Jeanne des Armoises

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article ou cette section d'une biographie doit être recyclé. ()

Une réorganisation et une clarification du contenu est nécessaire. Discutez des points à améliorer en page de discussion.

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (octobre 2007).

Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références » (modifier l'article, comment ajouter mes sources ?).

Vue d'artiste, en médaillon, de Jeanne (ou Claude) des Armoises (vers 1871, Château de Jaulny)

Jeanne (ou Claude) du Lis[réf. nécessaire] dite Jeanne des Armoises, est une femme du XVe siècle qui, à partir de 1436, a été reconnue pour Jeanne d'Arc, laquelle aurait ainsi échappé au supplice. Cette possibilité historique suscite une importante controverse. Son cas n'est, à l'époque, pas isolé, un certain nombre de fausses Jeanne d'Arc apparaissent dans les années qui suivent la mort de la Pucelle sur le bûcher de Rouen.

L'hypothétique survie de La Pucelle[modifier | modifier le code]

L'histoire de Jeanne des Armoises telle qu'elle est relatée dans la Chronique du doyen de Saint-Thiébault de Metz, des doutes émis par des chroniqueurs des XVe siècle et XVIe siècle quant à la réalité du supplice de la Pucelle et des textes littéraires de la fin XIXe siècle ne se prétendant pas forcément historiques, ont contribué à l'émergence d'une théorie : si Jeanne la Pucelle était parvenue là où l’on sait, ce serait parce qu’elle était une bâtarde royale mise en scène à dessein[1], dont la mère aurait été Isabeau de Bavière et le père Louis d'Orléans.

La chronique du doyen de la collégiale Saint-Thiébault de Metz[modifier | modifier le code]

En 1645 le Père Jérôme Vignier, un oratorien découvre dans les archives d'une branche de la famille des Armoises une chronique du doyen de la collégiale Saint-Thièbault et le contrat de mariage entre "Jehanne la Pucelle" et Robert des Armoises, à Metz. Il en fait faire un extrait certifié conforme devant notaire. Son frère Benjamin fait paraitre les découvertes de son frère, après sa mort, dans le Mercure de France de novembre 1686[2]. D’après cette source, Jeanne se serait fait connaître le dans la région de Metz affirmant être Jeanne d'Arc échappée au bûcher). Les frères de Jeanne d'Arc l'auraient reconnurent pour leur sœur. Cette « Jeanne », qu’on dit issue de la relation adultérine que la reine de France Isabeau de Bavière aurait eue avec son beau-frère et conseiller, Louis, duc d’Orléans, aurait ensuite été donnée en nourrice à des laboureurs du village de Domrémy près de Vaucouleurs, enclave française en terres barroises, loin des intrigues et des champs de bataille de la guerre de Cent Ans qui désolaient la France.

Reconnue pour être l'héroïne considérée morte sur le bûcher de Rouen en 1431, elle épouse en novembre 1436 à Arlon, dans le duché de Luxembourg, Robert des Armoises, sire de Jaulny, proche parent du sire de Baudricourt, le gouverneur de Vaucouleurs qui avait favorisé la destinée de la Pucelle. Le sire de Jaulny était un chevalier désargenté et quinquagénaire (un grand âge pour l'époque), réfugié au Luxembourg pour échapper au procès pour félonie que lui intentait son suzerain René Ier d'Anjou, duc de Bar. Là, « Jeanne » aurait également rencontré la duchesse de Luxembourg, Elisabeth de Goerlitz, au train de vie si dispendieux qu'elle dut vendre ses possessions au duc de Bourgogne en 1441.

À la suite de cette nouvelle du retour de la Pucelle, la ville d’Orléans interrompt les services funèbres à la mémoire de Jeanne d’Arc durant trois ans. Jeanne des Armoises obtient en 1439 que Gilles de Rais, son ancien compagnon d'armes devenu maréchal de France lui confie des soldats de sa troupe avec lesquels elle combat à ses côtés en Poitou.

