Mouvement pour le Pakistan

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Ne doit pas être confondu avec Mouvement du Pakistan pour la justice.
Photo du minaret appelé Minar-e-Pakistan
Le Minar-e-Pakistan, où a été adoptée la résolution de Lahore.

Le Mouvement pour le Pakistan ou Tehrik-e-Pakistan (en ourdou : تحریک پاکستانTaḥrīk-i Pākistān) désigne un ancien mouvement politique dont l'objectif est l'indépendance du Pakistan vis-à-vis de l'Empire britannique, pour former un État-nation regroupant les populations musulmanes du sous-continent indien.

Évoluant en parallèle au mouvement pour l'indépendance de l'Inde, avec lequel il partage des vues et motifs similaires, le mouvement pour le Pakistan cherche à établir un état-nation qui protège l'identité religieuse et les intérêts politiques des musulmans en Asie du Sud[1]. Les premiers mouvements politiques organisés apparaissent à l'université musulmane d'Aligarh où un mouvement littéraire, mené par Syed Ahmad Khan, construit la genèse du mouvement pour le Pakistan[2]. Lors d'une conférence tenue en 1906 à Dhaka grâce aux efforts conjoints de Syed Ahmad Khan et Vicar-ul-Mulk, les réformateurs musulmans amènent le mouvement au niveau politique en créant la Ligue musulmane, avec des dirigeants proéminents et modérés cherchant à protéger les droits de base des musulmans au sein du Raj britannique[3].

Plus tard, la proposition de constitution de Muhammad Ali Jinnah aide au ralliement du public envers le mouvement dans les quatre provinces[4]. En parallèle, les poètes ourdous tels que Iqbal ou Faiz utilisent la littérature, la poésie et les discours comme outils pour éveiller les consciences politiques[5],[6],[7], tandis que les féministes telles que Sheila Pant et Fatima Jinnah luttent pour l'émancipation des femmes musulmanes et leur participation à la politique nationale[8].

Le mouvement pour le Pakistan a été mené par un large groupe de personnes d'horizon divers et de leur combat a résulté l'Indian Independence Act de 1947 par l'Empire Britannique, qui crée les dominions indépendants de l'Inde et du Pakistan, composé de l'union des quatre provinces situées au nord-ouest du sous-continent indien, de l'état princier du Jammu-et-Cachemire et de la région nord-est du Bengale[9],[10],[11].

Histoire du mouvement[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Raj britannique et Anglophilie.
Robert Clive rencontrant l'empereur Shah Alam II en 1765.

La compagnie britannique des Indes orientales est créée en 1600 et met le pied en Inde en 1612 après que l'empereur Moghol Jahângîr lui donne les droits d'établir un comptoir dans le port de Surate sur la côte ouest. Alors que l'empire moghol voit sa puissance décliner rapidement, l'empire britannique s'étend rapidement pour prendre le contrôle du sous-continent dans les années 1700. L'influence politique, sociale et économique de la Compagnie britannique des Indes orientales et leur force de frappe militaire puissante ont limité l'autorité du dernier empereur moghol, Muhammad Bahâdur Shâh. La défaite de Tipû Sâhib, le dirigeant de l'état de Mysore, est l'évènement qui entérine le contrôle, plus ou moins direct, de l'Inde du Sud par la compagnie britannique des Indes orientales[12].

Dans tout le sous-continent indien, le gouvernement britannique prend le contrôle de la machinerie d'état, la bureaucratie, les universités, les écoles et institutions en plus d'établir les siennes[13]. Durant cette période, les réformes éducatives radicales et influentes de Thomas Babington Macaulay ont amené de nombreux changements en introduisant l'apprentissage des langues occidentales (anglais et latin), l'histoire et la philosophie[14],[15]. Les études religieuses et les langues arabes, turques, et persanes ont été complètement retirées des universités d'état. Dans un court laps de temps, l'anglais est devenu non seulement le médium de l'instruction mais aussi la langue officielle en 1835 à la place du persan, désavantageant ceux qui ont bâti leur carrière sur la maitrise de cette langue[15].

Après la bataille de Seringapatam, les enfants de l'empereur Tipû Sâhib rendent leur armes à Lord Cornwallis en 1799.

