Jean-Marie Leclair

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Leclair.
Jean-Marie Leclair
Description de cette image, également commentée ci-après

Jean-Marie Leclair

Naissance
Lyon, Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Décès (à 67 ans)
Paris, Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Activité principale Violoniste, compositeur

Œuvres principales

  • Opus 1 : Premier Livre de sonates (1723)
  • Opus 2 : Deuxième Livre de sonates (1728)

Jean-Marie Leclair, né le à Lyon, paroisse Saint-Nizier, et mort assassiné le à Paris, est un violoniste et compositeur français de la période baroque tardive française.

L'histoire de l'adoption française du style de la sonate italienne est, en soi, un sujet intéressant. François Couperin commença à imiter le style de Corelli à ses tout débuts, et certaines de ses sonates tardives cherchèrent ouvertement à combiner les styles français et italien, en vue d'atteindre à un plus grand degré de synthèse. Cette ambition d'unifier des idiomes ou des idées jusqu'alors contraires, qui semble s'être affirmée en France (et plus encore en Allemagne) au fil du XVIIIe siècle, transparaît à plusieur niveaux chez Leclair.

Il possédait un violon d'Antonio Stradivari, surnommé le noir qui lui doit son nom : le Stradivarius de Jean-Marie Leclair

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naît dans le quartier dans le quartier Saint-Bonaventure à Lyon. Son père Antoine est un passementier et un musicien : il joue au Concert de l’Académie des Beaux-Arts. Le jeune Jean-Marie a très tôt ses entrées à l’opéra. Dès son adolescence, il acquiert déjà une réputation d'excellent violoniste. C'est toutefois comme danseur qu'il commence sa carrière, d'abord dans la troupe de l'opéra de Lyon, puis à Rouen et à Turin. Il perfectionne d'ailleurs son art de la danse et du violon à Turin.

En 1716, à l'âge de 18 ans, il épouse Marie-Rose Casthanie, une danseuse de la troupe de Lyon.

À Paris, en 1723, il fait paraître ses premières œuvres (Sonates pour violon) et se fait connaître comme violoniste virtuose en jouant au Concert spirituel. Son épouse meurt en 1728. Il se remarie dès 1730 avec Louise Roussel qui lui était venue en aide pour préparer l'impression de son Opus 2 au moment de la mort de sa première femme.

Après s’être mis au service du roi comme ordinaire de la musique de Louis XV en 1733, il démissionne quatre ans plus tard après un différend et afin de se produire en tournée. Il joue bientôt à la cour d’Anne d’Orange - elle-même fine musicienne et ancienne élève de Haendel -, à La Haye et ses services sont retenus plusieurs mois par année par la cour entre 1738 et 1743.

Ayant gagné des gains importants en donnant des cours privés à La Haye, il rentre à Paris en 1743. Trois ans plus tard, il se lance dans la composition de son unique opéra, Scylla et Glaucus, dont la première représentation a lieu le à à l'Académie royale de musique.

À partir de 1740, il est au service de la cour du duc de Grammont et s'occupe des divertissement donnés au théâtre privé de Puteaux et compose de la musique de scène.

Bien qu’il ait également écrit pour le théâtre, le plus éminent violoniste français de son temps reste surtout connu pour ses sonates et concertos pour violon (Élisabeth de Haulteterre a joué ses sonates lors du Concert Spirituel en 1737). Ainsi, le Mercure de France de mars 1753 (p. 214) se fait-il l'écho d'une de ses publications : « M. Leclerc l'aîné vient de donner un Recueil d'Ouvertures & de Sonates en trio. Si notre suffrage particulier pouvoir ajouter quelque chose à l'idée qu'a l'Europe entière de cet Artiste, le plus célèbre qu'ait eu la France pour la Musique purement instrumentale, nous dirions que les nouveaux ouvrages de ce Musicien sont égaux, supérieurs même à tout, ce qu'il a fait de plus estimé. Nous en jugeons ainsi d'après les impressions vives & fortes qu'a fait sur nous l'exécution de plusieurs morceaux du Recueil que nous annonçons. On trouve ce Recueil chez l'Auteur, rue Taranne, & aux adresses ordinaires ».

Il a également écrit pour d'autres instrument que le violon, entre autres un concerto en ut majeur, pour instrument à vent (flute allemande ou hautbois). La partition est enregistré en 33T par la guilde du disque dans les années 1960. Selon l'annotation au dos de la pochette : « L'œuvre est d'une sûreté de style étonnante ; la hardiesse des harmonies, la richesse d'invention situent ce concerto bien au delà de la plupart des œuvres similaires du XVIIIe siècle ».

