Jihadi John

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Jihadi John
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 27 ans)
RaqqaVoir et modifier les données sur Wikidata
Noms de naissance
Muhammad Jassim Abdulkarim Olayan al-Dhafiri
محمد جاسم عبد الكريم عليان الظفيري‎‎Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Allégeance
Formation
Activités
Autres informations
Religion
Membre de
Distinction
Chevening Scholarship (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Mohammed Emwazi, également désigné sous les noms de guerre Abou Muharib al-Muhajir ou Abou Abdoullah al-Britani[1], et plus connu sous le surnom de Jihadi John (« John le djihadiste ») ou Djihad John est un bourreau de l'État islamique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mohammed Emwazi naît le à Al Jahra au Koweït. Sa famille, d'origine irakienne, s'installe à Londres en 1993, après la guerre du Golfe[1],[2]. Son père dirige une entreprise de taxis, sa mère est femme au foyer[1]. Bon élève, il mène une enfance tranquille[1]. En 2006, il rejoint l'université de Westminster et en 2009 il finit diplômé en programmation informatique[1],[3],[2]. Cependant il se radicalise au cours de ses études et en 2009 il commence à attirer l'attention du MI5, les services de renseignements britanniques[1].

Après ses études, il part faire un safari en Tanzanie, mais suspecté de chercher à rejoindre les chebabs en Somalie, il est arrêté, peut-être à la demande de Londres, et renvoyé en Europe[1],[3]. Il aurait été interrogé par le MI5, qui selon Cage, une organisation de défense des droits des musulmans, aurait tenté sans succès de le recruter[1],[2]. Mohammed Emwazi part ensuite brièvement vivre au Koweït pour vivre dans la famille de sa fiancée, puis retourne à Londres en mai 2010[1].

En 2012, Mohammed Emwazi parvient à quitter le Royaume-Uni et en 2013 il est signalé en Syrie[1].

Mohammed Emwazi rejoint alors un petit groupe affilié au Front al-Nosra qui pratique l'enlèvement d'otages occidentaux en vue d'en soutirer des rançons[4]. Le groupe enlève ainsi près de la frontière turque James Foley et John Cantlie le , puis Federico Motka et David Haines le [5]. En raison du fort accent britannique de leurs quatre geôliers, les otages les surnomment entre-eux les « Beatles »[6]. Mohammed Emwazi, considéré comme le plus grand et le plus posé du groupe, est surnommé « John »[6]. Les autres sont appelés « Ringo » ou « Georges »[6].

Vers le milieu de l'année 2013, le groupe des « Beatles » quitte le Front al-Nosra pour rallier l'État islamique[7]. Il se rend alors avec ses captifs à Alep, à l'hôpital ophtalmologique, où l'État islamique a décidé de rassembler tous ses prisonniers[7]. Mohammed Emwazi est alors actif dans les sous-sols de l'hôpital, reconverti en prison, où il participe aux séances de tortures qui sont infligées aux prisonniers, Occidentaux comme Syriens[8].

En 2014, l'État islamique décide d'exécuter plusieurs de ses otages occidentaux en représailles au frappes aériennes de la coalition internationale menée par les États-Unis. Jihadi John apparaît alors comme bourreau dans les vidéos de décapitations des otages[2]. C'est de sa main que sont tués James Foley, Steven Sotloff, David Haines, Alan Henning, Peter Kassig, Kenji Gotō et Haruna Yukawa (en)[2]. Il participe aussi à la décapitation de 18 officiers de l'armée syrienne, dont la vidéo est diffusée en novembre 2014[9].

Il est annoncé mort le 12 novembre 2015 à la suite d'une frappe de drone américaine[2],[10]. L'État islamique confirme sa mort le , dans son magazine Dabiq[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i et j Comment Mohammed Emwazi est devenu "Jihadi John", le bourreau de Daesh, Le Point avec AFP, 13 novembre 2015.
  2. a b c d e et f Luc Mathieu et Sonia Delesalle-Stolper, Jihadi John, l’exécutant exécuté, Libération, 13 novembre 2015.
  3. a et b Suc 2018, p. 53.
  4. Suc 2018, p. 37-41.
  5. Suc 2018, p. 44.
  6. a b et c Suc 2018, p. 39.
  7. a et b Suc 2018, p. 41.
  8. Suc 2018, p. 53-54.
  9. L'EI revendique l'assassinat de Peter Kassig et de 18 soldats syriens, L'Express avec AFP, 17 novembre 2014.
  10. Le bourreau de Daech, "Jihadi John", aurait été tué lors d'un raid américain, L'Express avec AFP, 13 novembre 2015.
  11. Daech confirme la mort de "Jihadi John", L'Express avec AFP, 19 janvier 2016.

Bibliographie[modifier | modifier le code]