement créées (Coupe d'Algérie (époque coloniale) et Championnat d'Algérie CFA) dont cette ligue en avait la charge, sous la tutelle de la FFF. Toutefois les ligues régionales historiques (Alger, Oran et Constantine) gardèrent leurs statuts de ligue régionale en continuant d'organiser les compétitions des niveaux inférieurs. Celles-ci conservèrent également leurs organes de diffusions qui restèrent actives jusqu'à l'indépendance. Le dernier numéro de cet hebdomadaire fut le N°1606, il parut un vendredi , et marqua la fin d'une époque, celle du football colon. Il sera remplacé par l'organe officiel de la Fédération algérienne de football appelé "Algérie Football", conçu de la même manière qu'Alger Football et dont le premier numéro paraîtra un samedi .

Palmarès de la Ligue d'Alger[modifier | modifier le code]

  • Championnat de la Ligue d'Alger de Football Association (LAFA), Palmarès[2],[3] :
De 1921 à 1930 Champion d'Alger De 1931 à 1940 Champion d'Alger De 1941 à 1950 Champion d'Alger De 1951 à 1962 Champion d'Alger
Saison 1920-1921 FC Blidéen [A 1] Saison 1930-1931 AS Boufarik [A 2] Saison 1940-1941 Non Joué (Guerre) Saison 1950-1951 GS Alger [A 3]
Saison 1921-1922 FC Blidéen Saison 1931-1932 GS Alger Saison 1941-1942 AS Boufarik Saison 1951-1952 AS Saint-Eugène [A 4]
Saison 1922-1923 FC Blidéen Saison 1932-1933 AS Boufarik Saison 1942-1943 AS Saint-Eugène Saison 1952-1953 FC Blidéen
Saison 1923-1924 FC Blidéen Saison 1933-1934 RU Alger [A 5] Saison 1943-1944 AS Saint-Eugène Saison 1953-1954 GS Alger
Saison 1924-1925 AS Boufarik Saison 1934-1935 RU Alger Saison 1944-1945  MC Alger Saison 1954-1955 GS Alger
Saison 1925-1926 US Blida [A 6] Saison 1935-1936 AS Saint-Eugène Saison 1945-1946 RU Alger Saison 1955-1956 GS Orléansville [A 7]
Saison 1926-1927 GS Orléansville Saison 1936-1937 GS Alger Saison 1946-1947 GS Alger Saison 1956-1957 AS Saint-Eugène
Saison 1927-1928 GS Alger Saison 1937-1938 [A 8] AS Boufarik Saison 1947-1948 O Hussein-Dey [A 9] Saison 1957-1958 GS Alger
Saison 1928-1929 FC Blidéen Saison 1938-1939 RU Alger Saison 1948-1949 O Hussein-Dey Saison 1958-1959 O Hussein-Dey
Saison 1929-1930 AS Saint-Eugène Saison 1939-1940  MC Alger Saison 1949-1950 O Hussein-Dey Saison 1959-1960 GS Orléansville
Saison 1960-1961 GS Alger
Saison 1961-1962 Inachevé
  • Titres de champion d'Alger, par club
Rang Club Nombre de titre Année du titre
1 Gallia Sports Algérois 9 1928, 1932, 1937, 1947, 1951, 1954, 1955, 1958 et 1961.
2 FC Blidéen 6 1921, 1922, 1923, 1924, 1929 et 1953.
- AS Saint-Eugène 6 1930, 1936, 1943, 1944, 1952 et 1957.
4 Association Sportive Boufarik 5 1925, 1931, 1933, 1938 et 1942.
5 Racing Universitaire d'Alger 4 1934, 1935, 1939 et 1946
- Olympique Hussein-Dey 4 1948, 1949, 1950 et 1959.
7 Groupement Sportif Orléansville 3 1927, 1956 et 1960.
8 Mouloudia-Club Algérois 2 1940,1945.
9 union sportif Blédéen 1 1926.

Palmarès de la Première Division de la Ligue d'Alger[modifier | modifier le code]

