Liaqat Ali Khan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Khan (homonymie).
Liaqat Ali Khan
لیاقت علی خان
Liaqat Ali Khan
Liaqat Ali Khan
Fonctions
Premier ministre du Pakistan

(4 ans, 2 mois et 2 jours)
Souverain Élisabeth II du Royaume-Uni
Gouverneur Muhammad Ali Jinnah
Sir Khawaja Nazimuddin
Successeur Khawaja Nazimuddin
Ministre des affaires étrangères du Pakistan

(2 ans, 4 mois et 13 jours)
Ministre de la défense du Pakistan

(4 ans, 2 mois et 2 jours)
Ministre des finances de l'Inde

(9 mois et 16 jours)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Karnal, Pendjab
Drapeau de l'Empire britanniques des Indes Inde britannique
Date de décès (à 56 ans)
Lieu de décès Rawalpindi
Drapeau du Pakistan Pakistan
Nationalité Drapeau du Pakistan pakistanaise
Parti politique Ligue musulmane

Nawabzada Liaquat Ali Khan ou plus simplement Liaqat Ali Khan est un homme politique pakistanais, né le 1er octobre 1895 à Karnal dans le Raj britannique et assassiné le 16 octobre 1951 à Rawalpindi, au Pakistan. L'un des dirigeants prééminents de la Ligue musulmane, il se bat lors de la domination britannique sur l'Inde pour les droits des musulmans, puis pour la création d'une entité souveraine séparée pour les musulmans du sous-continent indien. Particulièrement proche du fondateur du Pakistan Muhammad Ali Jinnah, il devient le premier Premier ministre du Pakistan après la création du pays, en poste du 14 août 1947 au 16 octobre 1951. Il est parfois considéré comme le successeur politique de Jinnah.

Issu d'une famille musulmane de riche propriétaire terrien et influente politiquement de Karnal, Liaquat Ali Khan vit sa jeunesse dans une Inde sous domination britannique. Il commence sa scolarité à domicile, puis dans les institutions publiques indiennes dans lesquelles il commence ensuite ses études. Il poursuit ses dernières à l'université d'Oxford d'où il sort diplômé en droit. Ayant commencé son militantisme dans des associations étudiantes de défense des droits des musulmans, il rejoint en Inde la Ligue musulmane dont il sera un membre prééminent occupant plusieurs postes à responsabilité. Il est élu plusieurs fois député provincial et national, et participe au gouvernement britannique de transition vers l'indépendance en tant que ministre des finances.

Liaquat Ali Khan est l'un des artisans de la création du Pakistan, dont il sera le premier chef du gouvernement. Durant ses quatre ans de fonction, il gère les troubles consécutifs à la partition des indes ainsi que les mouvements massifs de population. Tentant de s'étendre la souveraineté du Pakistan à tout le Cachemire, il s'affronte avec l'Inde lors de la première des trois guerres qui vont opposer les deux pays. Au niveau international, il tente un rapprochement avec les États-Unis tout en développant ses relations avec le bloc de l'Est et en rejoignant le mouvement des non-alignés. Sur le plan interne, il fait face à l'opposition socialiste et communiste et connait des tensions avec la hiérarchie militaire, préfigurant ainsi l'avenir politique du pays.

Famille et éducation[modifier | modifier le code]

Liaqat Ali Khan accompagné de sa femme et ses enfants.

Liaqat Ali Khan est issu d'une famille musulmane, originaire de la province du Pendjab de l'Inde britannique. Il est né à Karnal, dans l'actuel État indien de l'Haryana, le 1er octobre 1895[1]. Son père, Nawab Rustam Ali Khan, possède plusieurs titres honorifiques, est respecté par le gouvernement britannique, et est surtout un grand propriétaire terrien dont les possessions s'étendent entre le Pendjab et les Provinces unies d'Agra et d'Oudh (actuel Uttar Pradesh)[2]. Sa famille a obtenu les faveurs du gouvernement britannique quand le grand-père de Liaqat Ali Khan, Nawab Ahmed Ali Khan, a soutenu l'armée britannique lors de la révolte des cipayes en 1857[3].