L'audience royale et la demande de grâce[modifier | modifier le code]

Charles VII de France

Pendant ces quatre ans, elle se serait entretenue par courrier avec le roi Charles VII de France qui, pour les tenants des origines royales de Jeanne d'Arc, est son demi-frère dont la légitimité de la naissance a également été contestée.

Jeanne des Armoises obtient finalement une audience du souverain qui est le beau-frère du duc de Bar René Ier d'Anjou et dont la maîtresse Agnès Sorel a été suivante de l'épouse dudit René, la duchesse Isabelle Ire de Lorraine.

D'après une relation tardive du chambellan de Boisy, le roi lui aurait demandé quel était le secret qu’il partageait avec elle. L'« héroïne » se rétracta, disant ne pas connaître le roi, et demanda grâce.

Soumise à une enquête de l'Université et du Parlement de Paris, elle fut démasquée et condamnée en 1440[3]. Elle admit publiquement son imposture et se retira avec son mari en son château de Jaulny où elle termine ses jours.

Jeanne des Armoises et le mythe de la Pucelle[modifier | modifier le code]

le château de Jaulny en son état actuel (Meurthe-et-Moselle)

« Claude-Jeanne » aurait fondé son imposture sur une vague ressemblance avec l'héroïne du siège d'Orléans. Le propre frère de la Pucelle et quelques membres de l’aristocratie messine auraient feint de la « reconnaître »[réf. nécessaire]. « Claude-Jeanne » a fait amende honorable en 1440 devant le Parlement de Paris pour éviter les foudres royales.

Plusieurs personnages naïfs ou douteux auraient pu être dupés ou vouloir devenir les complices de l'aventurière pour tirer quelque subside de l'escroquerie, en premier lieu Robert des Armoises. Ce présumé châtelain de Jaulny l'épouse en novembre 1436, au Luxembourg. Selon les archives, il est issu d'une lignée de fidèles vassaux de Bar et de Lorraine remontant à la fin du XIIIe siècle. Il apparaît comme un exemple du chevalier mercenaire, personnage courant à l'époque. À l'époque où il est censé épouser « Jeanne », il est jugé pour félonie par le Roi René, héritier du duché de Bar. Il est quinquagénaire et compte tenu des conditions de vie comme de la faible longévité de l’époque, son âge fait de lui un vieillard.

Au XXIe siècle, au visiteur du château de Jaulny, on montre les armes de la Pucelle peintes sur une muraille : une épée pointée vers le haut, entourée de deux fleurs de lys, pénétrant une couronne royale, et les « authentiques portraits de Jeanne et de son mari », Robert des Armoises, tous deux seigneurs de Jaulny, peints dans les caissons d'une cheminée du XVIe siècle.

Jeanne des Armoises ou Jeanne du Lys, a été enterrée en l'église de Pulligny, à proximité du château de Richardménil, également possession de la famille des Armoises.

La ville d'Orléans qui a reconnu Jeanne d'Arc dans Jeanne des Armoises, a, depuis 1440, versé une rente à Isabelle Romée, la mère de Jeanne, une rente dénommée sur les registres au nom d'"Isabeau mère de Jehanne la Pucelle", puis à partir de juillet 1446 au nom d'"Isabeau mère de feue Jeanne la pucelle", jusqu'en 1447.