Les sciences islamiques et hindous ne sont plus soutenues par la couronne britannique, et presque tous les madrassa perdent leur waqf (lit. leur fonds de dotation)[14],[15]. Mécontent de ces réformes, les rebelles musulmans et hindous initient la première rébellion en 1857 qui est écrasée par les forces britanniques, suivie de l'abdication du dernier empereur moghol Bahadur Shah II, la même année. Notant la criticité du problème, la reine Victoria supprime la compagnie britannique des Indes orientales et consolide le pouvoir en mettant directement le sous-continent sous l'aile de l'empire britannique. Les conséquences directes ont été la suppression rapide de tous les symboles moghols ce qui suscite une attitude négative parmi certains musulmans contre tout ce qui est moderne et occidental, et une indisposition à faire usage des opportunités disponibles sous le nouveau régime[13]. Cette tendance, qui s'est prolongée longtemps, s'est révélée désastreuse pour la communauté musulmane[13].

En justifiant ces actions, l'argument notable de Macaulay est que le Sanskrit et l'alphabet arabe sont totalement inadéquat pour les étudiants en histoire, science et technologie. Il justifie, « Nous avons à éduquer un peuple qui ne peut à présent être éduqués par les moyens de leur langue maternelle. Nous devons leur enseigner une langue étrangère ». La solution dont il parle est d'apprendre l'anglais[14].

Une renaissance[modifier | modifier le code]

Sir Syed Ahmad Khan est devenu une inspiration pour le Mouvement pour le Pakistan.

Finalement, de nombreux musulmans ont refusé que leurs enfants soient scolarisés dans des universités anglaises ce qui s'est montré désastreux pour les communautés musulmanes. Très peu de familles musulmanes ont envoyé leurs enfants dans les universités anglaises. D'un autre côté, la renaissance du Bengale rend les populations hindous mieux éduquées et atteignent des postes lucratifs dans la fonction publique ; nombreux sont ceux qui atteindront des postes influents dans le gouvernement britannique.

Durant cette période, un éducateur et réformateur musulman influent, Syed Ahmad Khan, commence à défendre l'importance de l'éducation britannique[13]. Syed est un juriste et un érudit qui a été anobli par la couronne britannique pour ses services envers l'empire britannique. Assistant à cette atmosphère de désespoir et de découragement, Syed fait des tentatives pour raviver l'esprit du progrès au sein de la communauté musulmane de l'Inde britannique[13]. À des rassemblements importants de musulmans, il déclare que les musulmans, dans leur effort pour se régénérer, ont échoué à réaliser le fait que l'humanité est entrée dans une phase très importante de son histoire — une ère de science et d'apprentissage[13]. En dépit de critiques rudes de la part de l'orthodoxie islamique, il a contribué à convaincre de nombreuses communautés musulmanes que le savoir factuel est la source du progrès et la prospérité pour les Britanniques[13],[16]. Donc, l'éducation moderne est devenue le pivot de son mouvement pour le renouvellement des Indiens musulmans. Il essaye de transformer le point de vue musulman de celui du Moyen-Âge à celui de la modernité[13].

Syed conseille aux communautés musulmanes de ne pas participer à la politique à moins d'avoir reçu une éducation moderne[17]. Il est de ceux qui considèrent que les musulmans ne peuvent réussir dans la politique à l'occidentale sans connaitre le système[17]. Dans les années 1900, Syed est invité à la première convention du Congrès national indien, et certains ont tenté de le convaincre de rejoindre la réunion, mais il a supposément refusé la proposition[17].

Au lieu de cela, il a incité les musulmans à se tenir à l'écart du Congrès et prédit que cette convention finira par être un pur parti hindou quand le moment de l'indépendance viendra[17]. En réponse au congrès, Syed appelle à la création du All India Muhammadan Educational Conference qui permet aux musulmans d'avoir une organisation où ils peuvent discuter de leurs problèmes politiques. Syed devient aussi le fer de lance du mouvement d'Aligarh qui fournit une éducation occidentale aux communautés musulmanes[17]. Cela aboutit avec l'ouverture de l'Université musulmane d'Aligarh (AMU) qui devient le pivot de l'enseignement moderne des sciences et techniques, de la politique, de la loi et de la justice, de la littérature, de l'histoire et des arts contemporains. Les écrits de Syed et les travaux universitaires ont joué un rôle important dans la popularisation des idéaux pour lesquels Aligarh combattait tout en aidant à créer des relations cordiales entre la couronne britannique et les indiens musulmans[17]. L'un de ses plus grands succès est la levée des incompréhensions entre Christianisme et Islam[17]. C'est à partir de ce programme que Syed Ahmad Khan prévient les musulmans de ne pas rejoindre le Congrès dominé par les hindous et aussi promeut l'idée que les hindous et les musulmans forment deux nations distinctes. Ses écrits, arguments, théories, et plus tard ses efforts se sont combinés et son idée est devenue populaire sous le nom de Théorie des deux nations[17]. Au moment de sa mort, Syed est désormais connu comme le père de la théorie des deux nations et gagne le titre de « Prophète de l'Éducation »[17].