Avant de rejoindre l'école, Liaqat Ali Khan reçoit une éducation religieuse de sa mère, Mahmoodah Begum[4]. Il poursuit ensuite sa scolarité dans le système public britannique, puis est admis à l'Université musulmane d'Aligarh où il étudie le droit et les sciences politiques. Il obtient ensuite un baccalauréat universitaire en science politique, puis un Bachelor of Laws en 1918. Il part l'année suivante au Royaume-Uni, puis rejoint le Collège d'Exeter de l'université d'Oxford où il obtient un Master of Laws en 1921, ainsi qu'une récompense pour ses résultats. À cette époque, il est notamment trésorier honoraire d'une association étudiante nommée Indian Majlis, qui promeut les droits des étudiants indiens musulmans. Il suit une formation d'avocat à Inner Temple l'année suivante, puis commence à pratiquer dans le pays[2].

En 1918, il se marie avec sa cousine, Jehangira Begum[4]. En 1932, il se remarie avec Begum Ra'ana, enseignante et figure du mouvement pour le Pakistan. Après l'indépendance, elle plaide pour la place des femmes dans la nouvelle société pakistanaise, et contribue notamment à la création du corps médical de l'armée pakistanaise et à la formation des femmes y travaillant.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Militantisme en Inde britannique[modifier | modifier le code]

Liaqat Ali Khan rentre en Inde en 1923 et rejoint la politique nationale, en opposition du gouvernement britannique et dans le but de défendre les droits des musulmans indiens. Dans un premier temps, il se rapproche du Congrès national indien de Nehru et soutient donc l'unité indienne, mais il se tourne ensuite rapidement vers Muhammad Ali Jinnah en rejoignant la Ligue musulmane la même année. En mai 1924, Ali Khan participe à la session annuelle de la ligue à Lahore et contribue donc à la mise en œuvre de son agenda et de sa stratégie politique[4]. En 1926, il est largement élu député local des Provinces unies, qui sont un fief électoral de la Ligue musulmane. Il s'est présenté dans une circonscription rurale du district de Muzaffarnagar, sous une étiquette indépendante, comme les autres membres de la Ligue. En 1932, il est élu sans opposition vice-président de l'Assemblée législative de la province[2], et fonde au sein de celle-ci le groupe politique « Parti démocrate »[5]. Durant ses années, il s’efforce de promouvoir les idées de la Ligue dans la province et de structurer les militants, notamment grâce aux associations étudiantes, et met en avance la défense des droits des musulmans face au gouvernement britannique.

Étant donné l'influence grandissante d'Ali Khan au sein de la Ligue, il participe à la convention nationale de Calcutta, puis en 1928 il discute du rapport Nehru, que la Ligue musulmane va rejeter, et il participe en 1930 à la première des trois Round Table Conference qui réunit le gouvernement britannique, le Congrès national indien et la Ligue. Elle aboutit à un échec et Ali Khan quitte la vie politique indienne pour partir en Angleterre en 1933, de même que Jinnah. Dans le même temps, la Ligue voit son influence décliner suite au départ de nombre de ses soutiens parlementaires[6].

Mouvement pour le Pakistan[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mouvement pour le Pakistan.
Dirigeants musulmans de la Ligue musulmane lors de la résolution de Lahore.

Durant leur exil au Royaume-Uni, Ali Khan et sa femme restent en contact avec Muhammad Ali Jinnah, et tente de le convaincre de reprendre la lutte politique en Inde en réorganisant la Ligue musulmane, ce qu'il fait finalement en 1934[5]. Le 12 avril 1936, lors de la session annuelle de la ligue à Bombay, Ali Khan en devient le secrétaire honoraire, poste qu'il occupera jusqu'à la partition des Indes[7]. En 1940, il prend la vice-direction de la branche parlementaire de la ligue à l'Assemblée législative centrale, afin de laisser Jinnah s'occuper de la politique extra-parlementaire. Il occupe également d'autres fonctions au sein de son parti, comme président du bureau parlementaire central, animateur du comité d'action et par ailleurs directeur-général du quotidien anglophone Dawn, fondé par Jinnah[8].

