Jean-Marc Léger (écrivain)

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Jean-Marc Léger (né à Montréal le [1] et mort à Montréal le [2],[3],[4],[5]) est un écrivain et journaliste québécois, souverainiste, ardent défenseur de la langue française et, « activiste de la francophonie[6] », l’un des fondateurs de la francophonie multilatérale[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Marc Léger entreprend sa carrière à l'âge de 24 ans, en 1951, après les humanités gréco-latines (cours classique) et une spécialisation en droit, en sciences sociales et en histoire. Il est d'abord journaliste et éditorialiste, en information internationale (en cette époque de la Révolution tranquille au Québec et des indépendances nationales ailleurs)[7], à La Presse, de 1951 à 1956, puis au Devoir, de 1957 à 1969[2].

En octobre 1953, à l'âge de 26 ans, il se rend à Paris, où deux ans auparavant il était étudiant à « Science po »[6], pour faire connaître son idée d'une organisation francophone, entre autres au ministre des Affaires étrangères français de l'époque, Georges Bidault[5]. Les journaux d'alors sont enthousiastes, parlant de ce jeune « Canadien français », « rédacteur à La Presse », proposant la création « d'un organisme central siégeant à Paris qui convoquerait chaque année une réunion générale dans laquelle les représentants des divers pays où l'on parle le français [notamment le Canada, la Belgique et Haïti] rencontreraient les délégués de la France et des territoires outre-mer pour discuter leurs intérêts culturels communs[5] ». La Francophonie était là, pressentie par ce Jean-Marc Léger qui, au terme des conférences de Niamey, en 1969 et 1970 (donc après l'accession à l'indépendance des anciennes colonies françaises africaines, notamment), se voit confier l'important rôle de la développer, en invitant à la coopération culturelle et technique tous les pays où le français est parlé et sera la langue de ces échanges coopératifs. La convocation du premier véritable Sommet de la Francophonie n'aura lieu, cependant, qu'après un autre aussi long délai, en 1986.

Entre-temps, il préside l'Union canadienne des journalistes de langue française, de 1959 à 1961, et l'Association internationale des journalistes de langue française, de 1960 à 1962[2]. Il est, de 1962 à 1963, le tout premier directeur de l'Office de la langue française (du ministère des Affaires culturelles du Québec)[2],[8], le fondateur et le premier secrétaire général, de sa création en 1961 jusqu'en 1978, de l'Association des universités partiellement ou entièrement de langue française (AUPELF), devenue l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF).

Puis Jean-Marc Léger met sur pied et anime depuis Paris, comme secrétaire général, de 1970 à 1974, l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), la première organisation internationale s'adressant aux pays francophones[2], devenue l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

En 1978, jusqu'en 1981, Jean-Marc Léger devient délégué général du Québec à Bruxelles[2],[9]. Dans les années 1980, il est deux fois sous-ministre adjoint, d'abord au ministère de l'Éducation (1981-1984), puis à celui des Relations internationales du Québec (1984-1986)[2].

De 1986 à 1988, le gouvernement du Québec lui confie le poste de commissaire général à la Francophonie, rattaché à ce dernier ministère, et chargé de mission (industries culturelles) auprès du Comité international des Sommets francophones, de 1986 à 1989[2].

Il termine sa carrière professionnelle comme directeur de la Fondation Lionel-Groulx, de 1989 à 1998, et comme conseiller en relations internationales[2].

Passionné d’histoire et fervent nationaliste, Jean-Marc Léger a toujours été un ardent défenseur de la langue française et fut l’un des fondateurs de la « francophonie multilatérale »[2],[10].

Jean-Marc Léger est aussi auteur de livres consacrés à l'Afrique, à la francophonie et à la souveraineté du Québec. — Il fut, d'ailleurs, l'un des premiers journalistes à se dire ouvertement en faveur de l'indépendance du Québec. En 1964, cette idée d'indépendance, qu'il maintenait, lui coûte la direction du Devoir : alors qu'il est pressenti pour succéder à Gérard Filion, on lui préfère Claude Ryan. Et, un peu plus tard, « de façon cordiale et justifiée », raconte un jour Léger, Ryan lui demande de quitter l'éditorial et de redevenir « simple journaliste », invoquant la « cohérence » des positions[5].

Il est docteur honoris causa des universités de Montréal, de Paris-Sorbonne, d'Aix-en-Provence et de Kinshasa. Au cours de sa vie, il a reçu plusieurs autres distinctions, dont l'Ordre national du Québec et la Légion d'honneur de la France.

Il meurt à 84 ans, le , à Montréal, sa ville natale.

Le fonds d'archives de Jean-Marc Léger est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[11].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Afrique française, Afrique nouvelle, Le Cercle du Livre de France Ltée, Ottawa, 1958, 256 p[9].
  • La Francophonie : grand dessein, grande ambiguïté, Nathan (Paris), Hurtubise HMH (Montréal), 1987, 242 p, 23 cm (ISBN 2-89045-815-6)
  • Vers l'indépendance? Le pays à portée de main, Leméac (Montréal), « Présent », 1989, 1993, 282 p.
  • Le temps dissipé : souvenirs, Hurtubise HMH (Montréal), 2000 (© 1999), 474 p. (ISBN 2-89428-358-X et 978-2-89428-358-5)

Honneurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Jean-Marc Léger (notule biographique, p. 2 de 2) », AUF (www.auf.org),‎ (consulté le 15 février 2011).
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m « LÉGER, Jean-Marc (notule nécrologique) », La Presse (necrologie.cyberpresse.ca),‎ (consulté le 16 février 2011).
  3. « Décès du journaliste Jean-Marc Léger », SRC (radio-canada.ca),‎ (consulté le 14 février 2011).
  4. « Jean-Marc Léger, premier dirigeant de l'OLF, est décédé », PC (sur cyberpresse.ca),‎ (consulté le 14 février 2011).
  5. a, b, c et d Antoine Robitaille, « Jean-Marc Léger (1927-2011) - Un père de la Francophonie s'éteint », Le Devoir (ledevoir.com),‎ (consulté le 15 février 2011).
  6. a et b Bernard Descôteaux, « Jean-Marc Léger - L'activiste de la francophonie », Le Devoir (ledevoir.com),‎ (consulté le 15 février 2011).
  7. a et b Laurent Laplante, « Jean-Marc Léger : Prix Georges-Émile-Lapalme 2005 », Gouvernement du Québec (www.prixduquebec.gouv.qc.ca) (consulté le 15 février 2011).
  8. a et b Louise Marchand, présidente-directrice générale de l'Office québécois de la langue française, « L'Office apprend avec tristesse le décès de Jean-Marc Léger (communiqué de presse) », CNW Telbec (www.cnw.ca),‎ (consulté le 16 février 2011).
  9. a et b Paul-Émile Roy, « Léger, Jean-Marc », L'Encyclopédie canadienne,‎ (consulté le 14 février 2011).
  10. Jean-Louis Roy, « Jean-Marc Léger 1927-2011 - Vision, passions et réalisations », Le Devoir (ledevoir.com),‎ (consulté le 16 février 2011).
  11. Fonds Jean-Marc Léger (P599) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).
  12. Conseil International d'Études Francophones (CIÉF)
  13. « Prix Jean-Marc-Léger », Institut de stratégie et de pédagogie en entrepreneuriat (www.institut-entrepreneuriat.org),‎ (consulté le 16 février 2011).
  14. « Hommage à Jean-Marc Léger, l’un des fondateurs de la Francophonie », AUF (www.auf.org),‎ (consulté le 15 février 2011).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]