Le mouvement d'Aligarh et la théorie des deux nations fournissent les bases du Mouvement pour le Pakistan. Avec l'aide de Syed et du Nawab Vicar-ul-Mulk, la Ligue musulmane (AIML) est fondée en 1906, suivie par la vision de Mohamed Iqbal d'une terre pour les musulmans en 1930, jusqu'à la résolution de Lahore en 1940, et la Ligue gagne en force pour finalement obtenir une terre séparée pour les musulmans d'Inde[18]. Après sa mort et la création du Pakistan, le nom de Syed continue d'être extrêmement respecté au Pakistan ; une des plus importantes universités du pays porte son nom[16].

Naissance d'un mouvement organisé[modifier | modifier le code]

La Ligue musulmane à la session de Lahore. La femme portant la burqa est Muhatarma Amjadi Banu, épouse de Ali Jouhar. Elle est une représentante importante des femmes musulmanes des Provinces unies durant le Mouvement[19],[20].

En 1876, la reine Victoria prend le titre d'Impératrice des Indes[21]. Décidé par la reine, le Government of India Act de 1833 confie la charge de gouverneur général à Lord William Bentinck. L'aboutissement de la All India Muhammadan Educational Conference est la Ligue musulmane, établie avec l'appui de Syed Ahmad Khan en 1906. La ligue est créée à Dhaka en réponse à la réintégration du Bengale qu'une protestation hindou massive soutient dans le sous-continent ; plus tôt en 1905, le vice-roi Lord Curzon avait divisé en deux le Bengale ce qui fut plébiscité par les musulmans, qui obtenait ainsi une majorité dans la moitié est[22]. La réunification se produit tout de même en 1911.

En 1909, Lord Minto promulgue le Council Act et rencontre une délégation musulmane menée par Aga Khan III[23],[24],[25],[26], qui propose un arrangement que Minto approuve. La délégation comporte 38 membres, représentant chacun leur région respective de façon proportionnelle[27].

L'objectif originel de la Ligue musulmane est de définir et protéger les intérêts des classes supérieures et gentry des indiens musulmans[28]. Ses activités éducatives se situent à l'université musulmane d'Aligarh (AMU), l'université de Calcutta et l'université du Pendjab ; bien que son siège soit à Lucknow[28]. Les idées du penseur britannique John Locke sur la liberté ont grandement influencé la pensée politique du parti[28]. C'est la dissémination de la pensée occidentale de John Locke, John Milton et Thomas Paine à l'AMU qui a initié l'émergence du nationalisme musulman[28]. Aga Khan III est nommé président fondateur de la ligue ; Ali Johar écrit la constitution du parti[28]. Malgré son activisme et son éducation des masses, le parti reste moins influent dans certaines régions comparé à d'autres mouvements comme le mouvement des Khaksars ou le Khudai Khidmatgar jusqu'aux années 1930.

Dans les années 1930, Mohamed Iqbal rejoint le parti dont les écrits, discours, idées philosophiques, et son éducation britannique jouent un rôle crucial dans l'expansion de la Ligue musulmane[29]. De plus, la position pro-britannique de la ligue, la lutte pro-constitution de Jinnah, Ali Khan, et d'autres dirigeants pour les droits des musulmans en font un parti extrêmement populaire dans les régions dominées par les musulmans[30]. Le succès de la Ligue musulmane aux élections de 1934 dans les zones majoritairement musulmanes jouent un rôle important dans la séparation entre Ligue musulmane et Congrès qui devient apparent lorsque le Congrès refuse de joindre des coalitions avec la Ligue musulmane dans les zones où les religions sont mélangées[30]. La scène politique est en place et va mener aux violences post-1945 en Inde[30].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le 3 septembre 1939, le premier ministre Neville Chamberlain annonce le début de la guerre avec l'Allemagne[31]. La Seconde Guerre mondiale est un moment essentiel du mouvement pour le Pakistan, avec la Ligue musulmane jouant un rôle décisif dans les années 1940, en tant que force motrice de la partition de l'Inde selon des lignes religieuses et avec la création du Pakistan en tant qu'état musulman en 1947[32],[33]. En 1939, les dirigeants du Congrès démissionnent de tous organes représentatifs où ils sont élus. La Ligue musulmane célèbre la fin du gouvernement mené par le Congrès, dont Jinnah dira à son propos : « un jour de délivrance et de thanksgiving. »[34]. Dans un mémorandum secret écrit au Premier ministre britannique, la Ligue musulmane accepte de soutenir les efforts de guerre du Royaume-Uni en échange de la reconnaissance en tant qu'unique organisation représentant les musulmans indiens[34].

