Sororité (féminisme)

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Détournement de la devise de la République française « Liberté, Égalité, Fraternité » en y ajoutant le terme « Sororité », dans une manifestation pour les droits des femmes en 2018.

La sororité est un concept féministe qui se développe en réaction à la notion de fraternité[1].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme « sororité » est un nom commun féminin provenant du terme latin soror, qui signifie sœur ou cousine. Sororité est l'équivalent féminin de fraternité. En latin médiéval, il a désigné une communauté religieuse de femmes, mais il n'a été utilisé dans ce sens que jusqu'au XVIe siècle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant 1940 avait été développé dans le scoutisme féminin le concept de « sestralité » (de sister), de contenu assez proche.

Ce terme a d'abord été utilisé par les féministes dans les années 1970 afin de faire entrer dans le langage commun l'équivalent féminin de fraternité. Le terme anglais sisterhood avait déjà été pensé par les mouvements féministes américains en réaction au terme brotherhood (fraternité). Ce terme exprime alors l'expression de la solidarité entre femmes. La sororité désigne les liens entre les femmes qui se sentent des affinités, ont un vécu partagé dû à leur même condition féminine et au statut social qui y est alors lié. Les mouvements féministes ont également promu la diffusion de l'utilisation du terme d'« adelphité » qui désigne ce même sentiment de confiance, de complicité et de solidarité dans une relation entre deux ou plusieurs personnes, quel que soit leur genre.

L'usage du terme de sororité reste aujourd'hui peu fréquent et est par exemple remplacé dans un partie du milieu militant féministe par « adelphité », jugé plus inclusif. La candidate à l'élection présidentielle Ségolène Royal a tout de même utilisé le mot « sororité » dans un discours électoral à Dijon, le , ce qui a suscité la réaction de nombreux journalistes, l'attaquant sur sa manière de fabriquer des mots[2]. Un nombre croissant d'ouvrages, romans ou essais, féministes évoquent ou revendiquent la sororité comme moyen d'action ou de résistance[3].

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • bell Hooks, « Sororité : la solidarité politique entre les femmes », Feminist Review, no 86,‎ (lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Clarence Edgard-Rosa, « Sororité », dans Les gros mots - Abécédaire joyeusement moderne du féminisme, Hugo Doc, (ISBN 2755624906).
  2. « "Liberté, égalité, sororité" : Ségolène Royal a célébré à sa manière la Journée des femmes », sur Le Monde,
  3. « Chloé Delaume prône la sororité comme outil de puissance », sur Numéro Une, (consulté le 31 janvier 2021)