Les Préaux

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Les Préaux
Le centre du village avec l'église.
Le centre du village avec l'église.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Eure
Arrondissement Bernay
Canton Pont-Audemer
Intercommunalité Communauté de communes de Pont-Audemer Val de Risle
Maire
Mandat
Jean Vanhee
2014-2020
Code postal 27500
Code commune 27476
Démographie
Gentilé Préaltien
Population
municipale
403 hab. (2014)
Densité 68 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 19′ 30″ nord, 0° 28′ 40″ est
Altitude Min. 42 m
Max. 127 m
Superficie 5,96 km2
Localisation

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Les Préaux est une commune française située dans le département de l'Eure, en région Normandie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Les Préaux est une commune du Nord-Ouest du département de l'Eure. Elle se situe au nord de la région naturelle du Lieuvin, à quelques kilomètres de la vallée de la Risle laquelle marque la limite avec le Roumois. La commune est à 4 km au sud de Pont-Audemer[1], à 20,5 km au sud-est de Honfleur[2], à 46 km à l'ouest de Rouen[3] et à 59,5 km au nord-ouest d'Évreux[4].

Communes limitrophes des Préaux[5]
Saint-Germain-Village Saint-Germain-Village
Triqueville Préaux[5] Tourville-sur-Pont-Audemer
Saint-Symphorien, Selles Selles

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La commune appartient au bassin de la Seine. Elle est arrosée par le ruisseau de Tourville (appelé aussi ruisseau de la Fontaine Barbotte)[6] qui prend sa source à Selles et s'écoule vers Tourville-sur-Pont-Audemer. Par ailleurs, le ruisseau des Moines, affluent du ruisseau de Tourville[7] prend sa source sur le territoire de la commune des Préaux.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Pratellum en 1034 et 1035, Pratelli au XIIe siècle.

Le mot préau, dérive du latin pratellum, qui avait jadis le sens de pâturage.

La commune a pour origine deux paroisses : Notre-Dame-de-Préaux qui abritait l'abbaye Saint-Pierre de Préaux[8] (abbaye aux hommes) et de Saint-Michel-des-Préaux qui abritait l'abbaye Saint-Léger de Préaux (abbaye bénédictine de femmes).

Histoire[modifier | modifier le code]

Plusieurs découvertes archéologiques réalisées sur le territoire de la commune témoignent d’une présence humaine dès la période du néolithique. Ainsi, des haches polies furent mises au jour au XIXe siècle[9]. Sur le plateau du Mont-les-Mares, une villa gallo-romaine a été découverte à proximité de l’ancienne voie tracée au début de notre ère nommée « chemin Perrey »[10].

Durant le haut Moyen Âge, les caractéristiques topographiques de la vallée offrent les conditions favorables à la fondation d’une première abbaye, située à l’emplacement de l'actuelle mairie. Cette abbaye préromane est mentionnée en 833 par l’abbé Anségise de Fontenelle[11].

Lors des migrations scandinaves, le monastère est détruit mais il n’est pas oublié. En 1033-1034, Onfroy de Vieilles cite la présence de l’ancienne abbaye dans la charte de fondation de l’abbaye Saint-Pierre de Préaux qui est alors construite au même emplacement[11]. À cette occasion, Préaux est mentionné pour la première fois dans un texte sous sa forme latine Pratellum (pâturage)[12].

En 1050-1051, Onfroy de Vieilles suivant le souhait de sa femme Albérade, fonde une seconde abbaye destinée aux femmes, l’abbaye Saint-Léger située plus en aval[11] qui verra 37 abbesses se succéder.

La fondation de ces deux abbayes revêt une importance considérable pour le territoire des Préaux et la région tout entière. Les chartes des abbayes et des seigneurs illustrent les nombreuses donations en terres et en nature dont sont pourvues les abbayes[13]. L’abbaye Saint-Pierre devient alors un acteur influent dans la région et encadre la construction d’églises paroissiales. À la fin du XIe siècle, Saint-Pierre de Préaux est ainsi à l’origine de l’église paroissiale Saint-Germain de Pont-Audemer[14]. Au début du XIIe siècle, un abbé lui-même construit une église à Saint-Samson[12].

Porte du choeur de l'église paroissiale Notre-Dame de Préaux construite par l'abbaye Saint-Pierre à la fin du XIe siècle.
Porte du choeur de l'église paroissiale Notre-Dame de Préaux construite par l'abbaye Saint-Pierre à la fin du XIe siècle.