Les évènements menant à la seconde guerre mondiale, le Congrès indien proteste contre l'implication de l'Inde décidée unilatéralement par le Royaume-Uni sans consulter le Congrès ; la Ligue musulmane vient en soutien de l'effort de guerre britannique, et est autorisée à diffuser activement sa propagande contre le Congrès au cri de ralliement de l'« Islam en danger »[35].

Le Congrès indien et la Ligue musulmane se comporte différemment face à la seconde guerre mondiale. Le Congrès indien refuse d'aider la Grande-Bretagne à moins que l’entièreté du sous-continent indien n'acquière l'indépendance[36]. De l'autre côté, la Ligue Musulmane soutient les britanniques, aux moyens d'une coopération politique et d'une contribution humaine[36]. L'éducation britannique des dirigeants de la Ligue Musulmane a joué un rôle dans le rapprochement avec le gouvernement britannique[36]. Jinnah lui-même soutient les britannique pendant la guerre dès lors que le Congrès échoue à trouver la moindre façon de collaborer[36]. Le gouvernement britannique fait soudainement le vœu aux musulmans en 1940 de ne pas transférer le pouvoir à une Inde indépendante sans que la constitution soit d'abord approuvée par les indiens musulmans, une promesse qu'il n'a pas tenue par la suite[36].

La fin de la guerre[modifier | modifier le code]

En 1942, Gandhi lance le mouvement Quit India à l'encontre du Royaume-Uni. De l'autre côté, la Ligue musulmane conseille au Premier ministre Winston Churchill de « diviser et ensuite quitter »[36]. Les négociations entre Gandhi et le vice-roi Wavell échouent, tout comme les pourparlers entre Jinnah et Gandhi en 1944[36]. Avec la fin de la Seconde guerre mondiale, l'avancée de la Ligue musulmane pour le mouvement pour le Pakistan et les efforts de Gandhi pour l'indépendance de l'Inde intensifient la pression sur le premier ministre Winston Churchill[36]. Avec l'avènement de l'ordre américain et russe dans la politique mondiale et l'agitation générale en Inde, Wavell appelle à tenir des élections générales en 1945[36]. Les élections marquent la victoire de la Ligue musulmane dans presque tous les sièges des régions musulmanes tandis que le Congrès fait de même dans les régions dominées par les hindous. La polarisation devient évidente et des violences éclatent dans tout le sous-continent[30].

Pour Jinnah, l'Islam constitue la base culturelle pour une idéologie de nationalisme ethnique dont l'objectif est de rassembler la communauté musulmane pour défendre les minorités musulmanes dans le sous-continent. La représentation de Jinnah des Indiens musulmans est assez apparente en 1928, quand à la All-Party Muslim Conference, il est prêt à échanger les avantages des électorats séparés pour un quota de 33 % des sièges à la capitale. Il maintient ses vues aux Round Table Conferences, tandis que les musulmans du Pendjab et du Bengale se battaient pour un système politique plus décentralisé. Nombre de leurs demandes sont satisfaites dans le Government of India Act de 1935. Jinnah et les pères fondateurs jouent un rôle périphérique à ce moment et en 1937 ne réussissent qu'à rassembler que 5 % du vote musulman. Jinnah refuse de renoncer et revient avec son plan. Il présente la théorie des deux nations dans la résolution de Lahore en mars 1940, recherchant un État-nation musulman séparé[37].

L'idée d'un État séparé est d'abord introduite par Muhammad Iqbal dans son discours en décembre 1930 en tant que Président de la Ligue musulmane[38]. L'État-nation qu'il imagine, « au sein de l'empire britannique, ou sans l'empire britannique »[39], inclut seulement les quatre provinces du nord-ouest de l'Inde : Pendjab, Sind, Afghania et le Baloutchistan. Trois ans plus tard, le nom Pakistan est proposé dans un pamphlet publié en 1933 par Rahmat Ali, un diplômé de l'Université de Cambridge[40]. Encore une fois, le Bengale est en dehors de la proposition[40].