Durant l'année 1940, Liaqat Ali Khan participe à la résolution de Lahore, qui aboutira plus tard à la création du Pakistan. La même année, il est élu sans opposition député à l'Assemblée législative centrale pour une constitution de Bareli. L'année suivante, la Ligue musulmane adopte dans son agenda la résolution de Lahore sur proposition de Khan[8]. Lors des élections législatives indiennes de 1945, Ali Khan remporte un siège de député dans la circonscription de Meerut. En plein dans le contexte du Mouvement pour l'indépendance de l'Inde, les britanniques mettent en place un gouvernement intérimaire visant à faire la transition avec l'indépendance, et celui-ci est constitué de membres du Congrès national indien, de la Ligue musulmane et de représentants d'autres minorité. Ali Khan prend la tête de la ligue au sein de ce cabinet, et obtient le portefeuille de la finance. Au même moment, le gouvernement britannique et la Congrès acceptent l'idée d'un pays indépendant pour les musulmans du sous-continent indien, ouvrant la voie à la création du Pakistan le 14 août 1947 dans les territoires majoritairement peuplés de musulmans[5].

Premier ministre du Pakistan[modifier | modifier le code]

Muhammad Ali Jinnah à gauche et Liaquat Ali Khan à droite, en 1946.

Accession au pouvoir et luttes[modifier | modifier le code]

Liaquat Ali Khan devient Premier ministre du Pakistan le jour de la création officielle du pays, le 14 août 1947. Il est nommé à ce poste par le nouveau Gouverneur général du Pakistan, Muhammad Ali Jinnah, fondateur du pays et chef de la Ligue musulmane. Le pays connait alors un régime de transition en attendant la rédaction d'une constitution, durant laquelle le pays est un dominion rattaché à la couronne britannique.

Suite au déroulement chaotique de la partition des Indes, à la première Guerre indo-pakistanaise et aux débuts des guerres baloutches, le leadership du Premier ministre a été critiqué par diverses voix, notamment les communistes et les socialistes actifs dans le pays et la hiérarchie militaire. Surtout, les relations avec Jinnah se dégradent sérieusement alors que celui-ci, gravement malade, vit ses derniers jours. Des témoins font notamment état de conversation tendues alors que Jinnah reprocherait au chef du gouvernement son ambition et son manque de loyauté[9]. Ali Jinnah meurt finalement le 11 septembre 1948, à peine un an après l'indépendance du Pakistan, et laisse un héritage lourd à porter pour le Premier ministre à la tête d'un pays en crise. En remplacement, Ali Khan nomme Khawaja Nazimuddin, un Bengali provenant du Pakistan oriental, au poste de Gouverneur-général en remplacement de Jinnah[9].

Les luttes de pouvoir vont ensuite surtout impliquer la naissante hiérarchie militaire pakistanaise, qui va s'opposer à la politique d'Ali Khan, notamment concernant l'approche diplomatique de son gouvernement vis-à-vis de l'Inde et du Cachemire, mais son rapprochement de l'occident ainsi que l'incompétence et la corruption alléguée de son gouvernement. Ce conflit est principalement dévoilé par le « complot de Rawalpindi » mené par le chef de l'armée Akbar Khan avec le soutien de la figure communiste Faiz Ahmed Faiz[9]. Révélé par des fuites, le complot est mis en échec par le gouvernement d'Ali Khan qui arrête les principaux suspects et obtient le soutien d'une part importante du reste de la hiérarchie militaire.

Gestion de la partition (1947)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Partition des Indes.