En 1758, après une séparation abrupte avec sa seconde femme, Jean-Marie Leclair achète une petite résidence dans le quartier malfamé du Temple. Il meurt assassiné dans la nuit du 22 au . Ce crime ne fut jamais élucidé. Un roman de Gérard Géfen, intitulé L’Assassinat de Jean-Marie Leclair (Belfond, 1990), tente de donner une solution à ce mystère.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Opus 1 : Premier Livre de sonates (1723)
  • Opus 2 : Deuxième Livre de sonates (1728)
  • Opus 3 : Sonates à deux violons sans basse (1730)
  • Opus 4 : Six Sonates en trio pour deux violons et basse continue (1731-1732)
  • Opus 5 : Troisième Livre de sonates (1734), dédié à Louis XV
  • Opus 6 : Première Récréation de musique d’une exécution facile composée pour deux flûtes ou deux violons (1736)
  • Opus 7 : Six Concertos à trois violons, alto et basse, pour organo et violoncelle (1737)
  • Opus 8 : Deuxième Récréation de musique d’une exécution facile pour deux flûtes ou deux violons (1737)
  • Opus 9 : Quatrième Livre de sonates (1743)
  • Opus 10 : Six Concertos à trois violons, alto et basse, pour organo et violoncelle (1745)
  • Opus 12 : Second Livre de sonates à deux violons sans basse (1747-1749)
  • Opus 13 : Trois Ouvertures et trois Sonates en trio pour deux violons (1753)
  • Opus 14 : Trio pour 2 violons et basse continue (1766)
  • Opus 15 : Sonate pour violon et basse continue (1767)
  • Scylla et Glaucus, tragédie en musique (1746)

Discographie[modifier | modifier le code]

  • L'œuvre de Leclair est peu enregistrée ; cela tient très probablement à la difficulté souvent étourdissante des compositions confiées au violon. Les œuvres les mieux servies restent les diverses pièces de chambre, pour flûte ou pour violon. Les Six Sonates en trio de l'opus 4 ont été enregistrées par Musica Alta Ripa pour le label MDG en 1996, enregistrement qui reçoit un Diapason d'or. L'année suivante, Charles Medlam et l'ensemble London Baroque enregistrent le même opus pour Harmonia Mundi.
  • L'enregistrement intégral du Premier Livre de sonates, opus 1, est enregistré en 2009 par Adrian Butterfield (violon baroque), Allison McGillivray (viole de gambe) et Laurence Cummings (clavecin) pour Naxos (3 CD séparés, 8.570888, 8.570889, 8.570890). En 2013, les mêmes interprètes, sauf Allison McGillivray remplacée par Jonathan Manson à la viole de gambe, enregistrent le Deuxième Livre de sonates, opus 2, toujours pour Naxos (2 CD séparé, 8.572866 et 8.570890).
  • Des extraits du Quatrième Livre de sonates, opus 9, nos. 5, 7, 10 et 12, ont été enregistrés en 2004 par Luis Otavio Santos (violon baroque), Ricardo Rodriguez Miranda (viole de gambe) et Alessandro Santoro (clavecin) pour le label La Ramée - RAM 1403 (Diapason d'Or).
  • Les douze concertos pour violon, véritable somme de la musique concertante occidentale, n'ont été enregistrés que deux fois dans l'histoire du disque. C'était en 1977, par Jean-François Paillard et Gérard Jarry, enregistrements effectués pour la firme Erato (Grand prix du disque), puis en 1994-1995, par Simon Standage et le Collegium Musicum 90 pour le label Chandos.
  • Les Concertos pour violon de l'opus 7 ont connu deux enregistrements : en 1991, par Daniel Cuiller et l'ensemble Stradivaria pour le label ADDA (réédité en 2009 chez Universal Music), puis en 2012 par Les Muffatti, orchestre baroque de Belgique dirigé par Peter Van Heyghen, et le violoniste Luis Otavio Santos, pour le label La Ramée - RAM 1202. Le concerto pour flûte, opus 7, no 3, a, lui, connu plusieurs gravures, en particulier par les grands flûtistes français, dont Jean-Pierre Rampal et Christian Lardé, ainsi que par la flûtiste britannique Rachel Brown avec le Collegium Musicum 90, dirigé par Simon Standage, (C) 1994 Chandos -CHAN 0564.
  • Concerto pour hautbois en ut majeur, édité par La Guilde internationale du disque, années 1960, hautboïste : Heinz Holliger, Orchestre de Chambre Romand, direction: Alain Milhaud.
  • Sonates à deux violons sans basse des opus 3 et 12 : Greg Ewer et Adam Lamotte ; (C) 2014 Sono Luminus DSL-92176 ("The complete sonatas for two violons", coffret de 2 CD et 1 BD). L'opus 12 a également été enregistré par Chantal Rémillard et Marc Destrubé (2002, ATMA Classique), ainsi que par Monica Waisman et Florian Deuter (2015, Accent).
  • Musique de chambre pour flûte : Fenwick Smith, John Gibbon, Laura Blustein, Laura Jeppesen, Christopher Krueger ; (C) 2007 Naxos 8.557440 et 41 ("Complete Flute Chamber Music", double album).
  • Scylla et Glaucus, tragédie lyrique en cinq actes : Monteverdi Choir, English Baroque Soloists, John Eliot Gardiner ; (C) 1988 Erato ECD 75339 (coffret de 3 CD).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Marc Pincherle, Jean-Marie Leclair. Sa Vie - Son Œuvre. Discographie, La Colombe, Paris, 1952

Liens externes[modifier | modifier le code]

Partitions gratuites[modifier | modifier le code]