Dans un ouvrage écrit en 2004, Idea of Pakistan, par l'historien américain spécialiste du Pakistan Stephen P. Cohen, décrit l'influence du nationalisme musulman en Asie du Sud sur le mouvement pour le Pakistan[41] :

« Cela commence avec un empire précolonial glorieux à un moment où les musulmans d'Asie du Sud étaient politiquement unis, et dominants culturellement, au niveau civilisationnel et stratégique. Dans cette période, les différences ethnolinguistiques s'effaçaient derrière la vision commune d'un ordre politique et social inspiré de l'Islam. Cependant, les divisions parmi les musulmans qui existaient furent exploitées par l'Empire britannique, qui pratiquait la politique « diviser pour régner », déplaçant les moghols et circonscrivant les autres dirigeants islamiques. De plus, les hindous étaient les alliés de l'Empire britannique, qui les utilisait pour faire la balance avec les musulmans ; de nombreux hindous, un peuple fondamentalement non sécurisé, haïssaient les musulmans et les auraient oppressés dans une Inde démocratique avec « un homme égal un vote ». Le mouvement pour le Pakistan unit ces pièces disparates du puzzle national, et le Pakistan était l'expression de la volonté nationale d'une Inde musulmane libérée... »

— Stephen Cohen, Idea of Pakistan (2004)[41]

V. S. Naipaul considère quant à lui que la création du Pakistan n'est en rien une libération, car c'est l'idée d'une Union indienne basée sur la laïcité qui est rejetée au profit d'un Etat islamique séparé basé sur la Charia :

« Ce qui en réalité sous-tend cette revendication d'un Pakistan et d'une république musulmane, (...) c'est le refus par Iqbal [père spirituel du Pakistan] de l'Inde hindoue. Ses auditeurs le comprenaient assurément ; et tout comme lui ils avaient une idée concrète de ce qu'ils rejetaient. (…) Dans le discours – capital – d'Iqbal, cette république [islamique] est une abstraction poétique. Il faut l'accepter de confiance. Le nom du Prophète est même invoqué indirectement à l'appui de sa légitimité. Ce discours ne manque pas d'ironie aujourd'hui. Le Pakistan, à sa création, privait les musulmans restés en Inde de leurs droits civiques. Le Bangladesh est aujourd'hui indépendant. Au Pakistan même on ne parle que de dissolution. La nouvelle république musulmane s'est révélée semblable au système ancien, celui que connaissait Iqbal : inutile d'aller bien loin pour y trouver des gens aussi privés de parole et de représentation qu'en 1930, lorsque Iqbal prononçait son discours. »

— Jusqu'au bout de la foi, V.S. Naipaul, page 347 (ISBN 2-264-02914-5).

Campagne politique et soutiens[modifier | modifier le code]

Pendjab[modifier | modifier le code]

Chaudhry Khaliquzzaman soutenant la Résolution avec Jinnah et Liaquat présidant la session.

Le Pendjab occidental devient un lieu majeur du soutien par la Ligue musulmane du mouvement pour le Pakistan. Le 29 décembre 1930, Mohammed Iqbal déclame son discours en tant que président pour la session annuelle de la Ligue musulmane qui se tient à Lahore. Il dit[42]:

« Je voudrais voir le Pendjab, la province de la Frontière du Nord-ouest, le Sind et le Baloutchistan amalgamés dans un seul État. Un gouvernement autonome au sein de l'Empire britannique ou sans l'Empire britannique, la formation d'un État musulman indien consolidé au Nord-Ouest m'apparaît comme la destinée finale des musulmans, du moins au nord-ouest de l'Inde. »

Le 28 janvier 1933, Choudhary Rahmat Ali, fondateur du Mouvement nationaliste pakistanais, exprime ses idées dans un pamphlet intitulé Now or Never: Are We to Live or Perish Forever?[43]. Dans un livre postérieur, Rehmat Ali détaille l'étymologie du Pakistan[44] : « Pakistan est un mot commun au persan et à l'urdu. Il est composé de lettres venant des noms de toutes nos patries de l'Asie du Sud qui sont le Penjab, l'Afghanie, le Cachemire, le Sind et le Baloutchistan. Il signifie « le pays des hommes purs ». ».

En 1940, à la conférence de la Ligue musulmane à Lahore, Jinnah déclare : « Hindous et Musulmans appartiennent à deux religions, philosophies, littératures et pratiques sociales différentes... Il est assez clair que hindous et musulmans ont pris leur inspiration dans différentes sources de l'histoire. Ils ont des épopées différentes, des héros différents et des périodes différentes... Coupler deux telles nations en un seul état, une étant minoritaire en nombre et l'autre majoritaire en nombre, doit mener à un mécontentement et une destruction totale de tous les moyens qui existent de construire un gouvernement pour un tel état »[45]. À Lahore la Ligue musulmane se donne la charge de créer un état musulman indépendant, incluant Sind, Pendjab, Baloutchistan, Province-de-la-Frontière-Nord-Ouest et Bengale, qui serait « pleinement autonome et souverain ». La résolution garantit la protection pour les religions non-musulmanes. La Résolution de Lahore, menée par le premier ministre du Bengale Abul Kasem Fazlul Huq, est adopté le 23 mars 1940, et ces principes forment les fondations de la première constitution pakistanaise. Les discussions entre Jinnah et Gandhi en 1944 à Bombay échouent à trouver un accord. Ce sera la dernière tentative pour la solution à un seul état[46].