  • Championnat de la Première Division de la Ligue d'Alger de football Association (LAFA), Palmarès :
De 1921 à 1930 Champion d'Alger De 1931 à 1940 Champion d'Alger De 1941 à 1950 Champion d'Alger De 1951 à 1962 Champion d'Alger
Saison 1920-1921 Saison 1930-1931 Saison 1940-1941 Saison 1950-1951
Saison 1921-1922 Saison 1931-1932 O. Hussein-Dey Saison 1941-1942 Saison 1951-1952
Saison 1922-1923 Saison 1932-1933 Saison 1942-1943 Saison 1952-1953
Saison 1923-1924 Saison 1933-1934 Saison 1943-1944 Saison 1953-1954 ASPTT Alger
Saison 1924-1925 Saison 1934-1935 Saison 1944-1945 Saison 1954-1955
Saison 1925-1926 Saison 1935-1936 MC Alger Saison 1945-1946 Saison 1955-1956
Saison 1926-1927 Saison 1936-1937 Saison 1946-1947 USM Blida Saison 1956-1957
Saison 1927-1928 Saison 1937-1938 US Ouest Mitidja Saison 1947-1948 Saison 1957-1958
Saison 1928-1929 Saison 1938-1939 GS Orléansville Saison 1948-1949 Saison 1958-1959
Saison 1929-1930 Saison 1939-1940 Saison 1949-1950 O. Marengo Saison 1959-1960 (formation CFA)

Bilan analytique[modifier | modifier le code]

Trente-sept éditions se déroulés dans cette compétition entre les années 1921 et 1959. Deux éditions manquent car la compétition s'arrêta un moment durant la Seconde Guerre mondiale, soit celles des années 1940 et 1941. Les premières années sont largement dominées par les clubs originaires de la Mitidja avec à leur tête le FC Blida. Déjà vainqueur dans les années dix de deux challenges non officiels en 1911 et 1912, cette équipe qui possède déjà de solides bases deviendra le premier vainqueur de cette compétition et sera même quadruple vainqueur consécutif de l'épreuve (un record) entre les années 1921 et 1925. Elle obtiendra son cinquième titre en 1929 et récidivera une sixième fois vingt ans plus tard en 1953. Son rival la deuxième équipe de Blida, l'US Blida ne s'imposera qu'une seule fois en 1926. Son grand voisin l'AS Boufarik lui par contre prendra le relais en s'imposant à quatre reprises lors des éditions 1925, 1931, 1938 et 1942.

Les années suivantes les clubs originaires de la ville d'Alger se partageront les titres. Si le Racing Universitaire d'Alger réalise des performances honorables en s'imposant à quatre reprises dont deux consécutivement, lors des éditions 1934, 1935, 1939 et 1946; le gros des titres est âprement disputé par les deux frères ennemis de ce championnat à savoir le Gallia Sports d'Alger et l'AS Saint-Eugène. Ces deux clubs sont les plus titrés de cette compétition avec chacun à leur palmarès huit victoires finales. Le Gallia est sacré champion lors des éditions 1928, 1932, 1937, 1947, 1951, 1954, 1955 et 1958. L'AS Saint-Eugène quant à lui est sacré lors des éditions 1930, 1933, 1936, 1943, 1944, 1945, 1952 et 1957.

Dans la banlieue d'Alger, précisément à Hussein-Dey, on ne doit pas oublier l'équipe de l'Olympique Hussein-Dey. Cette équipe reconnue avant tout pour avoir été un club formateur et possédant peu de moyens financiers, se hissera au même niveau que les plus grands de cette compétition, en s'imposant à quatre reprises dont trois fois consécutivement, lors des éditions 1948, 1949, 1950 et 1959. C'est également le dernier vainqueur de cette compétition avant la formation du championnat CFA.

Et enfin pour être le plus complet possible avec l'analyse de ce palmarès, à Orléansville actuellement connu sous le nom de Chlef (situé à l'Est d'Alger mais dépendant comme Blida à l'époque du Département d'Alger), l'équipe portant le nom de Groupements Sportif Orléansville remportera deux titres de championnat. Le premier est remporté lors de l'édition 1927, quant au second près de trente ans plus tard le sera en 1956.

Si les clubs colons se distinguent plutôt bien dans cette Division Honneur de la Ligue d'Alger de football, les clubs musulmans en revanche peinent beaucoup. Peu d'entre eux parviennent en Division Honneur. Le plus expérimenté d'entre eux n'est autre que le MC Alger. Celui-ci accède en Division Honneur lors de l'édition 1936 et y restera jusqu'au retrait de toutes les associations sportives musulmanes des compétitions sportives sur la demande du FLN, en 1956. Le Mouloudia d'Alger réalisera d'excellentes performances en s'imposant par deux fois dans la coupe départementale appelé Coupe Forconi. En ce qui concerne la Division Honneur, elle se distinguera dans le critérium non officiel de 1940. Il n'y a pas eu de compétition officielle pour cause de guerre avec l'Allemagne où une poignée d'équipes participèrent à ce tournoi. Ce résultat ne peut donc pas être pris en compte dans le palmarès de la Division Honneur. D'autres parts à l'issue de l'édition 1945 officiellement remportée par l'AS Saint-Eugène, le Mouloudia réussira l'exploit de terminer premier ex æquo du championnat. Néanmoins à cause d'un moins bon goal average que l'équipe de Saint-Eugène (ville connue aujourd'hui sous le nom de Bologhine), celle-ci n'est donc que vice-championne. le MC Alger termina cinq autres fois second dans cette compétition dont trois fois à un point du champion, lors des éditions 1948 (derrière l'Olympique Hussein-Dey), 1952 (derrière l'AS Saint-Eugène) et 1954 (derrière le Gallia Sports d'Alger).