Dès ses premiers mois d'existence, le pays est confronté à un mouvement de population de grande ampleur de part et d'autre et la frontière avec l'Inde. Le gouvernement de Liaquat Ali Khan ne parviendra pas à éviter les violences communautaires et à limiter le flux de réfugiés. Les communautés musulmanes et hindoues d'un coté, et les population locales et les nouveaux immigrés de l'autre, s'affrontent violemment, débouchant notamment sur des émeutes, des meurtres et viols de masses. Les deux gouvernements échouent à contrôler la situation, dans un contexte de constitution des institutions de pays nouvellement indépendant. Le gouvernement pakistanais échoue de même à maintenir les minorités religieuses, notamment hindoues et sikhs, malgré les souhaits de Jinnah et éprouve des difficultés pour intégrer les immigrés musulmans ourdouphones, arrivant principalement des Provinces unies d'Agra et d'Oudh[10]. De même, le nombre important d'immigrés venant d'Inde, et s'installant principalement dans les grandes villes, notamment de la province du Sind, vont créer des conflits communautaires, la population immigrée représentant parfois la moitié de la population de certaines ville, voire devenant majoritaire, comme à Karachi, dans laquelle les conflits communautaires subsistent toujours aujourd'hui. À l'inverse, le Pakistan oriental échappe aux violences massives, malgré d'importants mouvements de population également. Selon le gouvernement américain, le bilan de cette période s'établit à 250 000 morts et de 12 à 24 millions de déplacés[10].

Politique militaire et guerre avec l'Inde (1947 - 1949)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Première Guerre indo-pakistanaise.
Soldats indiens durant la première Guerre indo-pakistanaise.

Dès les premiers moments de son gouvernement, Liaqat Ali Khan doit faire face à la première Guerre indo-pakistanaise. Les tensions éclatent autour du Cachemire, alors que le maharaja Hari Singh de l’État princier de Jammu-et-Cachemire est sommé de choisir entre l'Inde et le Pakistan. Le gouvernement pakistanais, qui estime que la principauté lui revient de droit étant donné que la majorité de sa population est musulmane, décide d'une intervention militaire. Alors que le général britannique Frank Messervy refuse de mener l'opération, le gouvernement le remplace dans ses fonction de chef de l'armée pakistanaise par Douglas David Gracey et le Premier ministre lui ordonne d'intervenir au Cachemire pour soutenir les tribus opposées au maharaja[9].

Des divergences seraient ensuite apparues entre le Premier ministre Ali Khan et le gouverneur-général Muhammad Ali Jinnah, le dernier étant davantage favorable à une solution militaire pour « libérer » le Cachemire et à une confrontation face à l'Inde, alors que le chef du gouvernement aurait été davantage favorable à une solution négociée par le biais des Nations unies[9]. Un cessez-le-feu entre finalement en vigueur le 1er janvier 1949, contre notamment la promesse d'un référendum d'autodétermination sous la supervision des Nations unies. L'accord contribue notamment à aliéner une partie de la hiérarchie militaire contre le gouvernement, accusé d'avoir abandonné la cause cachemiri[9].

Dans le même temps, l'armée est appelée par le gouvernement pour intervenir dans la province méridionale du Baloutchistan, afin de forcer des dirigeants tribaux récalcitrants à s'intégrer au Pakistan. Le frère du prince de l'État de Kalat, Karim Khan, est l'un des principaux protagonistes de la révolte. Il fuit finalement en Afghanistan le 16 mai 1948 afin de mener une rébellion armée contre le gouvernement pakistanais depuis l'autre coté de la frontière, mais sa demande d'exil étant refusé, il est rapatrié au Pakistan en septembre 1948. L'État de Kalat sera finalement dissout en 1955.