A la veille de la canonisation de Jeanne d'Arc, sa sépulture est profanée par des membres de l'autorité ecclésiastique, et les restes du tombeau sont mis à la fosse commune.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Albert Lecoy de La Marche, Une fausse Jeanne d'Arc, Paris, Librairie de Victor Palmé, 1871, 23 p. (extrait de la Revue des questions historiques, tome 10, p. 262-282), [lire en ligne].
  • Germain Lefèvre-Pontalis, « La Fausse Jeanne d'Arc. À propos du récit de M. Gaston Save », in Le Moyen Âge. Bulletin mensuel d'histoire et de philologie, 8e année, Paris, Librairie Émile Bouillon Éditeur, mai 1895, p. 97-112, [lire en ligne] et juin 1895, p. 121-136, [lire en ligne].
  • Anatole France, « La dame des Armoises », in La Revue de Paris, 14e année, tome 6, novembre-décembre 1907, Paris, Bureaux de la Revue de Paris, p. 5-20, [lire en ligne].
  • Robert Latouche, « Jeanne la Férone, d'après une lettre de Martin Berruyer, évêque du Mans », in La Province du Maine. Bulletin de la Société des archives historiques du Maine, tome XVIII, 1910, p. 418-427.
  • Hans Georg Prutz, Die Falsche Jungfrau von Orléans 1436-57, Munich, 1911, 48 p.
  • Marcel Grosdidier de Matons, « De la fausse Pucelle des Armoises », appendice au Mystère de Jeanne d'Arc, Paris, Félix Alcan, 1935, p. 245-272.
  • Jacques Choux, « Robert des Armoises, sire de Tichémont », in Annales de l'Est, 5e série, 15e année, no 2, 1963, p. 99-147.
  • Alain Atten, « Jeanne-Claude des Armoises : de la Meuse au Rhin. La trame possible d'une intrigue », in Bulletin trimestriel de l'Institut archéologique du Luxembourg, no 3-4, 1978, p. 35-88.
  • Philippe Contamine, « Fausses Jeanne d'Arc », in Lexicon des Mittelalters, 1991, tome 5, p. 345.
  • Dirk Arend Berents, « The resurrection of Joan of Arc », dans Dirk Arend Berents et Jan van Herwaarden (dir.), Joan of Arc: Reality and myth, Hilversum, Verloren, coll. « Publicaties van de Faculteit der historische en kunstwetenschappen » (no 12),‎ , 127 p. (ISBN 90-6550-412-5).
  • Pierre Marot, Hommage à Pierre Marot, membre de l'Institut, directeur honoraire de l'École nationale des chartes : à l'occasion de sa promotion au grade de Commandeur de la Légion d'Honneur, Paris, École des Chartes,‎ , 217 p. (ISBN 2-900791-00-6), « La genèse d'un roman : Pierre Caze, inventeur de la « bâtardise » de Jeanne d'Arc, fille du duc Louis d'Orléans et d'Isabeau de Bavière », p. 33-70.
  • Louis Stouff, « Un pari entre deux Arlésiens à propos de Jeanne d'Arc », in Bulletin de l'association des amis du Centre Jeanne d'Arc, no 10, 1986, p. 13-17.
  • Georges Peyronnet, « La Fausse Jeanne d'Arc : Jeanne des Armoises fut-elle manipulée par les Français ou les Bourguignons ? », in Bulletin de l'association des amis du Centre Jeanne d'Arc, no 27, 2007 (année 2003), p. 6-37.
  • Pierre-Gilles Girault, « Jeanne Claude des Armoises, l'usurpation », in Histoire du Christianisme Magazine, no 43, juillet 2008, p. 56-60.
  • Colette Beaune, Jeanne d'Arc. Vérités et légendes, Paris, Perrin,‎ , 234 p. (ISBN 2-262-02951-2, présentation en ligne).
  • Olivier Bouzy, Jeanne d'Arc, l'histoire à l'endroit !, Tours, CLD éditions,‎ , 284 p. (ISBN 978-2-85443-531-3, présentation en ligne).
  • Olivier Bouzy, entrée Fausses Jeanne d'Arc, in Philippe Contamine, Olivier Bouzy, Xavier Hélary, Jeanne d'Arc. Histoire et dictionnaire, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2012, p. 701-704, (ISBN 2-221-10929-5).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Marot, « La genèse d'un roman : Pierre Caze inventeur de la "bâtardise" de Jeanne d'Arc », in Jeanne d'Arc, une époque, un rayonnement, Paris, Éditions du CNRS, 1982, p. 276.
  2. E.Weill-Raynal, Le Double secret de Jeanne la pucelle
  3. Colette Beaune, « Une nouvelle affaire Jeanne d’Arc », sur Libération,‎