Il ne s'agit pas du seul club musulman à parvenir à ce niveau dans cette compétition. L'USM Blida, à ne pas confondre avec le club colon de l'US Blida, rejoindra le Mouloudia dans l'élite de la Ligue d'Alger à la fin des années trente. Les usmistes réussiront à se maintenir dans cette division malgré le manque de moyens jusqu'au retrait des clubs musulmans de toutes compétitions sportives. Leur meilleur résultat fut une cinquième place au classement acquise lors des éditions 1953, 1954 et 1955. Signalons également l'apparition fugitive de l'USM El Harrach au début des années cinquante, et qui portait à l'époque le nom de USM Maison Carrée (en référence au quartier d'Alger Maison Carrée qui est devenu à l'indépendance El Harrach). Ainsi que celle tardive du NA Hussein Dey, voisin du club colon l'Olympique Hussein-Dey ; en 1953.

Et enfin en ce qui concerne les autres clubs pionniers du football algérien ayant participé aux différentes compétitions de la Ligue d'Alger sans parvenir en Division Honneur, on peut citer la JS Kabylie qui échoue de peu l'accession en 1953, mais accédera à la division Promotion Honneur créée lors de cette édition. Elle restera dans l'antichambre de la Division Honneur jusqu'au retrait des clubs musulmans des compétitions sportives en 1956. L'USM Alger connaîtra le même sort, souvent dans l'ombre du MC Alger qui faisait figure de cador connaîtra comme la JSK plusieurs saisons en Première Division (longtemps le niveau inférieur à la Division Honneur jusqu'à la création de la Promotion Honneur en 1954) de la Ligue d'Alger, avant de connaître lui aussi la Promotion Honneur. N'oublions pas également les deux clubs de Belcourt (commune renommée à l'indépendance Belouizdad), le CA Belcourt et le WR Belcourt (tous deux fusionneront pour donner le club que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de CR Belouizdad), qui réalisèrent de bonnes performances dans les divisions inférieurs, dont une présence du widad en Promotion Honneur. De même que le RC Kouba sans oublier l'USMM Hadjout qui portait à l'époque le nom de USM Marengo (en référence à Marengo une ville du Sud-Ouest d'Alger, renommée en Hadjout à l'indépendance), qui réalisèrent également de bonnes performances en Première Division et en Promotion Honneur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il s'agit du club: Football Club Blida appelé aussi Football Club Blidéen
  2. Il s'agit du club: Association Sportive Boufarik
  3. Il s'agit du club: Gallia Sport d'Alger qui peut s'écrire aussi en GSA
  4. Il s'agit du club: Association sportive saint-eugénoise appelé aussi Association sportive de Saint-Eugène
  5. Il s'agit du club: Racing Universitaire d'Alger qui peut s'écrire aussi RUA
  6. Il s'agit du club: Union sportive de Blida appelé aussi Union SportiveBlidéene
  7. Il s'agit du club: Groupement Sportif Orléansville appelé aussi Groupement Sportif Orléansvillois
  8. Palmarès de la saison 1937-1938
    • Division d'honneur :
      • 1re équipe : AS Boufarik
      • 2e équipe : GS Alger
      • 3e équipe : GS Alger
      • 4e équipe : MC Alger
    • 1re division :
      • 1re équipe : US Ouest Mitidja
      • 2e équipe : GS Orléansville
      • 3e équipe : GS Orléansville
    • 2e division :
      • 1re équipe : USM Blida
      • 2e équipe : AST Alger
      • 3e équipe : USM Blida
    • 3e division :
      • 1re équipe : FC Arba
      • 2e équipe : O Pointe-Pescade
  9. Il s'agit du club: Olympique Hussein-Dey qui peut aussi s'écrire en OHD

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Lahcène Belahoucine, « La Saga du football algérien », page 49, Éditions HIBR, Alger, 2010.
  2. L.A.F. Annuaire édition 1955-56 : Statuts, règlements et nomenclatures des clubs affiliés, Fédération française de football, , 174 p., p. 21
  3. Lahcène Belahoucine, « La Saga du football algérien », page 67, Éditions HIBR, Alger, 2010

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : source utilisée pour la rédaction de l’article

  • Lahcène Belahoucine, La Saga du football algérien., Alger, HIBR., 2010. Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes[modifier | modifier le code]