Dans les années 1940, Jinnah émerge comme leader des indiens musulmans et est populairement connu sous le nom de Quaid-e-Azam (« le guide »). Les élections générales tenues en 1945 pour l'assemblée constituante du Raj britannique, la Ligue musulmane obtient et gagne 425 des 496 sièges réservés aux musulmans (ce qui fait 89,2 % du vote musulman) sur l'objectif de créer l'état indépendant du Pakistan, et avec une menace implicite de sécession si ce n'est pas accordé. Le Congrès indien qui est mené par Gandhi et Nehru reste opposé en bloc à la division de l'Inde. La partition semble être inévitable après tout, un des exemples étant les propos de Lord Mountbatten sur Jinnah : « Il n'y avait pas d'argument qui pouvait bouger son inoxydable détermination de réaliser le rêve impossible du Pakistan »[47].

Le Pendjab occidental est le foyer d'une minorité de sikhs et hindous jusqu'en 1947 en dehors de la majorité musulmane[48]. En 1947, l'assemblée du Pendjab met en jeu son vote en faveur du Pakistan à la majorité qualifiée, qui pousse de nombreuses minorités à migrer vers l'Inde tandis que les réfugiés musulmans venant d'Inde s'installent au Pendjab occidental et ailleurs au Pakistan[49].

Sind[modifier | modifier le code]

Le Sind est la région natale et d'enterrement de Jinnah, le Fondateur du Pakistan.

Les dirigeants locaux et les nationalistes sindhis ne se sont jamais soumis à la couronne britannique, et les Hurs menés par le nationalistes sindhi, Sibghatullah Shah Rashidi, ont combattu les troupes britanniques en 1857[50]. Après le Pendjab occidental, le Sind est un lieu influent et idéologique de la Ligue musulmane, car la famille de Jinnah provient de Karachi, où celui-ci a passé son enfance[51],[50]. Quand le soutien du Mouvement pour le Pakistan atteint le Sind, il devient un centre important des actions durant le mouvement Califat[51]. Ces actions poussent le Sind à être séparé de la présidence de Bombay lorsque la Ligue musulmane vote une résolution en 1925 réclamant la séparation du Sind[51].

Dans une convention tenue en 1938, la Ligue musulmane débat d'une ébauche de constitution sous laquelle les musulmans obtiendrait la pleine indépendance, qui est adoptée en premier par le Sind[50],[51]. La Ligue musulmane obtient un mandat exclusif lors des élections législatives indiennes de 1945, où la Ligue musulmane se montre en adéquation avec l'indépendantisme sindhi[51].

Le leader nationaliste sindhi Ghulam Murtaza Shah Syed, est une des principales figures de ce mouvement, en proposant en 1940 la résolution de Lahore à l'assemblée du Sind[50]. Le 26 juin 1947, l'assemblée du Sind est la première à reconnaître la nouvelle assemblée constituante du Pakistan[51].

Province-du-Nord-Est[modifier | modifier le code]

Bacha Khan avec Gandhi en 1946.

Contrairement au Pendjab, Baloutchistan, et au Sind, la Ligue musulmane rencontre peu de soutien dans la Province-du-Nord-Est où le Congrès et le nationaliste pachtoune Abdul Ghaffar Khan fédèrent autour de l'idée d'une Inde indépendante[52],[53]. Abdul Ghaffar Khan (aussi appelé Bacha Khan) initie le mouvement Khudai Khidmatgar et se surnomme « Gandhi de la Frontière » à cause de ses efforts pour suivre la trace de Gandhi[53].

En parallèle un autre mouvement, les Chemises rouges (aujourd'hui Parti national Awami) et le peuple de la Province-du-Nord-Est interprètent ce programme d'une autre manière. Pour l'intelligentsia pachtoune, le programme politique des Chemises rouges est basé sur la promotion de la culture et l'élimination de l'influence non-pachtoune de la province[54]. Pour les intégristes islamistes et les oulémas, le programme est principalement anti-britannique et leur position religieuse devient une raison de l'attirance pour les paysans pauvres, qui voulait réprimer l'oppression économique des agents britanniques[54]. De plus, l'accent mis sur l'identité pachtoune créé par Bacha Khan rend extrêmement difficile le soutien de la Ligue musulmane pour le Mouvement pour le Pakistan. Les Chemises rouges et le Congrès indien sont alors capable de contenir la Ligue musulmane aux zones non-Pachtounes, comme le district de Hazara ou le district d'Attock[54].