À proximité immédiate des abbayes, sur le territoire de l’actuelle commune des Préaux, deux paroisses sont créées : la paroisse de Notre-Dame liée à Saint-Pierre et la paroisse Saint-Michel associée à Saint-Léger. Des églises paroissiales sont créées pour accueillir la messe destinée aux laïcs qui viennent travailler et vivre à proximité de l’abbaye.

Dans la deuxième partie du XIIe siècle, les moines de Saint-Pierre tentent de fonder une ville à côté du monastère. En 1078, une coutume de bourg est mentionnée dans le cartulaire. Cette coutume indique la volonté de mettre en place une politique de privilège aux Préaux pour attirer des « bourgeois » ou nouveaux habitants[13]. Le statut juridique de bourg sous-entend que la ville échappe à l’autorité féodale d’un seigneur. Cela permettait aux habitants d’échapper aux impôts[15]. A cette période, seule la ville de Pont-Audemer était également qualifiée de bourg[11]. Nous n’avons pas de connaissance des caractéristiques de la coutume appliquée aux Préaux. Musset fait référence aux lois de bourgage de Breteuil qui peuvent donner des exemples similaires constatés en Normandie. En tout état de cause, le projet de transformer le territoire en bourg est un échec. En 1106, Robert de Meulan qui est le seigneur local concède un droit de banlieue uniquement à Pont-Audemer. Le bourg de Préaux n’est pas indiqué dans l’acte du seigneur[11]. Toutefois, un hameau a réellement existé dès le Moyen Âge dans la localité. Alfred Canel rapporte que Préaux est mentionné comme villa dans une acte du XIVe siècle[16].

Jusqu’à la Révolution, le territoire des deux paroisses de Préaux ne connaît pas de profondes mutations. Les abbayes régissent les activités agricoles. Elles possèdent deux fermes : la ferme du Bosc-Auber appartenant à Saint-Pierre et la ferme de Corbeaumont liée à Saint-Léger[17]. Les monastères exploitent également l'énergie hydraulique du ruisseau. Chacune des abbayes possède un moulin en propre situé dans leur enclos et un moulin banal situé en aval où leurs vassaux sont tenus d’aller moudre leur blé[17].

La Révolution française est un tournant important dans l’histoire de la commune. Les deux abbayes qui constituaient le moteur économique du territoire sont vendues comme bien national[18]. Le district de Pont-Audemer, circonscription créée par la Révolution, réfléchit à fusionner les deux paroisses[19]. Celles-ci sont renommées un temps Préaux-la-Montagne pour Saint Pierre de Préaux et Préaux-la-Liberté pour Saint Michel de Préaux[20].

Les communes de Notre-Dame-de-Préaux et Saint-Michel-de-Préaux sont finalement réunies en 1844. Les paroisses sont fusionnées également, Notre-Dame devient l'église paroissiale de la commune au détriment de l'église Saint-Michel vendue en 1881[21]. La même année, la commune inaugure son premier bâtiment municipal : une mairie-école est livrée par l'architecte Chupeau-Hauteville[22]. En 1904, l'école publique de garçons est transformée en école mixte, une maîtresse est recrutée pour enseigner à une classe de filles. En 1936, la mairie est une nouvelle fois agrandie par l'ajout d'une classe supplémentaire[23].

Édifice de l'ancienne usine Chapman.
Édifice de l'ancienne usine Chapman.

Durant le XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle, la vallée connaît un essor industriel remarquable. Les quatre moulins appartenant autrefois aux abbayes sont rachetés à la Révolution puis transformés par des boulangers et des manufacturiers. À ce titre, le destin du moulin Saint-Pierre à proximité de la fontaine Fortin est évocateur. Moulin à blé à l'origine, il devient une blanchisserie de fil en 1855[17], l'énergie hydraulique sert alors à alimenter un tissage mécanique. En 1868, puis 1885 l'usine est successivement reprise par des entreprises spécialisées dans la production de tissus, puis de toiles cirées ou vernies. Le site industriel connaît une importante expansion, plusieurs bâtiments sont construits, une machine à vapeur est installée pour remplacer le moulin[24]. En 1888, la société est reprise par Chapman qui jusque dans les années 1930 réalise des travaux de modernisation pour améliorer les processus de fabrication des toiles cirées[25]. En 1949, l'usine est reprise par la société "Les Fils d'Émile Sénéchal". En 1979-1980, l'usine arrête son activité.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Jean Vanhee MoDem Retraité
Les données manquantes sont à compléter.
Mairie des Préaux.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[26]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[27],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 403 habitants, en diminution de -6,28 % par rapport à 2009 (Eure : 2,59 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
399 297 362 345 376 372 353 420 464
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
392 372 390 468 447 300 295 352 307
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
345 349 359 326 315 300 274 297 321
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2014
309 345 331 313 409 417 437 428 403
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[28] puis Insee à partir de 2006[29].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église Notre-Dame (XIe siècle et XIIe siècle).