Par ailleurs, les relations entre ce premier gouvernement et la hiérarchie militaire ont été problématiques, préfigurant ainsi de l'avenir du pays. Le chef de l'armée Douglas David Gracey entre notamment en conflit avec le Premier ministre, et ce dernier le remplace par Muhammad Ayub Khan en janvier 1951. Cette manœuvre n'empêche pourtant pas la montée des tensions, et une partie de la hiérarchie militaire s'associe avec l'opposition communiste et socialiste pour renverser le gouvernement. Le Premier ministre annonce le 9 mars 1951 qu'une opération de police a conduit à l'arrestation des principaux accusés, notamment Akbar Khan, le numéro deux de l'armée, l'intellectuel Faiz Ahmed Faiz ainsi que quatorze officiers de l'armée. Jugés en secret, ils seront condamnés à des peines allant de quatre à douze ans.

Politique économique et sociale[modifier | modifier le code]

Le Premier ministre Liaqat Ali Khan à gauche rencontre le président du Massachusetts Institute of Technology.

Peu après l'indépendance, l'économie pakistanaise est sous-développée et déstructurée, souffrant de l'absence d'un système bancaire, d'une industrie quasiment inexistante, d'une agriculture peu développée et basée sur un système féodal dans les mains de riches familles possédant de vastes terres. Sur l'idée du ministre des finances Malik Ghulam Muhammad, Liaqat Ali Khan mène une politique de planification économique à l'aide d'un plan quinquennal, mais dans le cadre d'une économie capitaliste en cherchant à développer les investissements privés[10]. Le premier plan est présenté le 8 juillet 1948, et outre le développement des infrastructures du pays, il est basé sur la théorie libérale du ruissellement qui vise à doper les investissements par le biais de l'épargne privée et cherche également à minimiser le coût de production. La Banque nationale du Pakistan qui est instaurée en novembre 1949 met aussi un place le système bancaire, et défend la monnaie nationale, la roupie pakistanaise. Toutefois, le plan quinquennal est dépendant de l'aide financière américaine et souffre malgré tout de mauvais financement et du manque de personnels compétents. D'un autre côté, le pays souffre aussi de la guerre avec l'Inde et des dépenses militaires que cela induit, de même que de la guerre monétaire avec l'Inde, qui refuse de reconnaitre la monnaie pakistanaise avant février 1951, ainsi que de l'absence totale d'échanges commerciaux entre les deux pays avant 1950 et de l'absence totale du convergence économique entre les deux pays, le Premier ministre indien Jawaharlal Nehru mettant de son côté en place une économie socialiste[10]. Le plan n'est pas mené à son terme après la mort du Premier ministre en octobre 1951 et est largement considéré comme un échec. Le plan suivant, établit sur la période 1955-1960 sera également désigné comme le « premier plan »[9].

Liaqat Ali Khan tente de développer le système éducatif et universitaire du pays, d'abord en s’appuyant sur les institutions héritées de l'Empire britannique, puis en favorisant les infrastructures des sciences et technologies grâce à divers scientifiques qu'il place à de hauts postes, dont certains venant d'Inde et auxquels il attribue la nationalité. Dès 1947, il met en place le programme national d'éducation et crée notamment l'Université du Sind.

Relations internationales[modifier | modifier le code]

Liaqat Ali Khan rencontrant le président américain Harry S. Truman en mai 1950.

Dans un contexte de début de guerre froide, Liaquat Ali Khan est courtisé tant par l'Union soviétique que par les États-Unis. L'URSS est la première à inviter le Premier ministre à visiter le pays. Cela dit, bien que développant un discours proche du Mouvement des non-alignés, le gouvernement accepter finalement une proposition américaine pour se rapprocher du bloc de l'Ouest et le Premier ministre effectue un visite officielle aux États-Unis[11]. Bien que signalant que la position officielle du pays restera neutre, le Pakistan obtient des américains une aide économique pour le développement. Toutefois, les relations se détériore nettement quand les États-Unis demandent au Pakistan d'appuyer les américains dans la Guerre de Corée avec deux divisions de l'armée pakistanaise. Le Pakistan accepte à condition d'un soutient américain inconditionnel à propos du Cachemire, ce qui les États-Unis refusent, soucieux de préserver leurs relations avec l'Inde. Les relations se détériorent encore quand le Premier ministre indien Jawaharlal Nehru effectue une visite officielle aux États-Unis, puis lors de la crise d'Abadan, quand le Pakistan refuse de soutenir les États-Unis face à l'Iran. De même, le gouvernement et la hiérarchie militaire s'impatiente du manque de soutien américain à propos du Cachemire, et le gouvernement aurait refusé aux États-Unis le déploiement d'une base militaire américaine. En représailles, les américains auraient menacé de couper l'aide financière apportée au pays.