Les adhésions aux Chemises rouges croissent jusqu'à 200 000 activistes, ce qui montre sa réputation et sa popularité[54]. Le Khudai Khidmatgar (surnommé les « Chemises rouges ») et Bacha Khan lui-même s'allient avec le Congrès contre le Mouvement pour le Pakistan[54]. Aux élections générales de 1945, la Ligue musulmane n'obtient que 17 sièges contre 30 pour le Congrès. La Ligue musulmane a largement bénéficié du travail de ses militants, notamment Jalal-u-din Baba chez les Hazaras qui remporte un mandat avec sa victoire dans les districts de Hazara et d'Attock[54].

De nombreux militants, comme Roedad Khan, Ghulam Ishaq, Sartaj Aziz, and Abdul Qayyum Khan, changent l'image de la Ligue musulmane dans la province[54]. Finalement, le référendum sur l'appartenance de la province au Pakistan ou à l'Inde bascule en faveur du Pakistan, malgré le souhait de Bacha Khan de rejoindre l'Inde[54].

Le Congrès accepte le résultat sans consulter le Khudai Khidmatgar, et Bacha Khan accuse alors le Congrès : « vous nous avez jetés aux loups. »[55]. L'esprit du mouvement Khudai Khidmatgar s'éteint lorsqu'il prend la forme d'un parti politique après la création du Pakistan. Avec le changement des ambitions du parti, et graduellement le peuple se désintéresse du mouvement[54].

Baloutchistan[modifier | modifier le code]

La province du Baloutchistan est constituée essentiellement de Nawabs et d'états princiers locaux durant le Raj britannique[56]. Trois de ces états joignent volontairement le Pakistan lors du référendum tenu en 1947 dans l'Assemblée du Baloutchistan[56]. Cependant, le Khan de Kalat choisit l'indépendance parmi les choix proposés aux 535 états princiers (dont 534 se rallient au Pakistan) par le Premier ministre Clement Attlee[56],[57].

Cependant, « Nehru persuade Mountbatten de forcer les dirigeants des états princiers de décider de joindre soit l'Inde ou le Pakistan »[57], et ce faisant l'indépendance « n'est pas une option »[57]. Plus tard, Nehru annexe d'ailleurs d'autres états princiers comme Hyderabad par la force[57]. Le programme de la Ligue musulmane a été généralement soutenu par la population du Baloutchistan[58]. Un de ses leaders, Jafar Khan Jamali (dont le neveu devient Premier ministre du Pakistan en 2002) est une figure clé de la Ligue musulmane et son activisme au Baloutchistan profite à ce parti[58]. Une autre figure importante Baloutche est Akbar Bugti qui reçoie Jinnah lors de sa visite du Baloutchistan[59]. Bugti est un fervent partisan et fidèle de Jinnah[59]. Un autre jeune activiste, Mir Hazar, obtient le ralliement des étudiants au sein du Mouvement pour le Pakistan au Baloutchistan[60],[61]. En 2013, il devient Premier ministre par intérim.

Autres régions[modifier | modifier le code]

Carte du Bengale réunifié.

Le Mouvement pour le Pakistan est assez populaire dans le Bengale oriental, qui est le berceau de la Ligue musulmane dans les années 1940[10]. Plusieurs des principaux hommes d’État et activistes de la Ligue musulmane proviennent du Bengale oriental, dont notamment Huseyn Suhrawardy, Khawaja Nazimuddin et Nurul Amin, qui deviennt plus tard Premiers ministres du Pakistan[62]. À la suite de la partition du Bengale, des violences ont lieu dans la région, principalement autour de Calcutta et Noakhali[63]. Il est avéré que Huseyn Suhrawardy souhaitait que le Bengale soit à la fois indépendant et réunifié[64]. Malgré les critiques de la Ligue musulmane, Jinnah réalise la validité des arguments de Suhrawardy et donne un soutien tacite à l'indépendance du Bengale[65],[66],[67]. Cependant, le plan échoue avec l'implication réussie du Congrès dans le Bengale occidental ; par conséquent la majorité musulmane du Bengale oriental n'a pas eu d'autre choix que de rejoindre le Pakistan[68].

Durant le Mouvement pour le Pakistan dans les années 1940, les Rohingyas en Birmanie occidentale ont l'ambition d'annexer et joindre leur région de Mayu au Pakistan oriental[69]. Avant l'indépendance de la Birmanie en janvier 1948, les dirigeants musulmans du nord d'Arakan s'adressent à Jinnah, et demandent son aide pour annexer la région au Pakistan[69]. Deux mois plus tard, la Ligue musulmane du Nord-Arakan est fondée à Akyab (aujourd'hui Sittwe) et demande aussi l'annexion[69]. Cependant, cette proposition ne sera pas acceptée par Jinnah[69].