  • La mairie.

La commune des Préaux conservent sur son territoire de nombreuses belles demeures datant du XVIIe au XIXe siècle.

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

ZNIEFF de type 2[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Delattre, Emmanuel Delattre, L'Eure, les 675 communes, Grandvilliers, Éditions Delattre, , 296 p. (OCLC 52820568)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Distance à vol d'oiseau entre Les Préaux et Pont-Audemer », sur www.lion1906.com (consulté le 12 septembre 2016).
  2. « Distance à vol d'oiseau entre Les Préaux et Honfleur », sur www.lion1906.com (consulté le 12 septembre 2016).
  3. « Distance à vol d'oiseau entre Les Préaux et Rouen », sur www.lion1906.com (consulté le 12 septembre 2016).
  4. « Distance à vol d'oiseau entre Les Préaux et Évreux », sur www.lion1906.com (consulté le 12 septembre 2016).
  5. « Géoportail (IGN), couche « Limites Administratives » activée ».
  6. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de Tourville (H6254000) ».
  7. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau des Moines (H6254400) ».
  8. Archives du Conseil général de l'Eure
  9. COUTIL Léon, BSNEP, T4, 1896, p.180.
  10. Bulletin de la société normande d’études préhistoriques, Tome 23, fascicule IV, découvertes archéologiques curieuses ou importantes avant 1850.
  11. a, b, c, d et e Comment vivait-on au moyen âge dans la région de Pont-Audemer, d'après les chartes des abbayes de Préaux (XIe-XIIIe siècle), par Lucien Musset, connaissance de l’Eure, n°31.
  12. a et b Cartulaire saint Pierre de Préaux, n°286, fol. 97 r°, Gall. Christ., t. XI, Instr. Col. 199.
  13. a et b ROUET Dominique, Le Cartulaire de l’abbaye bénédictine de Saint-Pierre-de-Préaux (1034-1227), éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, Paris, 2005.
  14. BAUDOT, Marcel. Les églises du canton de Pont-Audemer. Nouvelles de l'Eure, janvier 1976, n°61.
  15. LEMOINE-DESCOURTIEUX Astridu, La frontière normande de l’Avre, De la fondation de la Normandie à sa réunion au domaine royal (911-1204), PURH, Mont-Saint-Aignan, 2011.
  16. Essai historique et archéologique Canel, p.395.
  17. a, b et c SOREL Patrick, Les deux abbayes Saint Pierre et Saint Léger de Préaux et leurs moulins, Connaissance de l’Eure, n°132, avril 2004.
  18. Archives départementales de l'Eure, Q 896 ; n°3960.
  19. Archives départementales de l'Eure, 8L1 Circonscription des paroisses,District de Pont-Audemer, 15 avril 1791.
  20. Archives départementales de l'Eure, Q 47 Vente des biens séquestrés, district de Pont-Audemer, canton de Pont-Audemer, an II-anIV.
  21. Archives municipales des Préaux, Registre de délibérations n°2, 1869-1891.
  22. Archives départementales de l'Eure, 5 O 6, Dossier maison d'école et mairie : commune des Préaux.
  23. Archives municipales, Les Préaux Registre de délibération n°4 1934-1980.
  24. Archives départementales de l'Eure, Matrices cadastrales Les Préaux.
  25. Archives départementales de l'Eure, 5M237, Établissements industriels.
  26. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  27. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  28. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  29. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  30. « La vallée de la Risle de Brionne à Pont-Audemer, la forêt de Montfort », sur Muséum national d'Histoire naturelle - Inventaire national du patrimoine naturel (consulté le 26 avril 2016).