Johann Joachim Quantz

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Johann Joachim Quantz
Description de l'image Johann Joachim Quantz.jpg.
Naissance
Oberscheden, Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Décès (à 76 ans)
Potsdam, Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Activité principale musicien, compositeur, facteur, écrivain
Élèves Frédéric II de Prusse (flûte)
Johann Friedrich Agricola (composition)

Johann Joachim Quantz (né le à Oberscheden dans l'électorat de Hanovre et mort le à Potsdam), est un compositeur baroque, flûtiste et le professeur de flûte du roi Frédéric II de Prusse.

Multiinstrumentiste, il a pour premier instrument le violon mais est reconnu pour ses talents à la flûte traversière, instrument pour lequel il est l'auteur d'un traité musical parmi les plus importants du XVIIIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Johann Joachim Quantz nait en 1697. Il est fils d’un forgeron de Oberscheden (électorat de Hanovre). Intéressé très tôt par la musique, il assiste régulièrement aux fêtes populaires et bals villageois avec son grand frère Jost Matthias, qui se joint parfois lui-même aux musiciens. Son père le destine à la forge, mais après une année d'apprentissage, il meurt en 1707 et Johann Joachim est confié à son oncle Justus Quantz, musicien de ville à Mersebourg, avec qui il débute l'apprentissage de la musique. À la mort de l’oncle, son gendre Johann Adolf Fleischhack reprend Quantz comme élève. Au total, sa formation dure cinq ans ; il y a appris à jouer du violon (son instrument principal[1]), du hautbois, de la trompette (deuxième et troisième instruments respectivement[1]), du cornet, du trombone, du cor, de la flûte à bec, du basson, du violoncelle, de la viole de gambe et de la contrebasse. Il étudiait également le clavecin avec un de ses proches parents organiste, Johann Friedrich Kiesewetter, et s'exerçait à la composition[2].

En mars 1716, il s'engage dans l'orchestre de la ville de Dresde, une année plus tard il se rend à Vienne pour étudier la composition avec Jan Dismas Zelenka et Johann Joseph Fux. En 1718 il est devenu hautboïste dans la chapelle d’Auguste le Fort à Dresde. C’est seulement en 1718 qu'il a son premier contact avec la flûte et prend des cours avec le flûtiste français Pierre-Gabriel Buffardin. Durant un voyage à Rome il se perfectionne dans l’art du contrepoint avec Francesco Gasparini. Pendant d'autres voyages en Europe il fait la connaissance personnelle d'Alessandro Scarlatti et de Georg Friedrich Händel.

En 1728 il est flûtiste à la chapelle de Dresde. Lors d'une visite de la chapelle à Berlin, Quantz se fait remarquer par Frédéric prince de Prusse qui prend à partir de 1728 des leçons de flûte avec lui. Même après la mort d'Auguste II, Quantz n'a pas l'autorisation de se rendre à Berlin, pour ses leçons le prince Frédéric doit se rendre à Dresde.

En 1740, le prince Frédéric devient roi de Prusse il offre à Quantz une rémunération triple de celle de la cour de Dresde et une exemption des charges à l'orchestre de l'Opéra. Quantz est alors placé sous les ordres directs du roi et lui donne des cours journaliers de flûte et de composition. Quantz accompagne Frédéric même pendant ses campagnes militaires.

Concert à Sanssousi Potsdam

Comme musicien de la chambre du roi et compositeur de la cour de Potsdam, il est chargé d'organiser les concerts nocturnes du roi pendant trente ans. Carl Philipp Emanuel Bach et Franz Benda font partie de ce cercle élitaire de musiciens de chambre. Seul Quantz a le privilège de critiquer le roi, soit dans le sens positif ou négatif du terme. Quantz écrit environ cinq cents œuvres qui montrent l'influence du style italien, et particulièrement celui d’Antonio Vivaldi. Il précise aussi que son jeu et ses compositions ont été influencés par le violoniste Johann Georg Pisendel et par Johann Adolph Hasse. Pour le projet Storia della Musica du Padre Martini Quantz a rédigé en 1762 une autobiographie.

Facture[modifier | modifier le code]

Quantz a, avec P. G. Buffardin, fait de nombreuses recherches sur la flûte traversière, qu'il mentionne au chapitre 14 et 15 de son Essai : ajout d'un pied à coulisse, bouchon amovible, double tête à barillet et corps de rechange[3].

D'autre part, Quantz est opposé à la gamme tempérée, prêchée notamment par son contemporain l'organiste Georg Andreas Sorge[4]. Ainsi, il est pour lui préférable de différencier le mi bémol du ré dièse, ou le si dièse de l'ut[4]. En 1726, il introduit la flûte traversière à deux clefs, qui permet de jouer juste le mi bémol en le différenciant du ré dièse, mais qui ne fut pas reconnue comme indispensable par ses contemporains et notamment Antoine Mahaut qui en conteste l'utilité pratique dans sa Nouvelle Méthode pour apprendre en peu de temps à jouer de la Flûte traversière (Paris, 1759) et préfère « y […] suppléer avec l'embouchure » arguant que « les Facteurs d'aujourd'hui […] font le trou de la clef ordinaire un peu plus grand qu'encienement [sic] pour mitiger ces deux tons »[5]. Il semble également que le roi Frédéric II lui-même, pourtant disciple de Quantz, ne l'ait pas adoptée[5].

Œuvres théoriques[modifier | modifier le code]

Son traité théorique, Essai d'une méthode pour apprendre à jouer de la flûte traversière, est l'un des plus importants du XVIIIe siècle. Ses qualités sont louées dans les écrits de Friedrich Wilhelm Marpurg, Georg Philipp Telemann, Johann Mattheson, Jakob Adlung, Johann Friedrich Agricola, Johann Friedrich Reichardt, Johann Nikolaus Forkel, Johann Georg Sulzer, Johann Samuel Schroeter, et il approuvé tacitement par Carl Philipp Emanuel Bach et Leopold Mozart dont les traités pour le clavier et le violon, parus peu après celui de Quantz, s'en inspirent et n'en divergent sur le fond que très peu[6].

Œuvre théorique : Versuch einer Anweisung die Flöte traversière zu spielen Berlin 1752

Œuvres musicales[modifier | modifier le code]

Johann Joachim Quantz jouant de la flûte
Quantz était flûtiste de renom.

Ses compositions sont généralement consacrées à la flûte traversière, dont plus de 200 sonates, environ 300 concertos pour flûte et 45 sonates en trio. La majeure partie de ses œuvres n'existe qu'en manuscrits et se trouve dans la Staatsbibliothek à Berlin.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Quantz 2011, p. 2 (Avant-propos)
  2. Quantz 2011, p. 1 (Avant-propos)
  3. Quantz 2011, p. 8 (Réflexions sur l'Essai de J. J. Quantz et sur la flûte traversière à une clef)
  4. a et b Quantz 2011, p. 6 (Avant-propos)
  5. a et b Quantz 2011, p. 9 (Réflexions sur l'Essai de J. J. Quantz et sur la flûte traversière à une clef)
  6. Quantz 2011, p. 5-6

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Joachim Quantz, Essai d'une méthode pour apprendre à jouer de la flûte traversière, Robert Martin, , 8e éd., 358 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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