En 1947, une autre armée révolutionnaire prend place au Jammu-et-Cachemire autour de la question du référendum[70]. Le maharaja hindou Hari Singh, craignant de perdre le contrôle, demande l'intervention indienne au Cachemire[71]. Le conflit qui s'ensuit reste en suspens et le Cachemire est séparé en deux en 1947-48 : l'Azad Cachemire et le Jammu-et-Cachemire[72].

Bilan[modifier | modifier le code]

Évolution du pays[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du Pakistan.

Les efforts et les combats des pères fondateurs ont permis la création d'un gouvernement indépendant et civil en 1947, bien qu'il s'enlise dans la rédaction de la première Constitution[73]. Dans les années qui ont suivi, une autre mentalité nationaliste vient établir un gouvernement centralisé, effaçant la notion de provinces, conduisant au coup d'État de 1958 qui marque la forte influence des militaires dans l'évolution du pays[74]. Une répartition des richesses entre l'Ouest et l'Est profondément déséquilibrée provoque un soulèvement qui amène le Pakistan oriental à déclarer son indépendance en tant que République populaire du Bangladesh en 1971[75]. Après de grandes concessions et un consentement trouvé en 1973, la nouvelle constitution établit un régime parlementaire qui représente à la fois les provinces pour le Sénat et le peuple pour l'Assemblée nationale avec un gouvernement relativement fort et des cours de justice nationales[76],[77]. Le basculement du Pakistan vers le républicanisme et l'amélioration de la démocratie a provoqué un bouleversement de la hiérarchie sociale traditionnelle qui était largement féodale et l’émergence d'une société civile contestant l'élite politique[78].

Contributions des non-musulmans[modifier | modifier le code]

La vision de Jinnah est soutenue par quelques hindous, sikhs, parsis, juifs et chrétiens qui vivent dans les régions majoritairement musulmanes de l'Inde britannique[79],[80]. Parmi les personnalités hindoues les plus notables et influentes dans le mouvement pour le Pakistan on trouve Jogendra Nath Mandal du Bengale et Jagannath Azad qui était ourdouphone et a écris la première version de l'hymne national[81]. Mandal représente le contingent hindou appelant à un Pakistan indépendant, et l'un des pères fondateurs du Pakistan[79]. Après l'indépendance, il est nommé ministre de la Justice et du travail par Jinnah dans le gouvernement de Liaquat Ali Khan[79]. Cependant, citant des violences envers la minorité hindoue au Pakistan oriental, il fuit lui-même en Inde et remet sa démission à Liaquat Ali Khan en 1950.

Certains chrétiens ont soutenu la vision de Jinnah[82], dont Sir Victor Turner et Alvin Robert Cornelius[83]. Turner est responsable du plan économique et financier du pays après son indépendance[83]. Turner est l'un des pères fondateurs du Pakistan[83], et conseille Jinnah et Ali Khan sur les affaires économiques, la taxation et la gestion des entités administratives[83]. Alvin Robert Cornelius est nommé en tant que Chief Justice du barreau de la Haute Cour de Lahore par Jinnah et sert en tant que Secrétaire à la Loi dans le gouvernement de Liaquat Ali Khan[83]. Les communautés hindous, chrétiennes et parsis jouent aussi un rôle dans le développement du Pakistan juste après sa création[82].

Mémoire et héritage[modifier | modifier le code]

Le Minar-e-Pakistan à Lahore illuminé la nuit.

Le mouvement pour le Pakistan occupe une place importante dans la mémoire et l'identité du Pakistan[84]. L'histoire fondatrice du mouvement est enseignée dans les manuels scolaires et aussi représentée par de nombreux monuments[85]. Le Jour de l'Indépendance est un jour férié et la plus célébrée des fêtes nationales du Pakistan[86]. Pour de nombreux auteurs et historiens, l'héritage de Jinnah est le Pakistan[36].

Le Minar-e-Pakistan est un monument qui attire environ dix mille visiteurs par jour[87]. Les maisons de Jinnah à Karachi et Ziarat attirent des milliers de visiteurs par jour[88].

L'historien du Pakistan Vali Nasr affirme que l'universalisme islamique est devenu la principale source du mouvement pour le Pakistan qui a suscité le patriotisme et la naissance de cette nation[89]. Pour de nombreux Pakistanais, le rôle de Jinnah le met au niveau d'un Moïse moderne[90] tandis que les autres pères fondateurs sont extrêmement respectés[91].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]