D'un autre côté, le pays a développé ses liens avec divers autres pays, comme l'URSS, la Chine et l'Iran. Le Pakistan a établit officiellement ses relations avec l'Union soviétique en avril 1948, et le mois suivant, un accord est annoncé. À ce propos, Liaqat Ali Khan a déclaré : « Le Pakistan ne peut pas se permettre d'attendre, il doit prendre ses amis là où il les trouve ». Une visite d'Ali Khan à Moscou a été plusieurs fois évoquée, mais n'a jamais eu lieu[11]. En janvier 1950, le Pakistan est l'un des premiers pays à reconnaitre le régime communiste de Chine et accueillera son ambassadeur dès septembre 1951, et le pays deviendra un allié stratégique majeur. L'alliance aurait été considérée comme profitable, étant donné la rivalité traditionnelle entre la Chine et l'Inde[11].

Assassinat[modifier | modifier le code]

Le 16 octobre 1951, Liaqat Ali Khan est tué de deux balles tirés dans la poitrine lors d'une réunion publique de la Muslim City League à Rawalpindi. La police tire alors en direction de l'assassin et le blesse gravement. Transféré à l’hôpital, il reçoit une transfusion sanguine mais succombe ensuite de ses blessures. Ali Khan est enterré dans le mausolée Mazar-e-Quaid, où est enterré Muhammad Ali Jinnah. Il reçoit le titre de Shaheed-e-Millat (martyr de la nation) et le parc dans lequel il est mort a été renommé en son nom.

Les motifs de l'assassin, qui a été identifié comme étant Saad Akbar Babrak, n'ont jamais été clairement élucidés. Il est d'abord mentionné comme étant un nationaliste afghan d'ethnie pachtoune qui aurait tué le Premier ministre pour des motifs politiques, espérant par exemple affaiblir le Pakistan et permettre la réunion des Pachtounes dans une seule nation[12]. Toutefois, diverses autres sources présentent Akbar Babrak comme un tueur à gage.

Héritage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The Annals of Karnal (1914) par Cecil Henry Buck, p. 33
  2. a, b et c (en) Dr M Yakub Mughal, « Liaquat Ali Khan: A worthy successor to the Quaid », sur jang.com.pk (consulté le 3 mars 2015)
  3. Lepel Griffin's Punjab Chiefs Volume One
  4. a, b et c (en) Nikhat Ekbal, Great Muslims of undivided India,‎ (lire en ligne), p. 71-73
  5. a, b et c (en) « Liaquat Ali Khan », sur Story of Pakistan,‎ (consulté le 4 mars 2015)
  6. (en) S. M. Ikram, Indian Muslims and Partition of India,‎ (lire en ligne), p. 472-492
  7. Rizwana Zahid Ahmad, Pakistan: The real picture, p. 161
  8. a et b Rizwana Zahid Ahmad, Pakistan: The real picture, p. 162
  9. a, b, c, d, e, f et g (en) Ashok Kapur, Pakistan in Crisis,‎ (lire en ligne)
  10. a, b, c et d (en) « Problems at Independence », sur United States Government,‎ (consulté le 4 mars 2015)
  11. a, b et c (en) « The foreign policy of Liaquat Ali Khan », sur Dawn.com,‎ (consulté le 17 avril 2014)
  12. (en) Zarrar Khuhro, « Unexplained assassinations », sur The Express Tribune,‎ (consulté le 22 avril 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]